Note pour la période des questions : Soutien en Santé Mentale pour les Enfants et les Jeunes
About
- Numéro de référence :
- MHA-2022-QP-0013
- Date fournie :
- 14 déc. 2022
- Organisation :
- Santé Canada
- Nom du ministre :
- Bennett, Carolyn (L’hon.)
- Titre du ministre :
- Ministre de la santé mentale et des dépendances
Enjeu ou question :
N/A
Réponse suggérée :
• Le gouvernement du Canada s’est engagé à répondre aux besoins des enfants et des jeunes en matière de santé mentale et de toxicomanie.
• Nous nous efforçons d'améliorer l'accès aux services de santé mentale et de lutte contre les dépendances, comme l'engagement pris dans le budget 2017 de verser 5 milliards de dollars sur 10 ans aux provinces et aux territoires, qui comprenait une priorité visant à élargir l'accès aux services communautaires de santé mentale et de lutte contre les dépendances pour les enfants et les jeunes (10-25 ans).
• En avril 2020 et en réponse à la pandémie, Santé Canada a lancé Espace mieux-être Canada, un portail de soutien en ligne en matière de santé mentale et de consommation de substances. Grâce au portail, les enfants et les jeunes (âgés de 5 à 29 ans) peuvent accéder gratuitement à une gamme de ressources, y compris Jeunesse, J'écoute. Le budget de 2022 prévoyait 140 millions de dollars sur deux ans pour le portail afin de continuer à soutenir les Canadiens.
• Le gouvernement travaillera avec tous les ministères pour s’assurer que les enfants et les jeunes ont accès à du soutien en santé mentale alors qu’ils se remettent de la pandémie de même qu’à long terme.
SI L’ON INSISTE SUR LE FINANCEMENT POUR LES ENFANTS ET LES JEUNES …
• Outre Espace mieux-être Canada, qui offre du soutien en ligne, par téléphone et par messagerie texte aux jeunes qui ont des problèmes de santé mentale, 15 millions de dollars sont investis dans Jeunesse, J’écoute d’avril 2020 à mars 2023, afin de continuer à offrir du soutien en santé mentale aux jeunes dans le besoin pendant la pandémie.
• Par l’entremise du budget de 2021, le gouvernement investit environ 100 millions de dollars sur trois ans pour soutenir des projets visant la promotion de la santé mentale et la prévention des maladies mentales dans les populations touchées de manière disproportionnée par la pandémie, y compris les jeunes.
SI L'ON INSISTE SUR LA NÉCESSITÉ DE PRÉVENIR LA VIOLENCE CHEZ LES JEUNES ET ENVERS LES ENFANTS ET LES JEUNES…
• L’ASPC finance des programmes de prévention de la violence dans les fréquentations chez les adolescents et les jeunes, y compris des initiatives communautaires et scolaires qui enseignent des compétences favorisant des relations saines et sûres fondées sur le respect et le consentement.
• De plus, l’ASPC finance des initiatives visant à prévenir et combattre la violence fondée sur le sexe et la violence familiale et ses effets sur la santé, y compris la promotion de la santé physique et mentale, tenant compte des traumatismes et de la violence pour les enfants et les jeunes.
SI l’ON INSISTE SUR LE SOUTIEN AUX SERVICES INTÉGRÉS POUR LES JEUNES…
• Le gouvernement continue de collaborer avec les provinces, les territoires et les intervenants afin d’étendre et d’intensifier les modèles de soins des services intégrés pour les jeunes (IYS).
• Ces mesures s’appuient sur les travaux visant à accroître l’accès aux services de santé mentale et de traitement des dépendances pour les enfants et les jeunes, pour lesquels le gouvernement s’est notamment engagé dans le budget de 2017 à verser 5 milliards de dollars sur 10 ans aux provinces et aux territoires dans le cadre d’accords bilatéraux.
• Toutes les provinces et territoires ont défini des initiatives axées sur les jeunes dans le cadre de leurs accords bilatéraux, et plusieurs d’entre eux ont explicitement mentionné les SIJ dans leurs plans d’action.
• Au total, il y a environ 50 carrefours jeunesse intégrés opérationnels au Canada et 60 en cours de développement.
