Note pour la période des questions : La crise des surdoses

About

Numéro de référence :
HC-2021-QP2-00004
Date fournie :
16 nov. 2021
Organisation :
Santé Canada
Nom du ministre :
Duclos, Jean-Yves (L’hon.)
Titre du ministre :
Ministre de la Santé

Enjeu ou question :

• La pandémie de COVID-19 a aggravé les défis de longue date concernant la consommation de substances et la crise des surdoses. La plupart des juridictions rapportent des taux records de décès et de méfaits liés aux surdoses.
• En outre, les personnes qui consomment des drogues sont également confrontées à des obstacles et à des risques supplémentaires liés à la toxicité de l’offre de drogues illégales et à l'accès réduit aux services de santé et aux services sociaux, y compris la réduction des méfaits et les traitements qui sauvent des vies.

Réponse suggérée :

MESSAGES CLÉS
• Notre gouvernement reconnaît que la crise des surdoses est l'une des menaces les plus graves et sans précédent pour la santé publique dans l'histoire du Canada.
• Nous continuons de soutenir les efforts visant à améliorer l'accès aux services de traitement et aux services de réduction des méfaits, à renforcer l'application de la loi pour aider à réduire l'approvisionnement de drogues illégales toxiques, à accroître les efforts de sensibilisation et de prévention et à établir des données probantes grâce à des investissements dans la recherche et la surveillance.
• Nous restons déterminés à travailler en étroite collaboration avec nos partenaires provinciaux, territoriaux et municipaux, ainsi qu'avec les personnes ayant une expérience vécue, pour sauver des vies et renverser cette crise nationale de santé publique.
SI L’ON INSISTE SUR LES NOUVEAUX CHIFFRES RÉVÉLÉ DANS LE RAPPORT SUR LES OPIOÎDES …

• Notre gouvernement reste profondément préoccupé par la perte tragique de tant de vies à cause de la crise des opioïdes. L'absence de traitement, d'approvisionnement plus sûr et d'autres services demeure un défi de taille.
• C'est pourquoi notre gouvernement reste déterminé à lutter contre la crise des opioïdes grâce à des outils tels que l'accès et la formation à la naloxone, les sites de consommation supervisée et les programmes d'approvisionnement plus sûrs, qui permettent de sauver des vies. Sans ces interventions de réduction des méfaits, le nombre de décès par surdose serait exponentiellement pire.
• Notre gouvernement reste déterminé à travailler en collaboration avec tous nos partenaires pour obtenir les résultats qui mettront fin à cette crise complexe de santé publique.
SI L’ON INSISTE SUR LE TRAITEMENT …

