Note pour la période des questions : Virus Respiratoir Syncytial
About
- Numéro de référence :
- MH-2022-QP-0107
- Date fournie :
- 14 déc. 2022
- Organisation :
- Santé Canada
- Nom du ministre :
- Duclos, Jean-Yves (L’hon.)
- Titre du ministre :
- Ministre de la Santé
Enjeu ou question :
N/A
Réponse suggérée :
• Cet automne, une hausse des hospitalisations pédiatriques attribuables au virus respiratoire syncytial (VRS) est signalée partout aux États-Unis, et certains hôpitaux pédiatriques indiquent être « surchargés ». Plusieurs facteurs contribuent à cette situation, y compris un manque d’exposition normale au virus chez les enfants pendant la pandémie de COVID-19.
• Une hausse semblable a été observée au Canada mais semble se stabiliser (1944 cas détectés; 7,6 % de cas positifs dans la semaine se terminant le 19 novembre 2022). L’activité du VRS reste supérieure aux niveaux prévus, ce qui exerce une pression sur les hôpitaux pédiatriques au Canada, mais se rapproche des niveaux typiques de cette période de l'année.
• Au Canada, l'activité de la grippe est actuellement la plus élevée et augmente, surtout chez les enfants et les adolescents, ce qui aggrave la pression déjà exercée sur les hôpitaux pédiatriques.
• La santé et la sécurité de la population canadienne sont la priorité absolue du gouvernement.
• L’Agence de la santé publique au Canada surveille le VRS. Sur la base des données de surveillance de la semaine se terminant le 19 novembre 2022, le nombre de cas de VRS au Canada s’est stabilisé. Il demeure supérieur au nombre attendu pour cette période de l’année; toutefois, il s’approche des normes saisonnières.
• Le VRS est un virus respiratoire commun et la cause la plus fréquente d’hospitalisations pour troubles respiratoires chez les enfants au Canada et dans le monde. Pratiquement tous les enfants contractent une infection par le VRS avant l’âge de deux ans. Si de nombreuses infections par le VRS sont bénignes, les enfants et les nourrissons de moins de deux ans sont particulièrement exposés aux complications graves de l’infection par le VRS, telles que la bronchiolite ou la pneumonie, et peuvent être hospitalisés.
• Nous sommes au courant de rapports faisant état d’une pression accrue sur le système de soins de santé partout au pays, surtout sur les hôpitaux pédiatriques, causée en partie par des maladies liées au VRS ainsi que par la circulation simultanée de la COVID-19 et de la grippe. La pression sur le système de soins de santé pourrait être aggravée par une pénurie de travailleurs de la santé ainsi que par des pénuries de certains médicaments en vente libre.
• L’exercice des pratiques de protection personnelle, comme le fait de demeurer à la maison si l’on est malade, de se laver les mains fréquemment, de se couvrir le nez et la bouche en cas de toux ou d’éternuement, et de nettoyer et de désinfecter les surfaces fréquemment touchées, peut aider à prévenir la propagation du VRS.
Si l’on insiste
• Le VRS, comme la grippe saisonnière, provoque des épidémies saisonnières annuelles. En raison de la circulation réduite du VRS au cours des mois d’hiver 2020-2021 et 2021-2022, les enfants plus âgés pourraient maintenant présenter un risque accru de maladie grave associée au VRS, car ils n’ont probablement pas eu les niveaux habituels d’exposition au VRS au cours des deux dernières saisons. Les hôpitaux étant déjà surchargés en raison de la pandémie de COVID-19 en cours, cela crée des pressions supplémentaires sur le système de soins de santé.
