Note pour la période des questions : Espèces aquatiques envahissantes

About

Numéro de référence :
DFO-2026-QP-00020
Date fournie :
16 juin 2026
Organisation :
Pêches et Océans Canada
Nom du ministre :
Thompson, Joanne (L'hon.)
Titre du ministre :
Ministre des pêches

Réponse suggérée :

• Les espèces aquatiques envahissantes représentent une menace grave pour les écosystèmes aquatiques, et la prévention de leurs effets néfastes sur la biodiversité, l’économie et la société canadiennes est une priorité pour notre gouvernement.
• Notre gouvernement comprend l’importance de protéger les eaux canadiennes et se concentre sur la coordination des efforts visant à prévenir la propagation des espèces aquatiques envahissantes.
• Mon ministère travaille étroitement avec les provinces, les territoires, Parcs Canada et l’Agence des services frontaliers du Canada afin d’appliquer le Règlement sur les espèces aquatiques envahissantes, notamment pour empêcher l’entrée au Canada d’espèces interdites.

Contexte :

Espèces aquatiques envahissantes
• Le Règlement sur les espèces aquatiques envahissantes est entré en vigueur en 2015 en vertu de la Loi sur les pêches afin de fournir des outils pour l’action fédérale et pour renforcer les partenariats avec les gouvernements provinciaux et territoriaux. Il établit des attentes importantes quant à la capacité collective du Canada à gérer les espèces aquatiques envahissantes (EAE).
• Le budget de 2017 prévoyait un financement de 43,8 millions de dollars sur cinq ans et 10,8 millions de dollars par la suite pour la gestion nationale des EAE afin de : établir un programme national de base; élargir et rendre permanent le Programme sur la carpe asiatique du Ministère; et élargir le Programme de lutte contre la lamproie marine tout en augmentant l’engagement du Canada envers la Commission des pêcheries des Grands Lacs (CPGL). Le budget de 2017 a fait passer l’engagement annuel du Canada envers la CPGL, l’organisme de coordination du Programme de lutte contre la lamproie marine, de 8,1 millions de dollars à 10,6 millions de dollars.
• Le Commissaire à l’environnement et au développement durable a effectué un audit des efforts du MPO en matière d’espèces aquatiques envahissantes et a publié ses conclusions le 2 avril 2019. En réponse, le MPO, l’Agence des services frontaliers du Canada et d’autres partenaires ont élaboré de nouveaux protocoles, outils et procédures afin d’améliorer l’application du Règlement sur les espèces aquatiques envahissantes aux frontières internationales.
Carpes asiatiques
• Le Programme sur la carpe asiatique vise à protéger les Grands Lacs contre la menace posée par les carpes asiatiques. Le programme concentre ses efforts de prévention sur la détection précoce et la surveillance, les partenariats et l’éducation, ainsi que les activités de sensibilisation. Ce financement permet au MPO d’élargir le programme afin d’accroître la protection des Grands Lacs et de préserver nos pêcheries. Les activités comprennent notamment la sensibilisation et l’éducation, la recherche, l’évaluation des risques et l’aide mutuelle.
• Les carpes asiatiques ont été introduites accidentellement dans le bassin du fleuve Mississippi dans les années 1970 et 1980 et progressent depuis vers le nord. Il existe quatre espèces : la carpe à grosse tête, la carpe de roseau, la carpe noire et la carpe argentée. Une évaluation des risques réalisée en 2004 au Canada a conclu que ces espèces présentent un risque élevé d’impacts dans les Grands Lacs ainsi que dans d’autres régions du pays.
• Le Programme sur la carpe asiatique effectue des activités de détection précoce et de surveillance dans 37 sites à travers les Grands Lacs. Dans cette région, le programme collabore avec de nombreux partenaires, notamment la province de l’Ontario, des organismes gouvernementaux des États-Unis et des États américains, le milieu universitaire et des intervenants non gouvernementaux.
• Depuis 2012, 33 carpes de roseau ont été capturées et retirées des eaux canadiennes du bassin des Grands Lacs. La majorité de ces poissons étaient des spécimens triploïdes et donc incapables de se reproduire.
• Bien que les programmes fédéraux sur la carpe asiatique demeurent principalement axés sur le bassin des Grands Lacs en raison de l’ampleur de la menace, les carpes asiatiques représentent également un enjeu pour la province de Québec. Une carpe asiatique a été détectée dans le fleuve Saint-Laurent près de Montréal en 2016, un spécimen a été capturé en 2020 dans le bassin de Chambly et trois spécimens ont été capturés en mai 2024 dans le lac des Deux Montagnes près de Vaudreuil. Le MPO collabore avec la province de Québec, qui dirige la gestion de la carpe de roseau sur son territoire, notamment en fournissant un soutien pour les analyses en laboratoire visant à confirmer la fertilité des spécimens capturés.

