Note pour la période des questions : La crise des ressources humaines en santé

About

Numéro de référence :
MH-2022-QP-0049
Date fournie :
14 déc. 2022
Organisation :
Santé Canada
Nom du ministre :
Duclos, Jean-Yves (L’hon.)
Titre du ministre :
Ministre de la Santé

Enjeu ou question :

N/A

Réponse suggérée :

• Le système de santé du Canada connaît une crise sans précédent en ce qui concerne les ressources humaines en santé. La charge de travail élevée liée aux patients, le manque de ressources, les heures supplémentaires obligatoires et la peur pour la sécurité personnelle ont entraîné des niveaux élevés d’épuisement professionnel, d’absences et de roulement. Les répercussions se font sentir dans tous les secteurs du système de santé, notamment la fermeture de salles d’urgence, les retards dans le dépistage et les opérations chirurgicales, et ont été largement rapportées dans les médias.
• Le gouvernement du Canada reconnaît les immenses contributions que les professionnels de la santé apportent chaque jour et nous partageons leurs préoccupations concernant la crise du personnel de santé à laquelle nous sommes confrontés.
• Le gouvernement du Canada a mis sur pied une Coalition d’action pour les travailleurs de la santé, composée d’experts du système de santé qui détermineront des mesures concrètes pour faire progresser la résolution de la crise à l’échelle pancanadienne, en s’appuyant sur des perspectives réelles.
• Le gouvernement fédéral travaille activement avec ses homologues provinciaux et territoriaux, les organismes de réglementation, les travailleurs de la santé et les Canadiens afin de faire progresser les mesures concrètes visant à résoudre la crise.

SI L’ON INSISTE SUR LES RESSOURCES HUMAINES EN SANTÉ IMPLIQUANT DES ENFANTS ET DES JEUNES …
• La COVID-19 a mis les systèmes de santé du Canada à rude épreuve, entraînant des pénuries de dotation en personnel et des arriérés de services, notamment ceux destinés aux enfants et aux jeunes.
• Le Gouvernement du Canada continue d’effectuer d’importants investissements qui aident les systèmes de santé provinciaux et territoriaux à s’attaquer aux arriérés des services de santé liés à la pandémie.
• Ces investissements visent à aider les provinces et les territoires à réduire les arriérés et à faire en sorte que les Canadiens, y compris les enfants et les jeunes, aient accès plus rapidement aux services dont ils ont besoin.
• Pour renforcer davantage les soins de santé, le gouvernement fédéral s'est engagé à faire progresser les priorités des Canadiens, notamment celles des enfants et des jeunes, en mettant l'accent sur un meilleur accès aux soins primaires et aux soins de santé mentale, aux soins dentaires, aux soins à domicile et aux soins communautaires, ainsi que sur l'utilisation efficace de données de haute qualité et de systèmes numériques.

SI L’ON INSISTE SUR LES DÉTAILS RELATIF À L’AUGMENTATION ET AU MAINTIEN DE L’OFFRE …
• Le gouvernement fédéral s’est engagé à collaborer avec des partenaires clés pour soutenir le recrutement et le maintien en poste du personnel de santé.
• Reconnaissant que l’immigration joue un rôle essentiel pour répondre aux besoins chroniques en ressources humaines dans le domaine de la santé, le budget 2022 a annoncé un investissement de 115 millions de dollars sur cinq ans, dont 30 millions de dollars en continu, pour élargir le Programme de reconnaissance des titres de compétences étrangers et aider jusqu’à 11 000 professionnels de la santé formés à l’étranger par an à faire reconnaître leurs titres et à trouver du travail dans leur domaine.

SI L’ON INSISTE SUR LE SOUTIEN À LA SANTÉ MENTALE ET À LA LUTTE CONTRE LA DÉPENDANCE POUR LES TRAVAILLEURS DE LA SANTÉ …
• Le gouvernement est très préoccupé par la santé mentale et le bien-être des Canadiens, ainsi que des travailleurs de première ligne qui travaillent sans relâche pour nous garder en sécurité et en santé.
• Au cours des deux dernières années, le gouvernement fédéral a investi plus de 290 millions de dollars dans le financement de la santé mentale des Canadiens.
• Il s’agit notamment d’investissements spécifiques destinés à lutter contre le SSPT et les traumatismes chez les travailleurs de première ligne et les travailleurs essentiels, ainsi que du portail « Espace mieux-être », qui comporte un service d’accès unique auquel les travailleurs de la santé peuvent accéder en envoyant le message texte PREMIERELIGNE pour un accès immédiat à des soutiens.

