Note pour la période des questions : Accès à la santé LGBTQ2

About

Numéro de référence :
HC-2021-QP2-00067
Date fournie :
16 nov. 2021
Organisation :
Santé Canada
Nom du ministre :
Duclos, Jean-Yves (L’hon.)
Titre du ministre :
Ministre de la Santé

Enjeu ou question :

Au Canada, les membres des communautés LGBTQ2 (lesbienne, gai, bisexuel, transgenre, queer et bispirituel) font face à des inégalités associées à diverses conditions sociales et économiques favorisant la santé. Bon nombre de ces inégalités sont le résultat d’expériences de stigmatisation et de discrimination vécues, qui créent des obstacles à l’accès aux ressources matérielles et sociales (p. ex. l’emploi, le logement, l’aide sociale) ainsi qu’à l’accès aux services sociaux et de santé. Les populations LGBTQ2 ont été touchées de façon disproportionnée par la COVID-19, la crise ayant accentué les inégalités existantes sur le plan social, de la santé physique et de la santé mentale.

Réponse suggérée :

Messages clés
• Le gouvernement du Canada s’est engagé à promouvoir l’égalité, à protéger les droits, à lutter contre la discrimination et à réduire les inégalités en matière de santé pour les populations LGBTQ2.
• Nous travaillons à la création du premier Plan d’action fédéral pour les personnes LGBTQ2, pour lequel la santé est un volet clé, et qui cherche à faire progresser les conditions sociales et économiques qui affectent les résultats de santé des communautés LGBTQ2 au Canada.
• Nous investissons dans des programmes de recherche, de promotion de la santé et de prévention des maladies afin de répondre aux besoins diversifiées et particuliers des populations LGBTQ2, notamment des programmes de lutte contre les maladies transmissibles, de lutte contre la violence fondée sur le sexe et de santé mentale.
• Nous reconnaissons également les défis supplémentaires auxquels font face les communautés LGBTQ2 en raison de la pandémie, notamment le risque accru de violence familiale et sexiste, les problèmes de santé physique et de santé mentale, les impacts économiques disproportionnés et les difficultés accrues d’accès aux services de santé.

Contexte :

L’Initiative pancanadienne de signalement des inégalités en matière de santé, dirigée par l’Agence de la santé publique du Canada (en collaboration avec le Réseau pancanadien de santé publique, Statistique Canada, l’Institut canadien d’information sur la santé et le Centre de gouvernance de l’information des Premières nations), mesure et surveille les inégalités en matière de santé pour un ensemble de plus de 100 indicateurs de déterminants et de résultats en santé. Trente (30) de ces indicateurs peuvent être classés par orientation sexuelle. Les inégalités les plus importantes que connaissent les gays, les lesbiennes et les bisexuels du Canada concernent l’auto-évaluation de la santé physique, l’auto-évaluation de la santé mentale, l’insécurité alimentaire des ménages, le tabagisme, la consommation excessive d’alcool, l’asthme, l’arthrite et l’infection par le VIH.

D’autres recherches ont établi que les pensées, les projets et les tentatives de suicide sont disproportionnellement plus répandus chez les jeunes LGBTQ2 que chez leurs pairs non LGBTQ2, et que les Canadiens LGBTQ2 font face à des risques disproportionnés de violence familiale et de violence fondée sur le sexe.

Les populations LGBTQ2 ont été touchées de façon disproportionnée par la COVID-19, la crise ayant accentué les disparités existantes sur le plan social, de la santé physique et de la santé mentale. Les conclusions de Statistique Canada mettent en évidence un certain nombre de facteurs qui rendent les populations LGBTQ2 vulnérables à l’impact de la pandémie de COVID-19, notamment :
- La composition par âge et par sexe des populations LGBTQ2 fait en sorte qu’elles sont exposées à un risque plus élevé de perte d’emploi pendant la pandémie;
- Dans l’ensemble, les Canadiens LGBTQ2 ont des revenus inférieurs à ceux des personnes hétérosexuelles ou cisgenres, et disposent donc de moins de ressources financières pour amortir les effets de la perte d’emploi et du chômage. Les enquêtes menées pendant la pandémie ont révélé que plus de la moitié (52 %) des ménages LGBTQI2S (lesbienne, gai, bisexuel, transgenre, queer, intersexué et bispirituel) ont été touchés par des licenciements et des réductions d’horaires liés à la COVID-19, contre 42 % pour l’ensemble des ménages canadiens.
- Les Canadiens LGBTQ2 sont plus susceptibles de perdre l’accès à un logement sûr.
- Une exposition accrue à l’homophobie, à la transphobie et à la violence familiale dans un contexte de distanciation sociale, ainsi qu’une déconnexion des réseaux sociaux et des familles choisies présentent des risques supplémentaires pour les populations LGBTQ2.

