Note pour la période des questions : ÉTAT DU REVENU AGRICOLE EN 2025 ET EN 2026
About
- Numéro de référence :
- AAFC-2026-QP-00024
- Date fournie :
- 22 juin 2026
- Organisation :
- Agriculture et Agroalimentaire Canada
- Nom du ministre :
- MacDonald, Heath (L’hon.)
- Titre du ministre :
- Ministre de l'Agriculture et de l'Agroalimentaire
Enjeu ou question :
Q1 – De quelle manière s’attend-on à ce que les récents changements dans les politiques commerciales mondiales se répercutent sur la situation économique des producteurs?
Q2 – De nombreux agriculteurs ont constaté de fortes augmentations des dépenses au cours des dernières années. Quelles répercussions cela a-t-il eues sur leurs résultats financiers?
Q3 – Quelles dépenses ont le plus augmenté ces dernières années?
Q4 – Quelles sont les répercussions des récentes conditions météorologiques et climatiques sur la stabilité économique des agriculteurs en 2025, et quelles sont les perspectives pour 2026?
Q5 – Que fait le gouvernement pour venir en aide aux agriculteurs pendant cette période difficile?
Réponse suggérée :
R1 - Bien que les progrès récents dans les négociations commerciales aient contribué à apaiser les tensions commerciales mondiales, l’incertitude liée à la hausse des droits de douane persiste. De manière générale, bien que les répercussions devraient varier d’un produit à l’autre, on s’attend à ce que l’augmentation des droits de douane ait une incidence négative sur la demande d’exportation, en faisant pression sur les prix des produits de base, et qu’elle perturbe davantage les chaînes d’approvisionnement mondiales, ce qui ferait augmenter les coûts de production.
Dans le cas des États-Unis, la plupart des échanges commerciaux agricoles ne sont pas touchés en raison des exemptions actuelles des marchandises conformes à l’ACEUM, et ce, même si les perturbations commerciales entre les États-Unis et d’autres grandes économies, comme la Chine, peuvent avoir une incidence sur les flux commerciaux de produits agricoles et indirectement sur le Canada.
Dans le cas de la Chine, des droits de douane ont été imposés sur les importations de graines de canola en provenance du Canada en août 2025, en plus des droits de douane précédemment annoncés sur l’huile et le tourteau de canola, le porc et les produits de la mer en mars 2025. L’accord récemment annoncé entre le Canada et la Chine pour réduire les droits de douane devrait être bénéfique pour les produits concernés, mais on ne connaît pas encore les derniers détails.
En plus de ces effets précis, on observe une augmentation de l’incertitude économique et commerciale générale, ce qui peut avoir une incidence sur le rendement économique, mais qui est difficile à mesurer.
R2 - En général, le revenu global est demeuré élevé au cours des dernières années, car l’augmentation des prix mondiaux des cultures en 2021 et 2022 ainsi que la hausse des ventes de cultures en 2023 ainsi que les prix élevés des bovins ont contribué à compenser considérablement les prix plus élevés des intrants agricoles. La croissance des dépenses en 2024 a été beaucoup plus modérée, n’augmentant que de 2,7 %, mais les revenus ont diminué en raison de la baisse des recettes tirées de la vente des grains.
On s’attend à ce que la croissance des dépenses de 2025 et de 2026 revienne à un niveau proche de celui d’avant la pandémie. Dans l’ensemble, l’augmentation des revenus entre 2020 et 2023 place la plupart des exploitations dans une excellente situation financière qui leur permet de surmonter une période de prix des cultures plus bas et de prix des intrants plus élevés.
Bien que la situation financière globale soit solide, les répercussions économiques de ces changements varient d’un secteur ou d’une région à l’autre, et la situation peut être différente pour de nombreux producteurs.
R3 - Le prix du combustible, des engrais et des aliments pour animaux a connu des augmentations considérables en 2021 et 2022, alors que l’économie se rétablissait des problèmes liés à la chaîne d’approvisionnement découlant de la pandémie et à la hausse de l’inflation à l’échelle mondiale ainsi que des prix des intrants et, par la suite, la guerre de la Russie contre l’Ukraine qui a considérablement perturbé les marchés mondiaux des produits de base. Ces dépenses ont diminué en 2023 et 2024 à mesure que davantage de produits sont revenus sur les marchés mondiaux. Les frais d’intérêts ont également augmenté en 2022 alors que la Banque du Canada a relevé ses taux pour combattre l’inflation et ont encore augmenté en 2023 et 2024. Les achats de bétail ont également augmenté ces dernières années en raison de la hausse du prix des animaux attribuable à un approvisionnement limité en Amérique du Nord. Dans l’ensemble, les agriculteurs ont vu leurs dépenses d’exploitation agricoles augmenter de 40,5 % au cours des cinq dernières années.
