Note pour la période des questions : Les maladies de l'huître

About

Numéro de référence :
DFO-2026-QP-00023
Date fournie :
16 juin 2026
Organisation :
Pêches et Océans Canada
Nom du ministre :
Thompson, Joanne (L'hon.)
Titre du ministre :
Ministre des pêches

Réponse suggérée :

• Notre gouvernement comprend l’importance de protéger la santé des ressources aquatiques du Canada et de soutenir le marché d’exportation du poisson et des fruits de mer, qui représente plusieurs milliards de dollars.
• Les maladies des huîtres, le MSX et le Dermo, ne présentent aucun risque pour la santé humaine ni pour la sécurité alimentaire, mais peuvent entraîner une mortalité importante chez les huîtres d'élevage comme chez les huîtres sauvages, pouvant ainsi avoir des impacts autant sur les pêcheurs d’huitres que sur les ostréiculteurs.
• C'est pourquoi le ministère collabore avec l'Agence canadienne d'inspection des aliments, qui joue le rôle de chef de file au niveau fédéral en matière de salubrité des aliments, et travaille également avec les provinces et l'industrie afin d'atténuer les effets des maladies MSX et Dermo, ainsi que de répondre aux priorités du secteur concernant ces maladies.

Contexte :

Généralités
• Le Programme national sur la santé des animaux aquatiques du Canada, mis en œuvre conjointement par l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) et le MPO, est chargé de prévenir l’introduction et la propagation de maladies importantes chez les poissons, les mollusques et les crustacés.
• L’ACIA est l'agence principale dotée d’une autorité législative en vertu de la Loi sur la santé des animaux. L’ACIA est chargée d’appliquer les règlements régissant l’importation et l’exportation, la gestion des maladies et les activités de surveillance. Le MPO fournit des services de tests de diagnostic, un soutien à la recherche et des avis scientifiques.
• Le MPO a réalisé plus de 18 000 tests de dépistage sur les huîtres depuis la confirmation d’un cas de « sphère inconnu (X) multinucléée » (MSX) à l’Île-du-Prince-Édouard (Î.-P.-É.) en juillet 2024 et la première détection du Dermo au Canada, au Nouveau-Brunswick (NB), en novembre 2024. Ces efforts ont appuyé la prise de décision et les stratégies de confinement de l’ACIA, ainsi que la réponse globale apportée pendant l’épidémie. Le 2 septembre 2025, l’ACIA a déclaré que les eaux de l’Est du Canada (c’est-à-dire le N.-B., Terre-Neuve-et-Labrador, la Nouvelle-Écosse, l’Î.-P.-É. et le Québec) étaient des zones où le MSX et le Dermo sont présents ou très susceptibles de l’être. Cela signifie que les mouvements d’huîtres qui ne sont pas encore prêtes à être commercialisées pour la consommation humaine seront gérés conformément au Programme de contrôle des mouvements intérieurs de l’ACIA.
• Le 8 mai 2026, le gouvernement du Canada a annoncé des mesures visant à aider les ostréiculteurs de l’Î.-P.-É. à couvrir le coût du naissain d’huîtres résistant aux maladies; il a approuvé l’importation de géniteurs afin de développer des huîtres résistantes aux maladies; et a confirmé son soutien au moyen d’un programme ponctuel de rachat de permis pour les pêcheurs d’huîtres sauvages, d’un plan visant à élaborer une stratégie d’intervention globale et d’un programme d’aide à la clientèle de Financement agricole Canada destiné au secteur ostréicole.

