Note pour la période des questions : Mode de vie sain et obésité

About

Numéro de référence :
MH-2022-QP-0089
Date fournie :
14 déc. 2022
Organisation :
Santé Canada
Nom du ministre :
Duclos, Jean-Yves (L’hon.)
Titre du ministre :
Ministre de la Santé

Enjeu ou question :

N/A

Réponse suggérée :

• Les niveaux d’obésité au Canada, en particulier chez les enfants, restent élevés, ce qui entraîne des risques immédiats et sur le long terme pour la santé. L'augmentation du coût de la vie, y compris le coût des aliments, a posé des obstacles supplémentaires à une vie saine pour de nombreuses familles. De plus, la stigmatisation liée à l'obésité reste une préoccupation, avec des impacts négatifs sur la santé physique et mentale Ce gouvernement reconnaît l’importance de promouvoir un poids santé, en particulier auprès des enfants et des jeunes, pour aider à prévenir les maladies chroniques et autres problèmes de santé, y compris ceux qui surviennent plus tard dans la vie. Une vie active et saine a des effets positifs sur la santé physique et mentale; à l'inverse, la stigmatisation liée à l'obésité peut avoir des effets négatifs sur la santé physique et mentale des enfants et des jeunes.
• La pandémie a rendu plus difficile pour de nombreux enfants et familles de mener une vie saine et active. Des facteurs tels que les routines perturbées (pour dormir, manger, etc.), le contexte d'apprentissage en ligne et l'accès limité aux programmes scolaires et communautaires de sports et de loisirs comptent parmi les contributeurs uniques.
• Notre gouvernement, de même que les provinces et les territoires, travaillent avec les secteurs privés et sans but lucratif pour aider les enfants, les jeunes et leurs familles à adopter et à maintenir des comportements sains, comme l'activité physique et des habitudes alimentaires nutritives. En même temps, nous nous efforçons de réduire la stigmatisation liée au poids, qui est omniprésente et représente un problème de santé publique à part entière.
• Nous soutenons également les initiatives communautaires en faveur de la santé des jeunes familles et de leurs enfants afin d’améliorer la santé et le bien-être général des enfants, de promouvoir un mode de vie sain et d’aider à prévenir les maladies chroniques chez tous les Canadiens.

Contexte :

La taille et le poids des individus sont influencés par un large éventail de facteurs individuels, communautaires et sociétaux. Certains de ces facteurs sont en quelque sorte sous le contrôle d'un individu (par exemple, l'activité physique, l'alimentation, etc.), bien que beaucoup ne le soient pas (par exemple, l'accessibilité à des aliments sains, les caractéristiques de l'environnement bâti dans leur communauté, la génétique, les conditions de santé, etc.).

Avant la pandémie, un enfant ou jeune Canadien sur trois était en surpoids ou obèse; ces taux étant encore plus élevés chez les enfants autochtones. De plus en plus, les enfants obèses sont diagnostiqués avec une gamme de troubles de la santé qui, auparavant, étaient presque exclusivement observés chez les adultes : diabète de type 2, taux élevé de cholestérol, hypertension artérielle, apnée du sommeil et problèmes d’articulations.

Les premières données recueillies depuis la pandémie montrent des changements significatifs dans les niveaux d’activité physique et de sédentarité des jeunes. Selon des données préliminaires recueillies par Statistique Canada à l’automne 2020, le pourcentage de jeunes âgés de 12 à 17 ans qui ont déclaré respecter les recommandations en matière d’activité physique a chuté de manière significative, passant de 50,8 % à 37,2 % entre l’automne 2018 et l’automne 2020. Dans les chiffres, cela se traduit une baisse de 7 minutes du temps quotidien consacré à des activités physiques récréatives et de 12 minutes du temps moyen consacré à l’activité physique en milieu scolaire.

Les données du programme ParticipACTION montrent une augmentation encore plus importante du temps passé devant les écrans pendant la pandémie. Dans un sondage national, ParticipACTION a constaté qu'environ un enfant sur dix respectait les recommandations de temps d'écran pendant la pandémie. Cela se compare aux environ cinq enfants sur dix déclarés dans les Indicateurs de l'activité physique, du comportement sédentaire et du sommeil de l'ASPC de l'Enquête canadienne sur les mesures de la santé 2018-2019 recueillis avant la pandémie.

D'autres données seront disponibles pour analyse à l'automne 2022.

