Note pour la période des questions : Impact du COVID-19 sur les vaccinatios des enfants

About

Numéro de référence :
MH-2023-QP-0082
Date fournie :
19 juin 2023
Organisation :
Santé Canada
Nom du ministre :
Duclos, Jean-Yves (L’hon.)
Titre du ministre :
Ministre de la Santé

Enjeu ou question :

N/A

Réponse suggérée :

La pandémie de COVID-19 et les mesures de santé publique visant à limiter la transmission du virus ont eu un impact négatif sur la disponibilité et l'accessibilité des services de prévention et de santé à tous les niveaux, y compris les vaccinations infantiles de routine.

Les programmes de vaccination de routine demeurent l'une des mesures les plus efficaces pour protéger les Canadiens contre les maladies évitables par la vaccination (MEV), telles que la rougeole, les oreillons et le tétanos. De nombreuses maladies infectieuses qui étaient autrefois une cause importante de morbidité et de mortalité au Canada peuvent maintenant être évitées par la vaccination. Toutefois, les MEV demeurent une préoccupation pour la santé publique au Canada, d’où la nécessité d’atteindre les couvertures vaccinales les plus élevées possibles.
Messages clés
• Les programmes d'immunisation systématique préviennent les maladies, sauvent des vies et sont essentiels pour maintenir la santé des Canadiens et la capacité du système de santé.
• Lorsqu'un nombre suffisant de personnes sont vaccinées contre les MEV, nous nous protégeons nous-mêmes et ceux qui nous entourent. Les enfants, les personnes immunodéprimées, les personnes âgées et celles qui n'ont pas de vaccinations à jour sont plus à risque de contracter des MEV.
• Nous collaborons avec les provinces et les territoires pour surveiller et renforcer la couverture vaccinale systématique des enfants, y compris les disparités de couverture entre les groupes clés, et les mécanismes pour garantir l'accès aux vaccins vitaux.
• Nous veillons également à ce que les services de santé publique et de soins primaires aident les parents et les familles à rattraper les vaccins infantiles retardés ou manqués afin de prévenir les épidémies potentielles de maladies évitables par la vaccination et de soutenir la protection de la population au Canada contre de nombreuses maladies évitables par la vaccination qui continuent de circuler à l'échelle internationale.

Contexte :

Les estimations mondiales de la couverture vaccinale en 2020 suggèrent que 23 millions d'enfants n'ont pas reçu les vaccins de base par les services de vaccination systématique, soit 3,7 millions de plus qu'en 2019. Les perturbations des services de vaccination systématique des enfants pendant la pandémie de COVID-19, entraînant une diminution de la couverture vaccinale sont préoccupantes pour une éventuelle résurgence des maladies évitables par la vaccination (MEV), notamment la rougeole.

Les autorités de santé publique internationales et canadiennes recommandent que les vaccinations de routine soient des services de santé essentiels qui ne doivent pas être reportés.

Surveillance des vaccins
Des niveaux élevés de couverture vaccinale contre les MEV sont nécessaires pour assurer la santé et la sécurité des Canadiens, en particulier des enfants, des personnes immunodéprimées (dont le système immunitaire est affaibli) et des personnes âgées. L'Agence de la santé publique du Canada (ASPC) surveille et dirige la surveillance de la couverture et de l'efficacité de la vaccination à l'échelle nationale pour la population en général, ainsi que pour les populations les plus à risque de maladie et/ou de résultats graves. Des objectifs actualisés de couverture vaccinale et de réduction des MEV ont été convenus par les PT en 2017, conformément aux données probantes actuelles. Les objectifs de couverture vont de 80 à 95 % selon le groupe d'âge et le MEV. L'Enquête nationale sur la couverture vaccinale des enfants (2019) a montré que si la couverture vaccinale au Canada est bonne, le Canada n'atteint pas les objectifs nationaux de couverture, sauf pour la dose de rappel du vaccin contre le diphtérie- coqueluche-tétanos (dcaT) (95 % contre un objectif de 90 %) chez les jeunes de 17 ans, tandis que la couverture du vaccin contre le méningocoque (89 % en 2019) se rapproche des objectifs cibles (90 %) chez les jeunes de 17 ans. Il est à noter que celle-ci peuvent sous-estimer systématiquement les couvertures vaccinales parce que l’information est tirée des carnets de vaccination dans lesquels certains vaccins reçus peuvent être manquants ou notés avec des informations incomplètes ou illisibles. De plus, en raison de la pandémie en cours, une diminution de la couverture vaccinale est signalée par les PT en raison de la fermeture de certains bureaux de soins primaires ainsi que de la mobilisation des travailleurs de la santé pour répondre au COVID-19.