Contexte :
Les problèmes de santé mentale peuvent toucher n’importe quelle population; les enfants et les jeunes ne font pas exception. En fait, presque deux tiers des problèmes de santé mentale apparaissent avant l’âge de 25 ans. On estime que les problèmes de santé mentale touchent plus de 800 000 enfants et adolescents par année.
Le nombre d’enfants et de jeunes qui visitent les services d’urgence pour des raisons de santé mentale ou de toxicomanie est disproportionné. Par exemple, entre 2008-2009 et 2018-2019, le nombre de visites de jeunes aux urgences pour obtenir des services de santé mentale ou de toxicomanie a augmenté de 61 %. Dans la même période, les hospitalisations pour des troubles de santé mentale ont également augmenté de 60 %.
Cette cohorte est également touchée par le suicide. En 2020, le suicide était la deuxième cause de décès chez les 15 à 34 ans. En 2020, parmi les jeunes âgés de 15 à 24 ans, les garçons représentaient 68 % des décès par suicide; et parmi les jeunes âgés de 25 à 34 ans, les garçons représentent 75 % des décès par suicide.
La pandémie de COVID-19 a une incidence importante sur la santé mentale des enfants et des jeunes. Les préoccupations concernant le virus en soi ont été exacerbées par ses répercussions sur l’école et les habitudes de vie, les activités sociales, l’isolement et l’accès réduit aux services et aux mesures de soutien.
Les résultats de 2022 révèlent que les jeunes étaient moins susceptibles de déclarer que leur santé mentale était excellente ou très bonne que les Canadiens plus âgés. La plupart des Canadiens étaient moins susceptibles de déclarer que leur santé mentale était excellente ou très bonne pendant la période de la COVID-19, et la différence entre 2019 et 2022 était tout autant évidente chez les enfants et jeunes adultes. Seulement 50.9 % de ceux âgés de 18 à 34 ans ont déclaré être en excellente ou en très bonne santé mentale en 2021-2022 pendant la pandémie, comparativement à 60.8 % avant la pandémie en 2019. Chez les enfants (âgés de 12 à 17 ans), 61.2% déclaraient avoir une santé mentale très bonne ou excellente en 2021-2022, comparativement à 73.0% en 2019.
Les résultats d’enquêtes plus récentes menées au début de 2021 montrent que les jeunes Canadiens continuent de présenter les niveaux d’anxiété et de dépression les plus élevés de tous les groupes d’âge. Par exemple, près de 30 % des jeunes de 16 à 17 ans ont déclaré des niveaux élevés d’anxiété et de dépression, et un sur trois a déclaré avoir eu des idées suicidaires au cours de la dernière année. À l’inverse, ce groupe a déclaré une plus faible incidence de diagnostic d’un problème de santé mentale, ce qui laisse penser qu’il n’a pas accès aux services de diagnostic et aux soins.
De plus, dans une enquête de Statistique Canada sur les perceptions de la sécurité personnelle, 11 % des jeunes de 15 à 24 ans ont déclaré que le harcèlement ou les attaques fondés sur la race, l’origine ethnique ou la couleur de la peau avaient augmenté dans leur quartier depuis le début de la pandémie.
Actions et investissements gouvernementaux visant à appuyer les besoins en santé mentale des jeunes
Financement accordé aux gouvernements provinciaux et territoriaux et aux services de soins intégrés pour les jeunes
Le gouvernement du Canada investit cinq milliards de dollars sur 10 ans (2017 à 2027) afin d’améliorer l’accès aux services de santé mentale et de toxicomanie des Canadiens. L’investissement est fourni directement aux provinces et aux territoires au moyen d’ententes bilatérales négociées, éclairées par l’Énoncé de principes communs sur les priorités partagées en santé de 2017 convenue par les ministres FPT de la Santé. Dans cet énoncé, les ministres de la Santé ont convenu de faire de l’accès élargi aux services communautaires de santé mentale et de toxicomanie pour les enfants et les jeunes l’une des trois priorités du financement fédéral.
