Note pour la période des questions : LE RÉSEAU MONDIAL DE RENSEIGNEMENTS DE SANTÉ PUBLIQUE (RMISP)

About

Numéro de référence :
HC-2021-QP-00004
Date fournie :
18 juin 2021
Organisation :
Santé Canada
Nom du ministre :
Hajdu, Patty (L’hon.)
Titre du ministre :
Ministre de la Santé

Enjeu ou question :

• Que fait le gouvernement du Canada pour apaiser les inquiétudes quant au Réseau mondial d’information en santé publique du Canada?

Réponse suggérée :

MESSAGES CLÉS

• Le gouvernement du Canada s’engage à promouvoir l’excellence scientifique, et je m’engage à améliorer le système efficace d’alerte rapide aux urgences éventuelles, notamment aux pandémies, du Canada.
• C’est pourquoi j’ai annoncé l’établissement d’un groupe d’experts indépendant qui poursuivra l’examen du Réseau mondial d’information en santé publique.
• J’ai reçu un exemplaire du rapport définitif du comité le 28 mai 2021.
• Le rapport fait actuellement l’objet d’une révision technique finale et d’une mise en page en vue de sa publication en ligne.
• Je m’engage à mettre en œuvre les recommandations présentées dans ce rapport ainsi que les recommandations de la vérificatrice générale pour améliorer le système d’alerte précoce du Canada qui guide les mesures de santé publique.
• Les recommandations de ces deux rapports contribueront à guider les décisions et à améliorer le renseignement et la surveillance du gouvernement du Canada dans le domaine de la santé publique – de sorte que le Canada soit bien placé pour détecter les futurs événements de santé publique et y réagir.

SI L’ON INSISTE SUR LE RAPPORT DÉFINITIF
• Le rapport définitif contient des recommandations qui serviront à :
o aider l’Agence de la santé à déterminer l’avenir du RMISP;
o orienter le rôle et les responsabilités à venir de l’Agence en ce qui concerne la prestation de services de surveillance de la santé publique tant pour la population canadienne que pour la collectivité internationale.
• Le comité externe a confirmé que le RMISP n’avait pas été démantelé. Le RMISP a envoyé une alerte précoce sur la COVID-19 aux professionnels de la santé publique canadiens, et continue d’agir en tant que système de surveillance de la santé publique fondé sur les événements au Canada.
• L’ASPC a appuyé le Comité d’examen externe et a fourni toute l’information dont il avait besoin pour terminer son rapport.

SI L’ON INSISTE SUR L’ÉMISSION D’ALERTES
• Au début de la pandémie, le RMISP a joué son rôle principal en diffusant des alertes précoces dans l’ensemble du Canada.
• L’ASPC continuera d’utiliser le RMISP en tant que système de surveillance des événements mondiaux et de s’appuyer sur l’ensemble des capacités du Réseau pour assurer une détection précoce et la diffusion d’alertes au sujet de toute menace à la santé publique.

Contexte :

CONTEXTE
Le Réseau mondial d'information en santé publique (RMISP) de l'Agence de la santé publique du Canada (ASPC) est un système d'alerte rapide et de prise de connaissance de la situation concernant les menaces chimiques, biologiques, radiologiques et nucléaires potentielles pour la santé publique dans le monde, y compris les éclosions de maladies infectieuses, qui repose sur une source ouverte. On compte, parmi les utilisateurs, des organismes et des organisations non gouvernementales de santé publique ainsi que des autorités gouvernementales qui effectuent la surveillance de la santé publique. Le RMISP nécessite un abonnement gratuit de la part des utilisateurs admissibles. Il contribue de façon importante aux renseignements sur les épidémies provenant de sources ouvertes de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS).

Le RMISP se compose de deux éléments essentiels :
• une équipe professionnelle multidisciplinaire d'analystes des sciences de la vie qui procède à des évaluations rapides des risques afin de détecter les menaces pour la santé publique;
• un outil de gestion de l’information qui utilise l'apprentissage automatique et le traitement du langage naturel pour faciliter le travail des analystes.

