Note pour la période des questions : RÉSILIENCE ENVIRONNEMENTALE

About

Numéro de référence :
AAFC-2022-QP-00002
Date fournie :
28 sept. 2022
Organisation :
Agriculture et Agroalimentaire Canada
Nom du ministre :
Bibeau, Marie-Claude (L’hon.)
Titre du ministre :
Ministre de l'Agriculture et de l'Agroalimentaire

Enjeu ou question :

Que fait le gouvernement du Canada pour améliorer la résilience environnementale du secteur, y compris l’adaptation aux répercussions des changements climatiques?

Réponse suggérée :

RÉPONSE

  1. Le gouvernement du Canada reconnaît l’importance vitale d’un secteur agricole et agroalimentaire résilient, capable de s’adapter aux changements climatiques, de maintenir sa croissance de façon durable, de nourrir le Canada et une population mondiale croissante.

  2. Le Partenariat canadien pour l’agriculture offre jusqu’à 438 millions de dollars en financement à frais partagés avec les provinces et les territoires pour aider les producteurs à préserver les sols et l’eau, à réduire les émissions de gaz à effet de serre et à s’adapter aux changements climatiques.

  3. Les ministres fédérale, provinciaux et territoriaux de l’Agriculture ont conclu une entente de principe concernant le Partenariat canadien pour une agriculture durable (PCAD), une entente quinquennale qui s’appuiera sur les programmes actuels, y compris la protection de l’environnement et la lutte contre le changement climatique afin de soutenir le Canada en tant que chef de file mondial en matière de production agricole et agroalimentaire durable.

  4. Le Programme des paysages agricoles résilients à coûts partagés de 250 millions de dollars, en cours d’élaboration avec les provinces et les territoires, aidera les producteurs agricoles à mettre en œuvre des pratiques permettant de maintenir et d’améliorer la capacité naturelle des terres agricoles à séquestrer le carbone, ainsi que de protéger la biodiversité et la santé des sols.

  5. Nous préparons aussi un plan d’agriculture durable pour le Canada afin de coordonner et soutenir les mesures actuelles et un plus grand nombre de mesures relatives aux changements climatiques et à d’autres priorités environnementales.

EN CAS DE QUESTIONS SUR LE SOUTIEN OFFERT AUX PRODUCTEURS TOUCHÉS PAR DES CONDITIONS MÉTÉOROLOGIQUES DÉFAVORABLES
1. Nous reconnaissons que les producteurs agricoles canadiens sont les premiers à subir les conséquences des changements climatiques et qu’ils contribuent de façon importante pour s’adapter à l’évolution du climat. Nous continuons de travailler avec eux pour protéger notre environnement tout en maintenant la vigueur des entreprises agricoles.

  1. Nous soutenons et réalisons également des programmes scientifiques et des programmes à la ferme pour aider le secteur à se préparer, à réagir et à se remettre des risques liés aux changements climatiques, comme les conditions météorologiques extrêmes. Il s’agit notamment de programmes visant à mettre au point des variétés de cultures résistantes aux changements climatiques et des technologies à la ferme permettant d’utiliser l’eau efficacement, et de programmes de gestion des risques de l’entreprise, qui fournissent une aide directe aux producteurs agricoles ayant subi des pertes causées par des difficultés climatiques et environnementales.

  2. De plus, en juillet 2022, mes homologues provinciaux et territoriaux et moi même avons annoncé des améliorations importantes aux programmes de gestion des risques de l’entreprise, notamment la conduite d’un examen d’un (1) an pour déterminer comment intégrer les risques climatiques et la préparation aux changements climatiques; l’augmentation du taux d’indemnisation d’Agri stabilité à 80 pour cent du nombre de projets pilotes liés à Agri protection, en appui aux efforts déployés par les producteurs pour réduire les pertes de production attribuables au climat et adopter des pratiques de gestion bénéfiques.

EN CAS DE QUESTIONS SUR L’AMÉLIORATION DE LA GESTION DURABLE DE L’EAU
1. Nous aiderons le secteur agricole à améliorer la gestion des ressources en eau, notamment en établissant une nouvelle agence canadienne de l’eau cette année et en mettant en œuvre un plan d’action sur l’eau douce.