SI L’ON INSISTE SUR LES MESURES FÉDÉRALES POUR PROTÉGER LES TRAVAILLEURS DE LA SANTÉ CONTRE LE HARCÈLEMENT …
• Nous avons entendu de nombreuses histoires de médecins, d’infirmières et d’autres travailleurs de la santé qui ont été menacés et intimidés, en personne et en ligne. Ce comportement est totalement inacceptable.
• Notre gouvernement a pris des mesures pour protéger les travailleurs de la santé, en modifiant le Code criminel (en vertu de l’ancien projet de loi C-3), afin de faire en sorte que les travailleurs de la santé soient en sécurité et à l’abri des menaces, de la violence et du harcèlement.
• Tous les Canadiens, et en particulier les travailleurs de la santé, dont le but est d’aider les autres, méritent un environnement de travail sûr, exempt de violence et de menaces.

Contexte :

Le système de santé canadien traverse une crise sans précédent en matière de ressources humaines en santé. La pandémie de COVID-19 a amplifié bon nombre des défis auxquels est confronté le personnel de santé et il est bien entendu que la voie à suivre doit s’attaquer aux causes profondes de cette crise. Elle exigera des solutions transformatrices et novatrices à des problèmes qui existent depuis des années, ainsi que des niveaux de collaboration nouveaux et différents entre les gouvernements et les intervenants.

Collaboration FPT

Bien que le gouvernement fédéral fournisse un soutien financier aux provinces et aux territoires pour les services de santé, la responsabilité de la gestion des ressources humaines en santé incombe aux juridictions provinciales et territoriales et à leurs organismes de réglementation. Le gouvernement fédéral s’est engagé de façon continue avec ses homologues provinciaux et territoriaux dans la crise des ressources humaines en santé. Ce travail a inclut :

• Une meilleure compréhension des défis auxquels font face les travailleurs de la santé dans le cadre du Symposium sur les ressources humaines en santé organisé par Santé Canada en mai 2020, qui a inclus la participation des provinces et territoires .
• Identification collective des principaux domaines d’action (rétention, recrutement, planification et innovation)
• Considération d’approches pour accélérer le parcours des professionnels de la santé formés à l’étranger.
• Analyse des taux de postes vacants pour les principales professions afin de mieux comprendre l’état actuel et les tendances reliés à la main d’œuvre en santé.

• Santé Canada continuera de travailler en étroite collaboration avec les partenaires PT pour prendre les mesures concrètes nécessaires pour améliorer la situation de la main d’oeuvre en santé.

Investissements fédéraux récents

Le Transfert canadien en santé continue de fournir un soutien continu aux provinces et aux territoires dans la prestation des soins de santé. En 2023-2024, le Transfert canadien en santé prévoit budget fournir 49,3 milliards de dollars en soutien, une augmentation de 9,1% en comparaison avec 2022-2023.

En plus de ce financement continu, au cours des deux dernières années, le gouvernement fédéral a fourni un supplément ponctuel de six milliards de dollars aux provinces et aux territoires par le biais du Transfert canadien en matière de santé, distribué à parts égales par habitant, pour aider les provinces et les territoires à faire face aux pressions immédiates sur le système de soins de santé, incluant la réduction des retards dans les procédures médicales suite à la COVID-19.

Le budget 2021 a fourni 45 millions de dollars sur deux ans pour élaborer des normes nationales pour les services de santé mentale et de lutte contre la dépendance, qui fourniront des outils pour aider les fournisseurs de services de santé mentale à fournir des soins de haute qualité.

Le budget de 2021 a également accordé 960 millions de dollars sur trois ans à Emploi et Développement social Canada (EDSC) pour un nouveau Programme d’appui aux solutions sectorielles pour la main‑d’œuvre (PASSM) afin d’aider les Canadiens à accéder à la formation dont ils ont besoin pour accéder à des emplois dans des secteurs à forte demande, comme les soins de santé.

Le budget 2022 a réitéré l’engagement du gouvernement fédéral à réduire les obstacles au commerce intérieur et à la mobilité de la main-d’œuvre par des investissements ciblés, notamment :
• 115 millions de dollars sur cinq ans pour étendre le Programme de reconnaissance des titres de compétences étrangers et aider jusqu’à 11 000 professionnels de la santé formés à l’étranger par an à faire reconnaître leurs titres et à trouver du travail dans leur domaine.
• 26,2 millions de dollars pour améliorer l’exonération des prêts étudiants pour les fournisseurs qui exercent dans des communautés rurales et éloignées et étendre le programme au-delà des médecins et des infirmières.

Le gouvernement du Canada continue de fournir un soutien d’appoint, y compris des infirmières et des médecins, là où c’est nécessaire dans tout le pays pour répondre aux besoins critiques liés à la pandémie.

