Note pour la période des questions : PESTE PORCINE AFRICAINE
About
- Numéro de référence :
- AAFC-2025-QP-00110
- Date fournie :
- 11 déc. 2025
- Organisation :
- Agriculture et Agroalimentaire Canada
- Nom du ministre :
- MacDonald, Heath (L’hon.)
- Titre du ministre :
- Ministre de l'Agriculture et de l'Agroalimentaire
Enjeu ou question :
Q1 – Quelles mesures le gouvernement du Canada a-t-il déjà prises pour répondre à la menace que pose la propagation à l’échelle globale de la peste porcine africaine pour les porcs du Canada? Q2 – Comment l’Agence canadienne d’inspection des aliments a-t-elle mis à l’essai ou validé ses efforts de préparation? Q3 – Comment l’ACIA a-t-elle mis à l’essai ou validé ses efforts de préparation? Q4 –Y a-t-il des développements quant à un traitement ou un vaccin contre la peste porcine africaine? Q5 – Quels risques la population envahissante de porcs sauvages du Canada pose-t-elle, et quelles sont les mesures mises en œuvre?
Réponse suggérée :
R.1 - Le gouvernement fédéral continue à faire preuve de vigilance et travaille avec tous les ordres de gouvernement et avec l’industrie afin de prévenir la peste porcine africaine et de se préparer à faire face à la menace qu’elle pose au Canada.
Une approche pancanadienne est actuellement mise en œuvre; cette approche met l’accent sur quatre domaines principaux : la prévention et l’amélioration de la biosécurité, la planification de la préparation aux situations d’urgence, la continuité des activités et la communication coordonnée des risques. Cette approche constitue un plan d’action qui jette les bases d’une intervention rapide et coordonnée visant à réduire l’ampleur d’une éclosion de peste porcine africaine et à limiter ses répercussions.
L’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) dirige la mise en place d’un système national de surveillance pour soutenir la détection précoce de la maladie. Dans l’éventualité où des cas de peste porcine africaine seraient détectés au Canada, l’Agence canadienne d’inspection des aliments a également élaboré des politiques et des plans exhaustifs pour permettre des interventions efficaces et pour conclure des ententes commerciales proactives dans le but d’aider à réouvrir les marchés d’exportation et de reprendre les activités commerciales plus rapidement.
De même, Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC) a mis en place des programmes visant à aider l’industrie canadienne du porc à se préparer à une éclosion éventuelle et à maintenir la continuité de leurs activités. Le Programme de préparation de l’industrie à la peste porcine africaine a investi avec succès jusqu’à 15,3 millions de dollars dans 43 projets répartis dans les régions productrices de porc du Canada.
Des mesures de contrôle des importations rigoureuses ont également été mises en place aux points d’entrée et sont mises en application par les agents de l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) et de l’Agence canadienne d’inspection des aliments et des chiens détecteurs repèrent les aliments ainsi que les produits végétaux et animaux qui sont susceptibles de transporter la maladie. R.2 - L’Agence canadienne d’inspection des aliments est déterminée à protéger la santé des animaux et a réalisé des progrès considérables dans ce domaine. L’Agence canadienne d’inspection des aliments a réalisé des progrès considérables dans la préparation des interventions face à la peste porcine africaine en ayant recours à des exercices d’entraînement et des exercices sur table ainsi qu’à des simulations à grande échelle afin de valider l’état de préparation des intervenants et de relever les lacunes et les points à améliorer.
Ces exercices ont aidé les intervenants à peaufiner leurs plans et procédures d’urgence complexes. Ils ont également contribué à créer une compréhension commune de ce à quoi il faut s’attendre pendant une intervention face à la peste porcine africaine, notamment des communications coordonnées, l’état de préparation des laboratoires en matière de capacité et de capacité de pointe, la reprise des activités commerciales et d’autres mesures essentielles liées à la peste porcine africaine et à d’autres maladies zoonotiques émergentes.
R.3 - L’Agence canadienne d’inspection des aliments est déterminée à protéger la santé et le bien-être des animaux; elle a collaboré avec ses multiples partenaires commerciaux afin de finaliser les ententes commerciales. À la suite d’une éclosion, et une fois qu’il sera sécuritaire de le faire, ces ententes visent à permettre au Canada de reprendre plus rapidement ses exportations de porcs.
