Note pour la période des questions : STRATÉGIE NATIONALE DE SÉCURITÉ ALIMENTAIRE

About

Numéro de référence :
AAFC-2026-QP-00051
Date fournie :
22 juin 2026
Organisation :
Agriculture et Agroalimentaire Canada
Nom du ministre :
MacDonald, Heath (L’hon.)
Titre du ministre :
Ministre de l'Agriculture et de l'Agroalimentaire

Enjeu ou question :

Q1. Pourquoi le Canada a-t-il besoin d’une Stratégie nationale de sécurité alimentaire?
Q2 – Sur quoi porte la stratégie?
Q3 – Comment la Stratégie contribuera-t-elle à rendre les aliments plus abordables pour la population canadienne?
Q4 – Que fait le gouvernement pour alléger immédiatement le fardeau financier de la population canadienne à la caisse?

Réponse suggérée :

R1 - Le Canada a besoin d’une Stratégie nationale de sécurité alimentaire pour remédier, selon une approche coordonnée, aux causes structurelles qui nuisent à un approvisionnement alimentaire fiable et abordable. Il s’agit notamment de s’attaquer au manque de concurrence dans le secteur de la vente au détail, à la capacité de transformation limitée au pays, à la dépendance à l’égard des importations de fruits et légumes ainsi qu’aux obstacles qui augmentent les coûts de production et restreignent la distribution d’aliments canadiens.
R2 - La Stratégie vise à améliorer l’abordabilité et l’accessibilité tout en renforçant l’autosuffisance alimentaire grâce à une augmentation de la production intérieure et à une dépendance moindre à l’égard des importations. À cette fin, il faudra investir dans les marchés de produits alimentaires et les carrefours alimentaires afin d’améliorer l’efficacité de la chaîne d’approvisionnement et de réduire les coûts, renforcer l’application de la loi sur la concurrence pour remédier à la concentration du marché et contribuer à faire baisser les prix, soutenir la transformation des aliments pour accroître la capacité et l’innovation au pays, développer l’agriculture en environnement contrôlé pour permettre la production de fruits et légumes tout au long de l’année, et rationaliser la réglementation pour limiter les chevauchements et faciliter le commerce interprovincial.
R3 - La Stratégie allégera les pressions structurelles qui contribuent à la hausse des coûts en augmentant la concurrence, en améliorant les chaînes d’approvisionnement, en augmentant les activités de transformation des produits cultivés au Canada, en intensifiant la production nationale et en réduisant les inefficacités. Il faut notamment offrir à la population canadienne plus de choix et faire baisser les prix grâce à une plus grande concurrence, investir dans l’infrastructure alimentaire pour aider les producteurs à acheminer plus facilement les produits vers les marchés, cultiver plus de fruits et légumes toute l’année pour réduire l’exposition aux risques que posent les perturbations mondiales et la volatilité des prix, et éliminer les formalités administratives inutiles pour réduire les coûts et les retards dans les chaînes d’approvisionnement.
R4 - Le gouvernement du Canada a déjà mis en place des mesures à cette fin en contribuant à faire baisser les coûts et en remettant plus d’argent dans les poches des Canadiens. Parmi ces mesures de soutien, mentionnons la mise en place de l’Allocation canadienne pour l’épicerie et les besoins essentiels ainsi que le maintien de façon permanente du Programme national d’alimentation scolaire afin que des repas sains soient servis à un plus grand nombre d’enfants. Des fonds supplémentaires ont également été prévus pour soutenir les banques alimentaires et les organismes communautaires par l’intermédiaire du Fonds des infrastructures alimentaires locales. Bien que ces mesures contribuent à atténuer les pressions immédiates sur les ménages, la Stratégie met l’accent sur des changements structurels au sein du système alimentaire canadien afin de remédier aux causes sous-jacentes du coût élevé des aliments.

Contexte :

