Note pour la période des questions : ÉTAT DU REVENU AGRICOLE EN 2023 ET EN 2024

About

Numéro de référence :
AAFC-2025-QP-00024
Date fournie :
12 déc. 2024
Organisation :
Agriculture et Agroalimentaire Canada
Nom du ministre :
MacAulay, Lawrence (L’hon.)
Titre du ministre :
Ministre de l'Agriculture et de l'Agroalimentaire

Enjeu ou question :

Q1 – De nombreux agriculteurs ont enregistré de fortes augmentations des dépenses ces dernières années. Quelles ont été les répercussions sur leurs résultats financiers? Q2 – Quelles dépenses ont connu les augmentations les plus élevées au cours des dernières années? Q3 – Quelle est l’incidence des récents défis météorologiques et climatiques sur la stabilité économique des agriculteurs en 2024? Q4 – Que fait le gouvernement pour venir en aide aux agriculteurs pendant cette période difficile?

Réponse suggérée :

R.1 - D’une manière générale, le revenu global est demeuré élevé, car l’augmentation des prix des cultures en 2021 et 2022, l’augmentation du volume des cultures commercialisées en 2023 et les prix élevés des bovins ont contribué à compenser les coûts élevés des intrants. Les prix des cultures en 2024 ont généralement été inférieurs à ceux des années 2021 à 2023. Cela, combiné à des dépenses élevées, devrait entraîner une baisse des revenus. Toutefois, l’augmentation des revenus entre 2020 et 2023 place la plupart des exploitations dans une excellente situation financière qui leur permet de surmonter une période de baisse des prix et des revenus.

Certains agriculteurs de certaines régions pourraient voir leur situation financière s’améliorer ou se dégrader, mais ce ne sera pas le cas dans l’ensemble du pays. Des augmentations de revenus sont attendues pour les exploitations de bovins, de pommes de terre et de fruits et légumes ainsi que pour les pépinières, tandis que d’autres types d’exploitations devraient connaître une baisse. R.2 - Les dépenses en carburant, engrais et aliments pour animaux ont fortement augmenté en 2021 et 2022, car l’économie s’est remise de la pandémie avec la hausse de l’inflation mondiale. Par la suite, la guerre de la Russie contre l’Ukraine a considérablement perturbé les marchés mondiaux des produits agricoles. Ces dépenses ont diminué en 2023.

Les frais d’intérêts ont également augmenté en 2022 alors que la Banque du Canada a relevé ses taux pour combattre l’inflation. Les frais d’intérêt ont encore augmenté en 2023.

La croissance des dépenses devrait être faible en 2024, car les augmentations dans certaines catégories (telles que les intérêts, les achats d’animaux d’élevage et la main-d’œuvre) devraient être en grande partie compensées par des baisses dans d’autres catégories (aliments pour animaux, engrais et carburant). R.3 - Malgré les inquiétudes suscitées par la sécheresse au début de la saison de croissance, les données les plus récentes indiquent que la production des principales cultures de plein champ devrait augmenter de 3 % par rapport à 2023, les cultures de l’Ouest canadien ayant bénéficié des pluies de juillet et d’août après des conditions très sèches au début de la saison de croissance. Bien que la taille globale des cultures se soit améliorée en 2024, nous croyons comprendre que les producteurs de certaines régions ont peut-être encore été aux prises avec des conditions de croissance difficiles et une instabilité météorologique. R.4 - Les gouvernements fédéral et provinciaux continuent d’offrir du soutien au moyen des programmes de gestion des risques de l’entreprise, qui aident les producteurs à gérer les risques (par exemple, sécheresse, inondations, déclin du marché et augmentation des coûts des intrants). Les producteurs sont également soutenus par des programmes tels que le Programme de paiements anticipés, Solutions agricoles pour le climat - Fonds d’action à la ferme pour le climat, le Programme de paysages agricoles résilients, le Programme d’investissement à la ferme pour les œufs, le Programme des technologies propres en agriculture, ainsi que d’autres programmes de subventions et de contributions.

