Note pour la période des questions : Perspectives économiques de l’OCDE – Décembre 2025
About
- Numéro de référence :
- FIN-2025-QP-00005
- Date fournie :
- 2 déc. 2025
- Organisation :
- Ministère des Finances Canada
- Nom du ministre :
- Champagne, François-Philippe (L’hon.)
- Titre du ministre :
- Ministre des finances et du revenu national
Enjeu ou question :
• L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a publié ses perspectives économiques le 2 décembre dernier.
Réponse suggérée :
• L’économie mondiale est demeurée résiliente, mais la croissance devrait ralentir alors que la hausse des tarifs américains et l’incertitude persistante pèsent sur les perspectives mondiales.
• Le Canada n’est pas à l’abri de ces difficultés. Cependant, l’OCDE prévoit que le Canada affichera la deuxième plus forte croissance du G7 au cours des deux prochaines années.
• Le Canada devrait maintenir la position budgétaire la plus solide du G7, avec de loin le ratio dette nette au PIB le plus faible.
Contexte :
N/A
Renseignements supplémentaires :
• Perspectives mondiales : La croissance du produit intérieur brut (PIB) devrait ralentir, passant de 3,2 % en 2025 (aucun changement par rapport à l’évaluation intermédiaire de septembre 2025) à 2,9 % en 2026 (aucun changement), avant de remonter à 3,1 % en 2027. Les réels effets des droits de douane se font de plus en plus sentir et pèsent maintenant sur les perspectives. L’incidence des droits de douane se reflète dans les prix, ce qui devrait réduire la consommation des ménages et les investissements des entreprises. La croissance du commerce mondial s’est déjà modérée au deuxième trimestre de 2025 et les marchés du travail montrent des signes de ralentissement, malgré le fait que l’économie mondiale se soit montrée plus résiliente cette année que prévu initialement.
• Perspectives régionales : La plupart des économies devraient suivre le même schéma que la croissance mondiale, se repliant en 2026 avant de rebondir lentement en 2027. La croissance réelle du PIB des États-Unis devrait ralentir, passant de 2,0 % en 2025 (+0,2 point de pourcentage) à 1,7 % en 2026 (+0,2 point de pourcentage) avant de remonter à 1,9 % en 2027. La croissance de cette année est attribuable à d’importants investissements dans l’équipement et les infrastructures d’intelligence artificielle et de technologie de l’information et des communications (TIC). La demande américaine a continué de stimuler la fabrication et les exportations asiatiques de TIC malgré la montée des obstacles aux échanges commerciaux, soutenant une croissance plus forte dans la région. Pour la Chine, cela se traduit par une croissance projetée de 5,0 % en 2025 (+0,1 point de pourcentage), de 4,4 % en 2026 (aucun changement) et de 4,3 % en 2027. La croissance de la zone euro devrait ralentir, passant de 1,3 % en 2025 (+0,1 point de pourcentage) à 1,2 % en 2026 (+0,2 point de pourcentage) avant de remonter à 1,4 % en 2027.
• Évolution de l’inflation : L’OCDE s’attend à ce que l’inflation globale dans les économies du G20 ralentisse, passant de 3,4 % en 2025 à 2,8 % en 2026, puis à 2,5 % en 2027. La désinflation s’est toutefois stabilisée dans certaines économies, dont les États-Unis, où l’inflation devrait reprendre pour passer de 2,7 % en 2025 à 3,0 % en 2026, alors que la hausse des droits de douane se traduit par des prix plus élevés, en particulier pour les produits alimentaires.
• Perspectives économiques canadiennes : L’OCDE, dont les prévisions s’alignent généralement sur celles du budget de 2025, s’attend à ce que la croissance réelle du PIB du Canada demeure modérée à 1,1 % en 2025 (aucun changement) et à 1,3 % en 2026 (+0,1 point de pourcentage), reflétant l’incertitude relative aux droits de douane et aux politiques commerciales des États-Unis, avant de rebondir à 1,7 % en 2027. L’OCDE s’attend à ce que l’économie canadienne connaisse le deuxième taux de croissance le plus rapide parmi les pays du G7 au cours des deux prochaines années, derrière les États-Unis.
• Perspectives financières canadiennes : Compte tenu des mécanismes de soutien ciblés en place pour les secteurs les plus durement touchés par les droits de douane, des réductions d’impôt élargies et des dépenses accrues dans la défense et les infrastructures, l’OCDE prévoit maintenant des déficits plus importants que ceux qui figuraient dans son rapport de juin 2025. Le déficit de l’ensemble des administrations publiques du Canada devrait équivaloir à 1,9 % du PIB en 2025 et à 2,3 % en 2026 (évalué à 1,7 % en juin), avant de diminuer à 1,9 % en 2027. Le ratio déficit-PIB du Canada devrait être le deuxième plus faible des pays du G7 pour la période de 2024 à 2027, derrière le Japon. L’OCDE s’attend à ce que le ratio de la dette nette au PIB du Canada enregistre une troisième baisse annuelle consécutive et atteigne 8,5 % d’ici la fin de 2025. Le ratio devrait atteindre 8,8 % d’ici la fin de 2027, demeurant de loin le plus bas parmi les pays du G7.
• Risques : L’OCDE souligne que ses perspectives restent « fragiles » et rappelle l’existence de risques baissiers, comme un renforcement des obstacles commerciaux, une valorisation élevée de certains actifs – fondée sur des anticipations optimistes à l’égard des gains de sociétés propulsés par l’intelligence artificielle – et des vulnérabilités budgétaires susceptibles d’entraîner une hausse des rendements des obligations souveraines à long terme, de durcir les conditions financières et de freiner la croissance.
• Recommandations relatives à la politique monétaire : L’OCDE souligne que les banques centrales devraient rester vigilantes, en continuant d’abaisser leurs taux si l’inflation est ancrée au niveau de l’objectif ou en voie d’y revenir, tout en se tenant prêtes à réagir en cas de nouvelles tensions inflationnistes ou de fléchissement inattendu du marché du travail. Sur le plan financier, les gouvernements devraient aller de l’avant avec une réforme fiscale parallèlement à d’autres priorités. L’OCDE souligne également que les gouvernements doivent travailler ensemble au sein du système commercial mondial et éviter les mesures commerciales de représailles.