On dispose actuellement de peu de données pour quantifier l'impact de la pandémie sur la couverture vaccinale pédiatrique au Canada, et tout impact différentiel sur des groupes d'enfants spécifiques.
• Une étude ontarienne a montré que les taux de couverture vaccinale des enfants de moins de 2 ans en Ontario ont diminué de manière significative au cours de la période initiale de la pandémie de COVID-19, en particulier chez les enfants de 15 et 18 mois. Les taux de couverture se sont redressés au cours de la seconde moitié de 2020 mais sont restés globalement inférieurs aux taux pré-pandémiques.
• L’analyse des données du registre de vaccination du Québec a démontré une baisse des couvertures vaccinales des enfants de moins de deux ans en 2020, comparativement à 2019, mais avec un rattrapage presque complet par la suite.
• L’analyse des données du registre de vaccination de l’Alberta a démontré une baisse des couvertures pour les vaccins de la petite enfance en 2021, comparativement à 2019. Le 26 janvier 2023, l’Alberta a déclaré une éclosion de coqueluche dans la zone sud. Les communautés touchées par l’éclosion de coqueluche ont des couvertures vaccinales plus basses que celles observées dans les autres communautés démontrant ainsi l’importance de la vaccination dans la prévention des maladies évitables par la vaccination.
• L'ASPC planifie de publier les résultats de l'Enquête nationale sur la couverture vaccinale des enfants a l’été 2023.

La confiance dans les vaccins
L'hésitation vaccinale est un défi de longue date pour réduire la charge des maladies infantiles dans le monde et a été identifiée comme une menace majeure pour la santé mondiale par l'OMS en 2019. La propagation rapide de la désinformation sur les vaccins COVID-19 remet en question la confiance dans tous les vaccins, y compris les vaccinations infantiles de routine. L'ASPC collabore avec les provinces, les territoires, les organisations autochtones et un éventail de partenaires et d'intervenants de confiance dans le domaine de la santé publique pour lutter contre l'hésitation à se faire vacciner en améliorant le renforcement des capacités, les ressources d'information, les approches de vaccination culturellement appropriées et en soutenant les approches communautaires pour renforcer la confiance dans les vaccins et réduire les obstacles à l'accès. L'Agence s'efforce également de soutenir les fournisseurs de soins de santé en leur fournissant des informations fiables sur les vaccins, ainsi que des stratégies et des ressources fondées sur des données probantes, afin qu'ils puissent discuter efficacement des vaccins avec leurs patients et leurs clients, notamment pour appuyer les discussions et les décisions concernant la vaccination des enfants.

Renseignements supplémentaires :

• Les vaccins peuvent protéger les enfants contre 16 maladies graves, dont la polio, les oreillons, la diphtérie, la varicelle, la rougeole, la coqueluche et le tétanos, entre autres. De nombreux vaccins contre les MEV sont proposés dès le début de la vie (c'est-à-dire aux nourrissons, aux enfants et aux jeunes), sur la base de données probantes sur le moment optimal et sur la protection des vaccins, comme le montrent les calendriers de vaccination recommandés par les provinces et territoires (PT). La plupart de ces vaccins recommandés au début de la vie offrent une protection de plus de 90 % contre la maladie, la protection étant permanente pour certains vaccins.
• La meilleure façon de protéger la santé des enfants est d'abord de prévenir ces maladies en maintenant leurs vaccins à jour.
• Au cours des deux premières années de la pandémie, quelques PT ont observé une diminution de la couverture vaccinale de routine des enfants, due à la réduction des visites de soins primaires en personne, aux perturbations des programmes de vaccination en milieu scolaire, ainsi qu'à la mobilisation des travailleurs de la santé pour combattre la COVID-19. La baisse de confiance dans les vaccins, due à la désinformation de plus en plus répandue, peut également creuser les écarts d'acceptation des vaccins, les parents hésitant à faire vacciner complètement leurs enfants.
• Les perturbations des services de vaccination de routine des enfants, qui entraînent une diminution de la couverture vaccinale, sont préoccupantes pour la résurgence éventuelle de MEV, maladies comme la rougeole.
• Plusieurs provinces ont fait état de l'impact de la pandémie de COVID-19 sur la couverture vaccinale systématique des enfants, et des efforts de rattrapage sont en cours pour combler les lacunes de la couverture vaccinale dans tout le Canada.
• Il existe actuellement peu de données permettant de quantifier l'impact de la pandémie sur la couverture vaccinale pédiatrique au Canada, à l'échelle nationale et tout impact différentiel sur des groupes d'enfants spécifiques. Cependant, plusieurs administrations ont indiqué un impact initial au cours de la première année de la pandémie, avec un retour ultérieur aux niveaux de couverture vaccinale d'avant la pandémie, les programmes de rattrapage et le renforcement de l'accès aux vaccinations de routine étant prioritaires dans l'ensemble du pays.
• De nombreux pays dans le monde ont signalé des baisses, des retards et des perturbations significatifs dans l'administration des vaccins infantiles de routine et dans la couverture vaccinale contre les MEV, dès les mois qui ont suivi la déclaration de la pandémie.
• La nature hautement infectieuse de nombreuses MVP, le fait que la majorité des estimations de la couverture vaccinale sont inférieures aux objectifs fixés au Canada et les faibles estimations de la couverture vaccinale dans certains autres pays augmentent le risque d'éclosions de MVP potentiellement graves à l’échelle nationale et mondiale.