Note pour la période des questions : SYNDROME POST-COVID-19

About

Numéro de référence :
HC-2022-QP1-00047
Date fournie :
23 juin 2022
Organisation :
Santé Canada
Nom du ministre :
Duclos, Jean-Yves (L’hon.)
Titre du ministre :
Ministre de la Santé

Enjeu ou question :

• Bien que la durée typique de la maladie aigue liée à la COVID-19 varie entre deux et six semaines, certains patients ont démontré des symptômes débilitants qui persistent ou deviennent récurrents pendant des semaines ou des mois après leur infection initiale.

Réponse suggérée :

• Le gouvernement reconnaît que certains Canadiens ayant contracté la COVID‑19 sont confrontés à un long rétablissement. Bien que nous comprenions de mieux en mieux les effets à long terme de la COVID-19 sur la santé, il y a encore beaucoup de choses que nous ignorons à propos du syndrome post-COVID-19.
• Le gouvernement du Canada collabore activement avec des experts nationaux et internationaux afin de constituer une base de données probantes sur le syndrome post-COVID-19, afin de soutenir les Canadiens qui subissent des effets à plus long terme.
• Le budget 2022 propose une aide financière de 20 millions de dollars sur cinq ans, à partir de 2022-2023, pour les Instituts de recherche en santé du Canada, afin de soutenir des recherches supplémentaires sur les effets à long terme des infections à la COVID-19 sur les Canadiens, et sur les répercussions plus vastes de la COVID-19 sur la santé et les systèmes de soins de santé.
• Le budget 2022 prévoit également un nouvel investissement de 17.3 millions de dollars sur trois ans, par l’intermédiaire de l’Agence de la santé publique du Canada, pour mettre en œuvre des activités de surveillance supplémentaires afin d’examiner le syndrome post-COVID-19 au Canada, et pour fournir des lignes directrices et du soutien aux professionnels de la santé et aux Canadiens touchés par le syndrome post-COVID-19.
• Cet investissement inclura le financement d’activités de surveillance des données et de la santé publique, y compris l’élaboration d’une enquête de suivi auprès de la population en ce qui concerne le syndrome post-COVID-19, ainsi que l’élaboration et la diffusion de lignes directrices cliniques fondées sur des données probantes sur le syndrome post-COVID-19, adaptées au contexte canadien.
• Cet investissement vient s’ajouter aux investissements fédéraux annoncés précédemment dans la recherche, par l’intermédiaire des Instituts de recherche en santé du Canada, soit d’un montant de 328,8 millions de dollars pour la recherche sur la COVID-19, dont 17,7 millions de dollars pour l’étude du syndrome post-COVID-19.

En cas de questions concernant la prévalence du syndrome post-COVID-19 au Canada
• Les données actuellement disponibles sont insuffisantes pour déterminer le pourcentage de la population canadienne touchée par le syndrome post‑COVID-19. Le gouvernement fédéral a récemment financé et lancé une enquête sur la population qui vise à estimer la prévalence du syndrome post-Covid-19 chez les adultes au Canada, et à obtenir des renseignements sur les symptômes, les facteurs de risque et l’impact sur le fonctionnement quotidien. Les résultats définitifs sont attendus au début de 2023.
• Des études sont en cours pour suivre les personnes infectées par la COVID‑19 sur une certaine période, depuis leur diagnostic initial. Ces études permettront d’obtenir des données probantes de grande qualité sur lesquelles s’appuyer pour prendre des décisions pour les Canadiens.
• Le gouvernement du Canada continuera de collaborer avec les provinces, les territoires et d’autres partenaires nationaux et internationaux pour surveiller et mieux comprendre les effets à long terme de la COVID-19.

