Note pour la période des questions : BILAN DE L’UNICEF SUR LE BIEN-ÊTRE DES ENFANTS DANS UN MONDE IMPRÉVISIBLE
About
- Numéro de référence :
- EF_047_20260105
- Date fournie :
- 20 mai 2025
- Organisation :
- Emploi et Développement social Canada
- Nom du ministre :
- Hajdu, Patty (L’hon.)
- Titre du ministre :
- Ministre de l’emploi et des familles
Enjeu ou question :
Publication du Bilan Innocenti 19 de l’UNICEF en mai 2025
Réponse suggérée :
Notre gouvernement estime que tous les enfants canadiens doivent avoir une chance réelle et équitable de réussir dans la vie.
Nous accueillons favorablement le dernier bilan de l’UNICEF sur le bien-être des enfants. Bien que le Canada ait enregistré des progrès dans certains domaines, il poursuit ses efforts afin d’assurer le bien-être de tous les enfants canadiens.
Depuis 2016, l’Allocation canadienne pour enfants a permis à des centaines de milliers d’enfants de sortir de la pauvreté.
Notre gouvernement continue également d’investir dans un système d’apprentissage et de garde des jeunes enfants à l’échelle du Canada et d’améliorer les programmes d’alimentation en milieu scolaire partout au pays et d’en élargir la portée dans le cadre du Programme national d’alimentation scolaire.
Contexte :
Le Comité UNICEF Canada a été créé en 1955 et est l’un des 32 comités nationaux répartis dans le monde entier. La mission de l’organisation est de mobiliser les Canadiens et de leur donner les moyens d’investir dans la transformation positive de l’avenir de chaque enfant.
Depuis 2000, la série des Bilans Innocenti de l’UNICEF fait le point sur la situation des enfants au Canada et dans d’autres pays, principalement à revenu élevé. Le Bilan Innocenti 19 compare la façon dont ces pays atteignent six indicateurs fondamentaux du bien-être de l’enfant, y compris la satisfaction de la vie, le taux de suicide chez les adolescents, la mortalité infantile, le taux d’enfants en surpoids, les compétences scolaires et les aptitudes sociales.
Le Bilan Innocenti 19 compare les progrès obtenus de 2018 à 2022. Les progrès du Canada ont largement stagné au cours de cette période. Le Canada est l’un des dix pays les plus riches visés par le tableau de classement de l’UNICEF, mais il se classe au 19e rang sur 36 pays, soit au milieu du tableau de classement comparant la situation générale des enfants. Son rendement est inférieur à celui de la plupart de ses pays homologues dans de nombreux aspects de la vie des enfants.
Bien que le Canada utilise un éventail de cadres, de mesures et d’enquêtes pour aider à comprendre le bien-être des enfants et des jeunes partout au pays, comme le seuil officiel de la pauvreté du Canada, le Cadre de qualité de vie pour le Canada, les objectifs de développement durable, l’Enquête canadienne sur la santé des enfants et des jeunes, le classement du Bilan Innocenti de l’UNICEF a été établi à partir de données provenant de sources comme le Programme international pour le suivi des acquis des élèves de 2022 de l’OCDE et la Base de données de l’OMS sur la mortalité. Au total, 43 pays ont été inclus, mais certains pays ont été exclus en raison du manque de données.