Les 13 provinces et territoires ont développé ou sont en train de développer un réseau de services intégrés pour les jeunes (IYS) dans leur région. En outre, un réseau IYS autochtone est en cours de développement. Ces carrefours sont des " guichets uniques " communautaires facilement accessibles qui offrent une gamme intégrée de services, notamment un soutien par les pairs, un soutien en matière de santé mentale et de soins primaires, des conseils en matière d'emploi, ainsi qu'un soutien pour naviguer dans ces systèmes de soins.
Il existe environ 50 carrefours jeunesse intégrés opérationnels au Canada et 60 en cours de développement. Trois des réseaux les plus développés se trouvent en Colombie-Britannique (Foundry), en Ontario (Youth Wellness Hubs Ontario) et au Québec (Aire Ouverte), la Colombie-Britannique et l'Ontario prévoyant expressément d'utiliser un financement bilatéral pour soutenir ces réseaux. Cela démontre comment le gouvernement fédéral peut travailler de manière constructive avec les provinces et les territoires pour diffuser et mettre à l'échelle des pratiques fondées sur des preuves dans le domaine de la santé mentale et des toxicomanies.
Le développement d'un réseau IYS autochtone a été motivé par la participation des communautés autochtones du Canada. Ces communautés des Premières nations et des Inuits ont dirigé les efforts visant à faire évoluer la santé mentale des jeunes vers des soins culturellement compétents par le biais du conseil autochtone Access Open Minds. Plusieurs communautés autochtones participent actuellement à un nouveau réseau autochtone IYS.
Engagements du mandat de 2021
Le gouvernement du Canada s’est engagé à travailler avec les provinces, les territoires et d’autres partenaires à promouvoir l’accès à des services de haute qualité en matière de santé mentale et de consommation de substances pour les Canadiens, qui ont des besoins variés.
À l’appui de cet objectif, la ministre de la Santé mentale et des Dépendances a reçu le mandat suivant :
• Faire en sorte que les soins de santé mentale soient considérés comme un élément à part entière de notre système de soins de santé universel;
• Comprendre les inégalités en matière de santé, notamment celles touchant les Autochtones, les Canadiens noirs et les Canadiens vulnérables et y remédier;
• Chapeauter une approche pansociétale pour lutter contre la consommation problématique de substances au Canada ;
• Collaborer avec les provinces et les territoires.
Pour atteindre ces objectifs, la ministre honorera un ensemble complet d’engagements nouveaux et permanents. Elle établira notamment un Transfert canadien en matière de santé mentale (TCSM) permanent pour aider à élargir la prestation de services de santé mentale de haute qualité et accessibles, tant en ce qui concerne la prévention que le traitement.
Le budget de 2022 réitérait l’intention du gouvernement de mobiliser les provinces et les territoires en vue de la création d’un TCSM, ce qui assurerait une source permanente de financement des services de santé mentale.
Normes nationales de services en matière de santé mentale et de consommation de substances
Le budget de 2021 a fourni 45 millions de dollars sur deux ans, à compter de 2021-2022, à Santé Canada, à l’Agence de la santé publique du Canada et aux Instituts de recherche en santé du Canada pour l’élaboration de normes nationales en matière de santé mentale en collaboration avec les provinces et les territoires, des organismes de santé et des intervenants clés.
Le 14 mars 2022, Santé Canada a annoncé un partenariat avec le Conseil canadien des normes (CCN) en vue d’élaborer des normes nationales de services en matière de santé mentale et de consommation de substances, afin d'aider à respecter les engagements pris dans le budget de 2021. Les normes seront fondées sur des données probantes et élaborées dans le cadre de démarches consensuelles faisant appel à des experts, à des organismes de santé, à des personnes vivant ou ayant un vécu une expérience concrète et à d’autres intervenants clés. Les normes sont des outils permettant d’aider les prestataires de services de santé à fournir des services en matière de santé mentale et de consommation de substances de haute qualité et équitables, et elles contribueront à garantir un niveau de soins cohérent. Elles contribueront également à officialiser les éléments auxquels les Canadiens peuvent s’attendre à l’égard de la qualité des services, tout en servant de cadre de travail fondé sur des données probantes pour la prestation de services dans les secteurs prioritaires.
