Note pour la période des questions : PRIX DES ALIMENTS ET SÉCURITÉ ALIMENTAIRE

About

Numéro de référence :
AAFC-2025-QP-00133
Date fournie :
11 déc. 2025
Organisation :
Agriculture et Agroalimentaire Canada
Nom du ministre :
MacDonald, Heath (L’hon.)
Titre du ministre :
Ministre de l'Agriculture et de l'Agroalimentaire

Enjeu ou question :

Q1 – Que fait le gouvernement pour aider les Canadiens à faire face aux répercussions des droits de douane et de l’incertitude commerciale? Q2 – Les Canadiens devraient-ils s’inquiéter de l’approvisionnement alimentaire? Q3 – Quelles mesures le gouvernement prend-il pour enrayer la hausse persistante du prix des produits d’épicerie? Q4 – Que fait le gouvernement pour aider les Canadiens qui se tournent vers les banques alimentaires parce que les prix des aliments sont trop élevés? Q5 – En cas de question seulement : Que fait le gouvernement pour répondre aux préoccupations concernant le fait que les bénéfices des épiciers demeurent élevés?

Réponse suggérée :

R.1 - Nous sommes conscients que les droits de douane imposés par les États Unis ont créé beaucoup d’incertitude. Depuis le 1er septembre 2025, les contre-mesures tarifaires imposées par le Canada sur les importations américaines, conformément à l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM), ont été supprimées. Nous tenons à aider les agriculteurs, les entreprises et la population canadienne à faire face aux effets persistants de ces chocs, et nous continuerons d’offrir de solides programmes de soutien économique.

Le Canada dispose de solides programmes de soutien économique pour aider les entreprises et les travailleurs à affronter la tempête. En outre, le gouvernement a présenté une stratégie économique à long terme dans le budget de 2025 pour s’assurer que le Canada puisse non seulement résister aux bouleversements mondiaux, mais qu’il soit également dans la meilleure position possible pour tirer parti des occasions qui en découlent. R.2 - Les récentes mesures commerciales prises par les États Unis visent à nuire à l’ensemble de la production canadienne, y compris alimentaire, certes, mais le Canada, dont les terres agricoles et les agriculteurs comptent parmi les plus productifs au monde, demeurera un exportateur net. Il se pourrait que certains aliments importés coûtent plus cher, mais il est possible d’élargir notre réseau commercial pour relever ces défis. Les Canadiens peuvent soutenir davantage nos secteurs agricole et agroalimentaire en recherchant les mentions « Fabriqué au Canada » ou « Produit du Canada » sur les étiquettes de produits, et encourager le programme de promotion d’achat local de leur province. R.3 - L’inflation des prix des produits d’épicerie a ralenti pour s’établir à 2,2 % en 2024, en baisse par rapport au récent sommet de 9,8 % atteint en 2022. Alors que l’inflation des prix des produits d’épicerie a de nouveau augmenté en 2025, notre gouvernement a toujours à cœur d’assurer un marché équitable, transparent et compétitif afin de rendre le coût de la vie plus abordable pour la population canadienne.