• Étant donné que de nombreuses mesures de santé publique utilisées pour prévenir la propagation de la COVID-19 (comme les restrictions liées aux rassemblements, les confinements et les obligations liées au port du masque) ont été assouplies, nous nous attendons à ce que les cas d’infection par le VRS et d’autres virus respiratoires augmentent pendant la saison des maladies respiratoires actuelle. C’est aussi ce qui s’est produit dans le cas du VRS l’automne dernier lorsqu’une épidémie de VRS plus précoce que d’habitude a exercé des pressions régionales limitées dans le temps sur les hôpitaux pédiatriques du Canada au cours de l’automne et de l’hiver.
• Les autres facteurs qui pourraient aussi contribuer à une recrudescence des maladies respiratoires, comme le VRS, comprennent le fait qu’un plus grand nombre de personnes se trouvent dans des lieux intérieurs en raison du temps froid et un manque d’immunité collective compte tenu de la faible circulation des virus au cours des années antérieures de la pandémie, surtout chez les enfants.
• Le gouvernement fédéral s’engage à continuer à travailler avec ses homologues provinciaux et territoriaux, les organismes de réglementation, les travailleurs de la santé et les Canadiens afin de déterminer et de mettre en œuvre des stratégies pour lutter contre la crise actuelle des ressources humaines en santé.
Contexte :
Surveillance du VRS
Le Canada participe aux activités nationales et internationales de détection et de surveillance de la propagation du VRS chez l’homme. L’Agence santé de la publique du Canada (l’ASPC) maintient le Système de surveillance et de détection des virus respiratoires, le système de surveillance national du Canada qui surveille chaque semaine la circulation des virus respiratoires saisonniers, dont le VRS. L’ASPC collabore également avec la Société canadienne de pédiatrie pour soutenir des projets pilotes de surveillance améliorée du VRS pédiatrique afin de se préparer à l’arrivée de nouveaux traitements et vaccins visant à réduire le fardeau du VRS chez les enfants vulnérables.
Développement et traitement des vaccins
Il n’existe actuellement aucun vaccin pour prévenir les infections par le VRS, mais il y en a quelques-uns qui sont en cours de développement. Il existe un médicament (le palivizumab) qui peut contribuer à protéger les jeunes nourrissons présentant un risque élevé de maladie grave. L’immunisation passive avec le palivizumab est la seule option pharmaceutique pour la prévention du VRS à l’heure actuelle. Il s’agit d’un anticorps recommandé pour les nourrissons à haut risque. Le Comité consultatif national de l’immunisation du Canada a publié des directives sur l’utilisation recommandée du palivizumab pour réduire les complications de l’infection par le VRS chez les nourrissons.
Plusieurs vaccins et agents préventifs sont en cours de développement pour prévenir les maladies liées au VRS chez les enfants, les nourrissons et les personnes âgées. Plus tôt cet automne, GlaxoSmithKline et AZ/Sanofi (en collaboration) ont annoncé leurs soumissions de nouveaux médicaments à Santé Canada pour la prévention des maladies graves dues au VRS.
Prévention
Compte tenu de la circulation simultanée de la COVID-19, du VRS et de la grippe dans de nombreuses collectivités au Canada, l’ASPC continue de recommander une approche qui comprend les vaccins et les couches de protection, soit l’utilisation superposée des pratiques de protection individuelle. Un grand nombre de ces mesures ont été utilisées avant et pendant la pandémie de COVID-19 et continuent d’être des pratiques importantes au quotidien. Elles comprennent entre autres ce qui suit :
• recevoir vos doses de rappel contre la COVID-19 et votre vaccin annuel contre la grippe;
• demeurer à la maison si vous êtes malade;
• améliorer la ventilation intérieure, dans la mesure du possible, par exemple en ouvrant une fenêtre ou une porte;
• vous laver les mains fréquemment;
• éviter de toucher votre visage si vos mains ne sont pas lavées;
• vous couvrir le nez et la bouche en cas de toux ou d’éternuement avec un mouchoir ou le creux de votre bras;
• nettoyer et désinfecter les surfaces et les objets fréquemment touchés.