Les achats de bétail devraient continuer à augmenter de manière considérable en 2025, tandis que les prix des engrais devraient afficher une tendance à la hausse, reflétant la forte hausse des prix du gaz naturel et les déficits de production mondiale, ainsi que des contraintes d’approvisionnement dues aux restrictions commerciales et à une demande plus forte. Bien que les dépenses devraient rester élevées, elles ne devraient pas connaître les taux de croissance agressifs des dernières années.
R4 - Les effets des défis météorologiques et climatiques ont été variables dans l’ensemble du pays. Dans certaines parties des Prairies, les précipitations inférieures à la normale et la chaleur prolongée ont entraîné des conditions de culture inférieures à la moyenne, tandis que les pluies tombées en temps opportun en juillet dans d’autres régions ont contribué à améliorer les conditions de culture. Les conditions de croissance dans l’Est du Canada ont également varié. On a observé des températures supérieures à la moyenne dans l’ensemble de la région, des précipitations inférieures à la normale dans une grande partie de l’Ontario et du Canada atlantique, ainsi que des précipitations supérieures à la normale au Québec.
D’après les données les plus récentes publiées par Statistique Canada le 4 décembre 2025, la production des principales grandes cultures en 2025 aurait atteint un nouveau record de 107 millions de tonnes, une augmentation de 10,4 % par rapport à 2024 et de 16,2 % par rapport à la moyenne précédente pour 2020-2024. Dans les Prairies, la production globale a augmenté de 15,9 % par rapport au niveau de 2024, tandis que la production dans l’Est du Canada aurait diminué de 6,5 % par rapport à 2024. Bien que la taille globale des cultures de 2025 soit considérée comme un nouveau record, il existe toujours des variations régionales, et certains producteurs continuent d’être confrontés à des conditions de croissance difficiles et à l’instabilité des conditions climatiques.
De plus, une grande partie de la récolte de 2025 sera vendue en 2026, ce qui devrait stimuler les ventes de céréales pour le premier semestre de l’année civile. Il est trop tôt pour déterminer comment la saison de croissance de 2026 évoluera, et cela dépendra des conditions météorologiques et climatiques tout au long de l’année.
R5 - Les gouvernements fédéral et provinciaux continuent de fournir un soutien aux producteurs par l’entremise des programmes de gestion des risques de l’entreprise (p. ex., sécheresse, inondations, baisses du marché et augmentation des coûts des intrants). Les producteurs peuvent également compter sur des programmes comme le Programme de paiements anticipés, Solutions agricoles pour le climat – Fonds d’action à la ferme pour le climat, le Programme de paysages agricoles résilients, le Programme d’investissement à la ferme pour la volaille et les œufs, le Programme des technologies propres en agriculture ainsi que d’autres programmes de subventions et contributions.
Contexte :
Le revenu net est la principale mesure utilisée par Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC) pour évaluer les perspectives à court terme quant au revenu du secteur agricole; il s’agit de la différence entre toutes les recettes monétaires et les dépenses d’exploitation. Il représente les liquidités générées par le secteur agricole qui sont disponibles pour le remboursement de la dette, l’investissement ou le retrait par les exploitants. Le 26 novembre 2025, Statistique Canada a annoncé que le revenu net en 2024 s’élevait à 19,6 milliards de dollars, une baisse de 14,9 % par rapport au niveau record de 23,1 milliards de dollars atteint en 2023, principalement attribuable à la baisse des prix mondiaux de la plupart des principaux oléagineux et céréales.
Bien que les estimations de Statistique Canada pour le revenu agricole de 2025 ne seront disponibles qu’à la fin mai, les récentes prévisions d’AAC concernant le revenu agricole offre une perspective actualisée de la situation financière des exploitations agricoles pour 2025 et 2026, d’après les conditions de décembre 2025.