Le 15 décembre 2023, le projet de loi C-56, la Loi sur le logement et l’épicerie à prix abordable, a reçu la sanction royale. Modifiant la Loi sur la concurrence, le projet de loi C 56 a permis au Bureau de la concurrence de faire progresser ses enquêtes sur l’utilisation des restrictions anticoncurrentielles par les grands détaillants, connues sous le nom de contrôles de propriété, qui ont une incidence sur la concurrence dans le secteur de la vente au détail de produits alimentaires. Le 20 juin 2024, le projet de loi C-59, la Loi d’exécution de l’énoncé économique de l’automne 2023, a reçu la sanction royale. Il modernise tous les aspects de la loi afin de faciliter l’application et d’accroître la concurrence au Canada pour rendre le coût de la vie plus abordable pour la population canadienne. R.4 - Le 10 octobre, le premier ministre a annoncé de nouvelles mesures visant à réduire les coûts pour les Canadiens, incluant rendre permanent le Programme national d’alimentation scolaire. Le Programme fournit des repas à jusqu’à 400 000 enfants chaque année, veillant à ce que les enfants reçoivent des repas sains à l’école et permettant aux familles de deux enfants d’économiser 800 $ par année en épicerie.
Le gouvernement a également annoncé la mise en œuvre de versement automatique des prestations fédérales pour l’année d’imposition 2026, ce qui permettra aux Canadiens d’obtenir plus rapidement et plus facilement les prestations fédérales auxquelles ils ont droit.
Ces mesures s’inspirent des mesures antérieures, comme la suppression de la taxe carbone pour les consommateurs, les hausses du salaire minimum fédéral, l’Allocation canadienne pour enfants, l’Allocation canadienne pour les travailleurs et la Sécurité de la vieillesse. Ces mesures s’ajoutent aux programmes sociaux qui ont déjà été annoncés, dont des services de garde à plus petit prix et la création d’un programme national de soins dentaires. R.5 - Le gouvernement du Canada estime que la concurrence est essentielle pour assurer le dynamisme du secteur des produits d’épicerie. À cette fin, par l’intermédiaire de la Loi sur le logement et l’épicerie à prix abordable (2023) et de la Loi d’exécution de l’énoncé économique de l’automne 2023, le gouvernement a apporté des modifications à la Loi sur la concurrence afin de favoriser la concurrence sur tous les marchés, y compris les chaînes d’approvisionnement alimentaire et la vente au détail de produits alimentaires. Ces modifications comprennent le renforcement de l’examen des fusions afin d’empêcher une concentration excessive du marché, l’élargissement du champ d’application de la loi pour lutter contre les pratiques abusives des principaux acteurs qui entravent la concurrence, ainsi que les pratiques collaboratives.

Contexte :

Inflation des prix des aliments
L’inflation des prix à la consommation correspond au prix final payé par les consommateurs, incluant les remises et les taxes. Selon les dernières données mensuelles sur l’indice des prix à la consommation d’octobre 2025, la hausse des prix des aliments achetés en magasin (produits d’épicerie) était de 3,4 %, soit supérieure à l’inflation (+2,2 %). Si l’on compare les données mensuelles, les prix dans les épiceries ont diminué de 0,6 % en octobre, ce qui représente la plus forte diminution depuis septembre 2020 (-1,1 %). Cependant, même si les prix dans les épiceries ont affiché un ralentissement de croissance en octobre, ils sont demeurés élevés et ont été supérieurs à l’inflation globale pour un neuvième mois consécutif. L’inflation des prix dans les restaurants s’établissait à 3,2 %.

L’inflation d’une année à l’autre varie selon les catégories, par exemple les œufs (+3,2 %), les produits de boulangerie (+2,1 %), les produits laitiers (+1,4 %), les fruits frais (-0,8 %) et les légumes frais (-1,4 %). La fluctuation des prix varie selon les produits de viande, affichant une inflation plus élevée pour le bœuf (+16,8 %) que pour le poulet (+6,2 %), la viande transformée (+5,5 %), et le porc (+4,4 %). Les augmentations de prix des graisses et huiles comestibles ont continué à ralentir (-9,9 %) après leur inflation constante à deux chiffres au cours des trois dernières années.

Les augmentations des prix des produits d’épicerie ont varié au pays. Dans les provinces, les prix augmentent le plus lentement en Ontario (+2,9 %) et l’Île-du-Prince-Édouard (+3,3 %). C’est en Saskatchewan (+4,7 %) que les prix ont le plus augmenté. Dans les capitales territoriales, les prix ont augmenté plus rapidement à Whitehorse (+2,8 %) qu’à Yellowknife (+2,0 %), et aucune donnée n’est disponible pour Iqaluit.

En septembre 2025 (dernières données comparables), l’inflation des prix des produits d’épicerie au Canada s’établissait à 4,0 %, un taux supérieur à la moyenne du G7 (+3,5 %). L’inflation des prix des produits d’épicerie a été plus faible en France (+1,9 %), aux États‑Unis (+2,9 %), en Allemagne (+2,9 %) et en Italie (+3.7 %). Au cours de la même période, l’inflation des prix des produits d’épicerie a été plus élevée au Royaume‑Uni (+4,5 %) et au Japon (+7,3 %).