Chaque jour, les analystes du RMISP examinent en moyenne 7 000 articles en neuf langues (anglais, arabe, farsi, espagnol, français, portugais, russe et chinois simplifié et traditionnel) issus de la surveillance événementielle ouverte afin de valider et d'évaluer les données à intégrer dans les rapports, y compris le rapport quotidien du RMISP publié chaque matin. Le RMISP transmet ce rapport directement aux professionnels canadiens de la santé publique à l'échelle fédérale, provinciale et territoriale, y compris à la haute direction de l'ASPC et d'autres ministères.

Examen indépendant du RMISP
En août 2020, la ministre de la Santé a demandé que soit effectué un examen indépendant de ce système mondial de surveillance de la santé publique. Cet examen permettra de déterminer :
• les capacités et l'efficacité du système en place;
• le rôle du système dans la détection et l’orientation pour l’intervention de l'Agence de la santé publique du Canada face à la COVID-19; et dans la surveillance de la santé publique mondiale et nationale;
• les possibilités d'améliorer le système;
• l'avenir du système canadien de surveillance de la santé mondiale, y compris des conseils sur la prochaine génération de systèmes de renseignements et les leçons retenues de la crise de la COVID-19 afin que le gouvernement du Canada soit bien préparé à réagir aux futurs incidents de santé publique.

Les membres du groupe, Margaret Bloodworth, le Dr Paul Gully et la Dre Mylaine Breton, ont été sélectionnés en raison de leurs compétences spécialisées en matière de santé publique, de gouvernance, de sécurité sanitaire et de renseignements.

Le 20 mars 2021, le rapport provisoire du Comité d’examen externe a été publié sur le site Web Canada.ca.

Le rapport provisoire donne un aperçu complet du RMISP et indique clairement que, bien qu’il existe des domaines à améliorer, les mesures du RMISP n’ont pas entravé la connaissance de la COVID-19 au Canada, ni la prise de mesures ultérieures en réponse à celle-ci. Le rapport met en évidence l’approche et le travail du Comité à ce jour en ce qui concerne cet examen, notamment un examen de l’état passé et actuel du RMISP, depuis sa création dans les années 1990 jusqu’à ses activités actuelles. Le rapport donne un aperçu de la structure et des fonctions du RMISP, ainsi que de la détection initiale par le RMISP de ce qui allait devenir la pandémie de COVID-19.

Le rapport définitif a été présenté à la ministre le 28 mai 2021.
• Le RMISP a identifié l'épidémie à Wuhan le 30 décembre 2019 et a inclus ce rapport dans le rapport quotidien du 31 décembre 2019 et dans un rapport spécial autonome partagé en interne le 1er janvier 2020.
o Le RMISP a rempli sa fonction clé de fournir une alerte précoce au Canada par le biais du rapport quotidien. Les rapports quotidiens sont envoyés aux abonnés nationaux, comme l'ASPC et d'autres ministères fédéraux, les fonctionnaires provinciaux et territoriaux, et d'autres.
• La réponse du Canada a été rapide et a commencé efficacement le premier jour de 2020, en partie en raison de l'identification de l'événement et de la notification du signal initial par le GPHIN.
o La direction de l'ASPC a pris des mesures immédiates pour prendre conscience de cette menace émergente pour la santé publique, notamment une surveillance et une déclaration améliorées, et une notification aux responsables de l'ensemble du gouvernement, suivie d'une notification aux responsables de la santé publique de tout le Canada le 2 janvier 2020.
• L'émission d'une alerte GPHIN n'aurait pas rendu la réponse du Canada à la COVID-19 plus rapide ou plus efficace.
o Une alerte est émise pour signaler les signaux pour les abonnés nationaux et internationaux, cependant, les partenaires internationaux étaient déjà au courant de ce signal, car il était largement diffusé par le biais d'un certain nombre d'autres mécanismes à l'époque.
o Au soir du 31 décembre 2019, l'importance de cet événement était claire dans la communauté de surveillance de la santé publique. L'OMS a constitué son équipe de soutien à la gestion des incidents le 1er janvier 2020.
• Le comité n'a vu aucune preuve suggérant qu'une identification plus tôt par le RMISP de l'éclosion était possible, bien que d'autres systèmes, tels que BlueDot et ProMed, aient identifié l'éclosion le même jour.
• La surveillance basée sur les événements a fourni la première détection mondiale de l'épidémie de pneumonie à Wuhan, par le GPHIN et d'autres systèmes, qui ont tous signalé l'épidémie de pneumonie à Wuhan dans un délai similaire.
Les recommandations qu’il contient portent sur les points suivants :
• le contexte opérationnel, le rôle et le mandat du RMISP;
• les structures de gouvernance qui soutiennent le RMISP;
• les partenariats et les flux d’informations entre le RMISP et les intervenants, au niveau national et mondial;
• les enseignements tirés de la COVID-19 et les possibilités d’améliorer le système;
• des conseils sur la prochaine génération de systèmes de renseignement en matière de santé publique et sur l’avenir des outils de surveillance.