Crabe vert européen
• Le crabe vert européen consomme et concurrence des espèces indigènes telles que les mollusques, les crabes et les homards, et perturbe des habitats estuariens comme les herbiers de zostère et les marais salés.
• Le MPO continue de fournir du financement et de collaborer avec plusieurs partenaires à Terre-Neuve-et-Labrador afin de contrôler le crabe vert européen, notamment des groupes autochtones comme la Mi’kmaq Alsumk Mowimsikik Koqoey Association, le milieu universitaire comme le Marine Institute, et des organisations non gouvernementales environnementales telles que Aquatic Conservation Initiative et Intervale Associates Inc. La région de Terre-Neuve-et-Labrador dispose également d’un programme de permis volontaire de contrôle qui permet aux membres du public de présenter une demande afin de piéger le crabe vert.
• En Colombie-Britannique, le crabe vert européen a été détecté pour la première fois en 1998. Le MPO travaille avec plusieurs groupes autochtones et organisations d’intendance afin de déterminer l’étendue de l’invasion, de vérifier si l’espèce est établie et d’élaborer et mettre en œuvre des plans de gestion et d’intervention. Cela comprend la fourniture d’expertise ainsi que du financement provenant du Fonds de restauration et d’innovation pour le saumon de la Colombie-Britannique à la Coastal Restoration Society, au Council of the Haida Nation et à la Nation Heiltsuk. Un financement total de 15,7 millions de dollars a été prévu jusqu’en 2026.
• Dans le cadre du Fonds de prévention des espèces aquatiques envahissantes, le MPO finance un projet d’atténuation et de développement des capacités pour contrôler et gérer la propagation du crabe vert dans la mer des Salish ainsi qu’un programme de surveillance et d’intervention dirigé par des Autochtones dans le détroit de Chatham, pour un financement total de 1,5 million de dollars dans la région du Pacifique.

Espèces aquatiques envahissantes utilisées comme appâts
• Des groupes autochtones, des pêcheurs commerciaux, des organisations non gouvernementales et d’autres intervenants s’intéressent à l’utilisation des espèces aquatiques envahissantes. Leur utilisation peut contribuer à contrôler leur propagation, à réduire les pressions exercées sur les stocks sauvages et à créer de nouvelles sources d’alimentation. Depuis 2010, une pêche commerciale a été créée en Nouvelle-Écosse pour capturer le crabe vert et permettre son utilisation comme appât pour le homard. La décision d’appuyer l’utilisation d’espèces envahissantes ne vise pas à créer des pêcheries durables.
• Les décisions concernant l’utilisation des espèces aquatiques envahissantes doivent être prises avec prudence afin d’éviter des conséquences négatives, comme l’augmentation de la propagation d’une espèce envahissante. Le MPO élabore un processus opportun et cohérent à l’échelle nationale qui permettra de prendre des décisions éclairées lors de l’évaluation, par exemple, du type de permis de pêche approprié pour le contrôle et l’utilisation d’espèces marines envahissantes.
• Le MPO examine différentes options concernant les utilisations potentielles des espèces marines envahissantes, notamment comme source alimentaire, appât, compost ou nourriture pour animaux de compagnie, tout en tenant compte de la nécessité de poursuivre la gestion et le contrôle des espèces envahissantes marines, des engagements du gouvernement du Canada en matière de gestion des pêches et de la biodiversité et des possibilités économiques pour les communautés côtières.

Lamproie marine
• La Commission des pêcheries des Grands Lacs est une commission conjointe entre le Canada et les États-Unis qui a été créée en 1954 à la suite de la ratification de la Convention sur les pêches dans les Grands Lacs.
• Le Programme de lutte contre la lamproie marine de la Commission des pêcheries des Grands Lacs est un programme binational mis en œuvre en partenariat avec le MPO, le U.S. Fish and Wildlife Service, le U.S. Geological Survey et le U.S. Army Corps of Engineers.
• Une approche coordonnée et binationale est essentielle puisque la lamproie marine est établie dans les cinq Grands Lacs, se déplace librement entre les eaux canadiennes et américaines, n’a pas de prédateurs naturels et s’attaque à de nombreuses espèces de poissons indigènes.
• Le budget de 2022 a prévu 45 millions de dollars supplémentaires sur cinq ans et 9 millions de dollars par la suite afin de permettre au MPO et à la Commission des pêcheries des Grands Lacs d’accroître les efforts de lutte contre la lamproie marine, de faciliter la gestion collaborative des pêches et d’offrir un soutien supplémentaire à la recherche dans les Grands Lacs.
• D’avril à novembre chaque année, le personnel du MPO travaillant au Programme de lutte contre la lamproie marine évalue les populations de lamproies, traite les cours d’eau infestés et mesure l’efficacité des efforts de contrôle dans la région des Grands Lacs, y compris aux États-Unis.

