Note pour la période des questions : PUBLICATION DES DONNÉES DE L’ENQUÊTE CANADIENNE SUR LE REVENU DE 2020

About

Numéro de référence :
FCSD-JUN2022-025
Date fournie :
23 mars 2022
Organisation :
Emploi et Développement social Canada
Nom du ministre :
Gould, Karina (L’hon.)
Titre du ministre :
Ministre de la Famille, des Enfants et du Développement social

Enjeu ou question :

Publication des données de l’Enquête canadienne sur le revenu de 2020

Réponse suggérée :

• Notre gouvernement a mis en place un certain nombre de mesures pour aider les Canadiens pendant la pandémie et amorcer la reprise, notamment la Prestation canadienne d’urgence, la Prestation canadienne de la relance économique, des paiements supplémentaires de l’Allocation canadienne pour enfants et, plus récemment, la Prestation canadienne pour les travailleurs en cas de confinement. Ces mesures sans précédent ont apporté un soutien opportun et utile à des millions de Canadiens qui ont dû faire face aux défis uniques de la pandémie de COVID-19.

• Les données les plus récentes de l’Enquête canadienne sur le revenu confirment que nos efforts pour soutenir les Canadiens pendant la pandémie, ainsi que les mesures mises en œuvre par les gouvernements provinciaux et territoriaux et les administrations municipales, ont permis d’aider efficacement des millions de Canadiens touchés par les pertes d’emploi et de revenus en 2020.

• Les mesures temporaires d’urgence instaurées pour faire face à la pandémie ont permis au Canada de réduire considérablement la pauvreté en 2020. Entre 2019 et 2020, le taux de pauvreté au Canada est passé de 10,3 p. 100 à 6,4 p. 100, ce qui représente 1,4 million de Canadiens en moins vivant dans la pauvreté.

• Ces résultats confirment que les mesures prises par le gouvernement pour faire face à la pandémie ont permis de protéger efficacement les Canadiens, y compris les plus vulnérables. Alors que nous continuons à surmonter les défis qui nous attendent, nous restons déterminé à construire un pays plus résilient, plus inclusif et plus fort pour tous.

Si l’on insiste sur l’augmentation du coût de la vie

• Le gouvernement reconnaît que les Canadiens sont inquiets des récentes augmentations du coût de la vie et de leur incidence sur leurs finances personnelles et familiales. Le gouvernement partage cette inquiétude et s’engage à aider les Canadiens à relever ce nouveau défi.

• Les principaux programmes fédéraux de soutien du revenu sont conçus pour suivre l’inflation. Des prestations comme l’Allocation canadienne pour enfants, l’Allocation canadienne pour les travailleurs et le crédit d’impôt pour la TPS/TVH, ainsi que la Sécurité de la vieillesse et le Supplément de revenu garanti, sont indexées en fonction de l’indice des prix à la consommation, ce qui leur permet de suivre l’augmentation du coût de la vie. Le gouvernement s’est engagé à faire en sorte que les familles, les travailleurs et les aînés canadiens puissent boucler leur budget et avoir une chance équitable de réussir.

Si l’on insiste sur la mise en place d’un programme de revenu de base

• Des prestations comme la Prestation canadienne d’urgence et la Prestation canadienne de la relance économique ont été instaurées à court terme afin d’apporter un soutien à de nombreux Canadiens qui n’étaient pas en mesure de travailler et qui ont subi une perte soudaine de revenus en raison de la pandémie de COVID-19. Presque du jour au lendemain, un grand nombre de lieux de travail ont fermé, les enfants n’allaient plus à l’école ni à la garderie, et de nombreux travailleurs ont eu des problèmes de santé.

• Les programmes d’urgence et de relance mis en place par le gouvernement ont été conçus pour apporter un soutien rapide et temporaire.

• Un programme de revenu de base pourrait contribuer à lutter contre la pauvreté, mais d’importantes questions relatives à sa conception doivent être examinées de façon plus approfondie, notamment le financement, les répercussions sur les programmes actuels et les effets potentiels sur le marché du travail.

• Nous continuerons de suivre les recherches et les analyses sur le revenu de base, et nous étudions les mesures liées aux politiques que nous pourrions adopter à court et à long terme pour répondre aux besoins des Canadiens.

Contexte :

Enquête canadienne sur le revenu

• L’Enquête canadienne sur le revenu (ECR) de 2020 est la neuvième édition de l’enquête depuis 2012, année où elle a remplacé l’Enquête sur la dynamique du travail et du revenu. L’ECR est administrée par Statistique Canada et constitue actuellement la source officielle de données pour les statistiques annuelles sur le revenu et la pauvreté.

