Note pour la période des questions : Adaptation aux changements climatiques et énergie propre dans les communautés nordiques et autochtones
About
- Numéro de référence :
- NLK-2022-QP-18924
- Date fournie :
- 14 déc. 2022
- Organisation :
- Relations Couronne-Autochtones et Affaires du Nord Canada
- Nom du ministre :
- Vandal, Dan (L’hon.)
- Titre du ministre :
- Ministre des Affaires du Nord
Réponse suggérée :
• Notre gouvernement travaille avec les communautés autochtones et nordiques pour soutenir le développement de connaissances et d’outils pour s'adapter aux impacts des changements climatiques, et en réduisant la dépendance sur diesel dans le Nord en passant à des sources d'énergie propres.
• Le budget 2022 a soutenu davantage le leadership autochtone en matière d'action climatique en fournissant 29,6 millions de dollars pour faire avancer l'élaboration conjointe d'un programme de leadership autochtone en matière de climat.
• Le budget 2021 a investi 40,4 millions de dollars pour soutenir la faisabilité et la planification de projets d'hydroélectricité et d'interconnexion de réseaux dans le Nord, comme la liaison hydrofibre de Kivalliq, et 300 millions de dollars pour assurer la transition des collectivités autochtones et éloignées au diesel.
• Nous continuons de supporter le projet d'expansion hydroélectrique d'Atlin avec des investissements tel qu’annoncé dans le plus récent Budget 2022, soit 32.2 millions, qui fournira de l'électricité propre au Yukon et contribuera à réduire les émissions de gaz à effet de serre.
Contexte :
Effets des changements climatiques dans les collectivités autochtones et nordiques
Les collectivités autochtones et nordiques ressentent déjà les effets importants et complexes des changements climatiques dans tous les aspects de leur vie, et elles sont celles qui ont le plus besoin d’aide à l’adaptation. Des changements sans précédent dans la température, les précipitations, la glace de mer, les glaciers, le pergélisol, la disponibilité de l’eau douce, la dynamique des écosystèmes, les océans et le niveau de la mer accentuent les défis et les facteurs de stress avec lesquels doivent composer ces collectivités.
Les effets des changements climatiques sont particulièrement évidents dans le Nord, comme dans le hameau inuit le plus au Nord, Grise Fiord. Cette collectivité, qui se trouve le long d’une bande de terre étroite entre l’océan et un glacier, constate que l’érosion côtière s’accélère en raison d’une réduction de l’étendue des glaces et de la fonte du pergélisol, ce qui menace ses infrastructures et ses routes. De plus, la collectivité est en train de perdre sa source d’eau douce : l’eau provient du glacier Brume qui est en train de se rétracter, et les eaux de ruissellement du glacier posent un risque de glissements de terrain et d’inondation dans la collectivité. Au-delà des effets physiques, les collectivités autochtones voient aussi leur sécurité alimentaire menacée en raison des changements dans les habitudes migratoires des animaux, d’une part, et des conditions de déplacement risquées sur la glace de mer, d’autre part. Lorsqu’il n’y a plus d’animaux à chasser ou de poissons à pêcher, ou lorsqu’il est trop dangereux de se livrer aux activités de chasse ou de pêche, les pratiques spirituelles et culturelles liées à ces activités sont compromises, ce qui peut menacer la survie de la culture et de la langue à long terme.
Les collectivités autochtones ont aussi de la difficulté à s’approvisionner en énergie à partir d’une source sécuritaire, fiable et abordable. Cette difficulté est particulièrement importante dans les collectivités autochtones et nordiques qui dépendent du diesel pour le chauffage et la production d’électricité. Les changements climatiques exacerberont les pressions exercées sur toutes les infrastructures autochtones et nordiques, y compris les systèmes énergétiques et les chaînes d’approvisionnement déjà vulnérables. La volatilité accrue des prix et de la disponibilité du carburant fera en sorte que ces collectivités se trouveront devant des risques accrus et auront besoin de contributions financières plus importantes de la part du gouvernement fédéral. Les coûts de transport du carburant continueront d’augmenter en raison de la fermeture des routes d’hiver et d’autres effets des changements climatiques.