Le CCN coordonne l’élaboration d’une série intégrée de normes nationales de services en matière de santé mentale et de consommation de substances dans des domaines prioritaires correspondant à l’Énoncé de principes communs sur les priorités partagées en santé, qui comprend les services intégrés pour les jeunes. Le gouvernement a souligné l’importance de la participation de divers intervenants et de la promotion des principes d’équité en santé, qui ont été intégrés à la démarche d’élaboration.
Promotion de la santé mentale et violence dans les fréquentations chez les adolescents
Par l’intermédiaire du Fonds d’innovation pour la promotion de la santé mentale de l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC), le gouvernement du Canada investit 39 millions de dollars de 2019 à 2028 pour lutter contre de multiples facteurs de risque et de protection afin de promouvoir la santé mentale chez les enfants, les jeunes, les jeunes adultes et les populations susceptibles d’être victimes d’inégalités en matière de santé mentale (p. ex. familles à faible revenu, immigrants et réfugiés, Premières nations, Inuits, Métis, LGBTQ2+, personnes handicapées et personnes ayant d’autres facteurs de risque socio-économiques).
L’ASPC finance également des programmes de prévention de la violence dans les fréquentations chez les adolescents et les jeunes, y compris des initiatives communautaires et scolaires qui enseignent des compétences favorisant des relations saines et sûres fondées sur le respect et le consentement. De plus, l’ASPC finance des initiatives visant à soutenir la santé des survivants de la violence familiale, notamment la promotion de la santé physique et mentale tenant compte des traumatismes pour les jeunes.
Prévention du suicide
Le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) a récemment annoncé qu'il adoptera le 9-8-8 pour que les Canadiens puissent appeler ou envoyer un message texte lorsqu'ils ont besoin d'un soutien immédiat en cas de crise de santé mentale et de prévention du suicide. Ce service sera lancé dans tout le Canada le 30 novembre 2023.
Parallèlement, l'Agence de la santé publique du Canada (ASPC) se prépare à la mise en œuvre d'un numéro à trois chiffres pour la prévention du suicide du point de vue de la prestation de services. Le 31 août 2022, l'ASPC a annoncé que le Centre de toxicomanie et de santé mentale (CAMH) avait été choisi pour diriger la coordination de la prestation des services du 9-8-8, en s'appuyant sur son expérience de la prestation de Talk Suicide Canada. Dans un premier temps, le CAMH établira des collaborations avec des organismes clés afin de commencer à renforcer les capacités, et s'engagera auprès des intervenants pour définir la portée et les exigences d'un service de qualité offert en temps opportun. De plus, l'ASPC fait appel à des intervenants de divers secteurs, y compris les provinces et les territoires, les partenaires autochtones, les responsables de la sécurité publique et les personnes ayant une expérience vécue, pour définir la portée et les éléments de la prestation du service, notamment pour comprendre la demande prévue pour le 9-8-8. Enfin, l'ASPC s'inspire de l'expérience internationale, notamment des États-Unis, qui ont récemment introduit le 988 en juillet 2022.
Le gouvernement du Canada investit 21 millions de dollars sur 5 ans au Centre de toxicomanie et de santé mentale (CAMH) pour mettre en œuvre et maintenir un service pancanadien de prévention du suicide pleinement opérationnel en partenariat avec l’Association canadienne pour la santé mentale et Crisis Services Canada. Parlons suicide Canada offre actuellement un soutien téléphonique au 1-833-456-4566 en français et en anglais, vingt-quatre [24] heures sur vingt-quatre [24] et sept [7] jours sur sept [7], et par messagerie texte (45645), en anglais et en français, le soir, à tout le monde au Canada. D’ici 2023, ce service offrira aux gens de partout au Canada un accès à un soutien de crise bilingue 24/7/365 de la part d’intervenants qualifiés, en utilisant la technologie de leur choix (voix, texte ou clavardage).
Le Cadre fédéral pour la prévention du suicide a été publié en novembre 2016. Il était axé sur la sensibilisation du public, la réduction de la stigmatisation, la diffusion d’informations et de données, et la promotion de l’utilisation de la recherche et des pratiques fondées sur des preuves. Des rapports d’étape sur le Cadre sont disponibles sur Canada.ca, et le prochain rapport devrait être publié en décembre 2020. En réponse à la motion M-174, qui demandait au gouvernement du Canada d’établir un plan d’action national pour la prévention du suicide et qui a été soutenue à l’unanimité par les parlementaires en 2019, l’Agence de la santé publique du Canada élabore un plan d’action qui s’aligne sur le Cadre.
