Note pour la période des questions : SOUTIEN AU SECTEUR AGRICOLE
About
- Numéro de référence :
- AAFC-2025-QP-00001
- Date fournie :
- 20 nov. 2024
- Organisation :
- Agriculture et Agroalimentaire Canada
- Nom du ministre :
- MacAulay, Lawrence (L’hon.)
- Titre du ministre :
- Ministre de l'Agriculture et de l'Agroalimentaire
Enjeu ou question :
Q1 – Comment le gouvernement aide-t-il les agriculteurs aux prises avec l’inflation et la hausse des coûts des intrants? Q2 – Comment le gouvernement appuie-t-il les producteurs touchés par des situations météorologiques extrêmes, comme des sécheresses et des incendies de forêt? Q3 – Que fait le gouvernement pour améliorer la performance environnementale et la résilience du secteur agricole? Q4 – Que fait le gouvernement pour protéger et renforcer les chaînes d’approvisionnement du Canada et pour protéger la chaîne d’approvisionnement contre les interruptions de travails comme nous l’avons vu dans les ports de Vancouver et de Montréal et dans les chemins de fer du CN et du CPKC? Q5 — Quelles mesures prend le gouvernement pour promouvoir le commerce et l’accès aux marchés? Q6 — Que fait le gouvernement pour régler les problèmes de main-d’œuvre dans le secteur? Q7 — Que fait le gouvernement pour soutenir les efforts de préparation et de prévention en cas d’éclosion de maladie touchant le bétail canadien?
Réponse suggérée :
R.1 - Comme les coûts d’exploitation agricole restent incertains, la limite sans intérêt pour les prêts dans le cadre du Programme de paiements anticipés a été temporairement fixée à 250 000 dollars pour l’année de programme 2024 au lieu de repasser à 100 000 dollars. Cette mesure permettra de soutenir environ 11 950 producteurs participants.
Le prix des engrais augmente considérablement en raison de problèmes d’approvisionnement à l’échelle mondiale et des droits de douane imposés aux importations en provenance de la Russie. Dans le budget de 2023, on a affecté un montant supplémentaire de 34,1 millions de dollars au Fonds d’action à la ferme pour le climat en place dans le but d’aider les agriculteurs de l’Est du Canada touchés par les prix élevés des engrais à adopter des pratiques de gestion de l’azote permettant une utilisation optimale des engrais. R.2 - Les ministres fédéral, provinciaux et territoriaux de l’agriculture sont déterminés à travailler de concert dans les meilleurs délais pour échanger de l’information et achever les évaluations au titre d’Agri-relance, tout en veillant à ce que les producteurs aient accès à un ensemble complet de programmes de gestion des risques de l’entreprise fiables et offrant une aide rapide.
Notre gouvernement a appuyé les producteurs pendant la sécheresse, les incendies de forêt et les inondations de 2023 en collaborant avec les provinces pour verser 219 millions de dollars dans le cadre d’Agri-relance pour couvrir les frais exceptionnels.
Grâce à cette aide financière, les producteurs ont pu se remettre à flot et se doter des outils nécessaires pour continuer à résister aux catastrophes naturelles et aux phénomènes météorologiques extrêmes.
Cette aide a permis de soutenir les agriculteurs et les éleveurs de la Colombie-Britannique, de l’Alberta et de la Saskatchewan.
Les producteurs ont également accès à Agri-stabilité, qui offre une protection en cas de pertes de revenus de plus de 30 %. Dans le cadre du Partenariat canadien pour une agriculture durable, le taux d’indemnisation au titre d’Agri-stabilité a été revu à la hausse, passant de 70 % à 80 %, pour offrir plus de soutien dans les périodes difficiles. R.3 - Depuis 2021, nous sommes engagés à verser plus de 1,5 milliard de dollars pour assurer la réussite d’un secteur agricole et agroalimentaire durable.
Dans le cadre du Partenariat canadien pour une agriculture durable, le Programme de paysages agricoles résilients, d’une valeur de 250 millions de dollars, soutient les biens et services écologiques offerts par le secteur de l’agriculture.
