Note pour la période des questions : Résistance aux antimicrobiens
About
- Numéro de référence :
- MH-2022-QP-0074
- Date fournie :
- 14 déc. 2022
- Organisation :
- Santé Canada
- Nom du ministre :
- Duclos, Jean-Yves (L’hon.)
- Titre du ministre :
- Ministre de la Santé
Enjeu ou question :
N/A
Réponse suggérée :
• La résistance aux antimicrobiens est devenue l'une des principales causes de décès et l'Organisation mondiale de la Santé l'a désignée comme étant une menace importante à la santé mondiale. Une action coordonnée « Une seule santé » dans les secteurs de la santé humaine et animale et de l’environnement est nécessaire pour faire face à la menace croissante pour les Canadiens et notre système de santé. Le gouvernement du Canada reconnaît que la résistance aux antimicrobiens augmente dans le monde et qu’elle constitue une menace grave et grandissante pour la santé humaine, la santé des animaux et leur environnement commun.
• Nous nous sommes engagés à travailler avec nos partenaires afin de prendre des mesures accrues et accélérées pour surveiller, prévenir et atténuer la menace grave et croissant de la RAM et préserver l’efficacité des antimicrobiens sur lesquels les Canadiens comptent au quotidien.
• En octobre 2021, l’Agence de la santé publique du Canada a créé un groupe de travail spécialisé sur la RAM pour motiver les progrès par rapport aux politiques, aux programmes et aux mesures pour lutter contre la RAM, tant à l’échelle nationale qu’internationale.
• Nous avons identifié deux grandes priorités qui auront le plus grand impact dans la lutte contre la RAM : garantir l’accès à de nouveaux antimicrobiens pour les Canadiens, et la préserver l’efficacité des antimicrobiens existants et nouveaux.
• Le gouvernement du Canada fait des progrès dans ces deux domaines. Des investissements importants ont été effectués dans la recherche liée à des domaines comme la découverte d’antimicrobiens, les solutions de rechange et les diagnostics. Nous entreprenons également une évaluation exhaustive des incitatifs économiques qui sont les plus susceptibles d’encourager l’entrée sur le marché et la commercialisation durable des antimicrobiens à valeur élevée au Canada.
• Parallèlement à la garantie de l’accès aux antimicrobiens, nous prenons des mesures pour préserver l’efficacité des antimicrobiens vitaux dont nous disposons actuellement.
• Dans le cadre du budget 2021, le gouvernement s’est engagé à fournir plus de 28 millions de dollars sur cinq ans, à compter de 2021-2022, pour élargir les efforts dans les principaux domaines de surveillance, y compris l’intégration des eaux usées dans notre surveillance de l’usage des antimicrobiens, tirant parti du succès et de l'expérience du Canada quant à la surveillance des eaux usées dans le contexte de la COVID-19.
• De plus, nous utilisons la recherche sur l’opinion publique et la science comportementale pour mieux comprendre ce que les Canadiens connaissent de la RAM et de l’utilisation des antimicrobiens. Nous tirerons profit des données et des tendances en matière de surveillance pour non seulement mieux cibler les initiatives de sensibilisation du public, mais également pour mettre en œuvre des politiques et des pratiques de gestion réussies.
• Le contexte pandémic actuel de la COVID-19 nous a démontré l’importance d’un système de santé publique bien préparé et capable de s’adapter. Investir davantage dans les efforts de lutte contre la RAM permettra de s’assurer que le Canada traite cette menace croissante de façon efficace afin de mieux protéger la population canadienne contre la RAM.
Si on insiste : sur le travail effectué par les scientifiques du gouvernement pour régler le problème urgent de la résistance aux antibimicrobiens
• Le gouvernement du Canada est conscient de la menace croissante de la RAM pour la santé publique mondiale et s’est engagé à prendre des mesures accrues et accélérées pour atténuer son émergence et sa propagation.
• La pandémie de la COVID-19 nous a démontré qu’une réponse efficace à une crise de santé exige une action concertée avec nos partenaires nationaux et internationaux et dans l’ensemble des secteurs d’Une seule santé.