Aide à la satisfaction des besoins en santé mentale des enfants et des jeunes
Dans le cadre du Programme des politiques et stratégies en matière de soins de santé (PPSSS) de Santé Canada, le gouvernement fédéral finance les projets suivants :
• 2 M$, de 2021 à 2024, à l’Association canadienne pour la santé mentale (ACSM) pour l’élaboration et la mise à l’essai d’un programme national spécialisé de certification du soutien par les pairs que les établissements postsecondaires pourront utiliser pour soutenir la santé mentale des étudiants.
• 6,8 M$ de 2019 à 2024 à Foundry, qui doit aider les organisations à mettre en œuvre des modèles intégrés de soins de santé mentale pour les jeunes. Cela complète le financement de 9 M$ que l’on a accordé à Frayme pour la période de 2019 à 2024 afin de promouvoir une mise en œuvre plus large des services intégrés pour les jeunes au Canada.
• 2 M$ de 2021 à 2026 au Centre hospitalier pour enfants de l’est de l’Ontario (CHEO) pour accroître la diffusion de l’application ACHWM (Aaniish Naa Gegii : the Children’s Health and Well‐being Measure), élaborée conjointement avec des partenaires autochtones pour aider à mesurer la santé et le mieux-être des enfants autochtones.
Espace mieux-être Canada
Santé Canada a investi 130 M$ de 2020 à 2022 dans Espace mieux-être Canada, un portail de soutien en ligne en matière de santé mentale et de consommation de substances, et a reçu 140 M$ dans le budget de 2022 pour soutenir le portail pendant deux années supplémentaires, à compter de 2022-2023. Lancé en avril 2020, Espace mieux-être Canada offre des services de soutien en ligne gratuits et confidentiels en matière de santé mentale et de consommation de substances, accessibles 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 partout au Canada dans les deux langues officielles. Des services d’interprétation sont également disponibles pendant les séances téléphoniques dans plus de 200 langues et dialectes. Grâce à Espace mieux-être Canada, les personnes de toutes les provinces et territoires ont un accès immédiat à des services de soutien allant de l’auto-évaluation, du contenu éducatif et des programmes autoguidés, au soutien par les pairs et aux séances confidentielles avec des travailleurs sociaux, des psychologues et d’autres professionnels. Ces services sont fournis en ligne ainsi que par téléphone et message texte pour ceux qui n’ont pas accès à Internet.
Il existe des lignes de texte dédiées aux jeunes, aux adultes et aux travailleurs de première ligne qui offrent un accès immédiat à du soutien. Il existe également une ligne téléphonique dédiée pour communiquer avec des gestionnaires de programmes qui peuvent vous aider à trouver des ressources sur le portail. Espace mieux-être Canada complète les services provinciaux et territoriaux existants, et ne les remplace pas. En janvier 2022, Espace mieux-être Canada a lancé l’application Mieux-être complémentaire au portail.
Grâce au portail et à l’application, les enfants et les jeunes (âgés de 5 à 29 ans) peuvent accéder à des ressources en matière de santé mentale et de consommation de substances, notamment Jeunesse, J’écoute, qui offre un soutien en ligne, par téléphone et par message texte aux jeunes en crise ou aux prises avec des problèmes de santé mentale. Des ressources supplémentaires sont investies dans Jeunesse, J’écoute (14,8 M$ sur 36 mois d’avril 2020 à mars 2023) pour continuer à fournir un soutien en santé mentale aux jeunes dans le besoin pendant la pandémie.
En date du 14 novembre 2022, près de 3 millions de personnes de l’ensemble des provinces et des territoires avaient accédé au portail Espace mieux-être Canada dans le cadre de plus de 8 millions de séances en ligne. La nouvelle application Mieux-être avait été téléchargée 30 792 fois. En outre, environ 45 % des clients inscrits au portail ont moins de 30 ans, une tranche d’âge qui a tendance à sous-utiliser les services de santé mentale traditionnels.
