Note pour la période des questions : Logement et immigration

About

Numéro de référence :
IRCC-2025-QP-00020
Date fournie :
24 févr. 2026
Organisation :
Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada
Nom du ministre :
Diab, Lena Metlege (L’hon.)
Titre du ministre :
Ministre de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté

Enjeu ou question :

La crise du logement sans précédent que vit le Canada exige que tous les ordres de gouvernement et le secteur privé collaborent afin de régler les problèmes sous-jacents et de veiller à ce que les Canadiens et les nouveaux arrivants aient accès à un logement.

Réponse suggérée :

• Le ralentissement de la croissance démographique réduit le nombre de nouveaux logements nécessaires pour répondre à la demande, ce qui permet d’augmenter l’offre et d’atténuer la pénurie de logements.
• Dans le cadre de notre plan des niveaux, nous ramenons l’immigration globale à des niveaux viables, et nous constatons des résultats. Ce plan est solide et contribue déjà à réduire la demande de logements partout au pays.
• Selon la Société canadienne d’hypothèques et de logement, la pression sur le marché du logement locatif s’est atténuée en 2025. Le taux d’inoccupation dans les grandes villes a grimpé à 3,1 %, en partie grâce à la réduction des niveaux de migration temporaire.
• L’immigration contribue toutefois aussi à remédier à la pénurie de main-d’œuvre dans le secteur de la construction en faisant venir au pays, au titre de diverses voies d’accès temporaires et permanentes, les travailleurs nécessaires à la construction de maisons.
Si l’on insiste :
• L’immigration est essentielle pour combler les lacunes en matière de compétences dans le secteur de la construction, lorsqu’aucun Canadien n’est disponible. Les immigrants représentent 23 % de l’ensemble des entrepreneurs généraux et des constructeurs dans le secteur de la construction résidentielle. En décembre 2025, plus de 38 000 travailleurs étrangers temporaires au Canada occupaient un emploi dans le domaine de la construction.

Contexte :

• La priorité 4 de la lettre de mandat du gouvernement est ainsi libellée :
« Rendre les logements plus abordables en tirant parti de la puissance de la coopération public-privé, en stimulant une industrie du logement moderne et en créant de nouvelles carrières dans les métiers spécialisés. »

• Le 14 septembre 2025, le gouvernement a mis sur pied Maisons Canada, un nouvel organisme fédéral qui construira des logements abordables à grande échelle. Doté d’un investissement initial de 13 milliards de dollars sur 5 ans à partir de 2025-2026, Maisons Canada utilisera les capitaux pour dynamiser l’industrie du logement.

• IRCC joue un rôle important, mais complémentaire, dans la résolution des problèmes liés à l’offre de logements en attirant les travailleurs nécessaires pour combler les pénuries de main-d’œuvre dans le secteur des métiers spécialisés, ainsi que des travailleurs possédant des compétences recherchées dans les techniques de construction nouvelles et novatrices.

• Toutefois, en parallèle, l’immigration contribue à l’augmentation de la demande de logements. IRCC tient compte des demandes et des pressions exercées sur le marché canadien du logement lorsqu’il établit les cibles du plan annuel des niveaux d’immigration, ce qui permet de voir à ce que les cibles de résidents temporaires et permanents soient durables et cadrent avec la capacité nationale du Canada.

• Si la croissance démographique est un facteur clé de l’abordabilité du logement, d’autres enjeux doivent également être pris en compte. Au nombre de ces enjeux figurent les pénuries de main-d’œuvre, la faible productivité, l’activité des investisseurs, le coût des matériaux, les retards dans les processus réglementaires et les politiques municipales, plus particulièrement les frais d’aménagement. Pour faire face à la crise, il faudra recourir à une combinaison d’outils stratégiques.

• Depuis 2017, le Canada a investi environ 1,8 milliard de dollars dans le cadre du Programme d’aide au logement provisoire. Depuis le 1er octobre 2025, IRCC n’héberge plus directement les demandeurs d’asile dans des hôtels. Le financement du programme est maintenant lié aux engagements provinciaux et municipaux en faveur de solutions de logement durables et efficientes.