• La RAM est une pandémie silencieuse à laquelle nous pouvons nous préparer dès maintenant.
• Il est donc essentiel de travailler ensemble de façon coordonnée et de tirer parti des systèmes, des processus, de l’infrastructure et, surtout, des relations établis pendant la pandémie de la COVID-19 pour réaliser des progrès significatifs en matière de la RAM.
• La stratégie du gouvernement en matière de la RAM vise à assurer l’accès aux antimicrobiens dont les Canadiens ont besoin et à préserver l’efficacité des antimicrobiens existants et nouveaux. Ces deux éléments clés sont essentiels afin de réduire les effets néfastes de la RAM en matière de santé et ses impacts socioéconomiques, tant à l’échelle nationale qu’à l’échelle internationale.
• Au niveau national, nous travaillons en étroite collaboration avec nos partenaires fédéraux, provinciaux et territoriaux, l’industrie et d’autres parties prenantes afin de faire progresser les initiatives qui peuvent avoir le plus grand impact sur les populations les plus vulnérables aux maladies infectieuses et aux effets de la RAM. Cela comprend la détection, la compréhension et la prise de mesures indormée par les données recueillies par le biais de la surveillance dans l’ensemble du Canada et des secteurs humain et animal, ce que le gouvernement a appuyé dans le budget de 2021.
• À l’échelle internationale, nous continuons de travailler en collaboration avec nos partenaires mondiaux et les institutions multilatérales pour accroître la sensibilisation et l’élan actuel dans la lutte contre la RAM, et d’agir de façon concertée dans le but de créer un système mondial de préparation aux pandémies qui est efficace et qui appuie les besoins des personnes les plus à risque.
Contexte :
Les antibiotiques sur lesquels nous comptons pour traiter des infections courantes perdent graduellement de leur efficacité, ce qui entraîne des maladies graves et des décès. Déjà, une infection bactérienne sur quatre est résistante à la première ligne de traitement antibiotique. Au Canada en 2018, on estime que la résistance aux antimicrobiens (RAM) s'est soldée par 5 400 décès, des coûts de 1,4 milliard de dollars pour le système de soins de santé et une perte de 2 milliards de dollars pour le PIB. Si les tendances actuelles en matière de RAM ne sont pas contrôlées, les coûts cumulatifs d'ici 2050 pourraient être aussi élevés que 396 000 décès, 120 milliards de dollars pour les soins de santé et 388 milliards de dollars pour le PIB.
Il y a un élan durable selon lequel il faut lutter contre la RAM grâce à la collaboration et à la prise de mesures concertées, à la fois à l'échelle nationale et internationale.
Mesures et investissements du gouvernement du Canada
Le gouvernement du Canada, par le biais du budget de 2021, s’est engagé à verser 28,6 millions de dollars sur cinq ans, à compter de 2021-22, et 5,7 millions de dollars par année par la suite, à l’Agence de la santé publique du Canada, à Santé Canada et à l’Agence canadienne d’inspection des aliments. Ces investissements soutiendront les efforts visant à prévenir l’utilisation inappropriée des antimicrobiens et à étendre les efforts de surveillance de l’émergence de la résistance aux antimicrobiens au Canada.
Un groupe de travail sur la RAM a été mis sur pied au sein de l’ASPC afin d’établir une orientation claire pour les initiatives sur la RAM dans l’ensemble des ministères et des organismes fédéraux. Le groupe de travail sur la RAM dirigera et coordonnera les mesures fédérales de lutte contre la RAM, et mobilisera les partenaires et groupes d’intervenants nationaux et internationaux et collaborera avec eux dans le but d’optimiser l’efficacité des mesures prises en matière de RAM.
Le gouvernement du Canada a décrit son engagement à combattre la RAM dans le Cadre fédéral sur la RAM et son Plan d’action connexe, et ce, dans le cadre d’une approche « Une seule santé ». En juillet 2018, le premier rapport d’étape sur le Plan d’action fédéral a été publié.