Contexte :

La plupart des personnes atteintes de la maladie aiguë liée à la COVID-19 se rétablissent à l’intérieur de deux à six semaines, mais certains patients ont démontré des symptômes débilitants qui persistent ou deviennent récurrents pendant des semaines ou des mois après leur infection initiale. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a élaboré la première version d’une définition de cas clinique du syndrome post-COVID-19 chez les adultes, c’est-à-dire :
« Le syndrome post-COVID-19 survient chez des personnes présentant des antécédents d’infection probable ou confirmée par le SARS-Cov-2, généralement 3 mois après l’apparition de la COVID avec des symptômes qui persistent au moins 2 mois et qui ne peuvent être expliqués par un autre diagnostic. Les symptômes courants comprennent la fatigue, l’essoufflement, un dysfonctionnement cognitif, mais aussi d’autres symptômes qui ont généralement un impact sur le fonctionnement quotidien. Les symptômes peuvent être d’apparition nouvelle après un rétablissement initial à la suite d’un épisode de COVID-19 aiguë, ou persister depuis la maladie initiale. Les symptômes peuvent également fluctuer ou récidiver au fil du temps. »

L’OMS est en train d’élaborer une définition de cas clinique distincte pour les enfants, et celle-ci devrait être prête d’ici quelques mois.

Les symptômes signalés sont nombreux et peuvent varier de légers à graves, fluctuer en intensité et parfois disparaître et réapparaître au fil du temps. Le syndrome post-COVID-19 peut affecter aussi bien les adultes que les enfants, indépendamment de la présence et/ou de la gravité de leurs symptômes initiaux de la COVID-19 lors de la phase aiguë, bien que des études sur les adultes aient signalé que ceux qui ont été hospitalisés ou qui ont eu besoin de soins intensifs pendant leur rétablissement courent un risque accru de subir des effets à plus long terme.

On s’attend à ce que le syndrome post-COVID-19 ait un impact à long terme sur la santé publique au Canada. Le gouvernement du Canada surveille activement les dernières recherches et données relatives aux effets à long terme et aux symptômes de la COVID-19, et collabore avec des experts universitaires et des décideurs de l’ensemble du Canada, et de l’étranger, pour contribuer à orienter les mesures de santé publique.

Surveillance et recherche nationales

Depuis mars 2020, les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) ont investi environ 328,8 millions de dollars dans plus de 800 projets de recherche sur la COVID-19, dont 17,7 millions de dollars pour des études de recherche ciblées sur le syndrome post-COVID-19. Ces projets vont du diagnostic et des traitements potentiels aux réponses de santé publique et aux stratégies de communication. Ce financement inclut le syndrome post-COVID-19 comme domaine d’intérêt, notamment dans le cas de l’Étude de cohorte prospective de la COVID-19 au Canada (CanCOV), qui vise à examiner les trajectoires de rétablissement et les déterminants des résultats à plus long terme. Au niveau international, les IRSC sont membres de la Collaboration mondiale de recherche pour la préparation aux maladies infectieuses, une alliance d’organismes de financement de la recherche à l’échelle mondiale qui facilite des interventions rapides et efficaces en matière de recherche pour soutenir les nouvelles priorités scientifiques urgentes liées à la COVID-19.

En outre, le budget 2022 propose une aide financière de 20 millions de dollars sur cinq ans, à partir de 2022-2023, pour permettre aux Instituts de recherche en santé du Canada de soutenir des recherches supplémentaires sur les effets à long terme des infections à la COVID-19 sur les Canadiens, ainsi que les répercussions plus vastes de la COVID-19 sur la santé et les systèmes de soins de santé.