Prix du poulet
Le prix du poulet est devenu un enjeu majeur à la suite d’un récent article spéculant sur une hausse de 20 à 25 % en 2026, une prévision qui a depuis fait l’objet d’une attention médiatique importante. Comme il a été mentionné précédemment, les prix du poulet ont augmenté de 6,2 % sur un an, selon les dernières données de l’indice des prix à la consommation (IPC). L’article soutient que le système de gestion de l’offre, jugé lent et déconnecté, n’a pas permis de stabiliser l’approvisionnement comme prévu. Toutefois, Les Producteurs de poulet du Canada, responsables de l’établissement des cibles de production, ont fait remarquer que les récents problèmes d’approvisionnement causés par la baisse des importations étaient attribuables à la grippe aviaire. De plus, la flambée des prix du bœuf a également été reconnue comme une cause possible de l’augmentation de la demande pour d’autres sources de protéines, comme le poulet. Les producteurs canadiens produisent actuellement plus de poulet que jamais, soit 2,7 % de plus que l’an dernier, et des cibles de production plus élevées ont été fixées pour 2026. Si la gestion de l’offre garantit aux producteurs un juste retour du marché couvrant leurs coûts de production, il est important de noter que les producteurs ne fixent pas les prix de détail, lesquels sont déterminés par les détaillants et le marché en général.

Prévisions relatives aux prix des aliments en 2026
Selon le 16e rapport annuel sur les prix de détail des aliments au Canada, préparé conjointement par l’auteur principal Sylvain Charlebois (Ph. D.) et des collaborateurs de plusieurs universités canadiennes (Dalhousie, Saint Mary’s, de l’Î.-P.-É., Cape Breton, Laval, Guelph, de la Saskatchewan et de la Colombie-Britannique), les prix des aliments devraient augmenter de 4 % à 6 % en 2026. Par comparaison à l’année précédente, cela signifie une augmentation de près de 1 000 $ de la facture pour une famille de quatre.
En 2025, de toutes les catégories d’aliments, c’est la viande qui a connu le taux d’inflation le plus élevé (+7,2 %), surtout en raison de la flambée des prix du bœuf. Plusieurs facteurs expliquent d’ailleurs la faible croissance dans le secteur bovin, dont la diminution des cheptels (au plus bas depuis 1988), les sécheresses persistantes dans l’Ouest canadien qui limitent la croissance des troupeaux et la hausse du coût de l’alimentation animale, du carburant et d’autres intrants.
Le changement climatique et les phénomènes météorologiques sont également devenus une préoccupation croissante pour les producteurs agricoles d’ici comme d’ailleurs. Les consommateurs canadiens ont vu le coût de certaines importations, dont le café, le thé, le cacao et de nombreux fruits et légumes, augmenter considérablement en raison des difficultés liées aux conditions météorologiques dans d’autres pays.
Dans l’ensemble, l’augmentation prévue du prix des aliments est attribuable à divers facteurs, dont la géopolitique, les phénomènes météorologiques mondiaux, les nouvelles politiques, le comportement des consommateurs et l’évolution des modèles d’affaire dans le commerce de détail. Plus particulièrement, en 2025, le différend commercial entre le Canada et les États-Unis, les changements de politique qui en ont découlé ainsi que les mouvements menés par les consommateurs ont modifié le paysage économique du commerce de détail, ce qui s’est traduit par l’inflation du prix des denrées alimentaires. Le rapport est une prévision fondée sur l’environnement économique actuel et historique, et ce qui se produira réellement pourrait être différent.
Dynamique et surveillance des prix des aliments
Les prix des produits agricoles ont tendance à fluctuer davantage que les prix des produits d’épicerie, et ils ne sont pas étroitement associés. Selon des recherches préliminaires menées par Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC), les recettes des produits agricoles canadiens représentent environ un cinquième du coût final des produits alimentaires achetés par les Canadiens. En 2021, environ 81 cents de chaque dollar dépensé par les Canadiens pour se nourrir sont allés à des secteurs en aval de la ferme, comme le transport et le commerce de détail. La part des revenus agricoles est plus élevée pour les aliments peu transformés, comme les œufs, les fruits et les légumes, que pour les aliments plus transformés, par exemple le pain et la soupe .
Conformément aux engagements pris par le Canada auprès de l’Organisation mondiale du commerce, les gouvernements provinciaux et fédéral n’ont qu’une participation directe délibérée minimale à la gestion des prix des aliments ou aux décisions de production au Canada. Leur influence s’exerce principalement par le biais de mesures visant à assurer un marché efficace et équitable, et par des mesures d’atténuation pour les Canadiens vulnérables.
AAC analyse les facteurs de l’offre et de la demande qui influencent les coûts et la disponibilité des produits alimentaires tout au long de la chaîne d’approvisionnement agroalimentaire. AAC utilise différents ensembles de données pour surveiller les chocs dans le secteur.