Logement et planification de l’immigration

• Le Plan des niveaux d’immigration 2026-2028 :
o Fait passer les cibles de résidents temporaires de 673 650 en 2025 à 385 000 en 2026 (diminution d’environ 43 %) et à 370 000 en 2027 et en 2028;

o Stabilise les cibles d’admission de résidents permanents à 380 000 par année pendant trois ans, comparativement à 395 000 en 2025, tout en augmentant la part d’immigrants économiques de 59 % à 64 % en 2027 et en 2028.

• Ces cibles soutiennent les engagements du gouvernement visant à réduire le nombre d’immigrants temporaires au Canada à moins de 5 % de la population d’ici la fin de 2027 et à stabiliser les admissions de résidents permanents à moins de 1 % de la population après 2027.

• Parmi les mesures supplémentaires qui contribueront à l’atteinte de l’objectif de moins de 5 % de résidents non permanents figurent les suivantes :

o Gestion du nombre d’étudiants étrangers : En janvier 2024, IRCC a instauré un plafond pour les permis d’études au moyen d’instructions ministérielles. Chaque province et territoire s’est vu attribuer un nombre fixe de places dans le cadre de ce plafond. Les demandeurs doivent joindre à leur demande de permis d’études une lettre d’attestation provinciale ou territoriale, que les provinces et territoires distribuent selon leurs besoins.

o Réforme du permis de travail postdiplôme (PTPD) : En 2024, IRCC a mis à jour le programme de PTPD en instaurant des exigences linguistiques minimales et en ciblant les domaines d’études en demande. Il est désormais mieux à même de créer, par l’intermédiaire de ce programme, un vivier d’étudiants diplômés dont les compétences correspondent aux besoins en main-d’œuvre à long terme du Canada.

Limitation du nombre de permis de travail délivrés aux époux ou conjoints de résidents temporaires IRCC a resserré les critères d’admissibilité liés au permis de travail pour les époux ou conjoints d’étudiants étrangers et de travailleurs étrangers temporaires.
• Selon Statistique Canada, la population du Canada a diminué de 0,2 % au troisième trimestre de 2025, principalement en raison d’une baisse importante de la population de résidents non permanents du Canada, ce qui montre l’incidence continue de la réduction des niveaux d’immigration temporaire.

• Le Rapport sur le marché locatif 2025 de la Société canadienne d’hypothèques et de logement indique qu’en 2025, l’assouplissement des conditions du marché a atténué les pressions sur les loyers. Les taux d’inoccupation dans les grandes régions métropolitaines de recensement du Canada sont passés de 2,2 % en 2024 à 3,1 %, en raison d’une augmentation de l’offre de logements locatifs et d’une baisse de la demande en partie due à une diminution des niveaux de migration temporaire.

Voies d’accès à l’immigration pour les travailleurs de la construction

• Comme annoncé dans le budget de 2025, la Stratégie d’attraction des talents internationaux et le plan d’action connexe permettront au système d’immigration de répondre aux besoins stratégiques du marché du travail, en veillant à ce que le Canada dispose des talents dont il a besoin pour stimuler l’innovation et la croissance dans les industries stratégiques. Cette stratégie visera principalement à attirer les meilleurs talents du monde pour renforcer l’économie et remédier aux pénuries de main-d’œuvre dans certains secteurs, notamment la construction et les métiers spécialisés.

