Note pour la période des questions : RÉPERCUSSIONS DES PERTURBATIONS GÉOPOLITIQUES SUR LES ENGRAIS
About
- Numéro de référence :
- AAFC-2026-QP-00043
- Date fournie :
- 22 juin 2026
- Organisation :
- Agriculture et Agroalimentaire Canada
- Nom du ministre :
- MacDonald, Heath (L’hon.)
- Titre du ministre :
- Ministre de l'Agriculture et de l'Agroalimentaire
Enjeu ou question :
Q1 – Comment le Ministère soutient-il le secteur alors que le prix des intrants est élevé?
Q2 – Comment le gouvernement du Canada aide-t-il les agriculteurs avec la gestion des engrais?
Q3 – Pourquoi le gouvernement continue-t-il d’imposer des sanctions sur les engrais russes, ce qui contribue à augmenter les coûts pour les agriculteurs canadiens?
Réponse suggérée :
R1 - Afin de fournir rapidement des liquidités aux producteurs, nous avons temporairement modifié le Programme de paiements anticipés, un programme fédéral d’avances de fonds à faible taux d’intérêt.
Pour soutenir les producteurs faisant face à des pressions et à des incertitudes importantes, la limite des avances sans intérêt a été augmentée, passant de 100 000 $ à 250 000 $ pour l’année de programme 2025. Cette modification devrait permettre à environ 13 300 producteurs de réaliser des économies supplémentaires de 52 millions de dollars sur les intérêts.
En septembre 2025, le gouvernement du Canada a annoncé que la limite sans intérêt du PPA serait fixée à 500 000 $ pour les avances sur le canola, pour les années de programme 2025 et 2026. Ce changement permettra aux producteurs de canola d’accéder à des liquidités supplémentaires et d’économiser sur les intérêts, ce qui les aidera à couvrir leurs coûts jusqu’à ce qu’ils vendent leurs produits.
R2 - Annoncé pour la première fois dans le budget de 2021, le Fonds d’action à la ferme pour le climat est une initiative visant à aider les producteurs agricoles à adopter des pratiques de gestion bénéfiques (PGB) qui permettent de stocker le carbone, par exemple la gestion de l’azote.
Le financement vise à fournir aux producteurs canadiens un soutien financier additionnel pour l’adoption de pratiques qui permettent d’optimiser l’utilisation des engrais et de réduire les émissions de GES provenant des engrais synthétiques.
Ces pratiques aident ceux qui les adoptent à appliquer des engrais de manière à minimiser les effets négatifs sur l’environnement tout en maximisant le rendement des cultures.
R3 - agricoles du Canada tout en reconnaissant la guerre illégale de la Russie contre l’Ukraine. Le Canada continuera d’exercer des pressions au moyen de sanctions jusqu’à ce que la Russie mette fin à son invasion injustifiée de l’Ukraine.
Contexte :
Production d’engrais et importations canadiennes
La composition en éléments nutritifs des engrais varie selon les besoins des producteurs, mais en général, les éléments les plus importants sont l’azote (N), le phosphore (P) et le potassium (K). Les producteurs agricoles appliqueront des engrais à différentes doses et à différents ratios entre les éléments nutritifs selon la culture à fertiliser. Par exemple, le maïs a besoin de plus d’azote que le soja, car ce dernier est capable de produire lui-même cet élément. Les producteurs dépendent largement des engrais synthétiques, par opposition aux engrais organiques comme le fumier, en raison de leur plus forte teneur en éléments nutritifs. Il n’existe actuellement aucune solution de rechange valable et rentable aux engrais synthétiques.
Les engrais azotés sont fabriqués avec du gaz naturel, tandis que le phosphore et le potassium sont des produits extraits de mines. Le Canada est le plus grand producteur et exportateur mondial de potassium et est autosuffisant. Plus de 90 % de la production d’engrais potassiques (potasse) du Canada est généralement exportée et les importations sont très faibles. Le Canada est un grand importateur d’engrais phosphatés, principalement en provenance des États-Unis. De plus, le Canada est un exportateur net d’engrais azotés, avec 45 % de sa production qui est exportée. Toutefois, cette production est concentrée dans l’Ouest canadien et il est souvent plus rentable pour l’Est du Canada d’importer des engrais que de les faire transporter par voie ferroviaire depuis l’Ouest. L’Est du Canada demeure donc dépendant des importations d’engrais azotés, qui provenaient principalement de la Russie avant 2023. En 2022, le gouvernement canadien a retiré le statut de Nation la plus favorisée de la Russie et du Bélarus. Il en a résulté un droit de douane de 35 % sur pratiquement tous les produits originaires de ces pays, y compris les engrais. Cette situation a entraîné une diversification des sources d’approvisionnement d’azote, les importateurs se tournant notamment vers l’Afrique du Nord, les Caraïbes et les États-Unis.