Bien que l’ASPC ne dispose pas d’un programme de financement autonome consacré à la santé des communautés LGBTQ2, elle a intégré des composantes spécifiquement conçues pour répondre aux besoins des populations LGBTQ2 dans un certain nombre de ses programmes de subventions et de contributions communautaires existants. Par exemple :
- Fonds d’innovation pour la promotion de la santé mentale (FI-PSM) - l’ASPC soutient des projets axés sur la santé mentale des jeunes LGBTQIA2 (lesbienne, gai, bisexuel, transgenre, queer, intersexués, asexuel et bispirituel) par le truchement du Fonds d’innovation pour la promotion du FI-PSM. Un total d’un million de dollars est investi sur trois exercices (de l’exercice 2019-2020 à l’exercice 21/22) dans deux projets qui soutiennent la conception et l’essai d’interventions visant à soutenir les jeunes LGBTQ2S+ (lesbienne, gai, bisexuel, transgenre, queer et bispirituel plus) et leurs familles.
- Promouvoir l’équité en santé : Fonds pour la santé mentale des communautés noires - l’ASPC finance trois projets supplémentaires axés sur les besoins particuliers des communautés noires LGBTQIA+.
- Service pancanadien de prévention du suicide (SPPS ) - l’ASPC soutient l’élaboration de normes et de ressources de formation spécifiques aux communautés LGBTQ2 pour les intervenants des lignes d’écoute du SPPS.
- Jeunesse, J’écoute - un investissement de 7,5 millions de dollars pour fournir un soutien en santé mentale aux enfants et aux jeunes pendant la pandémie de COVID-19. Une partie de cet investissement visera à atteindre et à soutenir les populations prioritaires, notamment les jeunes LGBTQ2.
- Prévention de la violence fondée sur le sexe : perspective du milieu de la santé - L’ASPC investit plus de 3 millions de dollars dans cinq projets privilégiant les populations LGBTQ2 qui mettent en œuvre et mettent à l’essai des programmes de prévention de la violence dans les fréquentations, ou qui donnent aux professionnels de la santé et des services sociaux les moyens de mieux reconnaître et prévenir la violence fondée sur le sexe et d’y réagir en toute sécurité.
- Le Fonds pour la santé des Canadiens et des communautés (FSCC) soutient les interventions qui préviennent et atténuent les inégalités en matière de santé dans les facteurs de risque et les résultats des maladies chroniques, comme la lutte contre le tabagisme chez les jeunes adultes LGBTQ2.
- Fonds d’initiatives communautaires en matière de VIH et d’hépatite C - Le plan d’action quinquennal du gouvernement du Canada sur les ITSS (2019-2024) désigne la stigmatisation et la discrimination comme l’un de ses principaux domaines prioritaires. Pour aider à réduire la stigmatisation liée aux ITSS, l’ASPC a mis au point des outils pour les professionnels de la santé et priorise les investissements pour les interventions communautaires.

Des travaux sont également en cours pour améliorer la collecte de données et renforcer les données probantes :
- Programme pour la surveillance accrue des maladies chroniques - Au cours de la dernière année, l’ASPC a investi 2 millions de dollars dans le Centre de recherche communautaire (C.-B.) et le Lawson Health Research Institute (Ont.) afin de combler les lacunes persistantes en matière de données probantes sur la surveillance de la santé publique par l’exploration de nouvelles technologies, de nouveaux outils et de nouvelles approches pour la collecte, l’utilisation et la diffusion des données en vue de favoriser les mesures de santé publique. Ces projets financés se sont concentrés sur les populations LGBTQ2, y compris les populations sans abri (où les personnes LGBTQ2 sont représentées de manière disproportionnée).

En 2019, le Comité permanent de la santé a déposé son rapport La santé des communautés LGBTQIA2 au Canada. L’ASPC a dirigé la réponse du gouvernement au rapport du Comité permanent de la santé, soulignant les progrès du gouvernement dans l’élaboration et la mise en œuvre d’un certain nombre de politiques ou d’initiatives axées sur la promotion de l’égalité, de la protection des droits et de la lutte contre la discrimination pour les communautés LGBTQ2.

Les recherches actuelles laissent entendre que l’orientation et l’identité sexuelles sont liées à une consommation accrue de substances en général. Santé Canada étudie les possibilités de mieux mobiliser les communautés et les organisations LGBTQ2 dans l’élaboration des messages d’éducation publique sur le cannabis, les campagnes publicitaires et les efforts de sensibilisation.

Récemment, le gouvernement fédéral a annoncé l’octroi de 45 millions de dollars sur trois ans (2021-2024), prévus dans le budget 2021, à Santé Canada pour financer des organisations communautaires qui améliorent l’accès à l’information et aux services de santé sexuelle et reproductive pour les Canadiens qui font face aux plus grands obstacles et aux plus grands risques pour la santé, y compris les membres des communautés LGBTQ2.

Santé Canada continue d’appuyer le travail des exploitants de systèmes d’approvisionnement en sang pour mettre en œuvre un modèle de don fondé sur le comportement qui élimine la période d’exclusion pour les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes et les autres personnes touchées par les politiques et les pratiques actuelles. Ni Santé Canada ni les provinces et les territoires n’ont le pouvoir d’imposer un changement de politique concernant les exigences en matière d’évaluation des donneurs.

Les Instituts de recherche en santé du Canada, par l’intermédiaire de leur Institut de la santé des femmes et des hommes, ont établi la santé des communautés LGBTQIA2S comme une priorité clé dans leur plan stratégique actuel (2018-2023), et soutiennent la recherche qui examine la façon dont le sexe et le genre influencent la santé. Pour donner suite à cette importante priorité, les IRSC ont investi plus de 30 millions de dollars au cours des quatre dernières années pour soutenir la recherche axée sur la santé des communautés LGBTQIA2S.

Par ailleurs, l’ASPC s’associe aux IRSC et à Égale Canada dans le cadre du lancement de la possibilité de financement relative au projet pilote de Plateforme de formation en recherche en santé afin de soutenir le développement de possibilités de formation en recherche interdisciplinaire et intersectorielle pour les stagiaires de haut calibre et les chercheurs en début de carrière, en mettant l’accent sur la réduction de la stigmatisation et le bien-être mental tout au long de la vie pour les populations LGBTQ2. Le montant maximal par subvention s’élève à 400 000 $ par année pendant six ans au maximum, à savoir un total de 2,4 millions de dollars par subvention.

Renseignements supplémentaires :

aucun