Les préjugés liés au poids, qui sont la stigmatisation et la discrimination fondées sur la taille et le poids corporels, sont pertinents pour les discussions sur les modes de vie sains et le poids. Les préjugés liés au poids sont très répandus dans notre société et affectent les personnes de tous âges. L'intimidation, ce qui inclue la violence verbale et l’exclusion sociale, fondée sur le poids est l'une des façons dont les préjugés liés au poids se manifestent chez les enfants et les jeunes.

Programme des modes de vie sains
L’ASPC soutient également des initiatives communautaires visant à améliorer les comportements liés à la santé et à lutter contre les inégalités en santé au sein des populations prioritaires qui risquent davantage de développer des maladies chroniques. En particulier, le Fonds pour la santé des Canadiens et des communautés de l’ASPC investit environ 20 millions de dollars par année et obtient des fonds supplémentaires de partenaires pour soutenir des projets axés sur les facteurs de risque communs, notamment l’inactivité physique, une mauvaise alimentation et le tabagisme, associés aux principales maladies chroniques que sont le diabète, les maladies cardiovasculaires et le cancer. Parmi les nombreux projets financés par le Fonds pour la santé des Canadiens et des communautés, on peut citer les Directives canadiennes en matière de mouvement sur 24 heures pour la petite enfance (0 à 4 ans) et pour les enfants et les jeunes (5 à 17 ans).

L’ASPC finance également des programmes communautaires visant à promouvoir la santé des femmes enceintes, des jeunes enfants et de leurs familles. Destinés aux populations confrontées à des obstacles à l’équité en matière de santé, ces programmes favorisent un départ sain dans la vie en promouvant la santé et le bien-être général des enfants. Cela comprend la promotion d’un poids santé par le biais de programmes liés à la nutrition, à une alimentation saine et aux compétences alimentaires, à la sécurité alimentaire, au soutien à l’allaitement, à l’activité physique et à la promotion de la santé mentale.

• Ces programmes comprennent notamment:
Le Programme d’action communautaire pour les enfants (PACE) soutient, à hauteur de 54,1 millions de dollars par an, des groupes communautaires dans le développement et le déploiement de programmes de prévention et d’intervention précoce complets et culturellement adaptés pour les enfants vulnérables âgés de 0 à 6 ans. Grâce à environ 400 projets financés, le PACE touche chaque année plus de 225 000 participants à travers le Canada. Les participants au PACE font état d’une amélioration des capacités parentales, ainsi que du bien-être physique et mental, des compétences sociales et du développement global des enfants concernés.

• Le Programme canadien de nutrition prénatale (PCNP) soutient, à hauteur de 26,5 millions de dollars par an, des groupes communautaires en vue d’améliorer la santé des femmes enceintes vulnérables et de leurs nourrissons. Par le biais d’environ 240 projets financés, le PCNP touche chaque année plus de 45 000 participants à travers le Canada. La participation au PCNP est associée à des taux d’allaitement plus élevés, à un meilleur apport vitaminique prénatal, à une réduction du tabagisme et de la consommation d’alcool, et à une meilleure santé physique et mentale des mères et de leurs nourrissons.

• Le Programme Petite enfance en santé finance, à hauteur de 2,2 millions de dollars par an, l’amélioration de programmes de promotion de la santé de la petite enfance dans les communautés de langue officielle en situation minoritaire (CLOSM). L’objectif du programme Petite enfance en santé est de soutenir les communautés dans l’élaboration de programmes complets, culturellement et linguistiquement adaptés, visant à améliorer la santé et le développement des enfants (0 à 6 ans) et de leurs familles vivant dans les CLOSM. Les financements disponibles sont versés à des organismes communautaires par le biais de deux bénéficiaires de financement, l’un desservant la population francophone minoritaire résidant à l’extérieur du Québec et l’autre desservant la population anglophone minoritaire au Québec.

