Note pour la période des questions : Gestion du maquereau de l'Atlantique

About

Numéro de référence :
DFO-2026-QP-00004
Date fournie :
16 juin 2026
Organisation :
Pêches et Océans Canada
Nom du ministre :
Thompson, Joanne (L'hon.)
Titre du ministre :
Ministre des pêches

Réponse suggérée :

• Je reconnais l'importance économique de la pêche au maquereau pour les pêcheurs du Canada atlantique et du Québec et je m'engage à gérer cette pêche afin d'assurer la durabilité à long terme du stock pour les générations futures.
• Sur la base de l’évaluation de 2025, le gouvernement du Canada a annoncé un total autorisé des captures de 500 tonnes pour chacune des saisons de pêche 2025 et 2026, ainsi que la fermeture continue de la pêche commerciale du maquereau de l’Atlantique.
• Je comprends les difficultés que la fermeture continue de la pêche commerciale du maquereau cause aux pêcheurs et aux collectivités côtières. Je comprends également qu’il est devenu très coûteux d’acheter du maquereau comme poisson-appât à partir d’autres sources.
• Le gouvernement du Canada s’engage à prendre des mesures énergiques pour protéger les poissons reproducteurs et contribuer au rétablissement du stock.

Contexte :

• Ce stock se trouve dans la zone critique du cadre de l’approche de précaution depuis 2011 et est visé par les dispositions relatives aux stocks de poissons de la Loi sur les pêches, qui donne au MPO le mandat de favoriser la durabilité et de mettre en œuvre un plan de rétablissement. La biomasse du stock reproducteur de 2023 et 2024 a été estimée à 32 pour cent et 35 pour cent respectivement du point de référence limite, ce qui place le stock dans la zone critique de l’approche de précaution (AP) avec une très forte probabilité (supérieure à 95 pour cent).
• En 2022 et 2023, la pêche commerciale et la pêche d’appât ont été fermées en raison de l’épuisement du stock. Les pêches récréatives et les pêches à des fins alimentaires, sociales et rituelles (ASR) sont restées ouvertes, car les prélèvements découlant de ces pêches sont faibles. Parmi les autres prélèvements autorisés, mentionnons les prises à des fins d'échantillonnage scientifique, une exemption d'appât pour le thon rouge et les prises accessoires.
• La pêche du maquereau comme poisson-appât a réouvert en 2024 avec un TAC de 470 tonnes (t), et les débarquements d’appâts ont totalisé 440 t, la région du Golfe représentant 71 pour cent des prises, suivie par les Maritimes (15 pour cent), le Québec (8 pour cent) et Terre-Neuve-et-Labrador (5 pour cent).
• Pour les saisons 2025 et 2026, le TAC est établi à 500 t. Celui-ci comprend les prélèvements de la pêche d’appât (440 t), l’exemption relative aux appâts pour la pêche du thon rouge (~20 t), l’échantillonnage scientifique (~20 t) et les prises accessoires (~20 t).
• En ce qui concerne la pêche récréative, deux nouvelles mesures de gestion temporaires sont mises en œuvre pour limiter les mortalités relatives aux rejets et soutenir le rétablissement du stock :
• Éliminer la taille minimale réglementaire afin de réduire la mortalité attribuable au nombre élevé de poissons de taille inférieure à la taille minimale qui sont rejetés dans la pêche récréative. Actuellement, l’alinéa 49.01b) du Règlement de pêche de l’Atlantique de 1985 (RPA) interdit la possession de maquereaux d’une longueur inférieure à 26,8 cm. Si la taille minimale est réduite à 0 cm, les pêcheurs récréatifs pourront conserver tous les poissons qu’ils capturent jusqu’à ce qu’ils atteignent leur limite de possession quotidienne de 20 maquereaux, et éviter le rejet de nombreux poissons de taille non réglementaire, qui bien souvent meurent après avoir été remis à l’eau.
• Réduction de l'allocation d'engins. L’article 49.01d) du RPA interdit de pêcher le maquereau avec plus de cinq lignes de pêche ou avec une ligne de pêche munie de plus de six hameçons. Cette disposition se traduit par une capacité de pêche supérieure à la limite de possession quotidienne de vingt maquereaux. Le fait de changer le type d’engin autorisé pour une ligne avec trois hameçons cadrerait avec la façon dont la pêche sportive est réglementée en vertu du Règlement de pêche des provinces maritimes et réduirait l’effort dans la pêche récréative. La taille minimale et le type d’engin peuvent être modifiés pour la pêche récréative au moyen d’une ordonnance de modification prise par un directeur général régional.
• En réponse aux préoccupations de l’industrie concernant la prédation, la Direction des sciences du MPO a mené une étude sur la pression de prédation exercée par divers prédateurs sur le maquereau dans les eaux canadiennes et américaines pour l’évaluation de 2023, et les résultats semblent indiquer une augmentation globale de la mortalité du maquereau attribuable à la prédation au fil du temps.
• La consommation estimative annuelle de maquereaux par les fous de Bassan au cours des dix dernières années se situe entre 11 000 et 23 000, tandis que la consommation estimative annuelle par les phoques gris varie entre 7 000 et 13 000 t, compte tenu de la taille actuelle de la population de phoques gris.
• À la lumière du moratoire, le MPO a collaboré avec des partenaires de l’industrie pour recueillir des échantillons de maquereaux dans toute leur aire de répartition nordique en 2022, 2023 et 2024 afin d’appuyer les évaluations des stocks et la recherche génétique sur les contingents de stocks.
• En réponse aux préoccupations de l’industrie concernant la fraie qui ne serait pas prise en compte dans l’évaluation du stock, la Direction des sciences du MPO a effectué d’autres relevés sur les œufs et les larves dans l’ouest et le sud de Terre-Neuve en 2021, 2022, 2023 et 2024 pour déterminer s’il y a une fraie importante à l’extérieur de la zone de fraie habituelle. Les résultats présentés lors de la réunion d’évaluation des stocks de l’hiver 2023 ont démontré que ce n’est pas le cas, car l’activité de fraie du maquereau était beaucoup plus faible dans l’ouest de Terre Neuve et n’a pas été observée dans le sud de Terre-Neuve.
• Le maquereau de l’Atlantique est un poisson pélagique qui vit en bancs et forme des regroupements denses, et qui fréquente des eaux dont la plage de température est de faible envergure (7 à 16 °C). C’est une espèce hautement migratrice qui se déplace dans le golfe du Saint-Laurent et ensuite vers le nord chaque année pour frayer et se nourrir. Par conséquent, le maquereau de l’Atlantique tend à se déplacer vers les eaux de Terre-Neuve plus tard dans la saison par rapport aux autres parties du Canada atlantique.
• En raison de ce degré élevé de regroupements locaux, le maquereau est facile à récolter à des niveaux d’abondance très faibles, et il n’est pas possible de déduire une abondance globale élevée de la population en se fondant sur les prises élevées observées dans des endroits précis.
• La pêche américaine est restée ouverte, mais a connu des diminutions importantes de son quota commercial. Le Canada continuera de solliciter ses collègues américains en vue d’une possible gestion collaborative, les deux pays ayant reconnu que le stock doit être reconstitué.