Le gouvernement a consacré 704,1 millions de dollars au Fonds d’action à la ferme pour le climat, 185 millions de dollars au programme Laboratoires vivants et 429,4 millions de dollars au Programme des technologies propres en agriculture (le Volet Adoption et le Volet Recherche et innovation) pour soutenir le développement et l’adoption de technologies propres et de pratiques de gestion bénéfiques qui réduisent les émissions.
En 2023, nous avons lancé le Défi de réduction du méthane agricole, d’une valeur de 12 millions de dollars, afin de trouver rapidement des solutions pour réduire les émissions de méthane entérique chez le bétail.
Le gouvernement s’affaire également à élaborer une Stratégie pour une agriculture durable, qui orientera nos mesures pour soutenir les moyens de subsistance des producteurs agricoles tout en assurant la croissance d’un secteur durable. R.4 - Nous avons vu à quel point les perturbations des chaînes d’approvisionnement peuvent avoir de graves répercussions sur le secteur et, par conséquent, sur la population canadienne.
Agriculture et Agroalimentaire Canada soutient activement les efforts déployés par Transport Canada pour réduire les goulots d’étranglement et accroître la transparence et la fluidité tout au long de la chaîne d’approvisionnement. Ces efforts comprennent la mise sur pied du Bureau national de la chaîne d’approvisionnement et l’élaboration d’une stratégie nationale en matière de chaîne d’approvisionnement des transports.
Le gouvernement du Canada respecte le processus de négociation collective et estime que les accords négociés constituent la meilleure voie à suivre. L’arrêt de travail dans les ports de Montréal et de la Colombie Britannique a eu des répercussions importantes sur les exploitations agricoles, les expéditeurs de produits agricoles et notre réputation en tant que partenaire commercial fiable. C’est pourquoi le ministre du Travail est intervenu. R.5 - Le Canada a conclu 15 accords de libre-échange bilatéraux et régionaux couvrant 51 pays, ce qui donne aux exportateurs canadiens un avantage concurrentiel dans les deux tiers de l’économie mondiale. Le gouvernement s’efforce de faire progresser les négociations à l’Organisation mondiale du commerce (OMC) dans le secteur agricole et participe activement à des négociations de libre-échange.
Le Canada continuera d’adopter un programme commercial ambitieux qui vise à améliorer l’accès aux marchés, à créer des conditions de concurrence plus équitables et un environnement commercial international plus transparent et plus prévisible pour les producteurs, les transformateurs et les exportateurs. Le gouvernement facilite la tenue de discussions sur une base régulière avec des partenaires internationaux clés pour faire avancer les priorités du Canada en matière de commerce agricole.
De plus, le gouvernement collabore étroitement avec les provinces et l’industrie afin de promouvoir et de mieux faire connaître les produits agroalimentaires et les produits de la mer du Canada. Le nouveau Bureau Indo-Pacifique pour l’agriculture et l’agroalimentaire à Manille, aux Philippines, est un exemple d’approche proactive visant à développer le commerce dans la région.
Dans le cadre du Partenariat canadien pour une agriculture durable, le gouvernement investit jusqu’à 129,97 millions de dollars sur cinq ans dans le programme Agri-marketing. Celui-ci a pour but d’accroître et de diversifier les exportations agricoles du Canada, y compris le poisson et les fruits de mer. R.6 - Les travailleurs canadiens et internationaux jouent un rôle essentiel dans la production d’aliments salubres et fiables au Canada. Le gouvernement élabore actuellement une Stratégie sur la main-d’œuvre agricole propre au secteur en collaboration avec les provinces et les territoires, les employeurs, les syndicats et les travailleurs afin de les aider à régler les problèmes de main‑d’œuvre.
Dans le cadre du Programme des travailleurs étrangers temporaires, le gouvernement a lancé un projet pilote pour les employeurs reconnus, d’une durée de trois ans, pour simplifier le processus d’embauche et alléger le fardeau administratif des employeurs réguliers qui ont toujours été jugés conformes au programme.
Le budget de 2022 comprenait un engagement de 48,2 millions de dollars du gouvernement en vue de mettre en œuvre un nouveau programme de main-d’œuvre étrangère pour l’agriculture et la transformation du poisson, adapté aux besoins particuliers de ces employeurs et de ces travailleurs. Des consultations avec les intervenants sur cet engagement ont été lancées ce printemps. R.7 - Des mesures strictes sont en place pour empêcher l’introduction au Canada de maladies touchant le bétail, comme la peste porcine africaine et la fièvre aphteuse. Parmi les mesures en place, mentionnons des contrôles à l’importation d’animaux et d’aliments ainsi que des déclarations des voyageurs à la frontière. En cas d’éclosion, nous agirons rapidement pour détecter, retracer et éradiquer la maladie tout en veillant à ce que le secteur dispose du soutien dont il a besoin.