La population canadienne continue de faire face à des problèmes d’abordabilité et d’accessibilité en raison des pressions exercées à l’échelle mondiale et nationale. L’inflation des prix des aliments demeure plus élevée que l’inflation générale, ce qui exerce des pressions sur les ménages partout au pays. En réponse à ces pressions, le premier ministre a annoncé, le 26 janvier 2026, un ensemble d’initiatives visant à améliorer l’abordabilité des aliments et à renforcer la capacité du système alimentaire national. Voici ces mesures :
• le maintien de façon permanente du Programme national d’alimentation scolaire, afin d’aider jusqu’à 400 000 enfants de plus chaque année et de permettre aux familles participantes d’économiser 800 $ en moyenne par année;
• la création de l’Allocation canadienne pour l’épicerie et les besoins essentiels, qui aidera plus de 12 millions de Canadiens et de Canadiennes grâce à des prestations pouvant atteindre 950 $ pour une personne seule et 1 890 $ pour une famille avec deux enfants;
• l’injection de 20 millions de dollars dans le volet de soutien communautaire du Fonds des infrastructures alimentaires locales pour soutenir les banques alimentaires et les organismes alimentaires partout au Canada;
• l’autorisation de la passation en charges immédiate pour la construction ou l’agrandissement de serres;
• l’affectation de 500 millions de dollars du Fonds de réponse stratégique pour aider les entreprises à gérer les perturbations dans les chaînes d’approvisionnement et de 150 millions de dollars pour un nouveau Fonds pour la sécurité alimentaire afin d’offrir un soutien ciblé aux petites et moyennes entreprises (PME) et aux organisations connexes.
Parmi les mesures annoncées en janvier figurait également l’engagement d’élaborer la Stratégie nationale de sécurité alimentaire.
Stratégie nationale de sécurité alimentaire
La Stratégie nationale de sécurité alimentaire vise à offrir un plus grand choix, un plus grand contrôle et une plus grande place au Canada en permettant à la population canadienne d’avoir accès à plus d’aliments locaux et abordables sur les étagères. Elle comporte des mesures reposant sur quatre piliers : concurrence, transformation, production et réglementation.
1. Garantir des prix compétitifs, un choix et l’abordabilité.
o Affecter 1 milliard de dollars en nouveaux fonds sur 10 ans pour un nouveau Fonds de liaison alimentaire afin d’accroître la compétitivité dans un marché de l’épicerie de détail très concentré, de réduire le coût des aliments et d’offrir des mesures qui profiteront aux consommateurs, aux épiciers indépendants et aux producteurs.
o Assurer un marché plus concurrentiel qui contribue à maintenir les prix plus bas pour la population canadienne grâce à un nouveau financement permanent de 11,8 millions de dollars pour le Bureau de la concurrence et de 1,1 million de dollars pour permettre au Tribunal de la concurrence d’enquêter, de faire des contestations et de rendre des décisions concernant les cas de comportement anticoncurrentiel.
o Soutenir les jeunes agriculteurs en apportant des modifications à la Loi canadienne sur les prêts agricoles, ce qui leur permettra de prendre plus facilement la relève de la ferme familiale.
o Lancer un groupe de travail qui sera chargé d’examiner des mesures de soutien qui faciliteraient les transferts intergénérationnels d’exploitations agricoles en étant mieux adaptées à la structure des exploitations agricoles modernes.
2. Transformer les aliments plus près de leur lieu de culture afin d’accroître les gains d’efficience et de créer de nouveaux emplois.
o Financer des projets menés par l’industrie pour améliorer la résilience, stimuler la production nationale et adopter de nouvelles technologies. Approche adaptée aux réalités du secteur agroalimentaire :
o 350 millions de dollars en financement existant dans le cadre du Fonds de réponse stratégique (FRS) pour des projets agroalimentaires, avec des contributions pouvant atteindre 50 millions de dollars;
o 150 millions de dollars en financement existant du FRS pour soutenir les écosystèmes nationaux d’innovation liés à l’alimentation;
o 150 millions de dollars de nouveaux fonds pour le programme Croissance économique régionale par l’innovation sous forme de contributions à des projets agroalimentaires jusqu’à concurrence de 10 millions de dollars.
o Soutenir les entreprises et les organisations alimentaires en investissant 150 millions de dollars dans un nouveau Fonds pour la sécurité alimentaire dans le cadre de l’Initiative régionale de réponse tarifaire afin d’accroître la capacité nationale de transformation, la production, l’entreposage et la distribution d’aliments partout au Canada.
o Investir dans les PME tout au long du continuum de l’innovation en versant 100 millions de dollars aux Grappes d’innovation mondiales du Canada pour établir un Fonds collaboratif pour l'innovation alimentaire.
o Tirer parti des efforts en cours pour attirer des investissements en proposant des démarches ciblées et des mesures incitatives adaptées à un certain nombre de multinationales (entre 15 et 20), pour les encourager à réaliser des investissements importants au Canada.
o Soutenir les projets alimentaires et agricoles à fort potentiel en attirant 1 milliard de dollars sous forme de nouveaux investissements par l’entremise de Financement agricole Canada (FAC), mettant ainsi à profit l’investissement actuel de 2 milliards de dollars de FAC dans l’innovation alimentaire et agricole canadienne et un engagement de 5 milliards de dollars annoncé précédemment par des investisseurs du secteur privé.
3. Cultiver des fruits et légumes tout au long de l’année afin de réduire la dépendance aux importations.
o Un financement de 750 millions de dollars destiné aux serres et à l’agriculture en environnement contrôlé réduira notre dépendance à l’égard d’autres pays et renforcera la capacité du Canada à cultiver des fruits et légumes toute l’année, y compris dans les collectivités nordiques et rurales.
4. Approches réglementaires qui réduisent les coûts et font croître l’économie tout en protégeant la santé et en assurant la sécurité.
o Éliminer les retards inutiles dans les processus d’approbation de produits afin que les agriculteurs disposent des outils dont ils ont besoin pour cultiver nos aliments (semences, aliments pour animaux, engrais, produits biologiques à usage vétérinaire et produits de protection des cultures).
o Réduire le fardeau réglementaire et faciliter le commerce interprovincial pour les établissements alimentaires titulaires d’un permis provincial en leur fournissant des conseils pratiques qui les aideront à satisfaire aux exigences fédérales.
o Proposer une modification réglementaire ciblée au Règlement sur la salubrité des aliments au Canada afin de remédier aux situations où une capacité d’abattage insuffisance entraîne des problèmes de sécurité alimentaire ou des difficultés économiques.

Renseignements supplémentaires :

• Soutenue par des investissements de plus de 3 milliards de dollars, la toute première Stratégie nationale de sécurité alimentaire du Canada renforcera la production alimentaire au pays tout en améliorant l’accès de la population canadienne à des aliments nutritifs et abordables.
• La Stratégie combine des investissements publics ciblés, un financement à long terme et des modifications réglementaires destinées à favoriser de nouveaux investissements dans le système alimentaire canadien.
• Elle aidera à cultiver, à transporter et à transformer davantage d’aliments ici au pays en renforçant les chaînes d’approvisionnement, en réduisant les coûts inutiles, en créant des emplois et en offrant à la population canadienne des choix plus abordables sur les étagères.
• En renforçant les capacités au Canada, la Stratégie rendra notre système alimentaire plus résilient, plus concurrentiel et moins dépendant des autres pays.