Carrefour de données sur les prix des aliments
En collaboration avec Innovation, Sciences et Développement économique Canada et Agriculture et Agroalimentaire Canada, Statistique Canada a mis sur pied le Carrefour de données sur les prix des aliments pour fournir à la population canadienne un accès rapide aux renseignements dont elle a besoin pour comprendre les fluctuations des prix des aliments. Le Carrefour de données sur les prix des aliments (le Carrefour) utilise des données qui existent déjà et qui ont été regroupées dans un nouvel outil unique grâce auquel la population canadienne peut facilement avoir un aperçu des tendances et des prix des aliments.

Annonces récentes liées à l’abordabilité
Le 10 octobre 2025, le premier ministre a annoncé de nouvelles mesures visant à réduire les coûts pour les Canadiens, notamment :
• Lancement du versement automatique des prestations fédérales pour l’année d’imposition 2026, ce qui touchera jusqu’à 5,5 millions de Canadiens et Canadiennes à faible revenu d’ici l’année d’imposition 2028. L’ARC produira automatiquement les déclarations de revenus de ces personnes pour s’assurer qu’elles reçoivent les prestations auxquelles elles ont droit, comme le crédit pour la TPS et la TVH, l’Allocation canadienne pour enfants, la Prestation canadienne pour les personnes handicapées et bien d’autres, y compris celles auxquelles ces Canadiens ignorent peut-être être admissibles.
• Maintien permanent du Programme national d’alimentation scolaire afin que jusqu’à 400 000 enfants reçoivent des repas. Le Programme veille à ce que les enfants reçoivent des repas sains à l’école et permet aux familles de deux enfants d’économiser 800 $ par année en épicerie. En le rendant permanent, le programme travaillera avec les provinces, les territoires et les partenaires autochtones afin de l’étendre à davantage d’écoles partout au Canada.

Mesures déjà prises relativement à l’abordabilité des produits d’épicerie
Entre 2023 et 2025, voici les initiatives qui ont été lancées relativement à l’abordabilité des produits d’épicerie.
• Congé temporaire de TPS/TVH, du 14 décembre 2024 au 15 février 2025, pendant lequel le gouvernement a levé la taxe sur les produits et services (TPS)/taxe de vente harmonisée (TVH) sur pratiquement tous les produits alimentaires et repas pris au restaurant.
• Lutte contre la réduflation, par l’entremise du Bureau de la consommation, qui a lancé des projets de recherche pour enquêter sur l’inflation des prix et les pratiques commerciales nuisibles.
• Modification de la Loi sur la concurrence pour renforcer la concurrence, notamment dans le secteur de l’épicerie, en donnant au Bureau de la concurrence le pouvoir de sévir contre les pratiques déloyales.
• Lancement d’un programme national d’alimentation dans les écoles visant à fournir des repas à 400 000 enfants chaque année et à financer l’infrastructure pour soutenir les programmes d’alimentation dans les écoles.
• Investissement accru dans la Politique alimentaire pour le Canada pour renforcer les systèmes alimentaires du Canada, ce qui comprend une somme de 62,9 millions de dollars sur trois ans pour renouveler et élargir le Fonds des infrastructures alimentaires locales.