Agriculture et Agroalimentaire Canada travaille également en collaboration avec les gouvernements provinciaux afin de mettre sur pied un mécanisme de soutien visant à gérer les populations porcines excédentaires et à prévenir ou réduire au minimum les problèmes liés au bien-être des animaux qui pourraient survenir en raison d’une éclosion. Ce programme aidera les producteurs de porcs à faire face aux coûts extraordinaires liés à la gestion de leurs porcs excédentaires en santé. Il sera essentiel pour soutenir la stabilité financière des producteurs de porc canadiens à la suite de la perte de l’accès au marché. De plus, Agriculture et Agroalimentaire Canada travaille en collaboration avec l’Agence canadienne d’inspection des aliments pour mener des recherches continues sur la survie de l’agent pathogène dans les aliments et l’environnement.
Le Programme de préparation de l’industrie à la peste porcine africaine (PPIPPA) d’Agriculture et Agroalimentaire Canada a octroyé 15,5 millions de dollars répartis entre 44 projets. Ce programme a pris fin en mars 2025 et le financement a aidé l’industrie porcine à mettre au point les outils, à établir des partenariats et à mener les activités nécessaires à la détection précoce de la peste porcine africaine et à une intervention d’urgence efficace en cas d’éclosion.
Le gouvernement du Canada continue de sensibiliser la population à la peste porcine africaine. Il rappelle notamment aux voyageurs de ne pas apporter de porc dans leurs bagages, exhorte les agriculteurs à maintenir des mesures de biosécurité rigoureuses dans leurs exploitations et encourage les chasseurs à signaler la présence de porcs sauvages. R.4 - Aucun traitement ou vaccin n’est actuellement approuvé au Canada pour la maladie. Bien que des progrès importants aient été réalisés, aucun antiviral ou vaccin contre la peste porcine africaine ne répond encore aux exigences canadiennes.
Le Canada est reconnu comme un chef de file de l’expertise scientifique et technique liée à la peste porcine africaine. Le Centre national des maladies animales exotiques de l’Agence canadienne d’inspection des aliments, situé à Winnipeg, est officiellement reconnu comme étant l’un des sept laboratoires de référence de l’Organisation mondiale de la santé animale pour la peste porcine africaine dans le monde.
Le Canada continue de surveiller les souches émergentes et nouvelles du virus de la peste porcine africaine en Asie et en Afrique. L’Agence canadienne d’inspection des aliments collabore avec des organisations aux États-Unis, en Europe et au Vietnam pour faire avancer la recherche et appuyer le développement d’un vaccin sûr et efficace. R.5 - Les porcs sauvages envahissants causent des dommages écologiques considérables, détruisent l’habitat d’animaux sauvages, abîment les cultures et posent des risques pour la sécurité humaine. Ils peuvent également transporter et propager des maladies, y compris la peste porcine africaine, qui menacent à la fois les animaux sauvages et le bétail.
Le gouvernement du Canada continue à collaborer étroitement avec les provinces, les territoires et d’autres intervenants afin de mettre en œuvre la Stratégie canadienne de lutte contre les porcs sauvages envahissants, qui vise à éradiquer les porcs sauvages envahissants du Canada d’ici 2032. Dans le cadre du Programme de préparation de l’industrie à la peste porcine africaine, plusieurs projets ont été mis en œuvre à travers le Canada pour soutenir la surveillance des porcs sauvages, le contrôle des populations et la sensibilisation.
Si on détecte la peste porcine africaine chez des porcs sauvages envahissants, l’Agence canadienne d’inspection des aliments dirigera les interventions d’urgence en étroite collaboration avec tous les ordres de gouvernement, les communautés autochtones et les intervenants concernés afin de contenir la maladie et de limiter ses répercussions.
Contexte :
Risques et répercussions de la peste porcine africaine sur l’industrie porcine du Canada
La PPA est une maladie à déclaration obligatoire en vertu de la Loi sur la santé des animaux, ce qui veut dire que tout cas suspect doit être signalé à l’ACIA. À ce jour, la PPA n’a jamais été signalée au Canada.
Bien que la PPA n’ait pas d’effet sur la santé humaine ni sur la salubrité des aliments, son introduction au Canada aurait de graves répercussions sur la santé des porcs canadiens et engendrerait d’importantes perturbations dans l’ensemble de la chaîne de valeur du porc. On estime que le secteur du porc au Canada contribue à l’économie à hauteur de 24 milliards de dollars et soutient environ 100 000 emplois.