Le gouvernement a mis en œuvre le Plan d’action sur la peste porcine africaine et s’engage à investir des fonds pouvant s’élever jusqu’à 45,3 millions de dollars pour renforcer les efforts de préparation et de prévention par l’entremise d’Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC), de l’Agence canadienne d’inspection des aliments et de l’Agence des services frontaliers du Canada. De cette somme, 23,4 millions sont destinés au soutien du Programme de préparation de l’industrie à la peste porcine africaine d’AAC.
Dans le budget de 2023, des montants de 57,5 millions de dollars sur cinq ans et de 5,6 millions de dollars en continu ont été annoncés pour l’établissement d’une banque de vaccins contre la fièvre aphteuse et l’élaboration de plans d’intervention.
Contexte :
Partenariat canadien pour une agriculture durable (PCA durable)
Cet accord quinquennal d’une valeur de 3,5 milliards de dollars (2023-2028) injecte 500 millions de dollars de nouveaux fonds, ce qui représente une augmentation de 25 % de la portion à coûts partagés du partenariat. Pour ce qui est du financement à coûts partagés, les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux (FPT) ont convenu en principe d’adopter le Programme de paysages agricoles résilients de 250 millions de dollars qui a été mis en œuvre par la suite afin de soutenir les biens et services écologiques fournis par le secteur agricole.
Inflation
Pour que les agriculteurs canadiens aient accès aux liquidités nécessaires pour continuer à produire des aliments et à soutenir la sécurité alimentaire nationale, le gouvernement a temporairement bonifié la limite de 100 000 dollars des avances sans intérêt pour les prêts accordés dans le cadre du Programme de paiements anticipés, passant à 250 000 dollars en 2022 et à 350 000 dollars en 2023.
La volatilité d’une année sur l’autre a créé des pressions cumulées pour les exploitations agricoles, dont la plupart sont des familles d’agriculteurs confrontées en outre à l’inflation des dépenses du ménage. Le 25 mars 2024, comme il a été annoncé dans le budget de 2024, la limite des avances sans intérêt pour les prêts du Programme de paiements anticipés a été fixée temporairement à 250 000 dollars pour l’année de programme 2024. Cette mesure soutiendra environ 11 950 producteurs participants, qui économiseront en moyenne 4 916 dollars supplémentaires en frais d’intérêt. Il s’agit d’une économie totale d’intérêts imposés pouvant atteindre 58,7 millions de dollars pour l’année de programme 2024, et une économie totale de 188,2 millions de dollars pour les producteurs sur une période de trois ans (de 2022 à 2024).
Intrants — engrais
Le 3 mars 2022, le gouvernement fédéral a mis en place des droits de douane de 35 % sur toutes les importations russes, y compris les engrais. L’Ontario, le Québec et le Canada atlantique dépendent fortement des importations d’engrais. Bien que le Canada soit un important producteur et exportateur net d’engrais azotés, la plus grande partie de la production se fait dans l’ouest du Canada (Alberta) et est utilisée au niveau régional (55 %) ou est exportée (45 %) aux États-Unis. En raison des coûts de transport prohibitifs, il n’y a pas de mouvement d’engrais azotés de l’ouest vers l’est du Canada. L’Est du Canada importe généralement de 85 à 90 % de ses engrais de la Russie. Pour la saison de 2022, le tarif douanier a influé sur le prix que les producteurs ont dû assumer pour les engrais. En effet, puisque la grande majorité des achats d’engrais avait été effectuée avant la mise en place des droits de douane, les acheteurs n’avaient pas tous été en mesure de modifier leur approvisionnement à la suite de la mise en œuvre des droits de douane.