  1. Le leadership continu du gouvernement en matière de sciences agricoles, de programmes et de collaboration, soutenu par le Partenariat canadien pour l’agriculture et le prochain Partenariat canadien pour une agriculture durable, est essentiel à la protection des ressources en eau et au renforcement de la résilience du secteur face aux changements climatiques.

EN CAS DE QUESTIONS SUR LE SOUTIEN DU SECTEUR DANS L’AMÉLIORATION DE LA BIODIVERSITÉ
1. Le gouvernement du Canada reconnaît l’importance de la biodiversité pour le secteur agricole et pour tous les Canadiens, y compris le rôle qu’elle joue pour favoriser la pollinisation, renforcer la résilience face aux phénomènes météorologiques extrêmes et fournir un habitat essentiel aux espèces sauvages.

  1. Le gouvernement aide les producteurs agricoles canadiens à améliorer la biodiversité grâce à du financement, y compris le Programme des paysages agricoles résilients annoncé récemment, qui vise à soutenir la mise en œuvre de pratiques à la ferme permettant de préserver et de restaurer les prairies, les milieux humides et d’autres zones naturelles des terres agricoles.

Contexte :

CONTEXTE

Le 1er avril 2018 était lancé le Partenariat canadien pour l’agriculture (Partenariat), un investissement de 3 milliards de dollars sur cinq ans qui renforcera le secteur de l’agriculture, de l’agroalimentaire et des produits agro‑industriels pour maintenir l’innovation, la croissance et la prospérité. Un milliard de dollars seront investis dans des activités et des programmes fédéraux, et 2 milliards de dollars dans des activités et des programmes de financement à frais partagés entre les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux. Dans les programmes et activités à frais partagés de 2 milliards de dollars, on estime qu’une somme pouvant atteindre 438 millions de dollars a été affectée pour traiter les questions liées à la durabilité environnementale et aux changements climatiques.

Jusqu’à 690 millions de dollars sont offerts dans le cadre des programmes exclusivement fédéraux, y compris les programmes Agriinnover (128 millions de dollars) et Agriscience (338 millions de dollars, dont 38 millions consacrés exclusivement à l’environnement) et des programmes en science fondamentale dirigés par Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC) (224 millions de dollars, dont 45 millions destinés exclusivement à l’environnement), pour améliorer la compétitivité du secteur grâce à la recherche, à la science et à l’innovation, en misant sur une croissance durable et propre.

Les ministres fédérale, provinciaux et territoriaux (FPT) de l’Agriculture ont maintenant conclu une entente concernant le Partenariat canadien pour une agriculture durable (PCAD), qui couvrira la période de 2023 à 2028. Ce nouvel accord quinquennal permettra d’injecter 500 millions de dollars de nouveaux fonds, ce qui représente une augmentation de 25 % des parts à coûts partagés du partenariat. Le nouveau cadre s’appuie sur les aspects environnementaux, sociaux et économiques décrits dans l’Énoncé de Guelph établi en novembre 2021, dans le cadre duquel les ministres FPT de l’Agriculture ont convenu d’une vision pour le prochain cadre stratégique selon laquelle « le Canada est reconnu comme chef de file mondial dans le domaine de l’agriculture et de la production agroalimentaire durables ». Il s’agit notamment de s’attaquer aux changements climatiques et de protéger l’environnement afin de réduire les émissions de GES et de soutenir la viabilité à long terme du secteur, tout en positionnant les producteurs et les transformateurs de façon à ce qu’ils puissent saisir les possibilités économiques découlant des demandes changeantes des consommateurs.

