Note pour la période des questions : RÉPERCUSSIONS DES PERTURBATIONS GÉOPOLITIQUES SUR LES ENGRAIS
About
- Numéro de référence :
- PCO-QP-2026-003
- Date fournie :
- 21 avr. 2026
- Organisation :
- Bureau du Conseil privé
- Nom du ministre :
- Carney, Mark (Le très hon.)
- Titre du ministre :
- Premier ministre
Réponse suggérée :
• Nos agriculteurs jouent un rôle important dans l’alimentation de la population canadienne et mondiale.
• Le gouvernement du Canada poursuit ses efforts pour s’assurer qu’ils ont accès aux ressources et aux outils dont ils ont besoin pour la saison 2026.
• L’une des façons dont nous contribuons à nourrir la population mondiale est d’être l’un des principaux fournisseurs mondiaux d’engrais, exportant chaque année des millions de tonnes de potasse.
• Les agriculteurs de l’Ouest canadien sont également bien approvisionnés en engrais azotés provenant de sources nationales.
• Bien que l’Est du Canada dépende des importations pour répondre à ses besoins en engrais, la grande majorité des engrais azotés requis pour la saison agricole de 2026 est déjà arrivée au Canada ou est actuellement en route. .
• Nous sommes conscients des pressions persistantes sur les prix sur les marchés mondiaux des engrais et nous poursuivons notre collaboration étroite avec les groupes du secteur de l’agriculture afin d’évaluer les répercussions potentielles pour les producteurs canadiens.
Contexte :
Production d’engrais et importations canadiennes
La composition en éléments nutritifs des engrais varie selon les besoins des producteurs, mais en général, les éléments les plus importants sont l’azote (N), le phosphore (P) et le potassium (K). Les producteurs appliqueront des engrais à différentes doses et à différents ratios entre les éléments nutritifs selon la culture à fertiliser. Par exemple, le maïs a besoin de plus d’azote que le soja, car ce dernier est capable de produire lui-même cet élément. Les producteurs dépendent largement des engrais de synthèse, par opposition aux engrais organiques comme le fumier, en raison de leur plus forte teneur en éléments nutritifs. Il n’existe actuellement aucune solution de rechange valable et rentable aux engrais de synthèse.
Les engrais azotés sont fabriqués avec du gaz naturel, tandis que le phosphore et le potassium sont des produits extraits de mines. Le Canada est le plus grand producteur et exportateur mondial de potassium et est autosuffisant. Plus de 90 % de la production d’engrais potassiques (potasse) du Canada est généralement exportée et les importations sont très faibles. Le Canada est un grand importateur d’engrais phosphatés, en provenance principalement des États-Unis. De plus, le Canada est un exportateur net d’engrais azotés, avec 45 % de sa production qui est exportée. Toutefois, cette production est concentrée dans l’Ouest canadien et souvent, il est plus rentable pour l’Est du Canada d’importer des engrais que de les faire transporter par voie ferroviaire depuis l’Ouest. L’Est du Canada demeure donc dépendant des importations d’engrais azotés, qui provenaient principalement de la Russie avant 2023. En 2022, le gouvernement canadien a retiré à la Russie et au Bélarus leur droit de la nation la plus favorisée. Il en a résulté un droit de douane de 35 % sur pratiquement tous les produits originaires de ces pays, y compris les engrais. Cette situation a entraîné une diversification des sources d’approvisionnement d’azote, les importateurs se tournant notamment vers l'Afrique du Nord, les Caraïbes et les États-Unis.
Les engrais et le carburant représentent les plus importants coûts d’exploitation des producteurs de cultures, pouvant atteindre jusqu’à 54 % des coûts de production pour des cultures comme le maïs. Le prix du carburant est généralement déterminé par l’offre et la demande mondiales, et le secteur agricole est essentiellement preneur de prix pour le diesel et l’essence. Comme dans le cas du carburant, les engrais sont également des produits échangés sur les marchés internationaux, et les prix canadiens sont influencés par l’offre, la demande et d’autres facteurs mondiaux.
Répercussions des conflits au Moyen‑Orient et en Ukraine sur le prix des engrais azotés
À la suite de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, le prix des engrais azotés a presque doublé en 2021 et a continué d’augmenter en 2022. Depuis, la plupart des routes commerciales régulières des marchés mondiaux de l’azote ont été rouvertes et les prix ont chuté.
Le conflit au Moyen‑Orient a entraîné de nouvelles perturbations des échanges commerciaux transitant par le détroit d’Hormuz. Cette situation a entraîné une augmentation rapide du prix des engrais azotés. La région constitue un important carrefour d’exportation : environ 25 % des échanges mondiaux d’engrais azotés passent par Hormuz. Les prix de ces engrais ont aussi tendance à augmenter parallèlement à ceux des marchés de l’énergie, puisque la production d’ammoniac dépend fortement du gaz naturel et du pétrole.