Autres mesures du gouvernement fédéral

La réponse fédérale à la crise des RHS est axée sur l’augmentation durable de l’offre de travailleurs de la santé et sur la création de milieux de travail plus sains pour favoriser le maintien en poste et la santé mentale des travailleurs de la santé. Parmi les autres mesures et investissements fédéraux récents, citons :

• Le 1er novembre 2022, le gouvernement du Canada a créé une Coalition d’action pour les travailleurs de la santé. La Coalition concentrera ses efforts sur l’élaboration d’approches permettant de stimuler l’action pancanadienne et de progresser dans la mise en œuvre des politiques, en s’appuyant sur des perspectives réelles.
• La Coalition, composée de représentants de groupes clés, notamment d’infirmières, de médecins, de préposés aux services de soutien à la personne, de collèges et d’universités, de patients et de communautés soucieuses d’équité, rendra compte au sous-ministre de la Santé.
• Le 24 août 2022, Santé Canada a annoncé la nomination de la Dre Leigh Chapman au poste d’infirmière en chef pour le Canada. Mme Chapman s’occupera des questions relatives aux soins infirmiers au niveau fédéral, tout en travaillant en étroite collaboration avec les provinces et les territoires, les intervenants et les organismes de réglementation.

Santé Canada continuera de collaborer étroitement avec d’autres ministères fédéraux, les provinces et territoires et les intervenants du système de soins de santé pour relever ces défis pressants en matière de personnel de santé.

Santé mentale

En septembre 2022, un rapport de la Commission sur la santé mentale a noté qu’il demeure essentiel de faire tomber les barrières culturelles et la stigmatisation de la santé mentale dans les organisations de soins de santé et de donner la priorité à la santé et à la sécurité psychologiques au-delà de la pandémie.

Le gouvernement du Canada continue de faire des investissements importants pour aider les systèmes de santé provinciaux et territoriaux à s’attaquer aux problèmes de santé mentale et à la capacité du système. Cela comprend des investissements dans le cadre du budget 2017 qui prévoyaient cinq milliards de dollars sur 10 ans pour améliorer l’accès des Canadiens aux services de santé mentale. L’établissement d’un Transfert canadien en matière de santé mentale s’appuiera sur ces accords pour fournir une source permanente et continue de fonds pour les services de santé mentale.

Le 28 juin 2022, le gouvernement du Canada a annoncé un investissement de 28,2 millions de dollars dans neuf projets visant à lutter contre le TSPT et les traumatismes chez les travailleurs de première ligne et les travailleurs essentiels, ainsi que chez d’autres personnes dont la santé mentale a été considérablement affectée par la pandémie de COVID-19.
• Ces projets permettront de mettre en œuvre et de faire l’essai d’interventions, de développer des ressources pour les populations touchées ou à risque, et de créer des ressources et des conseils pour les prestataires de services et les organisations.
• L’investissement facilitera également la mise en place d’un Carrefour de développement et d’échange des connaissances, qui utilisera les données de ces projets pour contribuer aux interventions en matière de santé mentale et améliorer les politiques et les pratiques de santé publique au Canada.

Renseignements supplémentaires :

Il n’y a pas assez de travailleurs de la santé pour répondre à la demande actuelle de services.
• Cette année seulement, les postes vacants dans les professions infirmières ont atteint un niveau record entre avril et juin 2022, avec 23 600 postes vacants parmi les infirmières autorisées et les infirmières psychiatriques autorisées, ainsi que 10 800 postes vacants parmi les infirmières auxiliaires autorisées. Le taux de postes vacants dans le secteur des soins de santé et de l’assistance sociale était de 6,4 % pour l’ensemble du Canada en août.
• La pénurie devrait s’aggraver.
• Une enquête menée auprès des infirmières et infirmiers de l’Ontario a révélé qu’entre les départs à la retraite prévus et les départs postpandémiques anticipés, la main-d’œuvre pourrait connaître une perte de 15,6 % dans la profession infirmière au cours de la prochaine année (2022-2023).
• Selon un rapport publié en septembre 2022 par la Commission de la santé mentale du Canada et portant sur le soutien à l’autogestion psychologique et la protection contre la détresse morale au travail, 40 % des travailleurs de la santé sont épuisés, 50 % ont l’intention de quitter la profession et seulement 60 % sont satisfaits de la qualité des soins qu’ils fournissent.
• 14,5 % des Canadiens n’ont pas de fournisseur de soins de santé primaires. Non seulement cela nuit à la santé et au bien-être des Canadiens, mais cela crée des problèmes dans d’autres domaines du système de santé.
• En l’absence d’un prestataire de soins de santé primaires, les salles d’urgence deviennent la seule option accessible pour obtenir des soins de santé - en 2020, 38 % des Canadiens ont déclaré que leur dernière visite aux urgences concernait une affection pouvant être traitée par les soins de santé familiaux.
• En raison du manque de personnel et d’espace physique pour faire face à l’augmentation du nombre de patients, les services d’urgence des hôpitaux du pays ont dû fermer temporairement leurs portes, en particulier dans les zones rurales.
• Près de 90 % des Canadiens ont indiqué que la lutte contre la pénurie de médecins et d’infirmières devrait être une priorité absolue ou élevée dans un sondage mené par le Bureau du Conseil privé en février 2022.