Note pour la période des questions : PROGRAMME DES TRAVAILLEURS ÉTRANGERS TEMPORAIRES : L’UTILISATION DU PROGRAMME ET AND L’EFFET SUR LES EMPLOIS CANADIENS

About

Numéro de référence :
EF_067_20260105
Date fournie :
15 sept. 2025
Organisation :
Emploi et Développement social Canada
Nom du ministre :
Hajdu, Patty (L’hon.)
Titre du ministre :
Ministre de l’emploi et des familles

Enjeu ou question :

Certains affirment que le Programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET) contribue à des taux de chômage élevés à travers le Canada, surtout chez les jeunes.

Réponse suggérée :

Le gouvernement reconnaît la nécessité de donner la priorité pour les emplois aux Canadiens et aux résidents permanents. À cet égard, le Programme des travailleurs étrangers temporaires a resserré l’accès aux emplois dans le cadre de son Volet des postes à bas salaire dans les zones métropolitaines de recensement où le taux de chômage est de 6 % ou plus.

Les mesures de resserrement mises en œuvre en 2023 et 2024 ont restreint l'accès au programme, particulièrement pour les postes nécessitant des compétences de niveau débutant et offrant une formation en milieu de travail. Cela s’est traduit par une réduction de 70% des demandes admissibles pour le Volet des postes à bas salaire et une réduction globale de 50%.

Au total, les travailleurs étrangers temporaires employés dans le cadre du PTET représentent environ 1 % de l'ensemble de la main-d'œuvre canadienne. Ces travailleurs jouent un rôle important dans des secteurs clés confrontés à de graves pénuries de main-d'œuvre, notamment l'agriculture, l'agroalimentaire, la construction et les soins de santé.

SI QUESTIONNÉ (Le taux de chômage des jeunes) 

Soutenir les jeunes Canadiens dans l'acquisition des compétences et de la formation nécessaires à une transition réussie vers le marché du travail est une priorité clé pour le gouvernement du Canada.

Le gouvernement fédéral propose une gamme de programmes pour soutenir les jeunes et aider à développer la main-d'œuvre de demain, notamment la Stratégie emploi et compétences des jeunes.

La Stratégie emploi et compétences des jeunes met en œuvre 16 programmes, dont Emplois d’été Canada, par intermédiaire d’un réseau de 12 ministères, organismes et sociétés d’État fédéraux.

Le programme de la Stratégie emploi et compétences des jeunes aide les jeunes âgés de 15 à 30 ans à se préparer à l’emploi grâce à l’expérience de travail, à la formation, au développement des compétences et à un soutien global qui leur permet de réussir leur transition vers divers secteurs du marché du travail.

Le Programme de stages pratiques pour étudiants aide les étudiants de niveau postsecondaire à accéder à des placements d’apprentissage intégré au travail auprès d’employeurs dans plusieurs secteurs liés à leur domaine d’études.

Dans le cadre des programmes de la Stratégie emploi et compétences des jeunes, plus de 130 000 opportunités de travail et de formation pour les jeunes et les étudiants seront créés en 2025-26, dont plus de 76 000 emplois d'été grâce à Emplois d'été Canada.

Contexte :

Le PTET est l'un des nombreux programmes du gouvernement fédéral qui permettent aux ressortissants étrangers de travailler au Canada à titre temporaire. Parmi les autres exemples figurent le Programme de mobilité internationale d'Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC), ainsi que les programmes d'aide aux étudiants étrangers et aux demandeurs d'asile.

Cependant, les ressortissants étrangers qui participent à l’un des programmes de travail temporaire du Canada sont souvent désignés par le terme « travailleurs étrangers temporaires » comme terme englobant, indépendamment du fait qu'ils participent spécifiquement au PTET. Par conséquent, il y a souvent de l’amalgame et des fausses informations concernant le PTET et le volume global de travailleurs qu'il contribue au marché du travail canadien.  

Évaluation de l'impact sur le marché du travail

Le PTET est distinct des autres programmes de travail temporaire canadien parce qu’il s’agit d’un programme économique, axé sur la demande, et qui exige des employeurs potentiels de soumettre une évaluation de l’impact sur le marché du travail (EIMT) avant de pouvoir embaucher un ressortissant étranger.