Programmes de RCAANC relatifs aux changements climatiques
Environnement et changement climatique Canada et l’Assemblée des Premières nations reconnaissent que les pratiques utilisées dans le cadre des cinq programmes de RCAANC relatifs à l’adaptation aux changements climatiques et à l’énergie propre constituent des pratiques exemplaires à suivre pour travailler avec les peuples autochtones dans la lutte contre les changements climatiques. Les programmes dont il est question sont les suivants :
o Programme d’adaptation aux changements climatiques des Premières Nations – Financement pour entreprendre des évaluations de l’adaptation aux changements climatiques, y compris pour créer des cartes des zones inondables, pour les Premières Nations au sud du 60e parallèle. Le programme est principalement axé sur les effets sur les infrastructures et la gestion des urgences.
o Préparation aux changements climatiques dans le Nord – Programme d’adaptation aux changements climatiques destiné aux collectivités autochtones et nordiques dans les trois territoires et les quatre régions inuites. Des fonds sont accordés pour la mise en œuvre à petite échelle de mesures d’adaptation.
o Programme de surveillance du climat des communautés autochtones – Programme fondé sur les distinctions pour surveiller le climat dans des collectivités autochtones de partout au pays.
o Approche responsable pour le développement énergétique des collectivités du Nord – Financement pour la planification et la construction de projets d’énergie renouvelable et d’efficacité énergétique et pour le renforcement des capacités connexes dans les trois territoires et les quatre régions inuites.
o Mobilisation des peuples autochtones dans la politique climatique – Financement pour que des organisations autochtones nationales puissent participer à des tables bilatérales de hauts responsables fondées sur les distinctions avec le gouvernement du Canada, et financement supplémentaire destiné à des groupes non affiliés pour qu’ils puissent participer aux discussions concernant les politiques sur le changement climatique.
Les programmes ont pour but de permettre aux peuples autochtones et nordiques d’assumer un rôle de chef de file dans les mesures de lutte contre les changements climatiques, notamment en leur permettant de jouer un rôle à l’égard des politiques et des programmes. Les programmes sont dirigés par les collectivités, ils permettent de renforcer les capacités et les compétences et créent des possibilités économiques pour les collectivités.
Possibilités et contraintes pour le développement des énergies renouvelables.
En plus des risques et des coûts élevés associés à l’approvisionnement en carburant des collectivités nordiques et autochtones, la combustion du diésel présente plusieurs défis environnementaux, sociaux et économiques, notamment les émissions de gaz à effet de serre, les risques de fuites et de déversements de carburant des installations de stockage et les questions de sécurité énergétique (à savoir la dépendance envers la disponibilité aléatoire des routes saisonnières, des chalands, etc.). Ces difficultés justifient le besoin d’élaborer des programmes de réduction de la consommation d’énergie et de développer des projets d’énergie propre dans ces collectivités.
L'amélioration de l'efficacité énergétique et le déploiement de technologies énergétiques propres comme l'hydroélectricité, éolienne et solaire diversifie le mix énergétique dans les collectivités éloignées. Les mesures d’efficacité énergétique et de conservation réduisent la demande globale d’énergie et peuvent apporter des économies importantes aux collectivités en plus d’ajouter de nouvelles capacités de production. Bien que les sources d’énergie renouvelables, dont certaines sont intermittentes telle que l'énergie éolienne et solaire, ne puissent pas complètement remplacer la consommation de diésel, elles peuvent la remplacer en partie pour réduire les effets négatifs de l’usage du diesel, tout en créant des possibilités de développement des compétences locales, de création d’emplois et de développement économique.
Investissement de RCAANC dans l'énergie propre
Le budget de 2021 propose d’investir 40,4 millions de dollars sur trois ans, à compter de 2021-2022, afin de soutenir l’évaluation de la faisabilité et la planification de projets d’hydroélectricité et d’interconnexion des réseaux électriques dans le Nord. Ce financement pourrait progresser des projets, comme le projet d’agrandissement d’Atlin Hydro au Yukon et le projet de liaison hydroélectrique et de fibre optique au Kivalliq (Nunavut). Les projets fourniront une énergie propre aux communautés du Nord et permettront de réduire les émissions produites par les projets miniers.