Insécurité alimentaire au Canada
L’insécurité alimentaire des ménages est l’incapacité d’acquérir ou de consommer un apport d’énergie alimentaire suffisant ou une quantité de nourriture suffisante, ou encore l’incertitude de pouvoir le faire, en raison de son revenu. Selon l’Enquête canadienne sur le revenu de 2023, 25,5 % des personnes (10 millions) ont déclaré vivre dans des ménages en situation d’insécurité alimentaire en 2023 2024, par rapport à 22,9 % l’année précédente. L’insécurité alimentaire est plus élevée dans les territoires, où 37,4 % de la population déclare être en situation d’insécurité alimentaire.
Selon le rapport instantané Bilan‑Faim 2025 de la Banque alimentaire du Canada, il y a eu près de 2,2 millions de visites dans les banques alimentaires en mars 2025, soit une hausse de 5 % par rapport à mars 2024. Le nombre de visites a doublé (+ 99,4 %) depuis mars 2019. Les enfants représentaient un tiers des visites. Chaque « visite » correspond à une personne du ménage, de sorte qu’un parent avec deux enfants représente trois visites. La principale source de revenus d’environ 40 % des ménages ayant recours aux banques alimentaires était l’aide sociale. Toutefois, la proportion de ménages qui comptent sur un revenu d’emploi a augmenté depuis la pandémie.
Perceptions à l’égard des aliments au Canada
Le Canadian Food Sentiment Index publié par l’Université Dalhousie à l’automne 2025 est le résultat d’un sondage national mené pour déterminer ce que la population canadienne pense et ressent à propos de l’abordabilité et de l’accessibilité des aliments et de sa confiance en la matière. Publiés le 20 novembre 2025, les résultats de l’enquête mettent en lumière le fait que l’abordabilité des aliments demeure la principale préoccupation. En effet, la majorité des Canadiennes et Canadiens déclarent avoir modifié leur façon de faire leurs courses, de cuisiner ou de manger pour composer avec la hausse des prix. L’alimentation continue de trôner au sommet des préoccupations financières des ménages canadiens et, à preuve, plus de quatre répondants sur cinq la citent comme leur principale contrainte financière dans l’enquête nationale. Les répondants classent les services publics, le logement et les fournitures ménagères parmi leurs principales préoccupations financières, mais l’importance de la hausse du prix des aliments dépasse celle de ces trois catégories réunies. Sur une note plus positive, le niveau de soutien envers les aliments cultivés et fabriqués au Canada est en hausse, poussé à la fois par un patriotisme économique et le désir d’une meilleure qualité perçue.
La confiance envers les grands détaillants alimentaires continue également de s’éroder, car les consommateurs canadiens sont de plus en plus frustrés par le manque de transparence dans la fixation des prix. Cette frustration croissante suscite désormais des appels à des mesures plus vigoureuses dans l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement. L’Union nationale des fermiers a récemment adopté neuf résolutions, notamment le projet de faire pression sur le gouvernement fédéral afin qu’il impose un plafond aux bénéfices des grandes chaînes d’épiceries du pays.
Comité permanent de l’agriculture et de l’agroalimentaire
• 13 juin 2023 : le dixième rapport, intitulé L’abordabilité de l’épicerie : un examen de l’augmentation du coût des aliments au Canada, présente 13 recommandations visant à contrer les répercussions et les facteurs de l’inflation des prix des aliments tout au long de la chaîne d’approvisionnement, y compris en améliorant les relations et la concurrence dans l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement alimentaire.
o 5 octobre 2023 : le gouvernement dépose sa réponse.

• 23 mai 2024 : le dix-huitième rapport, intitulé Un appel à l’action : Comment le gouvernement et l’industrie peuvent lutter contre la volatilité des prix alimentaires, présente 10 recommandations pour répondre aux défis actuels dans la chaîne alimentaire canadienne, y compris en améliorant la concurrence tout au long de la chaîne d’approvisionnement alimentaire, et recommande des mesures à prendre pour aider les Canadiens qui font face à l’insécurité alimentaire.
o 9 septembre 2024 : le gouvernement dépose sa réponse.