Le Programme des paysages agricoles résilients a été annoncé dans le budget de 2022. Ce programme est en cours d’élaboration en collaboration avec les provinces et les territoires et sera mis en œuvre en tant que programme de 250 millions de dollars à coûts partagés entre les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux au titre du nouveau PCAD. Il aidera les producteurs à protéger et à améliorer la résilience des paysages agricoles en accélérant l’adoption de pratiques à la ferme relatives à l’utilisation et à la gestion des terres, comme la préservation et la restauration des prairies et des milieux humides, la mise à l’essai de pratiques novatrices en matière d’agriculture régénératrice ou encore la bonification des zones riveraines et des réserves fauniques à la ferme au moyen d’une approche de paiement pour les services écosystémiques afin de favoriser l’adoption de ces pratiques à la ferme.
Dans son budget de 2022, le gouvernement prévoit des investissements supplémentaires en dehors du prochain cadre stratégique pour aider le secteur agricole à réduire les émissions de gaz à effet de serre. Ces investissements peuvent également procurer des avantages environnementaux connexes favorisant l’adaptation aux changements climatiques, la santé des sols, la biodiversité et l’eau :
- 470 millions de dollars au Fonds d’action à la ferme pour le climat de l’initiative Solutions agricoles pour le climat pour compléter le financement de certains candidats actuels retenus, élargir le soutien à d’autres pratiques principales d’atténuation des changements climatiques, prolonger le programme au‑delà de sa date de fin actuelle prévue pour 2023 2024, et soutenir l’adoption de pratiques qui contribuent à la cible de réduction des émissions attribuables aux engrais, ainsi qu’à l’engagement mondial sur le méthane.

Adaptation aux changements climatiques

La météo a toujours été un facteur clé dont les producteurs tiennent compte dans leurs décisions de gestion quotidiennes et à long terme. Cependant, les changements climatiques compliquent la situation, comme en témoignent les événements récents survenus au cours de la saison de croissance 2021, notamment les répercussions de la sécheresse, des feux de végétation et de la chaleur extrême. Les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux reconnaissent ce défi et l’importance d’aider les producteurs à éviter ‑ ou à se remettre rapidement ‑ des coûts extraordinaires associés aux phénomènes météorologiques extrêmes. Les programmes de gestion des risques de l’entreprise (GRE) sont conçus pour répondre aux besoins des producteurs, quel que soit le type d’exploitation ou sa taille, afin de s’assurer qu’ils prennent les meilleures décisions pour leur exploitation et qu’ils sont en bonne position pour continuer de répondre à tout risque climatique grave. Dans le cadre du PCAD, les ministres de l’Agriculture ont convenu de mettre en œuvre de nouvelles mesures visant l’ensemble de programmes de GRE afin de rendre ces derniers plus opportuns, équitables et faciles à comprendre et de mieux protéger les producteurs contre les risques climatiques.

AAC soutient et dirige des recherches dans divers domaines qui améliorent l’adaptation et la résilience du secteur, notamment la surveillance et l’amélioration de la santé des sols agricoles, la mise au point de semences et de variétés de cultures résistantes à la sécheresse, la gestion de l’eau dans le paysage agricole et la fourniture aux producteurs des outils qui les aideront à mieux s’adapter aux changements climatiques.
Dans le cadre du Plan climatique renforcé, le Canada s’est engagé à élaborer une stratégie nationale d’adaptation d’ici décembre 2022, sous la direction d’Environnement et Changement climatique Canada. La stratégie s’appuie sur l’engagement en matière d’adaptation pris dans le Cadre pancanadien sur la croissance propre et les changements climatiques. Elle proposera une vision pour des mesures d’adaptation transformationnelles, y compris des objectifs et des mesures adaptées au secteur agricole, ainsi qu’un cadre visant à mesurer les progrès à l’échelle nationale. AAC continue de collaborer avec d’autres ministères fédéraux, les gouvernements provinciaux et territoriaux et les intervenants du secteur pour veiller à ce que les questions agricoles et alimentaires soient prises en compte dans l’élaboration de la stratégie. Le Ministère continue aussi de soutenir les efforts d’adaptation déployés dans le secteur, en offrant des programmes améliorés dans le cadre du PCAD, en planifiant à long terme (p. ex. vers 2050), en évaluant les répercussions climatiques, en partageant les connaissances et les renseignements et en adoptant des pratiques de gestion bénéfiques qui améliorent la préparation et la résilience du secteur face aux changements climatiques.
Amélioration de la gestion durable de l’eau
La ministre s’est engagée, dans le cadre de son mandat, à continuer d’appuyer le ministre de l’Environnement et du Changement climatique pour créer une agence canadienne de l’eau et mettre en œuvre un Plan d’action sur l’eau douce (PAED) renforcé, qui prévoit notamment un investissement historique visant à protéger et à remettre en état des Grands Lacs et des réseaux fluviaux, en commençant par le réseau des Grands Lacs et du fleuve Saint‑Laurent, le lac Simcoe, le bassin du lac Winnipeg, le bassin du fleuve Fraser et le bassin du fleuve Mackenzie, de même qu’un investissement dans la région des lacs expérimentaux du nord de l’Ontario pour soutenir la science et la recherche internationales sur l’eau douce.
Dans le budget de 2022, on a annoncé un financement de 43,5 millions de dollars sur cinq ans, et 8,7 millions de dollars par la suite à ECCC pour la création d’une nouvelle agence canadienne de l’eau, laquelle sera sur pied en 2022. On a également annoncé un financement de 19,6 millions de dollars en 2022‑2023 à ECCC pour maintenir le PAED. L’avenir de cette initiative sera communiqué à une date ultérieure. Le PAED, qui prend fin au cours de l’exercice 2021‑2022, a été l’une des principales approches de programme du gouvernement fédéral pour gérer et protéger l’eau douce au Canada en ciblant des plans d’eau transfrontaliers d’importance nationale. Plus précisément, dans le cadre de ce plan, le gouvernement a financé des initiatives relatives aux écosystèmes d’eau douce dans les Grands Lacs et le lac Winnipeg et s’est engagé à prendre des mesures non financées à l’égard des fleuves Saint‑Laurent, Saint‑Jean, Fraser et Mackenzie. D’autres fonds ont été accordés dans le cadre des budgets de 2016 et de 2021 pour contrer les menaces à la qualité de l’eau du lac des Bois.
AAC continue de collaborer avec ECCC, d’autres ministères, ses homologues provinciaux et territoriaux du secteur de l’agriculture et les partenaires sectoriels intéressés afin d’élaborer un mandat, ainsi que des options d’investissement et de structure pour l’Agence canadienne de l’eau, et de créer des possibilités de collaboration dans le cadre du PAED.