• L’ECR est menée à l’échelle nationale, tant dans les provinces que dans les territoires . Elle porte sur toutes les personnes au Canada, à l’exception des personnes vivant dans les réserves, de la population institutionnalisée et des ménages vivant dans des régions extrêmement éloignées et à très faible densité de population. Dans l’ensemble, ces exclusions représentent moins de 2 p. 100 de la population.

• Les données de l’ECR sont habituellement publiées au cours de la deuxième année suivant l’année de référence, ce qui signifie qu’il y a généralement un décalage de deux ans dans les données. Les dernières données de l’ECR disponibles sont pour 2020 et ont été publiées en mars 2022.

Seuil officiel de la pauvreté au Canada

• La Loi sur la réduction de la pauvreté (2019) a établi que le seuil officiel de la pauvreté au Canada est la Mesure du panier de consommation (MPC) et exige qu’il soit révisé régulièrement, tel que déterminé par Statistique Canada, afin de faire en sorte qu’il reflète le prix courant d’un panier de biens et de services correspondant à un niveau de vie de base modeste au Canada.

• Un deuxième examen approfondi de la MPC a été lancé conjointement par Statistique Canada et EDSC à l’automne 2018 et s’est terminé en août 2020. Statistique Canada était responsable du lancement de l’examen, de la mise à jour de la méthode statistique et de la direction des consultations publiques. De son côté, EDSC était responsable de la détermination de la portée de l’examen et de l’établissement de l’orientation de la politique. Le deuxième examen approfondi de la MPC a donné lieu à la référence actuelle de 2018 pour la MPC.

• La Loi sur la réduction de la pauvreté (2019) a aussi permis de fixer des cibles de réduction de la pauvreté de 20 p. cent d’ici 2020 et de 50 p. cent d’ici 2030, par rapport aux niveaux de 2015. La Loi stipule également que les progrès réalisés en vue d’atteindre ces cibles doivent être mesurés à l’aide du seuil de pauvreté officiel du Canada.

Seuil officiel de la pauvreté au Canada dans les territoires

• À l’heure actuelle, il n’existe pas de seuil de pauvreté officiel pour les territoires. Statistique Canada, en collaboration avec EDSC et des fonctionnaires territoriaux, réalise des progrès considérables afin de créer une MPC pour le Nord canadien. La MPC-Nord ou MPC-N doit reprendre l’essence de la méthode en place (c.-à-d. représenter un niveau de vie de base modeste), tout en tenant compte des particularités de la vie dans les territoires.

• En janvier 2021, Statistique Canada a publié un document de travail décrivant une méthodologie provisoire pour une MPC-N pour le Yukon et les Territoires du Nord-Ouest. Un deuxième document de travail comprenant les seuils provisoires de la MPC-N et les estimations du taux de pauvreté pour ces deux territoires a été publié en novembre 2021. La création d’une MPC pour le Nunavut fait partie d’un projet distinct, et celui-ci est en cours.
Résultats détaillés de l’ECR de 2020
• Face aux fermetures et aux restrictions économiques mises en place pendant la pandémie, le gouvernement du Canada a instauré un certain nombre de mesures de soutien du revenu pour les particuliers et les entreprises. Il est donc important de prendre la mesure des estimations de l’ECR de 2020 dans le contexte des événements sans précédent survenus au cours de la première année de la pandémie.

• Bien que le taux national de pauvreté des années antérieures à 2020 présente une tendance générale à la baisse, la forte diminution observée entre 2019 et 2020 est principalement attribuable aux augmentations des transferts gouvernementaux sous forme de prestations liées à la COVID-19.

Pauvreté globale

• Selon les données de l’ECR de 2020, le taux de pauvreté global du Canada a diminué de 56 p. 100 entre 2015 et 2020, passant de 14,5 p. 100 à 6,4 p. 100. Cela représente près de 2,7 millions de personnes en moins vivant sous le seuil de pauvreté pendant cette période de cinq ans. Par conséquent, l’objectif de réduction de la pauvreté de 50 p. 100 d’ici à 2030, par rapport aux niveaux de 2015, a été dépassé en 2020.

• La province ayant le taux de pauvreté le plus élevé en 2020 était la Nouvelle-Écosse, avec 7,7 p. 100, tandis que le Québec avait le taux le plus bas, avec 4,8 p. 100. Entre 2019 et 2020, la plus forte diminution absolue des taux de pauvreté a été observée en Saskatchewan (une diminution de 5,2 points de pourcentage), tandis que la plus faible diminution a été observée en Alberta (une diminution de 2,2 points de pourcentage).