Reconnaissant qu’il ne peut pas réduire la menace de la RAM à lui seul, et en accord avec nos partenaires internationaux, le gouvernement du Canada a dirigé les efforts avec les provinces, les territoires et les intervenants pour élaborer le cadre pancanadien sur la RAM, lequel a été publié en septembre 2017. Des travaux sont en cours pour préparer un plan d’action pancanadien sur la RAM afin de déterminer les mesures optimales et concrètes pour traiter ce problème complexe dans les secteurs de la santé humaine, de la santé animale et de l’agroalimentaire. Ces travaux ont été entrepris en consultation avec les partenaires provinciaux et territoriaux et les intervenants clés, ainsi qu’avec leur contribution. L’accent mis par les provinces et les territoires sur l’intervention face à la pandémie de COVID-19 a ralenti le parachèvement du Plan d’action. L’ASPC travaille étroitement avec les ministères fédéraux, les provinces et les territoires pour déterminer la voie à suivre afin de s’assurer que les gouvernements et les intervenants peuvent faire progresser les mesures prioritaires en matière de RAM à court et à moyen terme.
Le gouvernement du Canada, par l’intermédiaire des Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC), dirige les efforts de recherche du Canada et est un chef de file mondial sur la recherche de la résistance aux antimicrobiens. Au cours des cinq dernières années, les Instituts de recherche en santé du Canada ont investi plus de 138 millions de dollars dans la recherche liée à la résistance aux antimicrobiens afin de renforcer la recherche dans des domaines tels que la découverte d’antimicrobiens, l’identification de cibles de médicaments, les alternatives, les diagnostics, la surveillance et l’intendance.
Les IRSC sont également un membre fondateur et un important bailleur de fonds de l’Initiative de programmation conjointe sur la résistance aux antimicrobiens (IPCRAM) – une collaboration de 28 États membres visant à coordonner la recherche sur la RAM afin de réduire à long terme les niveaux de résistance et d’obtenir de meilleurs résultats en matière de santé publique. Par l’entremise des IRSC, le Canada dirige la mise sur pied de l’Institut de recherche virtuel de l’IPCRAM – un réseau virtuel mondial de chercheurs, d’installations et d’infrastructures de recherche sur la RAM.
Le gouvernement du Canada participe aux forums internationaux, comme ceux du G7, du G20, de l’Organisation mondiale de la Santé et des Nations Unies, pour faire avancer l’enjeu de la RAM et d’autres priorités avec ses partenaires aux vues semblables. Lors de l’appel des ministres de la Santé du G7, le 17 novembre 2021, et celui des ministres des Finances du G7, le 13 décembre 2021, le Canada a soutenu les déclarations appelant au déploiement d’efforts en vue de promouvoir l’évaluation appropriée des antimicrobiens et d’accroître l’importance des options pour améliorer les réseaux d’approvisionnement en antimicrobiens. Sur le plan opérationnel, le gouvernement fédéral prend part à de nombreux groupes techniques pour traiter les problèmes liés à la RAM et à l’emploi d’antimicrobiens ayant trait à la santé humaine, à la santé animale et à la production d’aliments.
Modifications réglementaires et politiques
En 2017, des modifications ont été apportées au Règlement sur les aliments et drogues, notamment des changements de politique dans le cadre des outils réglementaires existants pour combler les lacunes dans la réglementation des médicaments vétérinaires afin de soutenir l’utilisation prudente des antimicrobiens importants sur le plan médical chez les animaux en :
• contrôlant l’importation de médicaments vétérinaires pour usage personnel;
• améliorant la surveillance de l’importation et de la qualité des ingrédients pharmaceutiques actifs à usage vétérinaire;
• facilitant l’accès aux produits de santé vétérinaire à faible risque en tant qu’outils supplémentaires afin d’améliorer la santé et le bien-être des animaux;
• exigeant des rapports sur les ventes d’antimicrobiens vétérinaires pour soutenir la surveillance de la résistance;
• supprimant les allégations relatives à la stimulation de la croissance sur les antimicrobiens importants sur le plan médical;
• renforçant la surveillance vétérinaire avec l’obligation de prescriptions avant la vente de tous les antimicrobiens importants sur le plan médical.