En décembre 2020, 300 millions de dollars ont été affectés sous Le plan climatique renforcé afin d’assurer la transition des communautés autochtones et éloignées. RCAANC collabore avec Ressources naturelles Canada et Services aux Autochtones Canada afin d’établir une approche qui facilite l’accès aux communautés à ces fonds et autres programmes qui sont reliés à l’énergie.
Le budget 2021 a également alloué 25 millions de dollars en 2021-2022 au gouvernement du Yukon pour appuyer ses priorités en matière de changements climatiques.
Dans le cadre pancanadien sur la croissance propre et les changements climatiques, le budget de 2016 a fournie 10,7 millions de dollars sur deux ans à compter de 2016-2017 aux Affaires autochtones et du Nord Canada pour la mise en œuvre de l’ Approche responsable pour le développement énergétique des collectivités du Nord (le programme ARDEC Nord). Le financement du programme a été renouvelé dans le budget de 2017 pour un montant de 53,5 millions de dollars sur dix ans à compter de 2018-2019 et de 5,4 millions de dollars par an à partir de 2028-2029.
Le programme ARDEC Nord de RCAAN accorde des ressources financières pour la planification et la construction de projets d’énergie renouvelable et d’efficacité énergétique, ainsi que pour des activités connexes de planification et de renforcement de la capacité au Yukon, dans les Territoires du Nord-Ouest, au Nunavut, au Nunavik et au Nunatsiavut. Ce programme vise à diminuer la dépendance au diésel pour produire de la chaleur et de l’électricité ainsi qu’à renforcer les capacités au sein des collectivités, des gouvernements et des organisations du Nord en vue d’appuyer le développement de l’énergie propre et l’exploitation et l‘entretien à long terme de projets d’énergie propre.
Coordination fédérale pour diminuer la dépendance au diésel dans les collectivités du Nord et les collectivités éloignées
RCAAN collabore étroitement avec des partenaires fédéraux, comme ressources naturelles Canada et infrastructure Canada, pour assurer la coordination d’autres investissements qui visent à appuyer la sécurité énergétique et à diminuer la dépendance au diésel dans le Nord, comme suit:
o Ressources naturelles Canada : 220 millions de dollars sur six ans pour réduire la dépendance des collectivités rurales et éloignées au diésel et soutenir l’utilisation de solutions énergétiques renouvelables plus durables.
o Infrastructure Canada : 400 millions de dollars sur dix ans injectés dans un Fonds énergétique de l’Arctique pour appuyer la sécurité énergétique dans les collectivités du Nord, y compris les collectivités autochtones, en investissant dans la modernisation des systèmes d’énergie à base de combustibles fossiles existants et en complétant ou remplaçant ces systèmes par des options d’énergie renouvelable – améliorant ainsila fiabilité et l’efficacité énergétiques ainsi qu’en réduisant la pollution. Le financement est assuré par des accords bilatéraux intégrés avec les gouvernements territoriaux. Ce fond est réparti parmi les trois territoires : 175 millions de dollars chacun pour les Territoires du Nord-Ouest et le Nunavut, et 50 millions de dollars pour le Yukon.
Projet d'expansion hydroélectrique d'Atlin
Le projet d'expansion hydroélectrique d'Atlin, situé à la frontière entre la Colombie-Britannique et le Yukon, est un projet prioritaire pour la Première nation Tlingit de Taku River et le gouvernement du Yukon. Il représente une occasion importante d'intégrer une capacité énergétique supplémentaire, propre et sûre, au réseau électrique isolé du Yukon, qui dépend de générateurs diesel loués pour répondre à la demande.
Le réseau hydroélectrique du Yukon est à pleine capacité, même en été, lorsque les ressources hydroélectriques sont les plus disponibles. En hiver, pour répondre à la demande accrue et éviter les pannes de courant, Yukon Energy doit maintenant louer des génératrices diesel. Au cours de l'hiver 2020, Yukon Energy a loué 17 grosses génératrices diesel. Pour ajouter au défi, la demande d'électricité au Yukon devrait augmenter de 40 % au cours des 10 prochaines années.