Renseignements supplémentaires :

Si l’on insiste sur les nouveaux investissements dédiés à la lutte contre les espèces aquatiques envahissantes au Canada
• L’Énoncé économique de l’automne 2022 prévoyait 36,6 millions de dollars sur cinq ans pour lutter contre les espèces aquatiques envahissantes au Canada.
• De ce montant, 25,6 millions de dollars sont consacrés au renforcement des opérations et à l’augmentation des activités de détection précoce et d’intervention, y compris aux frontières internationales, afin d’empêcher les espèces aquatiques envahissantes d’entrer au Canada et de s’y propager.
• Le reste comprend 8,75 millions de dollars en financement de contributions pour lancer le Fonds de prévention des espèces aquatiques envahissantes, afin de créer de nouveaux partenariats et de faciliter des actions préventives sur le terrain.
Prairies
• Dans les Prairies, les moules zébrées sont établies dans le bassin versant du lac Manitoba et ont été trouvées dans le lac Clear, dans le parc national du Mont-Riding. Mon ministère soutient Parcs Canada afin d’assurer une intervention rapide et coordonnée si des mesures d’intervention sont nécessaires.
• En juillet 2024, des moules zébrées ont été trouvées dans un réservoir du parc provincial de St. Malo, dans le sud-est du Manitoba. La province du Manitoba dirige les efforts d’intervention.
Financement pour la Colombie-Britannique
• En Colombie-Britannique, mon ministère soutient les efforts de la province en matière de prévention et de détection précoce des espèces aquatiques envahissantes en fournissant des avis scientifiques, en réalisant des évaluations des risques et en appuyant les activités d’application de la loi.
• Mon ministère fournit jusqu’à 540 000 $ entre 2023 et 2025 à la Habitat Conservation Trust Foundation et a versé plus de 475 000 $ en 2022-2023, par l’entremise d’un protocole d’entente avec la province, afin de soutenir le programme de défense contre les moules envahissantes de la Colombie-Britannique.
• De plus, mon ministère a contribué 384 518 $ en 2019 pour les activités de détection précoce des moules envahissantes et 568 280 $ en 2024 pour la surveillance et la sensibilisation concernant les espèces aquatiques envahissantes (y compris les moules envahissantes), dans le cadre du Fonds de la nature du Canada pour les espèces aquatiques en péril.
Québec et l’Est du Canada
• Dans l’Est du Canada, les moules zébrées sont établies dans le fleuve Saint-Laurent et ont été détectées au Québec au lac Massawippi en 2021 et au lac Témiscouata en 2022.
• Les activités de surveillance menées durant l’été 2023 indiquent que des moules zébrées pourraient également avoir été détectées dans huit autres lacs de la région du Bas-Saint-Laurent.
• Mon ministère travaille avec les provinces du Québec et du Nouveau-Brunswick ainsi qu’avec des intervenants locaux afin de limiter la propagation de l’espèce.
• Le 25 août 2023, des moules zébrées ont été observées visuellement à un barrage hydroélectrique situé sur la rivière Madawaska, à Edmundston (Nouveau-Brunswick). Les experts ont confirmé qu’il s’agissait bien de moules zébrées, ce qui représente la première détection visuelle confirmée de moules zébrées vivantes dans la province.
• En décembre 2024, lors d’une inspection de quais flottants au Nouveau-Brunswick, des responsables de mon ministère ont découvert des moules zébrées adultes à Mactaquac, près de Fredericton, dans la rivière Wolastoq (Saint-Jean). Il s’agit de la première observation de cette moule d’eau douce envahissante dans le bras principal de la rivière Wolastoq (Saint-Jean) et dans le sud-ouest de la province.
• En 2023, le gouvernement — par l’entremise de mon ministère — a fourni 476 475 $ à l’Organisme de bassin versant du fleuve Saint-Jean dans le cadre du Fonds de prévention des espèces aquatiques envahissantes, afin d’élaborer un plan d’action visant à limiter la propagation des moules zébrées dans le bassin versant de la rivière Saint-Jean.
• En 2024, au Nouveau-Brunswick, mon ministère a acquis trois stations de décontamination. Celles-ci sont utilisées en collaboration avec la province et le New Brunswick Invasive Species Council pour décontaminer les embarcations récréatives lors d’événements de pêche, tout en promouvant le message « Nettoyez, videz et séchez ».