L’EIMT évalue s’il existe une justification valable pour l’employeur d’embaucher un travailleur étranger temporaire et impose des exigences particulières. Il s’agit notamment d’évaluer si l’embauche de ses travailleurs aura un impact positif ou neutre sur le marché du travail. Les employeurs, par exemple, sont généralement tenus de démontrer qu’ils ont fait des efforts de recruter des Canadiens et des résidents permanents avant de présenter leur demande. Les employeurs ont notamment l’obligation de publier des annonces sur le Guichet-Emplois ou son équivalent provincial, et pour les postes à bas salaire, démontrer que des efforts ont été consentis pour recruter au moins deux groupes sous-représentés (p. ex., les Autochtones, les jeunes vulnérables, les nouveaux arrivants, les personnes en situation de handicap et les demandeurs d’asile titulaires d’un permis de travail valide).

L’EIMT constitue également la première mesure de protection pour les travailleurs en précisant les exigences du programme concernant les salaires et les conditions de travail.

Effets sur le marché de travail canadien

Le public a l’impression que le PTET exerce une pression à la baisse sur les salaires et contribue au remplacement des travailleuses domestiques sur le marché du travail canadien.

Au 1er avril 2025, il y avait près de 3 millions de résidents non permanents au Canada, dont moins de 255 000 détenaient un permis de travail valide dans le cadre du PTET. Pour répondre aux besoins du marché du travail, le PTET joue un rôle essentiel en jumelant les résidents temporaires à des lacunes spécifiques en compétences et en main-d'œuvre, particulièrement dans les régions rurales où la disponibilité de la main-d'œuvre domestique est faible; ce qui en fait un élément crucial pour soutenir les économies locales qui pourraient autrement décliner. Cela se voit dans le fait que près de 40 % des postes que les employeurs ont été autorisés à embaucher dans le cadre du PTET au cours de l'exercice 2024-25 étaient situés en milieu rural. Le PTET est également essentiel à la sécurité alimentaire du Canada. En 2024, 36 % des postes approuvés relevaient du Volet Agricole primaire. La transformation alimentaire, la transformation du poisson et des fruits de mer, ainsi que la transformation de la viande sont également des utilisateurs importants du PTET, avec environ 12 000 postes approuvés dans ces secteurs en 2024.

  

D'autres secteurs clés incluent la construction et les soins de santé. En 2024, le secteur de la construction représentait 8 % de tous les postes approuvés dans le PTET, la majorité étant des postes à haut salaire. Cette année-là, les employeurs de la construction ont été autorisés à embaucher environ 19 000 travailleurs étrangers temporaires. Cela représente environ 1 % de la main-d'œuvre totale de la construction au Canada (1,63 million en 2024, selon Statistique Canada).

Le secteur de soins de santé canadien continue également de faire face à des pénuries chroniques de main-d'œuvre dans des professions telles que les infirmières et les médecins de famille, avec près de 80 000 postes vacants identifiés d'ici la fin de 2024 pour des professions en santé (Statistique Canada). La demande de travailleurs étrangers temporaires dans le secteur de soins de santé a augmenté de près de 6 500 postes entre 2019 et 2024 (passant d'environ 1 400 à près de 8 000 postes) pour des professions incluant les infirmières autorisées et les médecins généralistes.

Mesures de resserrement du programme

Le PTET est conçu pour répondre aux pénuries de main-d'œuvre et de compétences de manière temporaire. Les politiques du programme sont régulièrement révisées et ajustées pour répondre aux changements économiques et du travail.

Les taux de chômage au Canada ont commencé à augmenter à la fin de 2023. En conséquence, depuis octobre 2023, le PTET a mis en œuvre une série de mesures de resserrement ciblant spécifiquement les postes à bas salaire, dans le but d'améliorer l'intégrité du programme, de restreindre l'accès au Programme et de réduire la dépendance des employeurs à la main-d'œuvre étrangère temporaire. Les changements introduits étaient les suivants :

À compter du 26 octobre 2023, la période de validité d’EIMT (c'est-à-dire la période suivant l'approbation d'une EIMT qu'un employeur peut soumettre une demande de permis de travail) a été réduite d'un maximum de 18 mois à un maximum de 12 mois. Ce délai a été encore réduit à 6 mois en mai 2024.

