Note pour la période des questions : CONDITIONS MÉTÉOROLOGIQUES EXTRÊMES

About

Numéro de référence :
AAFC-2025-QP-00145
Date fournie :
11 déc. 2025
Organisation :
Agriculture et Agroalimentaire Canada
Nom du ministre :
MacDonald, Heath (L’hon.)
Titre du ministre :
Ministre de l'Agriculture et de l'Agroalimentaire

Enjeu ou question :

Q1 — Que fait le gouvernement pour préparer le secteur à une hausse des conditions météorologiques extrêmes dans l’avenir? Q2 – Comment le gouvernement fait‑il face aux changements climatiques en ce qui concerne la gestion des risques de l’entreprise?

Réponse suggérée :

R.1 - Le gouvernement participe à un large éventail de mesures pour préparer le secteur à gérer les conditions météorologiques futures, y compris une éventuelle augmentation de la fréquence et de la gravité des phénomènes météorologiques extrêmes.
Par exemple, le Partenariat canadien pour une agriculture durable (PCA durable) est un investissement des gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux (FPT) de 3,5 milliards de dollars sur cinq ans qui est axé sur des priorités clés comme la science et l’innovation, l’environnement et les changements climatiques, et la résilience. Le PCA durable est l’un des principaux outils que le gouvernement utilise pour renforcer la capacité du secteur à relever les défis futurs.
En outre, nous collaborons avec les provinces et les territoires pour passer en revue les programmes de gestion des risques de l’entreprise (GRE) afin de déterminer leurs liens avec les risques climatiques et la manière dont le secteur fait face à ces risques.
Dans le cadre du Plan stratégique pour la science, l'une des quatre missions du Ministère est de renforcer la résilience des agroécosystèmes. Cette mission vise à obtenir des résultats comme le renforcement de la résilience du secteur face aux changements climatiques.
Parmi les autres initiatives, on compte le renouvellement du Cadre de gestion des urgences en agriculture au Canada, une entente de collaboration nationale intégrée en matière de gestion des urgences, en collaboration avec des collègues provinciaux et territoriaux. R.2 - L’ensemble de programmes de GRE comprend déjà des programmes qui permettent de réagir aux phénomènes météorologiques extrêmes, tels que les programmes Agri‑protection et Agri‑relance. L’intégration de la gestion des risques climatiques et de la préparation aux changements climatiques dans les programmes de gestion des risques de l’entreprise (GRE) est une priorité absolue. Un examen du climat en lien avec la GRE est en cours afin d’évaluer les répercussions que les changements climatiques pourraient avoir sur l’ensemble de programmes de GRE.
À partir de 2025, les plus grands producteurs devront procéder à une évaluation des risques agroenvironnementaux avant de recevoir la contribution du gouvernement à Agri‑investissement. Nous travaillons aussi avec les provinces sur un projet pilote visant à réduire les primes d'Agri‑protection pour les producteurs qui adoptent des pratiques environnementales qui réduisent les risques liés à la production.
Outre l’ensemble de programmes de GRE, le report de l’impôt pour les éleveurs est un autre outil de gestion financière pour les propriétaires d’animaux reproducteurs des régions désignées qui sont forcés de vendre la totalité ou une partie de leur troupeau reproducteur en raison d’une sécheresse ou d’une période d’humidité excessive. Il permet un report d’un an de l’impôt sur une partie des revenus de ces ventes. En 2024, le gouvernement du Canada a simplifié le processus afin de cerner les régions admissibles au report d’impôt pour les éleveurs plus tôt dans la saison de croissance et a établi une zone tampon englobant les régions adjacentes afin de tenir compte des producteurs affectés en bordure des régions touchées.
Une première liste des régions désignées a été annoncée le 18 août 2025. Cette liste comprend des régions touchées et des zones tampons en Alberta, en Colombie‑Britannique, au Manitoba, en Ontario, en Saskatchewan, dans les Territoires du Nord‑Ouest et au Yukon.