Sécheresses et incendies de forêt — soutien à la gestion des risques de l’entreprise
Les programmes de gestion des risques de l’entreprise (GRE) sont des programmes fédéraux-provinciaux-territoriaux (FPT) qui visent à aider les producteurs à gérer les risques qui menacent la viabilité de leur exploitation agricole et à offrir une protection contre divers types de pertes de revenus et de production. Les producteurs assument la gestion des risques habituels, tandis que le gouvernement les aide à gérer les événements qui dépassent leur capacité de gestion. Les programmes FPT sont axés sur une formule de partage des coûts 60:40 et ont versé aux producteurs plus de 1,8 milliard de dollars par an en moyenne au cours des cinq dernières années.
Agri-relance vise principalement à aider les producteurs aux prises avec les coûts exceptionnels qu’ils doivent assumer pour se remettre d’une catastrophe, mais ne remplace pas la couverture offerte au titre d’autres programmes, comme Agri-protection, Agri-stabilité et Agri-investissement.
Environnement et Changement climatique
Depuis 2021, le gouvernement du Canada a annoncé un financement de plus de 1,5 milliard de dollars pour favoriser l’atténuation des changements climatiques dans ce secteur. Cette somme comprend un montant de 185 millions de dollars sur 10 ans au titre du programme Solutions agricoles pour le climat : Programme des laboratoires vivants; un montant de 704,1 millions de dollars sur six ans au titre du programme Solutions agricoles pour le climat : Fonds d’action à la ferme pour le climat; un montant de 429,4 millions de dollars sur sept ans au titre du Programme des technologies propres en agriculture (le Volet Adoption et le Volet Recherche et innovation); un montant de 12 millions de dollars accordé sur quatre ans pour le Défi de réduction du méthane agricole; et un montant de 150 millions de dollars en contributions fédérales pour le Programme de paysages agricoles résilients dans le cadre du Partenariat canadien pour une agriculture durable. Combinés, ces programmes visent à créer un environnement propice au développement et à l’adoption accélérés de technologies et de pratiques de gestion bénéfiques et judicieuses sur le plan climatique.
Les dernières années ont permis de constater les défis majeurs que doivent surmonter les producteurs agricoles, qui sont les premiers touchés par les changements climatiques. On prévoit que les phénomènes météorologiques extrêmes deviendront plus graves et plus coûteux pour le secteur agricole au cours des prochaines décennies.
La Stratégie pour une agriculture durable a été mise en évidence dans le Plan de réduction des émissions pour 2030 ainsi que dans la lettre de mandat de la ministre de 2021. Elle contribuera à définir une orientation commune à long terme dans un effort collectif visant à améliorer le rendement du secteur sur le plan environnemental, à soutenir les moyens de subsistance des agriculteurs et à renforcer la vitalité commerciale de l’industrie agricole au Canada.
Chaînes d’approvisionnement
En réponse aux difficultés liées aux chaînes d’approvisionnement, on a annoncé dans le budget de 2022 une aide de plus de 600 millions de dollars pour renforcer l’efficience et la résilience des chaînes d’approvisionnement, pour financer des projets qui faciliteront la circulation des biens, pour utiliser des données qui nous permettront de rendre nos chaînes d’approvisionnement plus efficientes, et pour réduire la paperasserie administrative.
Dans le budget de 2023, une somme de 27,2 millions de dollars a été versée à Transports Canada pour créer le Bureau national de la chaîne d’approvisionnement qui interviendra en cas de perturbation et permettra de mieux coordonner les mesures visant à accroître la capacité, l’efficience et la fiabilité des infrastructures de transport des chaînes d’approvisionnement.
Le gouvernement du Canada collaborera également avec des intervenants afin d’élaborer une feuille de route à long terme pour les infrastructures des transports du Canada, ce qui permettra de mieux planifier et coordonner les investissements nécessaires pour favoriser la croissance commerciale. Dans le budget de 2023, une somme de 25 millions de dollars a été prévue pour que Transports Canada travaille avec Statistique Canada à l’établissement de données sur les chaînes d’approvisionnement des transports qui aideront à réduire la congestion, à améliorer l’efficience de nos chaînes d’approvisionnement et à orienter la planification des infrastructures. On a aussi annoncé dans le budget de 2023 un projet pilote visant la limite d’interconnexion étendue dans les provinces des Prairies pour renforcer la concurrence ferroviaire.