Biodiversité
La biodiversité est essentielle à la production d’aliments, de carburant et de fibres, au maintien d’autres services écosystémiques comme la fertilité des sols, la conservation de l’eau, la pollinisation et la lutte antiparasitaire, ainsi qu’à la capacité des espèces et des écosystèmes à s’adapter aux conditions changeantes, notamment aux changements climatiques. Les paysages agricoles biodiversifiés sont plus résilients face au climat et se remettent plus facilement des phénomènes météorologiques extrêmes (p. ex. les sécheresses). Parallèlement, les composantes des paysages agricoles, comme les terres cultivées, les pâturages, les prairies, les milieux humides, les bordures de champs et les brise‑vent contribuent à la biodiversité et fournissent des habitats fauniques importants. Cependant, la conversion historique des terres à des fins agricoles a contribué à la perte et à la détérioration des habitats en raison de la déforestation, de la mise en culture des prairies, de l’érosion, de la détérioration de la santé des sols et de la pollution (p. ex. le ruissellement des intrants agricoles dans les eaux souterraines et de surface). Cette dégradation est exacerbée par l’intensification et la gestion non durables des terres agricoles (p. ex. le drainage des terres humides pour l’ensemencement en lignes droites).
Les programmes à coûts partagés entre les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux au titre du Partenariat canadien pour l’agriculture, un cadre stratégique pour l’agriculture en vigueur de 2018 à 2023, ainsi que du prochain Partenariat canadien pour une agriculture durable (PCAD) prévu pour 2023 à 2028 appuient l’adoption de technologies et de pratiques à la ferme qui peuvent offrir des avantages connexes pour la biodiversité, notamment les brise‑vent, les cultures de couverture, la conversion des terres marginales en zones gazonnées et boisées, ainsi que la restauration et l’amélioration des terres humides et des zones riveraines. Cela comprend le Programme des paysages agricoles résilients de 250 millions de dollars annoncé récemment, qui est en cours d’élaboration en collaboration avec les provinces et les territoires dans le cadre du PCAD et qui vise à aider les producteurs à adopter des pratiques à la ferme relatives à l’utilisation et à la gestion des terres appuyant les paysages agricoles biodiversifiés, comme la préservation et la restauration des prairies et des milieux humides, la mise à l’essai de pratiques novatrices en matière d’agriculture régénératrice et la bonification des zones riveraines et des réserves fauniques.

Renseignements supplémentaires :

aucun