Projet de loi émanant d’un député C-226, Loi établissant un cadre national visant à accroître la transparence des prix des aliments
Déposé par le député libéral Gurbux Saini le 26 mai 2025, le projet de loi C-226 vise principalement à accroître la transparence des prix des aliments. La ministre de l’Industrie a été désignée comme responsable du gouvernement.
Le projet de loi émanant d’un député exige que la ministre de l’Industrie élabore, en consultation avec les représentants des gouvernements provinciaux et territoriaux (PT) responsables de la consommation, un cadre national sur les prix des produits d’épicerie et les pratiques d’affichage des prix unitaires afin d’aider les consommateurs à prendre des décisions éclairées au moment d’acheter des aliments et autres articles ménagers.
Conformément aux principales dispositions, le cadre doit :
a) fixer des normes nationales pour le secteur de la vente au détail des produits d’épicerie concernant :
(i) le prix unitaire des aliments et autres articles ménagers, notamment l’exactitude, l’utilité et l’accessibilité de l’affichage des prix unitaires pour les consommateurs,
(ii) la transparence en matière d’augmentation, d’ajustement et de fluctuation des prix;
b) renseigner les consommateurs partout au Canada sur les prix unitaires, notamment pour leur expliquer en quoi ils consistent et comment ils sont utilisés.

Affichage du prix unitaire
Le prix unitaire standard est le fait d’afficher le prix d’un produit à une unité de mesure normalisée à côté de son prix de vente sur les tablettes des magasins de détail et en ligne. Le prix unitaire (p. ex. X,XX $/100 g) peut aider les consommateurs à déterminer quelle offre d’un produit semblable est la moins coûteuse.
La réglementation des prix unitaires relève de la compétence des provinces et des territoires, le Québec étant la seule province à avoir des prix unitaires normalisés obligatoires en vertu d’une loi qui est entrée en vigueur à l’hiver 2024.
Ancien projet de loi émanant d’un député

En juin 2024, Alistair MacGregor, député du NPD, a déposé le projet de loi émanant d’un député C-406, Loi établissant un cadre national visant à accroître la transparence des prix des aliments, qui était identique au projet de loi actuel C‑226. Le projet de loi n’a pas été sélectionné pour débat au cours de la 44e législature, et le député MacGregor n’a pas été réélu lors des dernières élections fédérales.
Statut législatif actuel
Le projet de loi a été présenté et lu pour la première fois à la Chambre des communes le jeudi 18 septembre 2025. La responsable se trouve actuellement au 20e rang de l’ordre de priorité et a choisi ce projet de loi comme point à débattre le mardi 23 septembre 2025. La Chambre votera sur le projet de loi après la deuxième heure de débat en deuxième lecture. Si la Chambre vote en faveur, il sera présenté au Comité permanent de l’agriculture et de l’agroalimentaire à des fins d’examen approfondi.
Innovation, Sciences et Développement économique Canada réalise une analyse détaillée pour déterminer toutes les répercussions de la mise en œuvre de ce projet de loi.

Renseignements supplémentaires :

· Le gouvernement du Canada comprend que l’abordabilité demeure un enjeu crucial pour la population canadienne. Selon de récents rapports, l’épicerie serait même devenue la dépense la plus contraignante des ménages canadiens, ce qui entraîne des changements dans leur façon de faire les courses et de s’alimenter.

· Bien que le prix des produits alimentaires reste élevé, les récentes données sur l’inflation donnent de l’espoir, car elles témoignent de la plus forte baisse du prix des aliments depuis septembre 2020.

· Le 10 octobre, le gouvernement a annoncé de nouvelles mesures visant à réduire les coûts pour les Canadiens, incluant rendre permanent le Programme national d’alimentation scolaire, qui vise à fournir des repas à jusqu’à 400 000 enfants chaque année.

· Nous restons également déterminés à soutenir et à promouvoir les produits canadiens et nous continuerons d’aider les consommateurs à repérer plus facilement les produits canadiens lorsqu'ils font leurs achats à l'épicerie.

· Ces efforts s’appuient sur des mesures déjà prises par le gouvernement, comme les modifications apportées à la Loi sur la concurrence, pour renforcer nos systèmes alimentaires et permettent de poursuivre le travail concernant le Carrefour de données sur les prix des aliments.