De plus, pour réduire la propagation de la COVID-19, l’ASPC continue de recommander le port d’un masque ou autre appareil de protection respiratoire bien conçu et bien ajusté dans les lieux publics intérieurs, surtout s’ils sont bondés ou mal ventilés. Les masques peuvent aussi constituer une couche de protection supplémentaire contre les autres maladies respiratoires comme le VRS et la grippe.
Renseignements supplémentaires :
• Le VRS est l'un des nombreux virus respiratoires saisonniers qui circulent pendant les mois les plus froids, de l'automne au printemps, au Canada. Parmi les virus respiratoires saisonniers non-SARS-CoV-2, l'activité de la grippe est la plus élevée et augmente; l'activité de la grippe et du VRS demeure élevée au cours de la semaine se terminant le 19 novembre 2022.
• Le virus respiratoire syncytial (VRS) est la principale cause d’infections aiguës des voies respiratoires inférieures chez les enfants, au niveau national et international. Environ 95 % des enfants de moins de 2 ans développent au moins une infection par le VRS.
• Le VRS se transmet principalement par les particules respiratoires lorsqu’une personne tousse ou éternue, et par contact direct avec une surface contaminée.
• Habituellement, la transmission du VRS augmente au Canada à l’automne et une épidémie saisonnière de VRS est observée chaque année pendant l’hiver avec un pic en décembre et janvier.
• Sur la base des données de surveillance de la semaine se terminant le 19 novembre 2022, le nombre de cas de VRS au Canada (1944 cas détectés; 7,6 % de cas positifs) s’est stabilisé. Le nombre de cas demeure supérieur au nombre attendu de cas pour ce moment de l’année, mais il s’approche des normes saisonnières.
• Les risques pour la santé liés au VRS sont faibles pour la plupart des Canadiens, et les personnes qui contractent le VRS présentent généralement des symptômes légers semblables à ceux du rhume, comme la toux et les éternuements, et se rétablissent rapidement. Toutefois, les nourrissons, les jeunes enfants et, dans une moindre mesure, les personnes âgées, courent un risque plus élevé de maladie grave que la population générale.
• Le portefeuille fédéral de la santé estime qu'avant la pandémie de COVID-19, le VRS entraînait chaque année une moyenne de 1 042 hospitalisations pour 100 000 nourrissons de moins de 2 ans, 106 hospitalisations pour 100 000 enfants de 2 à 4 ans et 52 hospitalisations pour 100 000 personnes âgées de 65 ans et plus. En comparaison, les hospitalisations de la population générale attribuées au VRS sont estimées à 27 pour 100 000 personnes par an.
• Actuellement, il n’existe aucun vaccin permettant de prévenir une infection par le VRS. L’immunisation passive avec le palivizumab est la seule option pharmaceutique pour la prévention du VRS à l’heure actuelle. Il s’agit d’un anticorps recommandé pour les nourrissons à haut risque.
• Bien qu'aucun vaccin ne soit actuellement disponible, Santé Canada a reçu une soumission de GlaxoSmithKline le 25 octobre dernier pour un vaccin destiné aux adultes de 60 ans et plus. Pfizer a également informé Santé Canada de son intention de soumettre deux vaccins candidats en 2023 - un pour les personnes âgées et un pour les femmes enceintes. Toutes les demandes sont examinées par Santé Canada selon un processus indépendant fondé sur la rigueur scientifique et les preuves médicales.
• Jusqu'à ce qu'un vaccin soit disponible, la meilleure façon de se protéger mutuellement, en particulier les personnes à risque, est que tous les Canadiens mettent en pratique des mesures de santé publique efficaces, comme rester à la maison lorsqu'ils sont malades, porter un masque et pratiquer fréquemment l'hygiène des mains et l'étiquette respiratoire. Ces mesures peuvent contribuer à réduire la propagation non seulement du VRS, mais aussi d'autres maladies respiratoires comme la grippe saisonnière, surtout lorsqu'elles sont utilisées ensemble dans une approche à plusieurs niveaux.