Ces mesures constituent un versement initial pour la prochaine Stratégie nationale sur la chaîne d’approvisionnement du Canada, qui s’appuiera sur les recommandations du rapport du Groupe de travail national sur la chaîne d’approvisionnement et qui est dirigée par le Bureau national de la chaîne d’approvisionnement.
Les perturbations de travail successives dans la chaîne d'approvisionnement (c'est-à-dire la grève des cheminots au CN/CPKC en août 2024 et le récent arrêt de travail dans les ports de Vancouver, Prince Rupert et Montréal en octobre/novembre 2024) ont intensifié les appels du secteur agricole à prendre des mesures les ports, les chemins de fer et d’autres services essentiels des systèmes de chaîne d’approvisionnement. Lors de la récente grève des cheminots et de la grève des débardeurs dans les ports de Colombie-Britannique et de Montréal, le ministre du Travail a renvoyé les questions au Conseil canadien des relations industrielles pour un arbitrage final et exécutoire et a ordonné la reprise de toutes les opérations. Dans les deux cas, les syndicats entendent contester juridiquement l’intervention du gouvernement.
Commerce et accès aux marchés
Le commerce agricole est essentiel à la croissance économique à long terme du secteur. En 2023, les données commerciales ont montré des niveaux record d’exportations agricoles et alimentaires, atteignant près de 99 milliards de dollars, ce qui représente une hausse de 6,6 % par rapport à 2022. Près de la moitié de la valeur de la production agricole et agroalimentaire canadienne a été exportée vers les marchés internationaux.
L’Accord sur l’agriculture de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), entré en vigueur le 1er janvier 1995, dresse de grandes règles multilatérales sur l’accès au marché tarifaire, le soutien interne (c’est-à-dire les subventions à l’agriculture), la concurrence à l’exportation, les restrictions à l’exportation et la transparence. Près de 30 ans plus tard, le secteur agricole canadien continue d’en tirer un grand profit, notamment grâce à l’offre de conditions équitables et au soutien de la compétitivité de nos producteurs et de nos exportateurs. Les accords de l’OMC (y compris l’Accord sur l’agriculture) jettent les bases sur lesquelles reposent les accords de libre-échange du Canada. Bien que l’Accord sur l’agriculture constitue un instrument important, de nombreuses questions restent en suspens et ses règles doivent être adaptées aux réalités du 21e siècle. C’est pourquoi le Canada participe activement aux négociations agricoles en cours à l’OMC, notamment pour réduire davantage les niveaux mondiaux de subventions qui faussent les échanges. En outre, le gouvernement participe activement à des négociations de libre-échange avec l’Indonésie, l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ANASE) et l’Équateur.
L’Accord économique et commercial global entre le Canada et l’Union européenne (AECG) est entré en vigueur le 21 septembre 2017 et l’Accord de partenariat transpacifique global et progressiste (PTPGP), le 30 décembre 2018, tandis que l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM) est entré en vigueur le 1er juillet 2020. Les accords commerciaux offrent au secteur canadien de l’agriculture et de l’agroalimentaire d’importantes occasions à saisir, mais comportent aussi des défis à surmonter. En effet, de nouveaux accès ont été concédés concernant le marché des produits laitiers sous gestion de l’offre. En tout, le gouvernement a annoncé le versement d’une indemnisation de 4,8 milliards de dollars aux industries sous gestion de l’offre en raison des répercussions de l’AECG, du PTPGP et de l’ACEUM.
Le gouvernement continue d’exhorter les partenaires commerciaux à adopter des mesures et une réglementation fondées sur les risques et les données scientifiques, conformément aux accords commerciaux et aux normes internationales, afin d’offrir aux exportateurs canadiens un environnement commercial transparent et prévisible. Cette approche a permis de faire progresser et de résoudre un certain nombre de grands enjeux relatifs à l’accès au marché. Parmi les exemples récents, mentionnons l’accès sans restriction au marché du bœuf à Taïwan, l’accès amélioré au marché du porc en Malaisie et en Corée ainsi que l’accès conservé au marché des céréales au Vietnam. En outre, le gouvernement facilite la tenue régulière de discussions bilatérales et multilatérales avec des partenaires internationaux clés pour faire avancer les priorités du Canada en matière de commerce agricole et favoriser l’accès aux marchés, tels que les missions ministérielles, les réunions de hauts fonctionnaires, les missions techniques, les audits des systèmes de sécurité animale, végétale et alimentaire du Canada et les groupes de travail.