Revenu médian

• Les prestations de soutien liées à la COVID-19 ont plus que compensé les baisses du revenu du marché, ce qui a entraîné une augmentation du revenu après impôt. L’augmentation du revenu après impôt a été proportionnellement plus importante pour les familles et les personnes vivant seules à faible revenu. Le revenu moyen après impôt des familles et des personnes vivant seules a augmenté de 16,2 p. 100 dans le quintile inférieur et de 8,5 p. 100 dans l’avant-dernier quintile. Des gains de revenu après impôt ont également été enregistrés dans le quintile supérieur, où le revenu moyen après impôt a augmenté de 2,4 p. 100.

• Le revenu médian après impôt des familles canadiennes et des personnes vivant seules a augmenté entre 2019 et 2020, passant de 62 900 $ à 66 800 $ en 2020.
o Le revenu médian des familles a augmenté de 87 500 $ en 2019 à 92 400 $ en 2020.
o Le revenu médian des personnes seules a augmenté, passant de 32 300 $ en 2019 à 34 500 $ en 2020.

• Le revenu médian après impôt des familles et des personnes vivant seules a augmenté pour toutes les provinces en 2020. L’Ontario a connu la plus forte augmentation annuelle, le revenu médian après impôt y étant passé de 65 100 $ en 2019 à 70 100 $ en 2020, soit une différence de 5000 $. À l’inverse, la plus faible augmentation a été enregistrée au Nouveau Brunswick; le revenu médian après impôt y est passé de 54 800 $ en 2019 à 56 900 $ en 2020.

• Si l’on tient compte des programmes d’aide liés à la COVID-19 (la Prestation canadienne d’urgence, la Prestation canadienne d’urgence pour les étudiants et la Prestation canadienne de la relance économique), ainsi que d’autres programmes gouvernementaux comme l’Allocation canadienne pour enfants, l’assurance-emploi, la Sécurité de la vieillesse, le Régime de pensions du Canada et le Régime de rentes du Québec, les transferts gouvernementaux médians pour les familles et les personnes seules au Canada ont doublé, passant de 8 200 $ en 2019 à 16 400 $ en 2020.

Inégalité des revenus

• En 2020, la part du revenu après impôt ajusté détenue par les Canadiens des quatre déciles de revenu inférieurs a augmenté pour passer de 21,0 p. 100 en 2019 à 22,2 p. 100 en 2020, ce qui représente la plus grande variation annuelle et la proportion la plus élevée depuis le début de la série en 1976. La part du revenu détenue par le décile de revenu supérieur était de 22,0 p. 100 en 2020, soit une part comparable à celle enregistrée en 2019.

• Le coefficient de Gini du Canada a diminué de 0,299 en 2019 à 0,281 en 2020, égalant la valeur de 1989, soit la plus faible valeur d’indice mesurée pour le Canada en 45 ans.
À propos de la révision des estimations de l’ECR entre 2015 et 2019

• Comme c’est habituellement le cas pour l’Enquête canadienne sur le revenu, lorsque des estimations révisées de la population sont disponibles à la suite d’études de couverture après un recensement, les pondérations de l’enquête sont mises à jour rétroactivement de façon à mieux refléter la population globale. C’est le cas de la nouvelle version de l’ECR de 2020, qui a publié des estimations de la pauvreté avant 2020 qui sont légèrement différentes de celles publiées les années précédentes. Par exemple, avec la publication actuelle de l’ECR de 2020, le taux de pauvreté global de 2019 a été révisé de 10,1 p. 100 à 10,3 p. 100, tandis que le nombre de personnes vivant dans la pauvreté en 2019 a été révisé de 3,73 millions à 3,79 millions.

• Comme l’explique la Note aux lecteurs de l’ECR qui vient d’être publiée : « À compter de la publication de l’ECR de 2020, les estimations sont produites à partir des estimations de population fondées sur le Recensement de la population de 2016, et les données de l’Enquête canadienne sur le revenu (ECR) de 2012 à 2019 ont été révisées. De plus, les variables géographiques infraprovinciales de 2016 à 2019 ont été révisées pour refléter les limites géographiques de la Classification géographique type (CGT) de 2016, plutôt que les limites de la CGT de 2011. » Les précédentes estimations de l’ECR pour la période de 2015 à 2019 étaient basées sur les prévisions démographiques du Recensement de 2011 et des études de couverture qui l’ont suivi.

• Statistique Canada tente de produire les meilleures estimations possibles avec l’information à sa disposition à un moment donné. Par conséquent, les estimations de la pauvreté peuvent être mises à jour rétroactivement lorsque de nouvelles données démographiques sont disponibles.

Renseignements supplémentaires :

aucun