Note pour la période des questions : Plan d’action national pour mettre fin à la violence fondée sur le sexe

About

Numéro de référence :
WAGE-2021-QP-00026
Date fournie :
19 nov. 2021
Organisation :
Femmes et Égalité des genres Canada
Nom du ministre :
Ien, Marci (L’hon.)
Titre du ministre :
Ministre des femmes et de l’égalité des genres et de la jeunesse

Enjeu ou question :

Que fait le gouvernement du Canada pour mettre fin à la violence fondée sur le sexe?

Réponse suggérée :

• Toute personne a le droit de vivre à l’abri de la violence. La pandémie de COVID-19 a accru et renforcé la nécessité et l’urgence d’adopter un plan d’action national pour mettre fin à la violence fondée sur le sexe.
• Le budget de 2021 prévoit plus de 3 milliards de dollars sur cinq ans et près de 200 millions de dollars par la suite pour faire avancer des initiatives visant à prévenir et à contrer la violence fondée sur le sexe, notamment :
o 601,3 millions de dollars sur cinq ans en vue de faire avancer la mise en œuvre d’un nouveau plan d’action national pour mettre fin à la violence fondée sur le sexe, y compris 415 millions de dollars pour Femmes et Égalité des genres Canada;
o 2,2 milliards de dollars sur cinq ans et 160,9 millions de dollars par la suite pour préparer une réponse plus sécuritaire, plus forte et plus inclusive à la tragédie des femmes et des filles autochtones disparues et assassinées;
o 236,2 millions de dollars sur cinq ans et 33,5 millions de dollars par la suite au ministère de la Défense nationale et à Anciens Combattants Canada. Ces montants comprennent 158,5 millions de dollars échelonnés sur cinq ans, et 29,9 millions de dollars par année par la suite provenant de ressources existantes, pour élargir les efforts visant à éliminer l’inconduite sexuelle et la violence fondée sur le sexe dans les forces armées et à soutenir les victimes ainsi que les personnes survivantes.
• Ce financement soutiendra les efforts en cours dans le cadre de l’initiative Il est temps : Stratégie du Canada pour prévenir et contrer la violence fondée sur le sexe, lancée en 2017, qui avait engagé plus de 200 millions de dollars échelonnés sur cinq ans et plus de 40 millions de dollars par année par la suite, pour faire avancer les efforts destinés à prévenir la violence fondée sur le sexe, à accompagner les personnes survivantes et leurs familles et à favoriser des systèmes judiciaires et juridiques adaptés aux besoins.

Contexte :

• La violence fondée sur le sexe (VFS) est l’une des violations des droits de la personne les plus répandues, les plus meurtrières et les plus profondément enracinées de notre époque, et le gouvernement du Canada est déterminé à la prévenir et à la contrer. La VFS est un obstacle important à la réalisation de l’égalité des genres, mais elle est évitable.
• Certaines populations courent un risque beaucoup plus grand d’être victimes de VFS, notamment les femmes et les filles, et plus particulièrement, les jeunes femmes et les filles, les femmes et les filles autochtones, les personnes bispirituelles, LGBTQQIA+ et non binaires, les femmes qui habitent dans des collectivités nordiques, rurales et éloignées ainsi que les personnes qui vivent avec des handicaps. Une recherche qualitative donne également à entendre que les femmes noires, les autres femmes racisées et les nouvelles arrivantes au Canada peuvent être exposées à des niveaux élevés de VFS.

Stratégie fédérale contre la VFS
• Il est temps : Stratégie du Canada pour prévenir et contrer la violence fondée sur le sexe (la stratégie fédérale contre la VFS), lancée en 2017, allie les efforts pour lutter contre la VFS de tous les ministères et organismes fédéraux afin d’éclairer une approche pangouvernementale pour prévenir et contrer la VFS au Canada.
• Les premières réalisations dans le cadre de la Stratégie sont notamment :
o La modification du Code canadien du travail dans le but de renforcer les cadres existants pour la prévention du harcèlement et de la violence en milieu de travail (Emploi et Développement social Canada);
o Le renforcement des dispositions relatives aux agressions sexuelles et des mesures pour mieux contrer la violence entre partenaires intimes dans le Code criminel (Justice Canada);
o La création de l’équipe d’examen des plaintes d’agressions sexuelles, qui a effectué l’examen de plus de 30 000 dossiers d’agression sexuelle « non fondée » (Gendarmerie royale du Canada);
o Le lancement de la Stratégie nationale de lutte contre la traite des personnes en partenariat avec de nombreux ministères, y compris FEGC et Sécurité publique, et dans le cadre de laquelle FEGC a reçu des fonds pour élaborer l’initiative Continuum de soins – prévention et interventions pour les populations vulnérables;
o La conception d’une formation sur la sensibilisation et l’humilité culturelles et d’approches qui tiennent compte des traumatismes pour l’ensemble du personnel de la Gendarmerie royale du Canada (GRC);
o Le lancement du Programme de financement de la lutte contre la violence fondée sur le sexe, qui a fourni un financement à quelque 60 projets pour élaborer et mettre à l’essai des pratiques prometteuses visant à soutenir les victimes et les personnes survivantes de la VFS et leurs familles (FEGC);
o Le lancement de la plateforme en ligne du Centre du savoir sur la violence fondée sur le sexe en décembre 2018 (FEGC);
o La tenue de trois sondages nationaux et récurrents pour établir des données de référence sur la prévalence de diverses formes de VFS, pour permettre de mieux comprendre la VFS au Canada et pour mesurer les progrès réalisés au fil du temps (FEGC et Statistique Canada).

