Note pour la période des questions : RÉPERCUSSIONS DE LA THÉRAPIE DE CONVERSION SUR LA SANTÉ

About

Numéro de référence :
HC-2021-QP2-00039
Date fournie :
16 nov. 2021
Organisation :
Santé Canada
Nom du ministre :
Duclos, Jean-Yves (L’hon.)
Titre du ministre :
Ministre de la Santé

Enjeu ou question :

• La thérapie de conversion consiste en une série de pratiques, discréditées par les communautés scientifiques, qui visent à changer l’orientation sexuelle d’une personne pour la rendre hétérosexuelle ou à changer son identité de genre pour la rendre cisgenre. L’orientation sexuelle et l’identité de genre sont des caractéristiques inhérentes à chaque personne qui ne peuvent être modifiées par des efforts venant de l’extérieur. Les identités LGBTQ2 sont légitimes et doivent être affirmées comme telles. Le gouvernement du Canada a présenté un projet de loi visant à interdire la thérapie de conversion dans tout le pays, conformément aux mesures déjà prises par cinq provinces/territoires et 19 municipalités.

Réponse suggérée :

MESSAGES CLÉS:
• La thérapie de conversion peut mener à des problèmes de santé mentale, d’estime de soi et de qualité de vie globale, incluant des idées suicidaires, l’automutilation, la consommation problématique de substances, la dépression, l’anxiété et l’isolement social. On estime que 30 % des hommes ayant suivi une thérapie de conversion ont fait une tentative de suicide.
• Les jeunes, les Autochtones et les personnes racisées sont particulièrement susceptibles d’être victimes de la thérapie de conversion.
• Un consentement unanime a été atteint le 1er décembre dans la Chambre des Communes pour modifier le Code criminel afin d’interdire la pratique de la thérapie de conversion.
SI L’ON INSISTE SUR LES RÉPERCUSSIONS DE LA THÉRAPIE DE CONVERSION SUR LA SANTÉ MENTALE
• La thérapie de conversion ne conduit à aucun changement d’orientation sexuelle ou d’identité de genre.
• La thérapie de conversion est nocive. Les survivants ont des idées suicidaires, s’automutilent, consomment des substances de façon problématique, ont une mauvaise estime d’eux-mêmes, se détestent, sont isolés socialement, ont des difficultés relationnelles et présentent des dysfonctionnements sexuels.
• L’égalité juridique et la protection des droits de la personne réduisent considérablement les taux disproportionnés de troubles mentaux que connaissent les communautés LGBTQ2. L’interdiction de la thérapie de conversion est une occasion de protéger les Canadiens et d’améliorer leur santé.

Contexte :

Thérapie de conversion

Le ministère de la Justice est à la tête du dossier sur l’interdiction de la thérapie de conversion. Santé Canada a appuyé le ministère de la Justice en examinant les définitions, en fournissant des articles scientifiques et en procédant à une analyse environnementale sur la thérapie de conversion.

Le gouvernement du Canada s’est engagé à modifier le Code criminel afin « d’interdire la pratique de la thérapie de conversion et de prendre les autres mesures requises avec les provinces et les territoires pour mettre fin à la thérapie de conversion au Canada ».

La thérapie de conversion est une pratique qui vise à changer l’orientation sexuelle d’une personne à l’identité hétérosexuelle ou de genre en cisgenre, ce qui signifie s’identifier au sexe qui lui est assigné à la naissance. La thérapie de conversion se compose d’efforts tels que le counseling, les pratiques religieuses, la modification comportementale, le recadrage cognitif, et d’autres moyens de tenter de changer l’orientation sexuelle d’une personne. La conversion peut entraîner des résultats négatifs tels que la détresse, l’anxiété, la dépression, l’image négative de soi, un sentiment d’échec personnel, la difficulté à maintenir les relations et le dysfonctionnement sexuel.

Il existe des différences entre les lois provinciales : l’Ontario, le Québec, le Yukon, la Nouvelle Écosse et l’Île du Prince Édouard ont des lois qui restreignent ou interdisent la thérapie de conversion. La Colombie Britannique a adopté une loi similaire, et le gouvernement du Manitoba a publié un énoncé de politique interdisant la pratique de la thérapie de conversion au sein du système de santé provincial. De nombreuses municipalités canadiennes restreignent ou interdisent également cette pratique. 55 % des Canadiens estiment qu’il est certainement ou probablement impossible de changer l’orientation sexuelle d’une personne, et 58 % des Canadiens sont en faveur d’une interdiction de la thérapie de conversion.