• Le Programme d’aide préscolaire aux Autochtones dans les collectivités urbaines et nordiques (PAPACUN) soutient, à hauteur de 32,1 millions de dollars par an, des organisations communautaires indigènes dont la mission est de proposer des programmes d’intervention précoce aux enfants indigènes et à leurs familles vivant hors réserve. De plus, grâce à des investissements supplémentaires récents dans l’initiative Apprentissage et garde des jeunes enfants autochtones, le programme PAPACUN recevra un montant supplémentaire de 122,9 millions de dollars au cours des cinq prochaines années, avec un engagement de financement continu par la suite, afin de soutenir et d’accroître les activités dans les communautés urbaines et nordiques. Chaque année, le PAPACUN touche environ 4 600 enfants indigènes sur 134 sites à travers le Canada. Les évaluations du programme font état d’un effet positif du programme PAPACUN sur la maturité scolaire des enfants bénéficiaires, à travers l’amélioration de leurs compétences linguistiques, sociales, motrices et académiques. Les résultats démontrent également l’efficacité du programme dans l’amélioration de la littératie culturelle et des comportements de promotion de la santé, ainsi que dans l’amélioration de l’accès aux services de santé pour les enfants indigènes et leurs familles.

• En complément de la subvention au commerce de détail de Nutrition Nord Canada (NNC), le volet Initiatives d’éducation en matière de nutrition de NNC propose des financements aux communautés isolées du Nord admissibles pour leur permettre de proposer des activités d’éducation culturellement adaptées et fondées sur les besoins des communautés en matière de nutrition. Le financement est géré par Services aux Autochtones Canada (SAC) et l’ASPC (pour les 10 communautés non autochtones et non inuites qui ne relèvent pas du mandat de SAC).

• La Subvention de santé scolaire pour les jeunes offre aux jeunes âgés de 13 à 19 ans et inscrits de la 9e à la 12e année, la possibilité de demander une petite subvention (1 500 $, 2 500 $ ou 3 500 $) pour élaborer et mettre en œuvre des projets et des initiatives visant à promouvoir une vie saine dans leur école. Les projets dirigés par des jeunes doivent s’aligner sur au moins une des quatre priorités suivantes : saine alimentation et nutrition; activité physique; santé mentale positive et bien-être; consommation de substances et méfaits connexes. Les jeunes peuvent également envisager la réalisation de projets visant des questions liées à la COVID-19, pour autant que leur projet soit toujours lié à une ou plusieurs des quatre priorités énumérées ci-dessus. Ce programme prévoit l’octroi de 20 à 40 subventions aux jeunes en 2022-2023.

Amélioration de l’analyse des données
L’Agence de la santé publique du Canada (ASPC) surveille les comportements et les facteurs qui ont une incidence sur des modes de vie sains au moyen du Cadre conceptuel de l’activité physique, du comportement sédentaire et du sommeil, et des indicateurs des maladies chroniques au Canada. Au fur et à mesure que de nouvelles données recueillies pendant la pandémie seront disponibles, notamment par le biais de l'étude sur les comportements de santé des enfants d'âge scolaire financée par l'ASPC, de l'Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes et d'autres enquêtes nationales pertinentes, ces indicateurs permettront de mieux décrire l’incidence de la pandémie, y compris la perte des déplacements actifs vers le travail ou l’école et les restrictions d’auto-isolement, sur les comportements de déplacement des Canadiens.
Avant la pandémie de COVID-19, les données relatives aux enfants et aux jeunes présentaient déjà des lacunes importantes. À mesure que les efforts s’intensifient pour recueillir des données opportunes et complètes sur ces populations, l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC) veille à garantir que les données recueillies permettent de décrire de façon appropriée les impacts à plus long terme de la COVID-19 et que les informations puissent être ventilées pour des populations spécifiques, y compris pour les enfants et jeunes de diverses origines, ainsi que pour ceux se trouvant en état de vulnérabilité (p. ex., les communautés à faible revenu).

En partenariat avec Statistique Canada, les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) et l’Offord Centre for Child Studies de l’Université McMaster, l’ASPC travaille à l’élaboration du deuxième cycle de l’Enquête canadienne sur la santé des enfants et des jeunes (ECSEJ). Celle-ci portera sur un large éventail de sujets, dont les modes de vie sains et le poids santé, ainsi que sur les impacts plus larges de la COVID-19 sur la santé. Ce nouveau cycle de l’ECSEJ, qui vise à combler un manque crucial de données sur les enfants et les jeunes, sera disponible début 2024. L’investissement de l’ASPC dans le deuxième cycle de l’ECSEJ s’élèvera à 4,55 millions de dollars sur trois ans (2021-22 à 2023-24).

De plus, l’ASPC dirige l’Initiative pancanadienne sur les inégalités en santé (IPIS), qui vise à renforcer la mesure, la surveillance et le signalement des inégalités en santé au Canada afin d’éclairer les programmes et les politiques de vie saine qui ciblent les groupes de population prioritaires.