Contexte :

Le revenu net comptant (RNC) est la principale mesure utilisée par AAC pour évaluer les perspectives de revenu agricole à court terme pour le secteur. Il correspond à la différence entre toutes les recettes et les dépenses d’exploitation des agriculteurs. Il représente les liquidités générées par le secteur agricole qui sont disponibles pour le remboursement de la dette, l’investissement ou un retrait par les exploitants. Le 26 novembre 2024, Statistique Canada a indiqué que le revenu net en 2023 avait atteint un niveau record de 24 milliards de dollars, soit une augmentation de 9 % par rapport à 2022. Les dépenses ont légèrement augmenté, de 3 %, pour atteindre 75,4 milliards de dollars. Malgré la baisse des prix mondiaux des cultures, les recettes des exploitations agricoles ont augmenté de 5 %, pour atteindre 99,4 milliards de dollars, ce qui a plus que compensé l’augmentation des dépenses.

Les données de Statistique Canada pour les neuf premiers mois de 2024 indiquent que les recettes monétaires agricoles ont diminué de 3 %, pour atteindre 70,6 milliards de dollars, par rapport à la même période en 2023. Le facteur déterminant a été une diminution de 9 % des recettes de cultures, les prix mondiaux des cultures ayant continué de baisser. Les recettes des productions animales ont augmenté de 6 % grâce à la hausse des prix en Amérique du Nord, en particulier pour les bovins, et les paiements de programme ont connu une baisse de 1 %.

Statistique Canada n’a pas publié d’estimations des dépenses pour 2024, mais AAC s’attend à ce que les dépenses globales ne connaissent qu’une faible croissance par rapport à 2023, bien qu’il y ait des augmentations pour certains intrants et des baisses pour d’autres. Après avoir connu de fortes augmentations en 2021 et 2022, les dépenses en aliments commerciaux pour animaux sont restées stables en 2023, tandis que les dépenses en carburant et en engrais ont diminué, et de nouvelles baisses sont attendues pour 2024. Les frais d’intérêts, qui ont commencé à augmenter en 2022, ont continué d’augmenter en 2023 en raison des taux d’intérêt élevés; cette hausse devrait se poursuivre en 2024.

Dans l’ensemble, les revenus agricoles devraient diminuer en 2024, mais à partir de niveaux record. À court terme, les tensions financières devraient rester limitées en raison de la solidité des revenus agricoles au cours de ces dernières années, ainsi que des bilans solides et de la croissance continue des capitaux propres. Le secteur agricole a également eu une bonne récolte, malgré les conditions de sécheresse au début de 2024. Selon les données de Statistique Canada publiées le 5 décembre, la production des principales cultures de plein champ est estimée à 94,6 millions de tonnes (MT) en 2024, soit une hausse de 3 % par rapport à 2023 et de 3 % par rapport à la moyenne précédente de 91,6 MT pour la période 2019-2023. Le ministère continue de suivre la situation et de travailler avec ses partenaires; il aura une meilleure idée de la situation du revenu agricole au début de 2025 lorsqu’il achèvera ses prévisions hivernales du revenu agricole.

La couverture médiatique des prévisions publiées à la fin de février 2024 selon les conditions en date de décembre 2023 a généralement porté sur la situation du revenu agricole au Québec en 2024 et a fait référence à une autre mesure, soit le revenu net total (RNT). Le RNT est une mesure plus vaste que le (RNC), qui comprend des composantes non monétaires, comme les frais d’amortissements et le valeur de variation des stocks, et cette mesure a affiché une baisse beaucoup plus marquée au Québec (-87 %) comparativement au RNC (-15 %). Le RNT est normalement inférieur au RNC, principalement en raison de l’inclusion des frais d’amortissements, et les variations en pourcentage ont donc tendance à être plus importantes.

Renseignements supplémentaires :

Un secteur agricole financièrement sain est essentiel au bien-être économique du Canada.

Malgré la baisse des prix mondiaux des cultures et la pression continue exercée par les dépenses de production élevées en 2023, le revenu net comptant a atteint un niveau record de 24 milliards de dollars, soit 9 % de plus qu’en 2022, grâce à l’augmentation des prix des bovins en Amérique du Nord et du volume de récoltes commercialisées.

La période la plus récente où il y a eu une hausse des prix mondiaux des cultures, due à des facteurs à court terme, s’est déroulée de 2021 à 2023. Alors que les prix mondiaux des cultures reviennent à la normale , les dernières données indiquent que les recettes des exploitations agricoles pour les neuf premiers mois de 2024 sont en baisse de 3 %.

Alors que les dépenses globales ont connu des augmentations significatives en 2021 et 2022, la croissance des dépenses a été beaucoup plus modeste en 2023.