Les engrais et le carburant représentent les plus importants coûts d’exploitation des producteurs de cultures, pouvant atteindre jusqu’à 54 % des coûts de production pour des cultures comme le maïs. Le prix du carburant est généralement déterminé par l’offre et la demande mondiales, et le secteur agricole est essentiellement preneur de prix pour le diesel et l’essence. Comme dans le cas du carburant, les engrais sont également des produits échangés sur les marchés internationaux, et les prix canadiens sont influencés par l’offre, la demande et d’autres facteurs mondiaux.
Répercussions des conflits au Moyen‑Orient et en Ukraine sur le prix des engrais azotés
À la suite de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, le prix des engrais azotés a presque doublé en 2021 et a continué d’augmenter en 2022. Depuis, la plupart des routes commerciales régulières des marchés mondiaux de l’azote ont été rouvertes et les prix ont chuté.
Le conflit au Moyen‑Orient a entraîné de nouvelles perturbations des échanges commerciaux transitant par le détroit d’Hormuz. Cette situation a entraîné une augmentation rapide du prix des engrais azotés. La région constitue un important carrefour d’exportation : environ 25 % des échanges mondiaux d’engrais azotés passent par Hormuz. Les prix de ces engrais ont aussi tendance à augmenter parallèlement à ceux des marchés de l’énergie, puisque la production d’ammoniac dépend fortement du gaz naturel et du pétrole.
Selon des sites de commerce de produits de base, l’urée se négociait aux environs de 695 $ US la tonne le 27 mars, comparativement à environ 400 $ US la tonne au début de janvier 2026. Cependant, les prix des engrais azotés n’ont pas atteint le sommet observé au début de l’invasion russe, où ils dépassaient 900 $ US la tonne en 2021 et 2022.
Approvisionnement en engrais azotés dans les exploitations agricoles canadiennes
L’Ouest canadien est autosuffisant et dispose de voies d’approvisionnement nord‑américaines résilientes et diversifiées pour ses besoins en azote. Alors que l’Est du Canada dépend des importations d’azote, les importateurs ont, en général, réussi à obtenir environ 80 à 90 % des volumes requis pour la saison de croissance 2026. La plupart des produits sont déjà au Canada ou en transit dans l’Atlantique pour la saison de croissance 2026 qui s’en vient. Les associations de producteurs de l’Est ont indiqué à leurs membres qu’elles ne prévoyaient aucun problème d’approvisionnement immédiat à court terme, mais qu’elles surveillent activement l’évolution des marchés et de la situation géopolitique. Par ailleurs, selon la province, jusqu’à 90 % des producteurs agricoles canadiens ont déjà réservé leurs achats d’engrais. Toutefois, les « acheteurs tardifs » pourraient faire face à des hausses de prix ou à des limites d’allocation en raison des stratégies de gestion des risques des détaillants. Un conflit prolongé au Moyen‑Orient pourrait toutefois resserrer davantage l’offre mondiale d’engrais et exercer une pression supplémentaire sur les prix.
Les autres engrais sont moins volatils
Les engrais potassiques sont moins exposés aux perturbations du Moyen‑Orient, car ils proviennent de très grands producteurs, comme le Canada et le Bélarus. La Chine et le Maroc sont les principaux producteurs mondiaux de phosphore. Toutefois, l’Arabie saoudite occupe le troisième rang, et les prix du phosphore ont récemment augmenté, mais dans une bien moindre mesure.
Soutien offert aux producteurs agricoles pour contrer la hausse des prix des engrais
La série de programmes fédéraux-provinciaux-territoriaux de gestion des risques de l’entreprise est à la disposition des producteurs agricoles pour les aider à atténuer les pertes causées par les risques hors de leur contrôle, comme les catastrophes naturelles, les événements météorologiques et la forte volatilité du marché. Les programmes existants, comme Agri-stabilité et Agri-investissement, visent à aider les producteurs qui connaissent une baisse de revenu, grande ou petite.