• Conscient des besoins particuliers du secteur de la construction, IRCC a pris plusieurs mesures :

Résidents temporaires
o En février 2025, IRCC a lancé une mesure temporaire pour permettre à certains apprentis de métiers de la construction inscrits et titulaires d’un permis de travail valide de terminer leurs études sans avoir besoin d’un permis d’études. Cette mesure simplifie le processus d’obtention du permis et permet aux apprentis d’acquérir plus rapidement les compétences nécessaires pour contribuer aux projets d’infrastructure.

o Le secteur de la construction est exempté du plafond général de 10 % dans le cadre du Programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET) et de la politique de refus de traitement qui s’applique à toutes les régions métropolitaines de recensement dont le taux de chômage est supérieur à 6 %. Ces exemptions signifient que les employeurs du secteur de la construction, où qu’ils soient, peuvent se doter d’une main d’œuvre composée de plus de 20 % de travailleurs étrangers temporaires pour combler des postes à bas salaires sur un lieu de travail précis.

En décembre 2025, plus de 38 000 travailleurs étrangers temporaires au Canada occupaient un emploi dans le domaine de la construction. La grande majorité d’entre eux sont passés par le PTET.

Résidents permanents
o IRCC a pris des mesures importantes pour répondre aux besoins du marché du travail relatifs aux professionnels de la construction.
• En 2025, plus de 7 610 demandeurs principaux de la catégorie de l’immigration économique exerçant comme activité principale certains métiers de la construction ont été admis, ce qui représente 6 % de tous les demandeurs principaux de la catégorie de l’immigration économique.

• Les cinq principaux métiers des personnes admises de 2023 à 2025 étaient les suivants :
o Soudeurs/soudeuses et opérateurs/opératrices de machines à souder et à braser;
o Manutentionnaires;
o Charpentiers-menuisiers/charpentières-menuisières;
o Directeurs/directrices de la construction;
o Mécaniciens/mécaniciennes de chantier et mécaniciens industriels/mécaniciennes industrielles.

o IRCC a accordé la priorité à la sélection de candidats ayant de l’expérience dans les métiers par l’intermédiaire d’Entrée express :
• 4 906 invitations à présenter une demande ont été envoyées à ces candidats en 2025.

Programmes régionaux d’immigration économique
• Les programmes régionaux d’immigration économique, tels que le Programme des candidats des provinces (PCP), le Programme d’immigration au Canada atlantique et les programmes pilotes d’immigration dans les communautés rurales et francophones offrent des voies d’accès à la résidence permanente aux travailleurs possédant des compétences variées, notamment dans le secteur de la construction.
• Les programmes régionaux d’immigration économique ont admis environ 3 920 demandeurs principaux en 2025 (soit 3,1 % de tous les demandeurs principaux admis dans la catégorie économique) dans certaines professions du secteur de la construction.
o Grâce au PCP, IRCC aide les provinces et les territoires à mettre en place des initiatives ciblées visant à répondre aux besoins essentiels du marché du travail dans le secteur de la construction afin de soutenir le secteur du logement. Par exemple, en 2023, IRCC a travaillé en étroite collaboration avec la Nouvelle Écosse pour concevoir le Programme pilote pour les travailleurs essentiels de la construction dans le cadre de son PCP, qui a été lancé en octobre 2023.
o Le Programme d’immigration au Canada Atlantique est un autre programme régional d’immigration économique conçu pour répondre aux besoins de secteurs clés. Ce programme axé sur les employeurs offre une certaine souplesse pour répondre aux besoins essentiels du marché du travail, notamment dans le secteur de la construction.
o Le Programme pilote d’immigration des communautés rurales et le Programme pilote d’immigration des communautés francophones ont été lancés le 30 janvier 2025, en s’appuyant sur les leçons tirées du Programme pilote d’immigration des régions rurales et du Nord. Ces programmes pilotes aident 18 communautés rurales et francophones en situation minoritaire réparties dans 7 provinces à attirer et à retenir des nouveaux arrivants possédant les compétences requises pour occuper des emplois essentiels, notamment dans le secteur de la construction.
 En 2025, toutes les communautés participantes ont désigné les métiers et les transports comme secteurs prioritaires. Les aides et manœuvres en construction ainsi que les charpentiers figurent parmi les professions prioritaires les plus courantes dans le cadre de ces programmes pilotes.

Renseignements supplémentaires :

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