AAC et l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA), en collaboration avec Affaires mondiales Canada, ont adopté une approche Équipe Canada visant à prioriser la résolution des problèmes d’accès aux marchés agricoles. Cette approche fédérale de l’accès aux marchés dépend non seulement d’un modèle pangouvernemental, mais aussi d’une collaboration étroite avec les provinces et l’industrie en vue de promouvoir ensemble les produits agricoles et agroalimentaires du Canada et de réagir aux diverses forces qui régissent le commerce mondial.
Par exemple, les États-Unis sont un partenaire commercial important pour le Canada, avec des exportations évaluées à 59,5 milliards de dollars et des importations de 37,5 milliards de dollars pour le secteur de l’agriculture et des fruits de mer. L’objectif du gouvernement avec l’approche coordonnée Équipe Canada est de renforcer les relations avec les acteurs clés au Canada et aux États-Unis (à l’échelle fédérale, dans les États, avec les intervenants, etc.) et de réitérer l’importance des relations entre les États-Unis et le Canada.
Le gouvernement du Canada a diffusé la Stratégie pour l’Indo-Pacifique en novembre 2022, qui vise cinq objectifs stratégiques dans divers secteurs. Il s’agit d’un plan global prévoyant un investissement initial d’environ 2,3 milliards de dollars sur cinq ans pour renforcer les relations et faire progresser l’engagement du Canada à l’égard d’une zone indo-pacifique libre, ouverte et inclusive, avec l’ANASE y jouant un rôle crucial.
Le ministre de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire a officiellement inauguré le Bureau Indo-Pacifique pour l’agriculture et l’agroalimentaire le 21 février 2024 à Manille aux Philippines, et des efforts sont déployés pour le Bureau ait le personnel suffisant d’ici la fin de l’exercice 2024-2025. Le Bureau jouera un rôle important dans le renforcement des relations avec les partenaires régionaux et les homologues étrangers, en vue d’accroître notre capacité à épauler activement les exportateurs canadiens à trouver de nouveaux débouchés commerciaux, à enrichir la coopération sur le plan technique et à positionner le Canada en tant que fournisseur privilégié dans la région. En vue de diversifier le portefeuille commercial agroalimentaire du Canada, les marchés prioritaires comprennent les Philippines, l’Indonésie, le Vietnam, la Malaisie, le Singapour et la Thaïlande.
Dans le cadre du Partenariat canadien pour une agriculture durable, le programme Agri-marketing, d’une valeur de 129,97 millions de dollars favorise le commerce en améliorant la visibilité des produits agricoles canadiens (y compris le poisson et les fruits de mer) ainsi que la capacité des producteurs à identifier et à saisir les occasions de développer leurs marchés.
Main-d’œuvre
Le budget de 2023 prévoit 48 millions de dollars sur deux ans pour Emploi et Développement social Canada (EDSC) afin d’améliorer le régime de conformité des employeurs dans le cadre du Programme des travailleurs étrangers temporaires, y compris l’augmentation du nombre d’inspecteurs du programme et le maintien de la ligne de conseils pour la protection des travailleurs.
À la suite d’une annonce dans le budget de 2022, le gouvernement du Canada a lancé un projet pilote pour les employeurs reconnus (PPER) de trois ans dans le cadre du Programme des travailleurs étrangers temporaires pour remédier aux pénuries de main-d’œuvre et réduire le fardeau administratif des employeurs réguliers qui ont toujours été jugés conformes aux exigences du programme. Dans le cadre du PPER, les employeurs admissibles auront accès à des études d’impact sur le marché du travail (EIMT) dont la période de validité pourra atteindre 36 mois, et à un processus de demande d’EIMT simplifié s’ils ont besoin d’embaucher des travailleurs supplémentaires pour le même emploi dans le cadre du projet pilote.
Conformément à l’engagement pris dans le budget de 2022 de mettre sur pied un nouveau programme pour l’agriculture et la transformation du poisson, le gouvernement a mené des consultations sur le nouveau programme avec les parties prenantes au printemps 2024. Le gouvernement entend réformer et simplifier le Programme des travailleurs étrangers temporaires afin d’épauler les employeurs et de mieux protéger les travailleurs.