Dans l’éventualité où un cas de PPA serait détecté au Canada, tous les marchés d’exportation de porcs vivants et de produits du porc pourraient fermer immédiatement; certains d’entre eux pourraient demeurer fermés pendant plusieurs mois, ou même plus longtemps.
Le gouvernement du Canada continue de travailler de près avec ses partenaires commerciaux à l’échelle internationale afin de prévenir l’introduction de la PPA en Amérique et d’en atténuer les répercussions potentielles au Canada.
Mesures prises à ce jour
L’ACIA, Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC) et l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) collaborent avec les représentants de l’industrie, ainsi qu’avec les gouvernements provinciaux et territoriaux. À la table du Conseil exécutif de gestion de la PPA, les intervenants fournissent un leadership et une orientation stratégique par le biais du Plan d’action pancanadien contre la peste porcine africaine.
Ce plan comporte quatre piliers :
• Améliorer la biosécurité et la prévention
• Planifier la préparation
• Assurer la continuité des activités
• Coordonner les communications sur les risques
Le plan d’action appuie également l’élaboration d’outils aux fins d’intervention comme des outils d’aide à la décision en matière de dépopulation et d’élimination, du soutien financier pour la relance des activités des producteurs et des transformateurs ainsi qu’un plan de communication sur la peste porcine africaine.
AAC continue de travailler avec les gouvernements provinciaux afin de mettre en place un programme de soutien en prévision d’une éclosion. Ce programme vise à permettre la destruction et l’élimination ordonnées, en temps opportun et sans cruauté des porcs sains devenus excédentaires à la suite de perturbations des marchés liées à la PPA. Un financement fédéral pouvant aller jusqu’à 567 millions de dollars a été engagé pour ce programme. Cet engagement global pourrait augmenter au fur et à mesure que des ententes seront signées avec les provinces et les territoires afin de refléter un financement à frais partagés de 60:40 avec les partenaires provinciaux et territoriaux.
Afin de réduire au minimum l’incidence de la PPA, l’ACIA a conclu des ententes de zonage avec plusieurs partenaires commerciaux proches et poursuit ses négociations avec d’autres partenaires commerciaux clés. En cas d’éclosion, ces ententes visent à permettre une reprise plus rapide des activités commerciales.
L’ACIA surveille de près la situation de la maladie à l’échelle internationale et a mis en place des mesures de contrôle de l’importation rigoureuses afin d’empêcher l’introduction au Canada de porcs vivants et de produits et sous-produits du porc provenant de zones et de pays touchés par la PPA.
Le gouvernement du Canada a déployé beaucoup d’efforts pour les communications concernant la PPA, notamment par l’entremise de campagnes publicitaires ciblées, d’affiches dans les aéroports et de messages destinés aux voyageurs pendant les vols, ainsi que de communications ciblant les petits producteurs, les détaillants et les voyageurs.
L’ACIA a réalisé des progrès considérables en ce qui concerne sa politique d’intervention en matière de PPA, le Plan de l’ACIA spécifiquement lié aux risques de PPA. La préparation des intervenants est validée au moyen d’exercices d’entraînement, d’exercices sur table et d’exercices de simulation à grande échelle qui permettent de cerner les lacunes et les points à améliorer.
Renseignements supplémentaires :
• Le gouvernement prend au sérieux la menace de la peste porcine africaine. Il reconnaît l’incidence que cette maladie pourrait avoir sur notre secteur du porc si sa présence était détectée au Canada.
• Bien que la peste porcine africaine (PPA) n’ait jamais été détectée au Canada, elle continue à se propager à l’échelle mondiale. Sa présence au pays poserait un risque important pour la santé du cheptel porcin canadien, l’industrie porcine et l’économie canadienne.
• Le gouvernement du Canada travaille avec des intervenants de partout au Canada et de l’étranger afin d’empêcher l’introduction de la peste porcine africaine au Canada et de s’y préparer.
• Dans le cadre d’une approche proactive de lutte contre la maladie, le gouvernement du Canada a annoncé, en mars 2025, un engagement fédéral pouvant atteindre 567,17 millions de dollars pour soutenir les producteurs de porcs à la suite de la fermeture des principaux marchés d’exportation dès le début d’une éclosion de peste porcine africaine.