En outre, les producteurs ont accès au Programme de paiements anticipés (PPA) du gouvernement fédéral, un programme qui offre aux producteurs agricoles un accès facile à des avances de fonds à faible taux d’intérêt.
Le gouvernement a temporairement augmenté la limite d’avance sans intérêt de 100 000 $ sur plusieurs années de programmes, ce qui représente des économies totales de 226,9 millions de dollars pour les producteurs en quatre ans (de 2022 à 2025).
Le 7 mars 2025, il a été annoncé que la limite des avances sans intérêt serait augmentée temporairement à 250 000 $ pour l’année de programme 2025. Les producteurs participants pourraient économiser en moyenne 5 000 $ en frais d’intérêts.
En septembre 2025, le gouvernement du Canada a aussi annoncé que la limite sans intérêt du Programme de paiements anticipés (PPA) serait fixée à 500 000 $ pour les avances sur le canola, pour les années de programme 2025 et 2026. En 2025, 22 589 producteurs ont reçu 4,7 G$ en avances à ce jour, et 13 724 producteurs ont bénéficié d’avances sans intérêt de plus de 100 000 $. Les producteurs peuvent utiliser leurs avances de fonds à n’importe quelle fin, notamment pour acheter des intrants, comme des engrais, pour les aider à gérer la hausse des coûts.
Le 20 mars 2026, Financement agricole Canada a annoncé que les agriculteurs, les entreprises alimentaires, les entreprises agricoles et les nouveaux demandeurs touchés par la hausse des coûts des engrais et des prix de l’énergie pourront accéder à son Programme de soutien à la clientèle en cas de perturbations commerciales. Ces clients peuvent maintenant demander une nouvelle marge de crédit ou une marge de crédit supplémentaire pouvant atteindre 500 000 $, modifier les modalités des prêts et reporter le remboursement du capital pour les prêts existants.
Soutien du FAFC – Gestion de l’azote
Le Fonds d’action à la ferme pour le climat (FAFC) d’AAC peut aider directement les producteurs à adopter des pratiques de gestion de l’azote qui permettront d’optimiser l’utilisation des engrais et de réduire les émissions de GES provenant des engrais synthétiques. La plupart des organisations de prestation du FAFC à l’échelle nationale seront en mesure d’aider les producteurs à obtenir des fonds pour la gestion de l’azote afin de compenser les coûts d’adoption. Grâce à l’adoption de ces pratiques, les producteurs agricoles peuvent réduire la quantité d’engrais excédentaires qui se retrouvent dans les cours d’eau, favorisant ainsi la protection et la préservation de ces écosystèmes.
Annoncé pour la première fois dans le budget de 2021, le Fonds d’action à la ferme pour le climat (FAFC), une initiative de 704,1 millions de dollars, vise à aider les agriculteurs à lutter contre les changements climatiques. Le Fonds fait partie du programme Solutions agricoles pour le climat du gouvernement du Canada, lancé dans le cadre du Fonds pour des solutions climatiques naturelles.
L’expansion du Fonds pour 2025‑2028, représentant 300 millions de dollars supplémentaires, permettra à 13 organismes bénéficiaires initiaux de continuer à soutenir les agriculteurs dans leurs efforts visant à accroître leur résilience aux changements climatiques.
Renseignements supplémentaires :
• Nos agriculteurs jouent un rôle important dans l’alimentation de la population canadienne et mondiale. Le gouvernement du Canada poursuit ses efforts pour s’assurer qu’ils ont accès aux ressources et aux outils dont ils ont besoin pour la saison 2026.
• Nous aidons notamment à nourrir la population mondiale en étant l’un des principaux fournisseurs mondiaux d’engrais, exportant chaque année des millions de tonnes de potasse. Les agriculteurs de l’Ouest canadien sont également bien approvisionnés en engrais azotés provenant de sources nationales.
• Bien que l’Est du Canada dépende des importations pour répondre à ses besoins en engrais, la grande majorité des engrais azotés requis pour la saison de croissance de 2026 sont déjà arrivés au Canada ou sont en route.
• Nous reconnaissons les pressions constantes sur les prix dans les marchés mondiaux des engrais et continuons de faire un suivi et de travailler en étroite collaboration avec des groupes agricoles pour évaluer les répercussions potentielles sur les agriculteurs canadiens.