Renseignements supplémentaires :

Si l’on insiste sur la pêche récréative et/ou la pêche alimentaire, sociale, et rituelle
• Les pêches récréatives, alimentaires, sociales et rituelles du maquereau de l’Atlantique restent ouvertes, car ces importantes prises ne représentent qu’un faible pourcentage des prélèvements globaux et ne devraient pas avoir d’incidence importante sur le rétablissement.
• Pour la pêche récréative, j’ai réduit l’allocation d’engins pour réduire la capacité de pêche et j’ai supprimé la taille minimale du maquereau de l’Atlantique qui peut être conservée pour lutter contre la mortalité due aux taux élevés de rejets de poissons de taille inférieure.
Si on insiste sur le plus récent avis scientifique sur le maquereau de l’Atlantique
• La plus récente évaluation du stock a eu lieu en février 2025 et indique que la biomasse du stock reproducteur de maquereau de l’Atlantique est restée relativement stable dans la zone critique de l’approche de précaution en 2023 et 2024. La prochaine évaluation devrait avoir lieu en mars 2027.
• Il n’y a eu aucun signe d’une forte augmentation du nombre de nouveaux poissons entrant dans la population (c.-à-d. le recrutement) depuis 2015.
• Les données disponibles indiquent que le potentiel de rétablissement du stock est actuellement limité par une diminution du nombre de poissons plus âgés, un faible recrutement et une forte pression de prédation.
Si on insiste sur les observations des pêcheurs concernant une abondance élevée du stock
• Le maquereau de l’Atlantique est un poisson pélagique qui se déplace en bancs; il n’est donc pas inhabituel de voir de grands regroupements de cette espèce, même dans les cas où l’abondance globale de la population est faible.
• Mon ministère valorise les perspectives et observations des pêcheurs et continue de travailler avec eux pour recueillir des données et orienter les plans de recherche, s'assurant que nous disposons de la meilleure science possible pour éclairer les décisions futures.
Si on insiste sur les répercussions de la prédation par les phoques
• Le maquereau est une source de proie clé dans l’écosystème de l’Atlantique Nord-Ouest. Ils constituent une source de nourriture importante pour les fous de Bassan et sont consommés par d’autres oiseaux de mer, les phoques, les poissons de fond, les thons, les baleines et les dauphins.
• Le maquereau ne représente qu'environ quatre pour cent de l'alimentation du phoque gris. Bien que toute augmentation de l'abondance des phoques augmente le nombre de maquereaux consommés, on estime que les fous de Bassan consomment plus de maquereaux que les phoques gris.
• Comme dans la plupart des cas, lorsqu'un stock de poissons est faible, les prédateurs sont susceptibles de prendre une plus grande part du stock restant.
• L'analyse de la prédation aide mon ministère à inclure les considérations écosystémiques dans les évaluations et les conseils sur les stocks.