Peste porcine africaine
L’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) et l’ACIA ont pris des mesures concrètes pour empêcher la propagation de la peste porcine africaine des pays touchés vers le Canada, ce qui aurait un effet dévastateur sur l’industrie du porc. La collaboration entre les gouvernements fédéral et provinciaux et l’industrie a mené à l’élaboration du Plan d’action sur la peste porcine africaine, qui définit quatre domaines d’intervention : la prévention et le renforcement de la biosécurité, la planification de la préparation, l’assurance de la continuité des activités et la communication coordonnée des risques.
AAC collabore avec les provinces et l’industrie pour élaborer des plans visant à soutenir le secteur au cas où la peste porcine africaine arriverait au Canada. Le gouvernement a annoncé un investissement de 45,3 millions de dollars pour accroître les efforts déployés pour empêcher l’introduction de cette maladie au pays et pour se préparer à une éclosion possible. Ce financement sera essentiel à la réduction des risques d’introduction et de propagation de la peste porcine africaine au Canada. Dans le cadre de cet investissement, le Programme de préparation de l’industrie à la peste porcine africaine d’AAC d’une valeur de jusqu’à 23,4 millions de dollars vise à soutenir les efforts de prévention et d’atténuation des risques liés à la maladie déployés par l’industrie porcine canadienne en vue de combler les lacunes et de faire en sorte que le Canada soit en mesure de prévoir les outils, les partenariats et les activités nécessaires à la détection rapide de la peste porcine africaine et à la mise en œuvre d’une intervention d’urgence efficace après la détection. Le reste de l’investissement comprend un montant de 19,8 millions de dollars à l’appui des efforts de prévention et de préparation de l’ACIA, et jusqu’à 2,1 millions de dollars pour améliorer les activités de contrôle frontalier de l’ASFC.
Banque de vaccins contre la fièvre aphteuse pour le Canada
La fièvre aphteuse représente l’une des plus grandes menaces économiques pour l’agriculture animale canadienne et est considérée comme la plus importante maladie animale transfrontalière au monde. Un seul cas de fièvre aphteuse au Canada entraînerait la fermeture totale et immédiate des frontières aux exportations de tous les secteurs de l’élevage. Sans la banque de vaccins, il faudrait au moins 18 mois au Canada pour retrouver l’accès aux marchés étrangers, ce qui coûterait à l’économie canadienne entre 19,4 et 65,2 milliards de dollars.
Bien que le Canada ait accès à 312 000 doses de vaccin provenant de la Banque nord-américaine de vaccins contre la fièvre aphteuse, ce chiffre est bien inférieur aux 1,9 million à 2,7 millions de doses nécessaires pour enrayer une éclosion de grande envergure. Le financement prévu dans le budget de 2023 permettra à l’ACIA de constituer une réserve stratégique de 30 millions de doses de vaccins contre la fièvre aphteuse afin de protéger le secteur canadien de l’élevage contre des éclosions de fièvre aphteuse importantes et non maîtrisées. Sans ce stock, le Canada serait désavantagé par rapport à la demande mondiale, qui s’est accrue. Cette banque de vaccins aidera à protéger le Canada contre la menace émergente de cette maladie, à maintenir la confiance du public dans l’approvisionnement alimentaire canadien et à atténuer les perturbations prolongées du marché en cas d’éclosion.
Renseignements supplémentaires :
• Le secteur agricole est d’une importance cruciale pour nourrir le pays et le monde de façon durable. Nous continuons d’appuyer les agriculteurs, les éleveurs, les entreprises alimentaires et les transformateurs d’aliments dans l’ensemble de la chaîne de valeur.
• Les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux investissent également 3,5 milliards de dollars sur cinq ans dans le cadre du Partenariat canadien pour une agriculture durable pour renforcer et développer le secteur.
• En plus de nos autres programmes, nous continuons d’offrir un soutien au moyen de nos programmes de gestion des risques de l’entreprise (GRE), qui offrent une protection contre les pertes de revenus et de production et aident les producteurs à gérer les risques qui menacent la viabilité de leur exploitation. Au cours des cinq dernières années, la série de programmes de GRE a permis aux producteurs d’obtenir plus de 1,8 milliard de dollars par an en moyenne.