Selon des sites de commerce de produits de base, l’urée se négociait aux environs de 650 $ US la tonne le 10 mars, comparativement à environ 400 $ US la tonne au début de janvier 2026. Cependant, les prix des engrais azotés n’ont pas atteint le sommet observé au début de l’invasion russe, où ils dépassaient 900 $ US la tonne en 2021 et 2022.
Approvisionnement en engrais azotés dans les exploitations agricoles canadiennes
L’Ouest canadien est autosuffisant et dispose de voies d’approvisionnement nord‑américaines résilientes et diversifiées pour ses besoins en azote. En revanche, l’Est du Canada demeure dépendant des importations, et les importateurs ont généralement sécurisé environ 80 à 90 % des volumes nécessaires pour la saison de culture 2026. La majorité des produits se trouvent déjà au Canada ou sont en transit dans l’Atlantique en vue de la saison de culture 2026. Les associations de producteurs de l’Est ont indiqué à leurs membres qu’elles ne prévoyaient aucun problème d’approvisionnement immédiat à court terme, tout en surveillant activement l’évolution des marchés et la situation géopolitique. Par ailleurs, selon la province, jusqu’à 90 % des producteurs agricoles canadiens ont déjà réservé leurs achats d’engrais. Toutefois, les « acheteurs tardifs » pourraient faire face à des hausses de prix ou à des limites d’allocation, en raison des stratégies de gestion du risque des détaillants. Un conflit prolongé au Moyen‑Orient pourrait toutefois resserrer davantage l’offre mondiale d’engrais et exercer une pression supplémentaire sur les prix.
Les autres engrais sont moins volatils
Les engrais potassiques sont moins exposés aux perturbations du Moyen‑Orient, car ils proviennent de très grands producteurs comme le Canada et le Bélarus. La Chine et le Maroc sont les principaux producteurs mondiaux de phosphore. Toutefois, l’Arabie saoudite occupe le troisième rang, et les prix du phosphore ont récemment augmenté, mais dans une bien moindre mesure.
Soutien offert aux producteurs agricoles pour contrer la hausse des prix des engrais
La série de programmes fédéraux-provinciaux-territoriaux de gestion des risques de l’entreprise est à la disposition des producteurs agricoles pour les aider à atténuer les pertes causées par les risques hors de leur contrôle, comme les catastrophes naturelles, les événements météorologiques et la forte volatilité du marché. Les programmes existants comme Agri-stabilité et Agri-investissement visent à aider les producteurs qui connaissent une baisse de revenu, grande ou petite.
En outre, les producteurs ont accès au Programme de paiements anticipés (PPA) du gouvernement fédéral, un programme de garanties qui offre aux producteurs agricoles un accès facile à des avances de fonds à faible taux d’intérêt.
Le gouvernement a temporairement augmenté la limite d’avance sans intérêt de 100 000 $ sur plusieurs années de programmes, ce qui représente des économies totales de 226,9 millions de dollars pour les producteurs entre 2022 et 2025.
Le 7 mars 2025, il a été annoncé que la limite des avances sans intérêt serait augmentée temporairement à 250 000 $ pour l’année de programme 2025. Les producteurs participants pourraient économiser en moyenne 5 000 $ en frais d’intérêts.
En septembre 2025, le gouvernement du Canada a également annoncé que la limite sans intérêt du PPA serait fixée à 500 000 $ pour les avances sur le canola, pour les années-programmes 2025 et 2026. En 2025, 22 589 producteurs ont reçu 4,7 G$ en avances à ce jour, et 13 724 producteurs ont bénéficié d’avances sans intérêt supérieures à 100 000 $.
Soutien du FAFC – Gestion de l’azote
Le Fonds d'action à la ferme pour le climat (FAFC) d’AAC peut aider directement les producteurs à adopter des pratiques de gestion de l’azote qui permettront d’optimiser l’utilisation des engrais et de réduire les émissions de GES provenant des engrais synthétiques. Presque toutes les organisations de prestation du FAFC à l’échelle nationale seront en mesure d’aider les producteurs à obtenir des fonds pour la gestion de l’azote afin de compenser les coûts d’adoption. Grâce à l’adoption de ces pratiques, les producteurs agricoles peuvent réduire la quantité d’engrais excédentaires qui se retrouvent dans les cours d’eau, favorisant ainsi la protection et la préservation de ces écosystèmes.
Annoncé dans le cadre du budget de 2021, le Fonds d’action à la ferme pour le climat, d’une valeur de 704,1 millions de dollars, est une initiative destinée à aider les producteurs et les productrices à s’adapter au changement climatique. Le Fonds fait partie du programme Solutions agricoles pour le climat du gouvernement du Canada, lancé dans le cadre du Fonds des solutions climatiques naturelles pour l’agriculture.
L’expansion du Fonds pour 2025‑2028, représentant 300 millions de dollars supplémentaires, permettra à 13 organismes bénéficiaires initiaux de continuer à soutenir les agriculteurs dans leurs efforts visant à accroître leur résilience aux changements climatiques
Renseignements supplémentaires :
aucun