Alors que la faiblesse des prix mondiaux des cultures continue de peser sur les revenus agricoles, le revenu net devrait avoir légèrement diminué de 0,2 % en 2025 pour atteindre 19,6 milliards de dollars. Bien que les revenus soient restés relativement stables, plusieurs composantes ont connu des changements plus importants. En termes de revenus :
• Les recettes des cultures devraient avoir diminué de 0,8 %, en raison de la baisse des prix des céréales et des oléagineux, due à une plus grande offre mondiale, et de la baisse des ventes de canola, qui ont compensé largement la hausse des ventes de blé.
• Les paiements du programme devraient également avoir diminué de 14,4 % en raison de la baisse des paiements d’Agri-protection par rapport aux niveaux records de 2024.
• En revanche, les recettes du bétail ont augmenté de 11,5 %, grâce à la hausse des prix et des recettes des bovins, ainsi qu’à des hausses moindres pour les autres animaux du bétail.
Dans l’ensemble, les dépenses nettes d’exploitation au Canada devraient augmenter de 4,3 % pour atteindre 81,8 milliards de dollars en 2025, après des gains modérés de 2,7 % en 2024 et 4,7 % en 2023, respectivement, et en dessous de la croissance considérable de 19,5 % en 2022 et 9,5 % en 2021. Malgré cette augmentation modérée globale, des fluctuations plus importantes sont observées pour certains intrants.
• Une croissance relativement importante est attendue pour les achats de bétail (+32,3 %) en raison de la hausse des prix du bétail, attribuable à l’approvisionnement restreint en bovins en Amérique du Nord, des dépenses pour les engrais (+9,2 %) dues à la hausse des prix des engrais et des dépenses de main-d’œuvre (+6,3 %).
• En même temps, la hausse des dépenses agricoles devrait être modérée par la baisse des dépenses liées aux aliments du bétail (-1,3 %) en raison de la baisse des prix commerciaux des aliments du bétail, des frais d’intérêt (-3,7 %) et des prix des carburants (-1,4 %), principalement attribuable à la baisse des prix du pétrole brut en 2025.
La production céréalière et oléagineuse record en 2025 devrait soutenir les finances agricoles à court terme. D’après les plus récentes données de production publiées par Statistique Canada le 4 décembre 2025, les estimations de la taille des récoltes de 2025 s’élèvent à 107 millions de tonnes (MT), soit une augmentation de 10,4 % par rapport à 2024 et de 16,2 % par rapport à la moyenne précédente de 2020-2024, qui était de 91,9 MT. Malgré une récolte record, il y a eu des variations régionales, la production agricole étant plus élevée dans l’Ouest du Canada et plus faible dans l’Est.
Les tendances liées aux prix mondiaux des cultures devraient différer en 2026, la demande mondiale de biocarburants soutenant les prix des oléagineux, tandis que les prix des céréales sont relativement plus faibles. Pour 2026, le revenu net devrait augmenter de 3,2 %, car les prix et les ventes des oléagineux devraient augmenter en 2026, tandis que les prix du bétail restent élevés. Les dépenses nettes d’exploitation agricoles totales devraient continuer à augmenter légèrement en 2026.
Malgré ces perspectives positives, de nombreux facteurs de risque existent pour 2026, notamment les conditions météorologiques pendant la saison de croissance, de nouveaux obstacles commerciaux et l’incertitude politique, l’augmentation des conflits géopolitiques avec les guerres en Ukraine et au Moyen-Orient, l’incertitude générale autour de la croissance économique et de l’inflation, ainsi que la menace de maladies animales. Le ministère continue de surveiller ces facteurs afin de comprendre comment ils pourraient influer sur la situation financière des exploitations agricoles et le rendement économique du secteur agricole plus largement.
Renseignements supplémentaires :
• Il est essentiel pour le bien-être économique du Canada que le secteur agricole soit dans une bonne situation financière.
• Après une baisse de 15 % en 2024, le revenu net se serait stabilisé en 2025, la production céréalière atteignant un nouveau record et les prix du bétail continuant d’augmenter en Amérique du Nord.
• Les perspectives pour le revenu agricole en 2026 devraient légèrement augmenter, mais il existe une incertitude importante quant à l’évolution de l’année, notamment en ce qui concerne l’environnement commercial.
• Le gouvernement s’engage à travailler avec ses partenaires commerciaux pour maintenir l’accès aux marchés des produits agricoles et soutenir les producteurs.