Inefficacité de la thérapie de conversion

La thérapie de conversion est inefficace pour changer l’orientation sexuelle ou l’identité de genre. L’Association mondiale de psychiatrie a conclu qu’il n’existe aucune preuve scientifique concrète que l’orientation sexuelle innée peut être modifiée. De même, la Société canadienne de psychologie affirme que « la recherche scientifique nie l’efficacité de la thérapie de conversion ou de la thérapie réparatrice ».

Prévalence au Canada

Entre 4 % et 11 % des hommes appartenant à des minorités sexuelles et de genre ont fait l’expérience d’une thérapie de conversion, et un sur cinq a fait l’expérience d’efforts pour changer son orientation sexuelle ou son identité de genre. Les personnes transgenres, les hommes autochtones et racisés, et les hommes dont le revenu annuel est inférieur à 30 000 $ sont plus nombreux à avoir été exposés à la thérapie de conversion que les hommes cisgenres, blancs et disposant d’un revenu supérieur. La prévalence est la plus élevée dans les groupes d’âge les plus jeunes, ce qui rend les jeunes particulièrement vulnérables aux dommages.

Répercussions de la thérapie de conversion sur la santé

L’exposition à la stigmatisation et à la discrimination entraîne des taux disproportionnés de troubles psychiatriques chez les membres des communautés LGBTQ2. Ces taux commencent à diminuer dans les milieux où leur identité est affirmée et où ils ont accès à l’égalité des droits. En revanche, la thérapie de conversion est associée à des dommages substantiels pour les survivants, notamment des idées suicidaires et des actes autodestructeurs, l’anxiété, la dépression, une mauvaise estime de soi, la haine de soi, la consommation problématique de substances, l’isolement social et la solitude, ainsi que des dysfonctionnements sexuels. Les tentatives de suicide sont fréquentes chez les survivants de la thérapie de conversion : 30 % des hommes issus de minorités sexuelles ayant survécu à une thérapie de conversion ont fait une tentative de suicide. Près de 50 % des survivants de la thérapie de conversion ont été exposés à ces pratiques dans le bureau d’un prestataire de soins de santé agréé, ce qui pourrait constituer un obstacle important à l’accès aux services de santé à l’avenir.

Identité autochtone et thérapie de conversion

Dans les pensionnats, les personnes bispirituelles et les autres Autochtones ont été victimes d’une violence physique et sexuelle accrue dans le cadre de tentatives visant à modifier leur identité de genre ou leur identité sexuelle en fonction des normes occidentales. L’intersection de l’identité autochtone avec l’identité de genre et l’orientation sexuelle doit être prise en compte dans les discussions sur les préjudices, et l’héritage permanent des pensionnats et de la colonisation fournit un contexte important pour comprendre les dommages que la thérapie de conversion peut causer aux Autochtones aujourd’hui.

Les jeunes et les préoccupations relatives à la détransition

La littérature universitaire a fait ressortir des préoccupations concernant la détransition, c’est à dire le fait que les personnes qui ont entrepris une transition de genre reviennent plus tard au genre qui leur a été attribué à la naissance. Ces préoccupations reviennent fréquemment dans les discussions sur la thérapie de conversion, car on craint que les jeunes qui ont un véritable désir de renoncer à la transition ne puissent pas trouver de soutien en raison de la criminalisation de la thérapie de conversion. Il n’y a pas de bon consensus scientifique sur la reconnaissance éventuelle de la détransition comme un phénomène psychologique. Des préoccupations ont été soulevées quant aux méthodes, à la théorie et aux cadres éthiques utilisés dans les recherches soutenant les demandes de détransition, ainsi que sur la manière dont les données doivent être interprétées. De nombreuses personnes qui ont décidé d’inverser une transition de genre déclarent qu’elles ne l’ont pas fait en raison d’un changement d’identité de genre, mais en raison d’un manque de soutien ou d’expériences de discrimination, et qu’elles reprennent ensuite leur transition lorsque les circonstances de leur vie le permettent.

Renseignements supplémentaires :

FAITS SAILLANTS
• 30 % des hommes ayant suivi une thérapie de conversion ont fait une tentative de suicide.