Soutien aux besoins en santé mentale des personnes les plus touchées par la COVID-19
Le budget de 2021 a annoncé 100 millions de dollars sur trois ans afin de promouvoir la santé mentale chez les personnes les plus touchées par la pandémie, notamment les jeunes. Les projets financés ont débuté au printemps 2022 et touchent diverses populations dans tout le Canada. Les projets soutiendront les interventions de promotion de la santé mentale et de prévention des maladies mentales, en plus des initiatives qui renforcent la capacité des fournisseurs de services à offrir des programmes de manière sûre, efficace et tenant compte des traumatismes.
Mobiliser les données et les faits pour étayer les initiatives
Entre 2016-2017 et 2020-2021, les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) ont investi plus de 413 millions de dollars dans la recherche sur la santé mentale et les troubles du comportement.
Les IRSC, en partenariat avec la Fondation Graham-Boeckh, appuient ACCESS Esprits ouverts, un projet national visant à transformer la façon dont les jeunes de 11 à 25 ans peuvent accéder aux soins de santé mentale par l’élaboration et la mise à l’essai d’approches fondées sur des données probantes. Pour le moment, on compte 17 sites participants, situés dans sept provinces et un territoire. Ceux-ci ont transformé les services de santé mentale destinés aux jeunes de différentes manières, selon les circonstances locales. Un exemple : à Ulukhaktok, une localité éloignée des Territoires du Nord-Ouest où les professionnels ne sont pas toujours disponibles, on évalue un modèle dans lequel les travailleurs de la santé non professionnels sont formés pour venir en aide aux jeunes en détresse.
L’initiative Réseau de réseaux – Services intégrés pour les jeunes (1 million de dollars sur 1 an) a également été lancée par les IRSC en avril 2022 afin de créer un réseau pancanadien de systèmes de santé apprenante provinciaux et territoriaux pour les Services intégrés à la jeunesse pour la santé mentale et la consommation de substances.
De plus, les IRSC ont prévu 6,25 millions de dollars sur 5 ans en financement pour la santé mentale dans la petite enfance à partir de mars 2022, en mettant l’accent sur les initiatives de santé mentale pour les jeunes enfants (âgés de 0 à 5 ans), les peuples autochtones, ainsi que sur la transformation de la santé mentale grâce aux soins intégrés. Cela représente plus de 1700 projets dirigés par des experts à travers le pays.
Les IRSC dirigent aussi actuellement l’Initiative de recherche sur la COVID-19 et la santé mentale (CMH) en collaboration avec l’ASPC et Santé Canada. Cette initiative soutient actuellement 101 projets de recherche, ce qui représente un investissement total de 13,5 millions de dollars des IRSC et de leurs partenaires. Ce travail est guidé par un Groupe consultatif d’experts composé d’éminents spécialistes canadiens en santé mentale et en consommation de substances. Les nouvelles connaissances générées par ces projets seront mobilisées pour s’assurer qu’elles éclaireront l’élaboration des politiques en temps utile.
Statistique Canada a créé et administre un sondage électronique, appelé Série d’enquêtes sur les perspectives canadiennes. Chaque mois, environ 4 600 personnes des 10 provinces répondent à la nouvelle version du sondage. En outre, en collaboration avec Statistique Canada, l’ASPC a financé deux cycles de données pour l’Enquête sur la COVID-19 et la santé mentale (avec un troisième cycle en développement) afin de mieux comprendre les répercussions élargies de la pandémie sur la santé mentale au Canada. Un recueil spécial d’articles de recherche basés sur le premier cycle de données a été publié dans la revue Promotion de la santé et prévention des maladies chroniques le 27 septembre 2021. L’Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes a aussi recommencé en septembre 2020. Cette enquête fournit des données sur une variété d’indicateurs de la santé mentale, et a été menée pendant de nombreuses années avant la pandémie. Elle permettra de mesurer en continu l’évolution de la santé mentale de la population canadienne à mesure que la pandémie se poursuit et que le Canada se rétablit.