Santé Canada continue de travailler avec d’autres partenaires fédéraux pour mettre l’accent sur l’amélioration de la santé et du bien-être des animaux afin de réduire le recours à l’utilisation systématique des antimicrobiens chez les animaux. En 2020, Santé Canada a publié une approche fondée sur le risque pour déterminer si la disponibilité des antimicrobiens en médecine vétérinaire peut contribuer à la RAM chez les humains (c’est-à-dire si elle augmente le risque que les antimicrobiens deviennent inefficaces pour traiter les infections chez les humains).
De plus, Santé Canada tient à jour une liste des pathogènes d’intérêt qui sert à informer les entreprises des pathogènes bactériens qui ont le plus besoin de produits thérapeutiques novateurs au Canada. Santé Canada a également parrainé un défi du programme Solutions innovatrices Canada, et offre jusqu’à 1 million de dollars aux innovateurs et aux entrepreneurs pour appuyer le développement de nouveaux outils diagnostiques conviviaux et rentables au point de service pour aider à combattre la hausse de la RAM.
Renseignements supplémentaires :
• La résistance aux antimicrobiens (RAM) est l’un des 10 enjeux principaux de santé publique mondiale et le Canada doit être prêt à affronter cette menace.
• La RAM se caractérise par une diminution de l’efficacité des médicaments antimicrobiens dans le traitement d’une infection. Au Canada, la RAM augmente à un rythme alarmant, avec 26 % des infections au Canada déjà résistantes au traitements antimicrobiens de première ligne.
• La résistance peut avoir de graves conséquences car l'utilisation d'antimicrobiens chez les humains, les animaux ou l'environnement peut avoir un impact sur la santé des trois secteurs, ce qui en fait un problème relevant de l’approche « Une seule santé ».
• Les antimicrobiens ont grandement permis de faire progresser la médecine et de sauver des vies. Sans antimicrobiens efficaces, notre capacité à combattre les maladies infectieuses diminuera considérablement. Des interventions médicales courantes, comme les césariennes, les remplacements d’articulations et même les traitements de chimiothérapie qui dépendent des antibiotiques deviendront plus risqués pour les Canadiens.
• Une étude publiée en 2022 a révélé que la RAM est désormais l'une des principales causes de décès dans le monde. On estime qu'elle a provoqué plus de 1,2 million de décès en 2019. L'étude a reçu beaucoup d'attention médiatique, sonnant l'alarme au sujet de la prochaine menace à la santé publique.
• À l'échelle internationale (p. ex., G7 et G20), on accorde de plus en plus d'attention à l'urgent besoin de lutter contre la RAM. La présidence, assurée par l’Allemagne, du G7 en 2022 a cerné trois priorités en santé, dont le contrôle de la RAM. Le Canada accuse du retard par rapport à ses partenaires internationaux, qui prennent des mesures agressives et tangibles pour s'attaquer à la RAM. Le Canada s'est classé au dernier rang des pays du G7 dans une étude de 2021 sur l'état de préparation pour faire face à la RAM.
• Au niveau national, la Coalition canadienne pour l'innovation antimicrobienne (CCIA) et l'Université McMaster ont récemment publié un nouveau rapport intitulé « Antibiotic access and capacity: A grassroots solution to improving patient access to novel antibiotics in Canada (L'accès aux antibiotiques et la capacité : une solution communautaire pour améliorer l'accès des patients à de nouveaux antibiotiques au Canada). » Le rapport met en lumière la gravité de la RAM, ses répercussions sur le système de soins de santé du Canada et la nécessité de privilégier une action coordonnée de plusieurs disciplines et secteurs afin d'améliorer l'accès aux antimicrobiens grâce à des mesures incitatives et à des modifications de la réglementation.
• En 2018, on estime que 15 décès par jour étaient directement attribuables à la RAM. Les coûts économiques de la RAM sont aujourd’hui estimés à 2 milliards de dollars, et l’on prévoit qu’ils atteindront 20 milliards de dollars d’ici 2050.
• Des mesures concertées au moyen de l’approche « Une seule santé », qui tient compte des liens entre la santé des personnes, des animaux et de l’environnement, sont nécessaires pour lutter contre la RAM.