En mai 2024, la limite (pourcentage maximal de la main-d'œuvre de l'employeur pouvant être composé de travailleurs étrangers temporaires) pour les travailleurs à bas salaire a été réduit de 30% à 20% pour plusieurs secteurs. Ce chiffre a été encore réduit à 10% en septembre 2024.

Une limite de 20 % est maintenue pour les secteurs de la transformation des aliments (SCIAN 311), de la construction (SCIAN 23) et des soins de santé (SCIAN 622 et 623); et

Les postes à bas salaire dans le volet agricole primaire, les postes saisonniers de moins de 270 jours (ce qui offre une flexibilité supplémentaire pour des secteurs comme le poisson et les fruits de mer avec une forte demande en haute saison), ainsi que les postes très mobiles ou vraiment temporaires (120 jours calendaires ou moins) demeurent également exemptés de cette mesure.

À compter du 26 septembre 2024, une politique de « refus de traitement » a été mise en œuvre dans les zones métropolitaines de recensement avec un taux de chômage de 6% ou plus pour les postes à bas salaire. Cette mesure s’applique tant aux postes saisonniers (270 jours ou moins) qu’aux postes non saisonniers.

Les postes dans le volet de l'agricole primaire, ainsi que les professions dans la fabrication alimentaire (SCIAN 311), la construction (SCIAN 23) et les secteurs du soin de santé (SCIAN 622 et 623) ne seront pas soumis à ce refus de traiter.

La durée maximale de l'emploi pour les travailleurs embauchés dans des postes à bas salaire a également été réduite de deux ans à un an.

Les postes à bas salaire dans le Volet de l'agricole primaire sont exemptés de cette mesure.

À compter du 8 novembre 2024, le seuil salarial (utilisé pour déterminer si une demande doit être traitée dans le cadre du Volet des postes à bas ou à haut salaire du programme) a augmenté de 20% pour toutes les nouvelles demandes EIMT. Cette augmentation n'est pas destinée à être une augmentation salariale, mais plutôt à augmenter le facteur de délimitation utilisé pour catégoriser les volets des postes à bas et à haut salaire, soumettant ainsi davantage d'employeurs aux exigences plus élevées du Volet des postes à bas salaire (par exemple, coûts de transport, assurance de l'accès au logement abordable, etc.).

Les premiers indicateurs montrent que les mesures ont l’effet prévu, car moins d'employeurs ont accès au programme et moins de demandes d'EIMT sont admissibles, avec des réductions notables des demandes pour les postes à bas et à haut salaire, y compris celles qui demandent la résidence permanente. Dans l’ensemble, au 3 août 2025 (depuis le début de l’exercice), en raison de l’accès restreint au programme, Service Canada a reçu 55 % moins de demandes comparativement à la même période de l’exercice précédent. Les données du programme pour la période de janvier à juillet 2025 montrent une diminution importante de 29 % du nombre total de postes approuvés pour des travailleurs étrangers temporaires par rapport à la même période en 2024 – cette baisse a été observée dans tous les volets.

Renseignements supplémentaires :

FAITS SAILLANTS

Le PTET exige aux employeurs potentiels de soumettre une évaluation de l’impact sur le marché du travail (EIMT) avant de pouvoir embaucher un travailleur étranger temporaire.

L’EIMT évalue s’il existe une justification valable et un besoin réel pour l’employeur d’embaucher un travailleur étranger temporaire.

Les employeurs sont généralement tenus de démontrer qu’ils ont consenti des efforts pour recruter des Canadiens et de résidents permanents avant de présenter leur demande.

Les travailleurs étrangers temporaires embauchés dans le cadre du PTET représentent environ 1 % de l’ensemble du marché du travail canadien et environ 8 % de l’ensemble des résidents temporaires.

Le taux de chômage national en septembre 2025 est passé à 7,1 % en août 2025, contre 6,6 % au début de l’année 2025, et demeure parmi les plus élevés depuis janvier 2017 (hors pandémie de COVID-19).

Le taux de chômage des jeunes (âgés de 15 à 24 ans) a atteint 14,5 % en août 2025, légèrement en baisse par rapport à 14,6 % en juillet 2025, qui constituait le niveau le plus élevé depuis 2010, en dehors des années de pandémie.