L’UNICEF recommande que tous les ordres de gouvernement au Canada collaborent pour :
éliminer la pauvreté infantile grâce à des prestations de revenu plus efficaces axées sur les enfants, garantissant un accès équitable à ces prestations, et doubler la Prestation pour enfants handicapés;
garantir à chaque nourrisson un temps de présence adéquatement rémunéré et protégé avec un parent ou un fournisseur de soins principal dès la naissance, grâce à un congé parental, et ratifier la Convention de l’Organisation internationale du travail sur la protection de la maternité de 2000 (no 183);
assurer à chaque enfant une éducation inclusive qui commence par l’accès à des services d’apprentissage et de garde des jeunes enfants de qualité et abordables, et se termine par la maîtrise des compétences scolaires et des aptitudes sociales dont il a besoin pour la vie;
procurer à chaque élève l’accès à une alimentation saine à l’école, chaque jour de classe, en augmentant les investissements actuels;
favoriser un environnement sain et sûr pour les enfants sous tous ses aspects, notamment la protection contre le marketing, les dangers du numérique, les blessures et la victimisation, ainsi que le changement climatique;
veiller à ce que chaque enfant puisse accéder facilement à des soins de santé mentale et physique préventifs et adaptés;
mettre en œuvre le Plan de Spirit Bear pour les enfants des Premières Nations et des territoires proposé par la Société de soutien à l’enfance et à la famille des Premières Nations, et améliorer la capacité de réponse du principe de Jordan afin d’éliminer les refus et les retards dans les services auxquels chaque enfant a droit;
donner la priorité aux enfants dans le programme d’action et les placer au premier rang pour l’accès aux ressources nationales : améliorer la gouvernance pour les enfants grâce à une commission et à une stratégie qui leur sont destinées, à une perspective politique en faveur des enfants et un suivi des dépenses budgétaires qui leur sont consacrées dans le respect des droits de l’enfant.
Santé et bien-être
Le gouvernement fédéral défend les droits de l’enfant et contribue à assurer le bien-être de tous les enfants et les jeunes du Canada. Bien que de nombreux ministères fédéraux soient responsables des droits et des enjeux touchant les enfants, EDSC contribue à favoriser le bien-être des enfants grâce aux mesures suivantes :
fournir une aide directe au revenu aux parents et aux fournisseurs de soins grâce à divers programmes clés comme l’Allocation canadienne pour enfants, qui comprend la Prestation pour enfants handicapés, les Prestations spéciales pour enfants, la Prestation dentaire canadienne et les prestations d’assurance-emploi pour les congés de maternité et parentaux, les soins à un nouveau-né ou à des enfants nouvellement adoptés, ainsi que les soins à un enfant gravement malade;
offrir des programmes comme l’apprentissage et la garde des jeunes enfants, donner accès à des études postsecondaires abordables, fournir de l’aide à la formation et à l’emploi pour les jeunes (qui peut commencer dès l’âge de 15 ans) et accorder du financement à des organismes communautaires œuvrant auprès des enfants, des jeunes et des parents;
établir dans une loi qu’un membre chargé des questions relatives aux enfants doit siéger au Conseil consultatif national sur la pauvreté. Ce membre veille à ce que les intérêts des enfants soient pris en considération quand le Conseil consulte les Canadiens au sujet de la pauvreté; il formule des conseils sur une vaste gamme de programmes et de services en matière de réduction de la pauvreté; et il publie des rapports publics sur les progrès réalisés pour atteindre les objectifs du gouvernement relatifs à la réduction de la pauvreté;
collaborer avec les provinces et les territoires, les municipalités, les partenaires autochtones et les intervenants pour créer un Programme national d’alimentation scolaire (investissement de 1 milliard de dollars sur cinq ans prévu dans le budget de 2024). En date de mars 2025, le gouvernement du Canada a conclu des accords sur le Programme national d’alimentation scolaire avec toutes les provinces et tous les territoires.
Santé mentale, intimidation et ère numérique
Les enfants et les jeunes du Canada font face à une crise de santé mentale de plus en plus importante, qui a été aggravée par la pandémie de COVID-19 et des lacunes de longue date dans les systèmes de santé. Selon une enquête réalisée en 2023 par Statistique Canada, près d’un enfant ou jeune sur cinq (18,2 %) n’a pas vu tous ses besoins satisfaits en matière de soins de santé mentale. De nombreux enfants et jeunes ont également signalé une détérioration persistante de leur bien-être.
L’intimidation, en particulier la cybervictimisation, est devenue un facteur important, 21,1 % des adolescents âgés de 12 à 14 ans et 27,2 % de ceux âgés de 15 à 17 ans ayant déclaré avoir été victimes de cybervictimisation en 2019. Les adolescents victimes de cybervictimisation risquaient davantage de souffrir d’anxiété et de dépression et, parmi ceux âgés de 15 à 17 ans, d’avoir des idées suicidaires et de faire une tentative de suicide.