Importation d’huîtres résistantes aux maladies
• Sur la côte Est du Canada, le MPO délivre des permis d’introductions et de transferts en vertu du Règlement de pêche (dispositions générales) autorisant la libération et le transfert volontaires d’organismes aquatiques vivants dans les eaux où vivent les poissons et dans les eaux où l’on pratique l’élevage des poissons lorsque le transfert proposé représente des risques écologiques, génétiques et de maladie faibles.
• Les risques associés à chaque déplacement, y compris les mollusques à des fins d'aquaculture, sont évalués par les comités fédéraux-provinciaux et territoriaux, qui sont représentés par le MPO et les gouvernements provinciaux et territoriaux.
• Une grande entreprise d'ostréiculture basée à l'Île-du-Prince-Édouard, qui possède des exploitations dans le nord-est des États-Unis, a demandé l'autorisation d'importer des huîtres à différents stades de développement, résistantes aux maladies, en provenance des États-Unis, étant donné que ces deux maladies sont présentes le long de la côte est des États-Unis depuis les années 1950. L'entreprise a pour objectif de mettre en place un programme d'élevage visant à produire des huîtres résistantes au MSX et au Dermo, et à les adapter aux conditions actuelles du Canada atlantique. Conformément à leurs mandats respectifs, l’ACIA et le MPO doivent chacun délivrer des autorisations pour permettre l’importation et l’utilisation de ces organismes au Canada.
• L’ACIA a réalisé une évaluation des risques liés aux maladies potentielles associées à une telle importation. Le 24 avril 2026, l’ACIA a délivré un permis d’importation pour des huîtres reproductrices, assorti de conditions d’importation comprenant des exigences en matière de tests et des procédures de quarantaine à l’importation. La décision concernant l’importation de naissains triploïdes est toujours en suspens.
• Le MPO et la province de l’Île-du-Prince-Édouard ont également évalué les risques potentiels liés aux maladies, à la génétique et à l’écologie (par exemple, les espèces aquatiques envahissantes) associés à l’importation proposée de reproducteurs et de naissains triploïdes. Le Comité I&T de l’Île-du-Prince-Édouard a récemment recommandé l’introduction à la fois des reproducteurs et des naissains, et a défini les exigences en matière de tests et de rapports qui doivent être respectées avant tout transfert.
• La commission I&T du Nouveau-Brunswick a également reçu des demandes d'autorisation d'utiliser des géniteurs et des naissains américains dans les eaux du Nouveau-Brunswick; elle procédera à leur examen en s'appuyant sur les travaux réalisés à l'Île-du-Prince-Édouard, tout en tenant compte des spécificités du Nouveau-Brunswick.
• Il n'est pas certain que les huîtres adaptées au MSX et au Dermo aux États-Unis s'adapteraient bien aux conditions locales (par exemple, les températures).

MSX
• La maladie de la sphère multinucléée inconnue (MSX) est une maladie des huîtres causée par le parasite Haplosporidium nelsoni. Il s'agit d'une maladie grave qui peut causer une mortalité importante d'huîtres d'élevage et d'huîtres sauvages.
• Au Canada, cette maladie a été détectée pour la première fois dans le lac Bras d’Or, en Nouvelle-Écosse, en 2001, puis dans les eaux de l’Île-du-Prince-Édouard, en juin 2024. Depuis, elle a été signalée au Québec, au Nouveau-Brunswick, en Nouvelle-Écosse et sur l’île de Terre-Neuve.
• Des taux de mortalité de plus en plus importants ont été signalés chez les populations d’élevage ou sauvages sur certains sites infectés de l’Île-du-Prince-Édouard. On craint que la mortalité ne continue de s’étendre à de nouvelles zones, d’autant plus que le MSX peut rester latent ou en dormance pendant de longues périodes.
Dermo
• La maladie «dermo» ou perkinsose est une maladie des huîtres causée par le parasite Perkinsus marinus. Il s'agit d'une maladie grave qui peut entraîner une mortalité importante chez les huîtres de culture et les huîtres sauvages.
• À la suite de tests effectués au laboratoire de santé des animaux aquatiques du MPO à Moncton, l'ACIA a confirmé la détection du Dermo au Nouveau-Brunswick le 19 novembre 2024. Depuis lors, le Dermo a été détecté à l'Île-du-Prince-Édouard, en Nouvelle-Écosse, au Québec et sur l'île de Terre-Neuve.
• Il s'agissait des premières détections au Canada. L'ACIA en a donc informé l'Organisation mondiale de la santé animale (OMSA).

Renseignements supplémentaires :

Si l’on insiste sur les mesures prises pour limiter la propagation des maladies MSX et Dermo
• Le ministère demeure déterminé à poursuivre la collaboration avec toutes les parties prenantes pour atténuer les répercussions changeantes de MSX et Dermo.
• Depuis la détection du MSX et du Dermo dans le Canada atlantique, les laboratoires du Ministère ont réalisé plus de 18 000 tests de dépistage de ces maladies, dans l'ensemble des provinces de l'Atlantique.
Si l’on insiste sur ce que fait le ministère pour soutenir la recherche sur les maladies MSX et Dermo
• Mon ministère alloue environ 1 million de dollars au financement d'experts externes, afin de soutenir la recherche scientifique visant à combler les lacunes dans notre compréhension du MSX. De plus, mon ministère continue de mener des recherches à l'interne.
• Les 13 et 14 novembre 2024, mon ministère a coorganisé un sommet scientifique sur la MSX avec la province de l'Île-du-Prince-Édouard, qui a réuni des experts et des partenaires pour discuter de ce que nous savons sur la MSX ainsi que des domaines prioritaires pour d'autres recherches.
Si l’on insiste sur les ressources mises à la disposition des pêcheurs d’huîtres sauvages touchés par les maladies MSX et Dermo
• Mon ministère va consacrer jusqu'à 6 millions de dollars à un programme ponctuel de rachat de permis afin de soutenir les pêcheurs d'huîtres sauvages qui choisissent d'y participer.
• Des aides à la reconversion professionnelle, à l'innovation, à la diversification des produits et à la planification d'entreprise sont également disponibles, tout comme l'assurance-emploi.