D’après les premiers rapports publiés en 2020, l’Organisation mondiale de la santé estime qu’au moins 10% à 20 % des personnes ayant été infectées par la COVID-19 présenteront ultérieurement un ou plusieurs symptômes après 12 semaines suivant l’infection. L’Agence de la santé publique du Canada (ASPC) met régulièrement à jour une revue des études mondiales sur la prévalence du syndrome post-COVID-19, y compris la prévalence des divers symptômes et séquelles, et la proportion de personnes déclarant avoir des difficultés à mener leurs activités habituelles. D’après les données probantes mondiales examinées par l’ASPC (études évaluées par des pairs et publiées jusqu’en avril 2021) et les résultats d’une étude récente évaluée par des pairs, on estime que la proportion est de 30 à 40 % chez les personnes qui n’ont pas été hospitalisées au moment de leur infection initiale à la COVID-19. Les données actuelles suggèrent que la prévalence est plus élevée chez les personnes qui ont été hospitalisées pendant la phase aiguë de la maladie que chez celles qui n’ont pas été hospitalisées. L’ASPC continuera de mettre à jour cet examen systématique afin de saisir les résultats des études de haute qualité actuellement en cours. Les études examinées jusqu’à présent par l’ASPC sont antérieures à la dernière vague d’infections associées au variant Omicron.

L’ASPC continue de surveiller les dernières publications scientifiques sur le syndrome post‑Covid-19 chez les enfants et collabore avec la Société canadienne de pédiatrie pour évaluer les options permettant d’étudier le syndrome post-Covid-19 chez les enfants au Canada. À l’heure actuelle, la prévalence de ce syndrome chez les enfants n’est pas encore bien établie, une grande variabilité des estimations étant observée à partir d’un petit nombre d’études seulement. Ces estimations deviendront plus précises au fur et à mesure que d’autres études seront menées et que de nouvelles preuves apparaîtront.

Puisque la prévalence du syndrome post-COVID-19 au Canada est inconnue à l’heure actuelle, l’ASPC a collaboré avec Statistique Canada au cours de l’exercice 2021-2022 pour lancer un deuxième cycle de l’Enquête canadienne sur la santé et les anticorps contre la COVID-19 (ECSAC). L’enquête sera utilisée pour estimer la prévalence du syndrome post-COVID-19 au Canada et permettra d’obtenir des données sur les facteurs de risque, les symptômes (y compris la gravité et la durée) et l’impact sur le fonctionnement quotidien. La première vague d'invitations à l'enquête a été envoyée par la poste le 1er avril 2022, et les deuxième et troisième vagues devraient être publiées respectivement le 1er mai et le 1er juin 2022. Les résultats préliminaires sont attendus entre août et octobre 2022, et les résultats définitifs seront publiés début 2023.

Bien que cette enquête va fournir certaines estimations générales de la prévalence, elle ne comblera pas toutes les lacunes en matière de preuves associées au syndrome post-COVID-19 dans le contexte canadien. Cette enquête initiale sera suivie d’une enquête menée par l’ASPC, en collaboration avec Statistique Canada, afin d’obtenir des renseignements plus détaillés auprès des répondants de l’enquête initiale. De plus, l’ASPC collaborera avec d’autres organisations afin d’étudier les sources de données existantes pouvant être utilisées pour fournir d’autres preuves en ce qui concerne le syndrome post-COVID-19 au Canada. Un investissement d’1,3 million de dollars sur trois ans a été approuvé pour entreprendre ce travail (2022-2023 : 400 mille dollars; 2023-2024 : 800 mille dollars; 2024-2025 : 100 mille dollars).

L’ASPC continue de travailler avec des partenaires tels que Statistique Canada, des organisations universitaires et professionnelles, ainsi que les provinces et les territoires, afin d’envisager l’élaboration et la mise en œuvre d’autres activités de surveillance de la santé publique pour examiner le syndrome post-Covid-19. L’ASPC examine également les données probantes des pays qui ont mis en œuvre de vastes études de population avec collecte de données liées au syndrome post-COVID-19.

D’après les résultats de la synthèse portant sur les données probantes de l’ASPC sur l’efficacité des vaccins contre la COVID-19 pour réduire le risque de syndrome post-Covid-19, il semble que la vaccination contre la COVID-19 peut réduire le risque de syndrome post-Covid-19. Cependant, le nombre peu élevé d’études et le risque élevé de partialité dans le cas des études rétrospectives réduisent notre certitude quant à ces conclusions. Ces conclusions pourraient changer à l’avenir, au fur et à mesure que les résultats d’autres études seront disponibles.