De plus, l'Enquête canadienne sur la santé des enfants et des jeunes de 2019, dont un deuxième cycle est prévu pour 2023, explore les questions qui ont une incidence sur la santé physique et mentale des enfants et des jeunes (âgés de 1 à 17 ans). De plus, l'Enquête sur la santé mentale et l'accès aux soins de 2022 porte sur l'état de santé mentale des Canadiens âgés de 15 ans et plus, ainsi que sur leur accès et leurs besoins en matière de services et de soutien. Cette enquête vise également à évaluer l'impact de la pandémie de COVID-19 sur la santé de la population ainsi qu'à évaluer les changements dans les modèles de santé mentale, d'utilisation des services et de fonctionnement au cours des dix dernières années.
Surveillance de la maladie mentale
Dans le cadre de son mandat, l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC) exerce une surveillance continue des maladies mentales dans la communauté canadienne. Elle utilise de multiples sources pour fournir les données les plus récentes, notamment le Système canadien de surveillance des maladies chroniques (SCSMC), l’Enquête canadienne sur la santé des enfants et des jeunes (ECSEJ) et l’Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes (ESCC).
Le SCSMC est un réseau collaboratif de systèmes provinciaux et territoriaux de surveillance des maladies chroniques, soutenu par l’ASPC. Il recense les cas de maladies chroniques parmi tous les résidents qui sont admissibles à une assurance maladie provinciale ou territoriale, et contient des données agrégées qui peuvent être ventilées par âge, sexe et lieux géographiques. Le SCSMC permet le suivi et la diffusion de données sur l’utilisation des services de santé pour les maladies mentales et les troubles causés par l’alcool et les drogues en général ainsi que pour les troubles de l’humeur et de l’anxiété dans la population canadienne et pour la schizophrénie.
L’Enquête canadienne sur la santé des enfants et des jeunes (ECSEJ) de 2019 est une enquête nationale transversale qui fournit des renseignements sur la santé des enfants et des jeunes canadiens. L’enquête est représentative des membres de la population canadienne qui, au 31 janvier 2019, étaient âgés de 1 à 17 ans et vivaient dans des logements privés dans l’une des dix provinces ou l’un des trois territoires du Canada.
De plus, pour aider à combler les lacunes dans les données sur les répercussions de la pandémie de COVID-19 sur les personnes, les familles et les collectivités en ce qui a trait à la santé mentale (y compris les symptômes d’anxiété, de dépression et de trouble de stress post-traumatique [TSPT]), l’ASPC s’est associée à Statistique Canada pour élaborer l’Enquête sur la COVID-19 et la santé mentale. L’enquête a révélé la proportion de Canadiens qui éprouvaient des symptômes associés aux affections susmentionnées, par groupe d’âge et par sexe, et s’intéressait aux groupes les plus à risque. L’enquête été menée à différents moments de la pandémie de COVID-19 et a fourni des renseignements opportuns sur les répercussions de la pandémie sur la santé mentale et le bien-être des Canadiens.
Renseignements supplémentaires :
• Près des deux tiers des troubles de santé mentale apparaissent avant l'âge de 25 ans, et près de la moitié avant 18 ans. On estime que, chaque année, plus de 800 000 enfants et adolescents canadiens ont recours aux services de santé pour des maladies mentales ou des troubles liés à l'alcool ou aux drogues.Les enfants et les jeunes figurent parmi les plus grands utilisateurs des services d’urgence pour des raisons de santé mentale ou de toxicomanie.
• En 2020, le suicide représentait la deuxième principale cause de décès chez les personnes de 15 à 34 ans.
• La pandémie de COVID-19 a une incidence importante sur la santé mentale des enfants et des jeunes. Le pourcentage de jeunes déclarant avoir une « excellente » ou une « très bonne » santé mentale est passé de 73 % en 2019 à 69 % en 2020. De plus, le pourcentage de jeunes déclarant que leur santé mentale est « pire » ou « bien pire » maintenant comparativement à avant la pandémie est passé de 14 % en septembre 2020 à un maximum de 35 % en mars-avril 2021.
• Avant la pandémie de COVID-19, la prévalence des troubles de l'humeur et/ou de l'anxiété diagnostiqués chez les jeunes âgés de 12 à 19 ans est passée de 4,5 % en 2005 à 11,5 % en 2017 (en tenant compte de l'âge). En 2017, un pourcentage plus élevé de filles que de garçons a autodéclaré des troubles de l'humeur et/ou de l'anxiété diagnostiqués (14,4 % chez les filles contre 8,6 chez les garçons).