Si l’ère numérique offre des possibilités d’établir des liens qui ont des effets positifs sur le bien-être, comme une plus grande satisfaction dans les relations amicales, elle expose également les jeunes à des pressions sociales constantes et à des dangers, rendant difficile la distinction entre les espaces sécuritaires et les espaces dangereux. Dans ce contexte, le gouvernement fédéral investit dans des services intégrés destinés aux jeunes, des services d’aide d’urgence, comme la ligne d’assistance téléphonique 9-8-8, et un nouveau Fonds pour la santé mentale des jeunes, afin d’améliorer l’accès aux services et de réduire les temps d’attente. Pour relever ces défis interconnectés, il faut une approche coordonnée, axée sur les jeunes, qui donne la priorité à la prévention, à l’intervention rapide et à la sécurité numérique.
Perspectives autochtones
Les taux de pauvreté infantile demeurent plus élevés parmi les groupes vulnérables, notamment les peuples autochtones, que dans le reste de la population. Selon le recensement de 2021, un peu moins du quart (23,7 %) des enfants autochtones (âgés de moins de 18 ans) vivant dans les réserves et hors des réserves étaient en situation de faible revenu en 2020. Parmi les enfants autochtones, ceux des Premières Nations vivant dans une réserve affichaient le taux le plus élevé d’enfants en situation de faible revenu, soit 37,4 %, tandis que les enfants des Premières Nations vivant hors réserve, les enfants inuits et les enfants métis affichaient des taux de 24 %, de 19,3 % et de 15,1 %, respectivement. À titre de comparaison, seulement 10,8 % des enfants non autochtones étaient en situation de faible revenu.
La Loi concernant les enfants, les jeunes et les familles des Premières Nations, des Inuits et des Métis (la Loi) affirme le droit inhérent à l’autonomie gouvernementale en matière de services à l’enfance et à la famille. Elle établit des principes nationaux et des normes minimales pour la prestation de ces services à l’égard des enfants autochtones. La Loi vise à remédier à la surreprésentation des enfants autochtones pris en charge et soutient les efforts des communautés autochtones pour garder leurs enfants dans leur foyer et leur communauté, tout en leur assurant l’accès à des services de prévention et de protection culturellement adaptés.
Le principe de Jordan et l’initiative Les enfants inuits d’abord sont des principes d’égalité réelle fondés sur la demande, qui accordent la priorité à l’enfant et qui permettent de financer des produits, des services et des mesures de soutien admissibles en matière de santé, de services sociaux et d’éducation. Ces mesures de soutien visent à améliorer le bien-être et le développement sain des enfants inuits et des Premières Nations, car elles leur permettent d’avoir un accès égal aux programmes et aux services financés par le gouvernement, et de ne pas se faire refuser des services parce qu’ils s’identifient comme des enfants inuits ou des Premières Nations.
De plus, le Programme des services à l’enfance et à la famille des Premières Nations de Services aux Autochtones Canada fournit un financement aux Premières Nations et aux fournisseurs de services à l’enfance et à la famille des Premières Nations afin d’offrir des services de prévention et de protection aux enfants et aux familles des Premières Nations résidant habituellement dans les réserves et au Yukon. Ce programme adopte une approche axée sur la prévention, visant à soutenir les familles et à maintenir les enfants dans leur foyer dans la mesure du possible.
Autres programmes
Dans le cadre du volet Enfants et familles du Programme de partenariats pour le développement social, des investissements stratégiques sont réalisés afin de créer des programmes, des services ou des outils adaptés aux besoins diversifiés des enfants et de leurs familles, en particulier ceux qui vivent dans des conditions défavorisées. Le financement sous forme de subventions et de contributions aide à la réalisation des projets du secteur à but non lucratif qui visent à répondre aux besoins sociaux et aux aspirations des enfants et des familles ainsi qu’à ceux d’autres populations vulnérables.
En mai 2021, EDSC a lancé un appel de propositions de financement pour des projets visant à soutenir l’inclusion sociale des enfants vulnérables.
Au total, 17 projets d’une valeur de plus de 25,02 millions de dollars sont en cours (2022-2027) pour aider les enfants et les jeunes de divers milieux à acquérir les aptitudes à la vie quotidienne et les compétences qui leur permettront de participer pleinement à la société. Les organismes financés offrent des programmes, comme le mentorat intergénérationnel, la préservation de la culture et de la langue autochtones, l’autonomisation des jeunes femmes et des filles, et bien plus encore.