Plan d’action national pour mettre fin à la violence fondée sur le sexe
• En décembre 2019, la ministre des Femmes et de l’Égalité des genres a reçu pour mandat de se fonder sur les bases jetées par la Stratégie contre la VFS et de faire avancer l’élaboration d’un plan d’action national pour mettre fin à la violence fondée sur le sexe, en veillant à ce que toute personne confrontée à la VFS ait un accès rapide et fiable à une protection et à des services, peu importe où elle vit.
• Le gouvernement du Canada, par l’intermédiaire de FEGC, travaille en étroite collaboration avec les provinces et les territoires à l’élaboration du Plan d’action national pour mettre fin à la violence fondée sur le sexe, notamment dans le cadre du Forum fédéral-provincial-territorial (FPT) des ministres responsables de la condition féminine. Lors de la 38e réunion annuelle en janvier 2021, les ministres FPT ont entériné la Déclaration commune pour un Canada sans violence fondée sur le sexe, à l’aide de laquelle ils ont confirmé leur vision, leurs principes et leurs objectifs en commun en vue de l’élaboration du Plan d’action national pour mettre fin à la violence fondée sur le sexe.
• Le Plan d’action national pour mettre fin à la violence fondée sur le sexe permettra de réaliser des progrès afin d’éliminer la VFS et de faire avancer l’égalité des sexes, en plus de favoriser la reprise économique du Canada à la suite de la COVID-19 en investissant dans les femmes tandis que le pays s’emploie à mieux se reconstruire.
• Pour poursuivre ces efforts, le budget de 2021 prévoit :
o 601,3 millions de dollars sur cinq ans pour faire avancer la mise en œuvre d’un nouveau plan d’action national pour mettre fin à la violence fondée sur le sexe, y compris 415 millions de dollars qui seront octroyés à FEGC :
• 200 millions de dollars sur deux ans afin de soutenir les organismes de lutte contre la VFS (FEGC);
• 105 millions de dollars sur cinq ans pour améliorer le Programme de financement de la lutte contre la VFS (FEGC), notamment un financement pour mobiliser les hommes et les garçons, pour mettre fin à la traite des personnes, pour soutenir les populations à risque ainsi que les victimes et les personnes survivantes et pour soutenir la mise à l’essai et l’adoption de pratiques exemplaires;
• 14 millions de dollars sur cinq ans pour un secrétariat chargé de la coordination des travaux continus en vue d’élaborer et de mettre en œuvre le Plan d’action national pour mettre fin à la VFS (FEGC);
• 11 millions de dollars sur cinq ans pour la recherche sur la VFS et la mobilisation des connaissances (FEGC);
• 55 millions de dollars sur cinq ans pour renforcer les capacités des femmes autochtones et des organismes de défense des intérêts des personnes 2ELGBTQQIA+ afin d’offrir des programmes de prévention de la violence fondée sur le sexe qui visent à s’attaquer aux causes profondes de la violence faite aux femmes, aux filles et aux personnes 2ELGBTQQIA+ autochtones (FEGC);
• 30 millions de dollars sur cinq ans pour que les lignes d’intervention en cas de crise puissent répondre aux besoins urgents d’un plus grand nombre de Canadiennes et de Canadiens afin de prévenir l’escalade de la VFS (FEGC).