Les résultats des études mondiales et canadiennes aideront à déterminer le fardeau et l’urgence de cette priorité de santé publique, ainsi que les mesures d’atténuation nécessaires pour soutenir le rétablissement des personnes souffrant d’un syndrome post-COVID-19. Ces études permettront également d’anticiper et de planifier le fardeau à plus long terme sur les systèmes de soins de santé, les patients et leurs familles, et sur la société en général.

Soutien aux Canadiens souffrant d’un syndrome post-COVID-19

Il est clair que certains des symptômes rapportés par les personnes atteintes du syndrome post-COVID-19 affectent leur capacité de travailler. D’après les données limitées issues des examens menés par l’ASPC et le NICE, entre 9 % et 22 % des personnes ne travaillaient pas trois mois ou plus après une infection aiguë par la COVID. En outre, entre 10% et 46 % des personnes ont déclaré travailler à temps réduit environ sept mois après l’infection aiguë. Ces résultats continuent de faire l’objet d’une évaluation scientifique afin d’évaluer leur validité et d’améliorer le niveau de certitude associé à ces preuves.

Les Canadiens souffrant du syndrome post-Covid-19 et incapables de travailler en raison de leurs symptômes peuvent être admissibles à un soutien par le biais du programme d’assurance‑emploi d’Emploi et Développement des compétences Canada et à des prestations d’invalidité en vertu du Régime de pensions du Canada.

Les provinces et territoires sont responsables de la gestion et de la prestation des services de soins de santé pour leurs résidents, y compris les services de réadaptation et de traitement pour les personnes atteintes du syndrome post-COVID-19. Il existe un certain nombre de cliniques publiques et privées qui fournissent des soins aux personnes atteintes du syndrome post-COVID-19 à travers le Canada, en mettant l’accent sur les soins interdisciplinaires.

L’ASPC collabore également avec des experts nationaux et internationaux participant à des études de recherche clinique et sur les services de santé afin d’orienter la prise de décisions en matière de santé publique et l’élaboration de lignes directrices cliniques fondées sur des données probantes. L’ASPC met aussi régulièrement à jour le contenu Web sur le syndrome post‑COVID-19 disponible sur Canada.ca.

Dans le cadre du budget 2022, l’ASPC recevrait 16 millions de dollars au cours des trois prochaines années (5,3 millions de dollars en 2022-2023, 5,3 millions de dollars en 2023-2024 et 5,4 millions de dollars en 2024-2025) pour élaborer et diffuser des lignes directrices fondées sur des données probantes en ce qui concerne le syndrome post-COVID-19. Les sujets potentiels peuvent inclure des conseils pour l’identification, la prévention et la gestion (y compris les modèles de soins) du syndrome post-COVID-19. L’ASPC collabore avec des partenaires pour :
• établir la portée des lignes directrices et données probantes qui existent déjà;
• classer les sujets et l’orientation des lignes directrices par ordre de priorité;
• identifier les lacunes en matière de connaissances et de domaines prioritaires; et
• établir un groupe d’experts responsable des lignes directrices.

Ces lignes directrices tiendront compte du contexte canadien; toutefois, les populations particulières (p. ex. Autochtones, personnes racialisées, etc.) seront également prises en considération.

Renseignements supplémentaires :

Faits saillants
• Alors que la plupart des personnes atteintes de la COVID-19 se remettent complètement de leur maladie, certaines, y compris celles dont la maladie est moins grave, peuvent présenter des symptômes pendant des semaines, voire des mois après leur infection initiale. Ces symptômes à long terme sont souvent appelés « syndrome post-COVID-19 », « COVID de longue durée » et « séquelles post-aiguës de l’infection par le SARS-CoV-2 ». Ce syndrome peut toucher aussi bien les adultes que les enfants. Les personnes touchées se retrouvent donc aux prises avec des séquelles à long terme.