• Notre gouvernement reconnaît qu'un meilleur accès aux services de traitement peut aider ceux qui luttent contre la consommation de substance et sauver des vies.
• Nous avons approuvé l'utilisation de nouveaux médicaments pour traiter les troubles liés à l'usage des opioïdes et nous avons supprimé des obstacles à la prescription et à la délivrance.
• Nous avons soutenu l'élaboration de lignes directrices cliniques pour le traitement par agonistes opioïdes injectables.
• De plus, notre gouvernement a fourni 150 millions de dollars par l'entremise du Fonds pour le traitement d'urgence aux provinces et aux territoires afin d'améliorer l'accès aux services de traitement fondés sur des données probantes, ce qui, lorsque les provinces et les territoires verseront un montant équivalent, se traduira par un investissement de plus de 300 millions de dollars.
SI L’ON INSISTE SUR LA RÉDUCTION DES MÉFAITS …
• Les preuves sont claires : les mesures de réduction des méfaits sauvent des vies.
• Le gouvernement a engagé des fonds dans des projets novateurs, comme la fourniture de médicaments comme alternative à l'offre de drogues illégales toxiques.
• Nous savons que pour ceux qui ne sont pas encore prêts à accéder un traitement, les sites de consommation supervisée sauvent des vies. Depuis 2017, les sites de consommation supervisée autorisés par le gouvernement fédéral ont permis d'inverser près de 27 000 surdoses sans qu'il y ait un seul décès sur un site.
• Notre gouvernement a également augmenté l'accès à la naloxone, qui sauve des vies, dans tout le pays, y compris dans les communautés éloignées et isolées des Premières Nations et des Inuits.
SI L’ON INSISTE SUR LA SENSIBILISATION ET LA PRÉVENTION…
• Notre gouvernement reconnaît l'importance d'investir dans les efforts de prévention, y compris la sensibilisation.
• Nous avons investi dans des campagnes de prévention qui visent notamment à sensibiliser les jeunes et les jeunes adultes aux risques et aux méfaits de la consommation de substances et à l'impact de la stigmatisation sur les personnes qui consomment des drogues.
• Nous avons soutenu des approches scolaires qui améliorent le bien-être des étudiants afin de prévenir les méfaits liés à la consommation de substances pour cette population importante.
• Nous finançons également des projets qui favorisent les changements dans le système de santé afin d'améliorer les voies d'accès aux soins pour les personnes qui consomment des drogues.
SI L’ON INSISTE SUR LA SÉCURITÉ DE L’APPROVISIONNEMENT…
• Notre gouvernement est conscient que la pandémie a entraîné une offre de drogues illégales plus incertaine et plus dangereuse.
• Nous avons pris des mesures pour sauver des vies en offrant aux personnes qui utilisent des drogues des alternatives aux drogues illégales toxiques qui sont plus sûres et de qualité pharmaceutique.
• Par exemple, nous avons permis aux pharmaciens et aux praticiens de prolonger, de renouveler et de transférer des ordonnances afin de faciliter l'accès aux médicaments pendant la pandémie.
• Notre gouvernement finance des projets d'approvisionnement plus sûrs en Colombie-Britannique, en Ontario, au Québec et au Nouveau-Brunswick et nous de soutenir la mise à l'échelle des modèles efficaces.
SI L’ON INSISTE SUR LES SITES DE CONSOMMATION SUPERVISÉS…
• Les données montrent que les sites de consommation supervisée réduisent les méfaits et sauvent des vies.
• Depuis 2017, les sites de consommation supervisée au Canada ont reçu plus de 2,9 millions de visites, ont inversé près de 27 000 surdoses sans qu'il y ait un seul décès sur un site, et ont effectué plus de 127 000 références aux services sociaux et de santé.
• Ces sites aussi permettent aux personnes qui consomment des drogues d'avoir accès à d'autres services sociaux et de santé, y compris à des possibilités de traitement.
• Nous continuerons de travailler avec les provinces et les territoires, ainsi qu'avec les intervenants, pour prendre des mesures afin que les Canadiens continuent d’avoir accès à ces services qui sauvent des vies.
SI ON LE PRESSE SUR LE GROUPE D’EXPERTS SUR LA CONSOMMATION DE SUBSTANCES …
• Nous nous engageons à adopter une approche compréhensive de la santé publique pour la consommation de substances qui vise à réduire les méfaits, à sauver des vies et à fournir aux gens le soutien dont ils ont besoin.
• Nous étudions les recommandations du Groupe d’experts sur la consommation de substances afin de comprendre comment mieux traiter l’usage problématique de substances comme un problème de santé. Ces recommandations sont accessibles au public sur le site web de Santé Canada.
SI L’ON INSISTE SUR LA DOULEUR…
• Au début du mois de mai, le Groupe de travail canadien sur la douleur a publié son rapport final, qui comprend des recommandations sur des domaines clés afin que les personnes souffrant de douleur soient reconnues et soutenues, et que la douleur soit comprise, prévenue et traitée efficacement.
• Nous continuerons à travailler avec nos partenaires pour explorer la mise en œuvre des recommandations et les prochaines étapes potentielles.
• Nous avons également investi plus de 175 millions de dollars dans la recherche sur la douleur par l'intermédiaire des Instituts de recherche en santé du Canada et près de 19 millions de dollars dans 12 initiatives visant à améliorer les pratiques de prescription des opioïdes et la gestion de la douleur par le biais du Programme sur l'usage et les dépendances aux substances.

Contexte :