L'actuelle centrale hydroélectrique Atlin, d'une capacité de 2,1 mégawatts, appartient à 100 % à la Première nation Tlingit de Taku River. La Première nation, par l'intermédiaire de Tlingit Homeland Energy Limited Partnership, cherche à agrandir le réseau. Le projet prévoit la mise à niveau de l'installation existante pour produire 8,5 mégawatts supplémentaires qui seront vendus directement à la Yukon Energy Corporation dans le cadre d'un accord d'achat d'électricité et d'énergie d'une durée de 40 ans. L'installation appartiendra entièrement à la Première nation Taku River Tlingit et devrait permettre d'éviter plus de 30 000 tonnes de CO2 par an.
Le projet et les revenus qu'il génère contribueront à l'autonomie de la Première nation Taku River Tlingit, en lui fournissant une source de revenus stable et à long terme, puisque les bénéfices du projet seront réinvestis dans sa communauté et sa Première nation. Plusieurs programmes en bénéficieront directement, notamment le programme Land Guardian de la Première Nation et le Tlatsini Fund qui soutient la planification et la mise en œuvre de l'utilisation conjointe des terres. Les Tlingits de Taku River seront également en mesure d'élargir leur programme d'emploi et de formation professionnelle existant, dans le but de créer une main-d'œuvre qualifiée au sein de la Première nation.
Ce projet contribue également à la réalisation de l'objectif du gouvernement du Yukon de réduire de 45 % les émissions de carbone sur le territoire d'ici 2030, comme le prévoit la stratégie du Yukon en matière de changements climatiques, Our Clean Future. Il soutient également la participation des Autochtones au secteur de l'énergie et à la reprise économique du Canada, tout en contribuant à la transition du Nord vers l'énergie propre et la sécurité énergétique.
Renseignements supplémentaires :
Si l’on insiste sur la simplification d’accès aux communautés autochtones et éloignées au financement de l’énergie propre
• Notre gouvernement s'est engagé à aider les communautés autochtones du Nord et des régions éloignées à passer du diesel à l’énergie propre, renouvelable et fiable.
• RCAANC a travaillé en étroite collaboration avec Ressources naturelles Canada, Services aux Autochtones Canada, Infrastructure Canada et Environnement et Changement climatique Canada pour mettre sur pied le Carrefour d'énergie propre des collectivités autochtones et éloignées.
• Le Carrefour aidera les collectivités autochtones et éloignées à accéder au financement et à l'expertise du gouvernement fédéral afin de soutenir leurs priorités en matière de transition énergétique.
Si l’on insiste sur le Carrefour
• Le Carrefour fournit les 300 millions de dollars identifiés dans le Plan climatique consolidé du Canada, Un environnement sain et une économie saine, afin de concrétiser l'engagement du gouvernement à faire en sorte que les collectivités rurales, éloignées et autochtones qui dépendent actuellement du diesel aient la possibilité d'être alimentées par une énergie propre et fiable d'ici 2030.
• CIRNAC verse 40,4 millions de dollars sur trois ans par l'intermédiaire du Carrefour pour soutenir les études de faisabilité et la planification de projets d'hydroélectricité et d'interconnexion de réseaux dans le Nord.
Si on le presse sur l'hydroélectricité et l'expansion d'Atlin Hydro
• L'hydroélectricité est une technologie éprouvée qui offre des avantages considérables pour permettre aux communautés du Nord de se passer entièrement du diesel.
• CIRNAC travaille avec les gouvernements territoriaux et les organisations autochtones pour soutenir des projets hydroélectriques et d'interconnexion de réseaux comme le projet hydroélectrique d'Iqaluit et la liaison hydrofibre de Kivalliq.
• Le projet d'expansion hydroélectrique d'Atlin, dirigé par la Première nation Tlingit de Taku River, fournira de l'énergie propre au Yukon, réduisant ainsi la consommation de diesel de 10 millions de litres et évitant l'émission de 30 000 tonnes de GES par an.
• Le projet créera des emplois de haute qualité pour la région et constituera une source de revenus pour la Première nation Taku River Tlingit, dont les bénéfices seront réinvestis dans les programmes communautaires.
Si on insiste sur le leadership autochtone en matière de climat
• CIRNAC collabore avec Environnement et Changement climatique Canada et ses partenaires autochtones pour élaborer conjointement un programme de leadership autochtone en matière de climat et aider les peuples autochtones à prendre des mesures en fonction de leurs priorités climatiques.