Contexte :

Conditions météorologiques extrêmes récentes

En 2024, le secteur agricole canadien a été gravement touché par des conditions météorologiques extrêmes. Les feux de forêt, y compris l'incendie à Jasper, ont brûlé plus de 5,3 millions d'hectares. En octobre, une rivière atmosphérique a apporté des précipitations record en Colombie‑Britannique, provoquant des inondations, des coulées de débris et des dommages aux infrastructures. Ces phénomènes météorologiques ont perturbé les activités de plantation, de récolte et d'élevage, entraînant des pertes de rendement localisées et une hausse des coûts de production. En 2025, des phénomènes météorologiques extrêmes continuent de nuire à la production agricole. On a notamment observé l'une des pires saisons de feux de forêt jamais enregistrées au Canada, une grave sécheresse dans les Prairies et la présence de fumée dangereuse affectant la qualité de l'air.

Risques et défis émergents

Le paysage des risques dans le secteur agriculture et agroalimentaire évolue constamment, et les facteurs qui peuvent mener à des urgences sont de plus en plus complexes et diversifiés.

Les changements climatiques devraient avoir des répercussions importantes sur la production agricole primaire au Canada à l'avenir. Un sondage récemment mené par AAC auprès des producteurs a révélé que près d'un producteur sur cinq considère les effets des changements climatiques, y compris les catastrophes naturelles et les fluctuations météorologiques extrêmes, comme le problème le plus important auquel les producteurs canadiens devront faire face au cours des cinq prochaines années.

Selon des prévisions récentes, les pertes attribuables aux phénomènes météorologiques (inondations, sécheresses et tempêtes) atteindront à elles seules 139 milliards de dollars au cours des 30 prochaines années, l’agriculture étant l’un des secteurs les plus touchés. Entre 2001 et 2010, les pertes assurées attribuables aux catastrophes naturelles au Canada se sont élevées en moyenne à 675 millions de dollars par an. De 2011 à 2020, ce chiffre est passé à 2,3 milliards de dollars, puis à 3,1 milliards de dollars en 2023 (Bureau d'assurance du Canada).

Les phénomènes météorologiques extrêmes pourraient avoir des répercussions importantes qui vont au‑delà des préoccupations économiques, notamment la perte de confiance du public et les répercussions sur l’environnement et la santé humaine. Il faut donc passer de programmes axés sur la réaction à une approche globale qui gère les risques de façon proactive et optimise les capacités collectives.

Les investissements dans les activités de prévention et de préparation sont bien moins coûteux que les conséquences de l'inaction. De récentes données de la Stratégie nationale d'adaptation indiquent que chaque dollar investi dans des mesures d'adaptation génère des économies allant jusqu'à 15 $, incluant des avantages directs et indirects pour l'ensemble de l'économie. Chaque dollar investi dans des mesures d’adaptation entraîne des retombées importantes.

Report de l’impôt pour les éleveurs de bétail

La disposition de report de l’impôt permet aux éleveurs de bétail des régions qui sont forcés de vendre la totalité ou une partie de leur troupeau reproducteur en raison d’une sécheresse ou d’une période d’humidité excessive de reporter une partie du produit des ventes à l’année d’imposition suivante. Le revenu reporté pourra au moins partiellement compenser le coût d’achat de nouveaux animaux reproducteurs, réduisant ainsi le fardeau fiscal de la vente initiale. En 2024, le gouvernement du Canada a simplifié le processus afin de cerner les régions plus tôt dans la saison de croissance et a établi une zone tampon englobant les régions adjacentes afin de tenir compte des producteurs affectés en bordure des régions touchées. Une première liste de régions de la Colombie‑Britannique, de l'Alberta, de la Saskatchewan, du Manitoba, de l'Ontario et des Territoires du Nord‑Ouest (y compris les zones tampons) a été établie aux fins du report de l’impôt pour les éleveurs de bétail en 2025 en raison de conditions de sécheresse grave à extrême. Toute autre région répondant aux critères plus tard dans la saison de croissance sera également ajoutée à la liste et affichée sur la page Web sur le report de l’impôt pour les éleveurs d'AAC.