Autres initiatives associées
Le Cadre pour le diabète au Canada (le Cadre) a été déposé par le ministre fédéral de la Santé le 5 octobre 2022 en réponse à la Loi sur le cadre national pour le diabète, qui a été adoptée en juin 2021. Le Cadre vise à fournir une orientation stratégique commune pour lutter contre le diabète au Canada, notamment pour les populations présentant un risque élevé de développer le diabète, les personnes vivant avec le diabète et leurs soignants, les populations autochtones, les organisations non gouvernementales, les professionnels de la santé, les chercheurs et tous les niveaux de gouvernement. Elle jette les bases d'une action concertée et complémentaire de tous les secteurs de la société pour améliorer l'accès à la prévention et au traitement du diabète et assurer de meilleurs résultats pour la santé des personnes vivant au Canada.

Annoncée en octobre 2016, la stratégie en matière de saine alimentation vise à améliorer l’environnement alimentaire au Canada pour faire en sorte que le choix le plus sain soit plus facile à faire pour les Canadiens. Depuis le lancement de la stratégie en matière de saine alimentation, le Canada a révisé le Guide alimentaire canadien et a introduit une interdiction des graisses trans industrielles. Santé Canada a également mis au point les mises à jour du tableau de la valeur nutritive et de la liste des ingrédients sur les aliments emballés. En outre, la stratégie en matière de saine alimentation comprend des initiatives visant à renforcer l’étiquetage nutritionnel et à restreindre la publicité de certains aliments et boissons destinés aux enfants.

Le 27 janvier 2022, Infrastructure Canada a ouvert les candidatures pour le Fonds pour le transport actif, doté de 400 millions de dollars, afin d’investir, entre autres, dans des projets de construction de réseaux nouveaux et élargis de sentiers, de pistes cyclables, de sentiers et de passerelles pour piétons. Ce financement présente le potentiel d’augmenter considérablement les niveaux d’activité physique chez les enfants, les jeunes et les adultes au Canada en améliorant les possibilités de transport actif.

En 2020, la ministre de la Santé a lancé l’Espace Mieux-être Canada, un portail sur la santé mentale et la consommation de substances, qui offre gratuitement aux Canadiens des ressources et du soutien en matière d’activité physique, notamment des renseignements sur le maintien d’un mode de vie sain, ainsi que l’accès à des travailleurs de soutien par les pairs, des travailleurs sociaux, des psychologues et d’autres professionnels.

Renseignements supplémentaires :

• Les niveaux d’obésité au Canada étaient déjà élevés avant la pandémie, un enfant sur trois et deux adultes sur trois étaient alors considérés comme étant en surpoids ou obèses.
• Les premiers résultats suggèrent que les niveaux d'activité physique des jeunes ont chuté de manière significative pendant la pandémie de COVID-19, en particulier les activités récréatives et scolaires. De plus, les preuves indiquent une augmentation significative du temps passé devant un écran pour les enfants et les jeunes.
• L'insatisfaction à l'égard de son poids ou de sa forme et des relations malsaines avec la nourriture et l’activité physique peuvent contribuer à des troubles de l'alimentation (p. impliquer un diagnostic clinique ; reflète un trouble de l'alimentation plus grave ou chronique). Les troubles de l'alimentation, tels que l'anorexie mentale, sont des maladies mentales graves avec une morbidité et une mortalité significatives. Les troubles du comportement alimentaire et les troubles de l’alimentation affectent les individus de toutes tailles.
• Les données nationales de l'Institut Canadien d'Information sur la Santé publiées au début de mai 2022 montrent que les visites à l'hôpital pour troubles de l'alimentation ont augmenté de près de 60 % chez les filles âgées de 10 à 17 ans au cours de la première année de la pandémie, une période au cours de laquelle les soins hospitaliers ont globalement diminué. Les personnes vivant dans des quartiers moins riches avaient des taux plus élevés de visites aux urgences et d'hospitalisations pour des raisons de santé mentale dans l'ensemble. Cela a été inversé pour les soins hospitaliers pour les troubles de l'alimentation - ceux qui vivent dans les quartiers les plus riches avaient des taux d'hospitalisation plus élevés, ce qui suggère un meilleur accès au traitement et aux soins.