Le rapport définitif sera rendu accessible au public d’ici la fin juin 2021.

Le RMISP dans le rapport de la vérificatrice générale sur la préparation en cas de pandémie
Le 25 mars 2021, le bureau de la vérificatrice générale (BVG) a déposé au Parlement le rapport intitulé « Préparation en cas de pandémie, surveillance et mesures de contrôle aux frontières », qui contenait une vérification de l’intervention pour lutter contre la pandémie réalisée par l’ASPC et l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC). Le rapport souligne que les alertes du RMISP ont contribué à une détection précoce et que dans l’ensemble, l’ASPC avait rapidement mobilisé et adapté son intervention à mesure que la pandémie a progressé.

En ce qui concerne le RMISP, la recommandation suivante a été formulée : « L’Agence de la santé publique du Canada devrait utiliser de façon appropriée les capacités de surveillance de son Réseau mondial d’information en santé publique pour détecter les menaces possibles à la santé publique et diffuser rapidement des avertissements à cet égard et, plus particulièrement, clarifier le processus décisionnel concernant la diffusion d’alertes ».

Aux termes de sa vérification, le BVG a conclu qu’aucune alerte n’avait été émise lorsque la nouvelle d’une pneumonie inconnue a d’abord été diffusée, qu’un virus se propageait à l’extérieur de la Chine ou que des cas nationaux avaient été soupçonnés, puis confirmés.

• Les représentants de l’ASPC ont confirmé qu’à la fin de décembre 2019, d’autres sources internationales avaient déjà diffusé la nouvelle du virus et qu’il n’était pas nécessaire pour le RMISP d’émettre une alerte.
• Le 31 décembre 2019, le RMISP a commencé à diffuser de rapports quotidiens au sujet du nouveau virus à ses partenaires canadiens (y compris les représentants fédéraux, provinciaux et territoriaux de la santé publique) et a donc joué son rôle principal consistant à diffuser des alertes précoces au Canada.

Le rapport du BVG a également relevé que le processus d’approbation pour la diffusion d’alertes a changé en 2018 et que le nombre d’alertes avait considérablement diminué après cette date.
• Des représentants de l’ASPC ont confirmé que ce changement avait été apporté pour assurer une prise de connaissance et une réponse appropriées aux enjeux émergents, mais que les abonnés du RMISP n’avaient pas été avisés de cette modification opérationnelle apportée au système d’alerte.
• En raison de la nécessité de disposer de processus décisionnels clairs, une procédure opératoire normalisée a été mise en place à l’automne 2020 en ce qui concerne les alertes du RMISP.

En réponse aux recommandations de la vérificatrice générale et aux recommandations finales du Comité d’examen externe du RMISP, l’ASPC apportera d’autres améliorations au RMISP, notamment au processus d’alerte.

Renseignements supplémentaires :

aucun