Agri‑­relance

Agri‑relance est une initiative fédérale‑provinciale‑territoriale conçue pour aider les producteurs agricoles à faire face aux coûts exceptionnels associés au rétablissement après une catastrophe naturelle. Il fonctionne comme un cadre de collaboration, rassemblant les gouvernements pour évaluer les répercussions et fournir une aide ciblée lorsque les producteurs subissent des coûts extraordinaires qui dépassent leur capacité de gestion. Bien qu'Agri‑relance joue un rôle important pour répondre aux besoins de rétablissement, il ne remplace pas la couverture offerte au titre d’autres programmes, comme Agri‑protection, Agri‑stabilité et Agri‑investissement.

Agri‑protection

Le programme Agri‑protection aide à stabiliser le revenu des producteurs en réduisant au minimum les répercussions financières découlant des pertes de production causées par des catastrophes naturelles incontrôlables. Depuis 2018, il offre aux producteurs — en grande partie des producteurs agricoles — une subvention fédérale et provinciale des primes d’une moyenne de 1,3 milliard de dollars par année, ce qui représente environ les deux tiers de l’ensemble des contributions aux programmes de GRE.

Partenariat canadien pour une agriculture durable

AAC et ses homologues provinciaux et territoriaux mettent actuellement en œuvre les programmes du Partenariat canadien pour une agriculture durable (PCA durable), un cadre stratégique FPT de 3,5 milliards de dollars sur cinq ans qui succède au Partenariat canadien pour l’agriculture.

Le PCA durable appuie les objectifs environnementaux, économiques et sociaux dans cinq domaines prioritaires : les sciences; la recherche et l’innovation; le développement des marchés et le commerce; le renforcement de la capacité du secteur; et la résilience et la confiance du public. Le PCA durable met aussi l’accent sur l’importance de lutter contre les changements climatiques et de protéger l’environnement, ce qui est essentiel pour assurer la prospérité à long terme du secteur et pour favoriser la croissance économique et la compétitivité.

Plan stratégique pour la science d’AAC

La science transformatrice à haut risque prévue dans le cadre du Plan stratégique pour la science d’AAC contribuera à assurer un secteur agricole et agroalimentaire durable, résilient et rentable d’ici 2050. La science axée sur des missions rassemblera plusieurs disciplines, notamment l’économie, les sciences sociales et les sciences naturelles, provenant de l’ensemble du Ministère et d’autres organisations à vocation scientifique visant à atteindre un objectif similaire, notamment l’amélioration de la résilience des agroécosystèmes.
Les missions sont les suivantes :
• atténuer les changements climatiques et s’y adapter;
• renforcer la résilience des agroécosystèmes;
• faire progresser l’économie circulaire en créant des possibilités à valeur ajoutée;
• accélérer la transformation numérique du secteur de l’agriculture et de l’agroalimentaire.

Renseignements supplémentaires :

• Partout au Canada, le secteur agricole continue de faire face à des phénomènes météorologiques extrêmes, notamment de graves sécheresses, des feux de forêt et des précipitations excessives.

• Notre gouvernement est prêt à aider le secteur à gérer les conséquences des événements météorologiques en recourant à tout un éventail de programmes et d’initiatives. Cette aide inclut la suite de programmes de gestion des risques de l’entreprise ainsi que d'autres outils.

• En outre, le gouvernement collabore avec ses homologues provinciaux et territoriaux et avec l’industrie pour faciliter l’adaptation aux conditions météorologiques extrêmes, contribuer à l’atténuation des changements climatiques et accroître la résilience globale.

• Des initiatives, dont le Partenariat canadien pour une agriculture durable et des activités de recherche et de développement continues, orientées par le Plan stratégique pour la science d’AAC, appuient ces efforts.