Incidences de la COVID-19 sur la violence fondée sur le sexe
• Les femmes, les filles, les personnes LGBTQ2+, les personnes de diverses identités de genre et les membres des collectivités à risque ont été touchées de façon disproportionnée par la pandémie de COVID-19. Tous les membres de la population canadienne ont reçu la consigne de rester chez eux, mais la maison n’est pas un endroit sûr pour tout le monde, en particulier pour les femmes et leurs enfants qui sont victimes de violence fondée sur le sexe.
• Les données d’un échantillon de 15 services de police indiquent que les appels liés à des querelles de ménage ont augmenté à certaines étapes de la pandémie. Les appels liés à des querelles de ménage ont atteint leur niveau le plus élevé entre les mois de mai et d’août 2020, alors qu’ils avaient augmenté de 8,6 % par rapport à la même période en 2019. Vers la fin de 2020, les appels mensuels étaient retombés aux niveaux d’avant la pandémie, mais ils ont augmenté de nouveau pendant l’été 2021. Les données de la police ne brossent pas un tableau complet, car plusieurs personnes survivantes ne font pas de signalements à la police et les mesures de confinement rendent la démarche encore plus difficile.
• Le Centre canadien de protection de l’enfance a déclaré avoir observé une hausse fulgurante de 88 %, entre les mois d’avril 2020 et de février 2021, des appels pour signaler des cas d’exploitation sexuelle en ligne d’enfants canadiens passés à sa ligne d’écoute téléphonique nationale (cyberaide.ca). Cette augmentation de certaines formes de VFS depuis le début de la crise de santé publique a été reconnue à l’échelle nationale et internationale comme étant la « pandémie de l’ombre de la VFS ».
• Un grand nombre d’organismes offrant des soutiens et des services en matière de VFS ont signalé une augmentation considérable de la demande depuis le début de la pandémie. D’autres organismes ont connu une baisse de la demande de services, ce qui fait craindre que les victimes de VFS ne puissent pas ou ne veuillent pas demander de l’aide.
• Du 12 au 25 mai 2020, Statistique Canada a mené une enquête selon une approche participative auprès de 43 000 personnes sur « Les perceptions des Canadiens à l'égard de la sécurité personnelle depuis la pandémie de COVID-19 ». Les principales conclusions de l'enquête montrent que les jeunes qui participaient à l’enquête, plus précisément les jeunes femmes, les minorités visibles et les Autochtones, étaient plus susceptibles d'avoir des inquiétudes quant à la sécurité dans leur quartier pendant la pandémie de COVID-19. En outre, les jeunes femmes étaient plus susceptibles de déclarer avoir contacté ou utilisé un service d'aide aux victimes, et moins susceptibles de déclarer se sentir en sécurité lorsqu'elles marchaient seules après la tombée de la nuit dans leur quartier depuis le début de la pandémie.
• Des groupes spécifiques de femmes et de personnes LGBTQ2 peuvent être plus vulnérables à l'impact de la violence fondée sur le sexe pendant la pandémie de COVID-19. Les données nationales recueillies avant le début de la pandémie de COVID-19 montrent que les femmes autochtones, les femmes vivant dans des zones rurales ou éloignées, les femmes en situation de handicap, les personnes transgenres et de diverses identités de genre, ainsi que les lesbiennes, les bisexuels et les gays sont beaucoup plus susceptibles de subir de la violence fondée sur le sexe et/ou d'être plus vulnérables à ses conséquences.
• Dans le cadre du Plan d’intervention économique du Canada pour répondre à la COVID-19, le gouvernement fédéral, par l’entremise de FEGC, a distribué 90 millions de dollars à des maisons d’hébergement, à des centres d’aide aux victimes d’agression sexuelle et à des organismes qui offrent des mesures de soutien essentielles en matière de VFS aux femmes et aux enfants victimes de violence. En raison de la forte demande, FEGC a pu compter sur 9,5 millions de dollars supplémentaires provenant du financement pour des programmes existants, ce qui porte le financement total à 99,5 millions de dollars.
• Jusqu’à présent, un financement a été versé à plus de 1 200 organismes, notamment à des maisons d’hébergement pour femmes, à des centres d’aide aux victimes d’agression sexuelle et à d’autres organismes qui offrent des services et des mesures de soutien aux victimes de violence fondée sur le sexe partout au pays. Depuis avril 2020, plus de 1,3 million de femmes et d’enfants ou un endroit où aller pour chercher de l’aide grâce à ce financement.
• La pandémie de COVID-19 a changé la donne, notamment en exacerbant les lacunes existantes dans de nombreux systèmes et secteurs, ce qui accroît la nécessité et l’urgence d’adopter un plan d’action national pour mettre fin à la violence fondée sur le sexe.

Renseignements supplémentaires :

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