Si l’on insiste sur le crabe vert européen
• Nous sommes préoccupés par les répercussions importantes que peut avoir le crabe vert européen, présent sur les deux côtes du Canada, sur les écosystèmes estuariens et marins ainsi que sur les secteurs des pêches et de l’aquaculture.
• Nous collaborons avec de nombreux partenaires, notamment les gouvernements et communautés autochtones, les gouvernements provinciaux ainsi que les gouvernements fédéral et étatiques des États-Unis, afin de faire face aux menaces que représente cette espèce.
• Le crabe vert européen a été détecté dans la baie Notre Dame (Terre-Neuve-et-Labrador) en août 2024. Mon ministère travaille avec ses partenaires afin de mener des activités de surveillance supplémentaires et de déterminer les mesures d’intervention appropriées.
• Mon ministère continuera de diriger les activités de gestion sur les côtes de l’Atlantique et du pacifique afin d’atténuer la propagation et les impacts de cette espèce envahissante.
Si l’on insiste sur les carpes asiatiques
• En 2017, notre gouvernement a investi 16 millions de dollars sur cinq ans et 4 millions de dollars de façon permanente dans le Programme sur la carpe asiatique, afin de protéger les Grands Lacs contre les impacts nuisibles de ces espèces.
• Notre gouvernement adopte une approche préventive globale pour faire face à la menace que représentent ces espèces dans les Grands Lacs, en particulier la carpe de roseau, et travaille en collaboration avec les gouvernements des États-Unis, de l’Ontario et du Québec.
• Les carpes asiatiques ne se sont pas établies dans les eaux canadiennes des Grands Lacs grâce à des efforts coordonnés de surveillance et d’intervention. Mon ministère partage la responsabilité de la détection précoce et des interventions dans les eaux ontariennes des Grands Lacs avec la province de l’Ontario et appuie les mesures concernant la carpe de roseau au Québec avec le gouvernement du Québec.
Si l’on insiste sur les poissons rouges
• • Les poissons rouges, une espèce non indigène, ont été relâchés dans les eaux canadiennes où ils peuvent se reproduire et avoir des effets négatifs sur les écosystèmes et les espèces de poissons indigènes.
• L’introduction d’une espèce de poisson dans un milieu où elle n’est pas indigène est interdite en vertu du Règlement sur les espèces aquatiques envahissantes, et nous continuerons de sensibiliser le public afin de prévenir l’introduction d’espèces aquatiques envahissantes.
• La présence de poissons rouges dans les systèmes d’eau douce du Canada demeure une question que mon ministère continue de surveiller.
Si l’on insiste sur l’ascidie plissée
• L’ascidie plissée est une espèce envahissante présente sur la côte atlantique. Une fois établie, elle a des répercussions négatives sur l’aquaculture, notamment sur les moules et les huîtres.
• Au Québec, jusqu’en 2021, l’ascidie plissée a été trouvée à Cap-aux-Meules (Îles-de-la-Madeleine) et s’est depuis propagée à d’autres marinas de l’archipel.
• Nous travaillons avec les partenaires locaux et les provinces afin de ralentir la propagation de l’espèce dans l’archipel des Îles-de-la-Madeleine, à l’Île-du-Prince-Édouard et à Terre-Neuve-et-Labrador.
• À Terre-Neuve-et-Labrador, mon ministère travaille avec les administrations portuaires afin de contrôler l’expansion des populations d’ascidie plissée et d’en prévenir la propagation.
Si l’on insiste — Lamproie marine
• Le Programme de lutte contre la lamproie marine est un programme binational administré par la Commission des pêcheries des Grands Lacs afin de protéger les espèces de poissons indigènes et les pêches des Grands Lacs contre la lamproie marine envahissante.
• Une approche coordonnée entre les États-Unis et le Canada est nécessaire pour contrôler et gérer cette espèce, qui est établie dans les cinq Grands Lacs et circule librement entre les eaux canadiennes et américaines.
• Mon ministère continue de mettre en œuvre ce programme en surveillant les populations, en traitant les cours d’eau infestés et en évaluant l’efficacité des mesures de contrôle dans les Grands Lacs.