Renseignements supplémentaires :
Le Bilan Innocenti 19 de l’UNICEF, « Bien-être des enfants dans un monde imprévisible », évalue les tendances récentes du bien-être des enfants dans les pays à revenu élevé (membres de l’Union européenne et de l’Organisation de coopération et de développement économiques [OCDE]) et porte sur six indicateurs clés : la satisfaction de la vie, le suicide chez les adolescents, la mortalité infantile, le surpoids, les compétences scolaires et les aptitudes sociales. Le Bilan souligne comment les défis mondiaux (comme la pandémie de COVID-19, les changements climatiques, les conflits et la transformation numérique) ont eu une influence sur la vie des enfants. Le Bilan compare les progrès obtenus de 2018 à 2022.
Les indicateurs du bien-être de l’enfant présentés dans le Bilan sont fondés sur des mesures de données relatives provenant de sources telles que l’OCDE, le Programme international pour le suivi des acquis des élèves, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et le Groupe interorganisations des Nations Unies pour l’estimation de la mortalité juvénile, car les données permettant de comparer les pays sont rares.
Le Bilan révèle que les progrès réalisés pour améliorer le bien-être des enfants et des jeunes au Canada tardent à se concrétiser par rapport à ceux d’autres pays à revenu élevé. Le Canada s’est classé au 19e rang sur 36 pays en ce qui concerne le bien-être général des enfants, au 21e rang sur 41 pour le développement des compétences, au 23e rang sur 36 pour la santé mentale et au 24e rang sur 41 pour la santé physique. Le Canada se place dans le tiers inférieur pour ce qui est de la santé mentale et physique. Il convient de souligner que sept des 12 principaux pays figurant dans le classement global du Bilan sont moins riches que le Canada et affichent de meilleurs résultats en matière de bien-être des enfants. Bien qu’il soit l’un des dix pays les plus riches du classement de l’UNICEF, le Canada a enregistré un ralentissement important de ses progrès de 2018 à 2022, la plupart des indicateurs ayant reculé, à l’exception de celui des compétences scolaires.
Le Bilan, qui s’appuie sur les indicateurs de bien-être de l’UNICEF, met en évidence une baisse généralisée de la satisfaction des enfants à l’égard de leur vie, avec un recul important dans 14 pays. Le Canada se classe 13e sur 36, car la satisfaction des enfants à l’égard de la vie a baissé de 3 points de pourcentage par rapport à 2018 (en 2022, 7,6 enfants au Canada sur 10 ont déclaré être très satisfaits de leur vie).
Le Canada a connu des améliorations ou une stagnation pour les cinq autres indicateurs. Les taux de suicide chez les adolescents et de mortalité infantile ont diminué, mais le Canada se classe encore près du dernier rang pour ces deux indicateurs (33e sur 42 et 25e sur 43 respectivement). Le taux d’enfants en surpoids (24e sur 43), le taux d’enfants maîtrisant les compétences scolaires (6e sur 42) et le taux de compétence des enfants en matière d’aptitudes sociales (28e sure 41) étaient stables. Bien que certains indicateurs soient stables, le Bilan souligne un écart croissant dans les résultats en matière de bien-être entre les enfants des groupes de statut socioéconomique les plus élevés et les plus faibles au Canada.
Voici d’autres constatations clés du Bilan :
L’intimidation, y compris la cyberintimidation, est l’un des principaux facteurs d’une faible satisfaction de la vie, et22 % des enfants canadiens déclarent être fréquemment victimes d’intimidation, ce qui place le Canada au 26e rang sur 40 pays.
Au Canada, plus d’un enfant sur quatre (28 %) est en surpoids, principalement en raison d’un environnement alimentaire malsain et de disparités socioéconomiques.
De 2018 à 2022, le taux de mortalité infantile est passé de 0,94 à 0,88 pour 1 000.
Pendant la même période, le taux de suicide chez les adolescents a considérablement diminué, passant de 10,1 à 8,4 pour 100 000.
Les compétences scolaires deviennent également plus inégales : l’écart entre les résultats moyens en mathématiques s’est creusé de 13 points de pourcentage au Canada depuis 2018 entre les enfants des groupes de statut socioéconomique les plus élevés et les plus faibles.