Les données nationales les plus récentes indiquent que 24 626 décès apparemment liés à la toxicité des opioïdes sont survenus entre janvier 2016 et juin 2021. Le fentanyl et ses analogues continue d’être les principaux responsables de ces décès, 87% des décès accidentels apparemment liés à la toxicité des opioïdes jusque-là en 2021 (de janvier à juin) étant liés au fentanyl. Bien que les Canadiens de tous les milieux soient touchés, certaines tendances sont frappantes, le décès étant le plus fréquent chez les hommes et individus âgés de 20 à 49 ans.
La pandémie de COVID-19 aggrave la crise actuelle des surdoses, et les personnes qui consomment des drogues sont confrontés à des risques accrus liés à un approvisionnement de plus en plus toxique en drogues illicites et à un accès réduit aux services de traitement et de réduction des méfaits. Plusieurs provinces et territoires ont observé des chiffres et des taux sans précédent en relation avec les impacts plus larges de la pandémie de COVID-19.
Bien que ces augmentations aient été observées dans tout le pays, l'Ouest canadien continue d'être gravement affecté. En 2020, le Service du coroners de la Colombie Britannique a signalé 1 724 décès dus à la toxicité de drogues illégales, soit une augmentation de 75 % par rapport au nombre de décès en 2019. En outre, la crise en Colombie-Britannique se poursuit en 2021 : le nombre de décès enregistrés jusqu'à présent en 2021 (de janvier à juillet - 1 204 décès) est le plus élevé jamais enregistré au cours des sept premiers mois d'une année, et représente une augmentation de 28 % par rapport à la même période l'année dernière (de janvier à juillet 202 - 941 décès). Tragiquement, les décès par surdose chez les Premières nations en Colombie-Britannique ont également fait un bond, augmentant de 119 % en 2020 par rapport à 2019. En 2020, l'Alberta a également connu une augmentation de 61 % des décès par surdose d'opioïdes chez les Premières nations, par rapport à la même période en 2019.
D'autres juridictions du pays font état de tendances similaires. Les rapports médiatiques de la plupart des juridictions continuent de faire état de perturbations de l’offre de drogues, et presque toutes les juridictions ont indiqué que la COVID-19 a eu un impact sur les méfaits liés aux substances depuis mars 2020, selon les données sur la mortalité, l'hospitalisation, les services d'urgence et/ou les services médicaux d'urgence.
ACTIONS FÉDÉRALES POUR FAIRE FACE À LA CRISE DES SURDOSES
Depuis 2017, le gouvernement fédéral a pris des mesures importantes et a investi plus de 700 millions de dollars pour faire face à la crise des surdoses et les méfaits liés à la consommation de substances. Parmi les autres mesures prises à ce jour, citons l'amélioration de l'accès au traitement et à la réduction des méfaits, la réduction des obstacles réglementaires au traitement, le renforcement de l'application de la loi, la mise au point de produits et d'outils éducatifs pour le public et les prestataires de soins de santé, ainsi que la recherche et la surveillance pour constituer une base de données probantes.
Cela comprend des investissements de 106,7 millions de dollars sur cinq ans dans le budget 2019, dont 1 million de dollars en cours et 66 millions de dollars annoncés dans l'énoncé économique d'automne (décembre 2020) pour aider les organisations communautaires qui traitent des enjeux liés à la consommation de substances à relever les défis supplémentaires posés par la pandémie de COVID-19. En mars 2021, le gouvernement a annoncé un financement de 20 millions de dollars pour la distribution de trousses de naloxone pour la formation aux surdoses d’opioïdes afin de soutenir les collectivités qui ont été particulièrement touchées par la crise des surdoses d’opioïdes et qui éprouvent des difficultés à améliorer les résultats sanitaires de leurs résidents. Le budget 2021 prévoit également $ 116 millions pour financer des projets par le biais du Programme sur l'usage et les dépendances aux substances (PUDS).
En plus de ces investissements, le gouvernement du Canada a également pris des mesures réglementaires pour faciliter l'accès aux médicaments des personnes traitées pour des troubles liés à la consommation de substances et pour permettre aux fournisseurs de services de première ligne d'établir des sites de prévention des surdoses dans des refuges temporaires.
Le ministre de la Santé a créé en mars 2021 un groupe de travail d'experts sur la consommation de substances qui a fourni des conseils d'experts sur la politique fédérale canadienne en matière de drogues, notamment en examinant les alternatives possibles aux sanctions pénales pour la possession personnelle de drogues. Le groupe de travail a fourni son avis final sur les alternatives aux sanctions pénales en mai 2021, et sur la politique fédérale en matière de drogues en juin 2021. Les deux rapports du groupe de travail ont été rendus publics et peuvent être consultés en ligne à l'adresse suivante https://www.canada.ca/en/health-canada/corporate/about-health-canada/public-engagement/external-advisory-bodies/expert-task-force-substance-use/reports.html.

Renseignements supplémentaires :

FAITS SAILLANTS
• Les données nationales les plus récentes indiquent que 22 828 décès apparemment liés à la toxicité des opioïdes sont survenus entre janvier 2016 et mars 2021. Le fentanyl et ses analogues continue d’être les principaux responsables de ces décès, 87% des décès accidentels apparemment liés à la toxicité des opioïdes jusque-là en 2021 (de janvier à mars) étant liés au fentanyl.
• Notre engagement à l'égard de cette crise nous a amenés à investir plus de 700 millions de dollars, dont 182 millions de dollars auprès des organismes communautaires.
• Y compris 150 millions de dollars par l'entremise du Fonds pour le traitement d'urgence aux provinces et aux territoires afin d'améliorer l'accès aux services de traitement fondés sur des données probantes, ce qui, lorsque les provinces et les territoires verseront un montant équivalent, se traduira par un investissement de plus de 300 millions de dollars.
• Les données montrent que les sites de consommation supervisée réduisent les méfaits et sauvent des vies. Depuis 2017, les sites de consommation supervisée au Canada ont reçu plus de 2,9 millions de visites, ont inversé près de 27 000 surdoses sans qu'il y ait un seul décès sur un site, et ont effectué plus de 127 000 références aux services sociaux et de santé.