Note pour la période des questions : Soutien à la santé mentale des jeunes femmes et des filles

About

Numéro de référence :
MHA-2022-QP-0014
Date fournie :
14 déc. 2022
Organisation :
Santé Canada
Nom du ministre :
Bennett, Carolyn (L’hon.)
Titre du ministre :
Ministre de la santé mentale et des dépendances

Enjeu ou question :

N/A

Réponse suggérée :

• Notre gouvernement reconnaît les importants problèmes de santé mentale auxquels sont confrontées les jeunes femmes et les filles au Canada, et s’engage à promouvoir leur santé mentale et leur bien être.
• C’est pourquoi nous avons investi 5 milliards de dollars sur 10 ans (de 2017 à 2027) pour aider les provinces et les territoires (PT) à améliorer l'accès aux services de santé mentale et de toxicomanie sur leur territoire.
• Nous continuons à financer le portail en ligne Espace mieux-être Canada, qui offre une variété de ressources pour soutenir la santé mentale des jeunes femmes et des filles. Quelques exemples de ressources pertinentes comprennent des renseignements généraux et des mécanismes d'adaptation sains pour les problèmes de santé mentale les plus courants chez les femmes, comme la dépression, l'anxiété, le stress et les troubles de l'alimentation.
• Pour la suite des choses, le gouvernement fédéral s’est engagé à mettre en place un Transfert canadien en matière de santé mentale permanent, qui devrait permettre d’élargir la prestation de services de santé mentale de haute qualité et accessibles.

Contexte :

Les jeunes femmes et les filles du Canada sont aux prises avec des problèmes de santé mentale. Un certain nombre de paramètres révèlent une disparité par rapport à leurs pairs de sexe masculin.

La santé mentale autodéclarée des filles et des jeunes femmes est considérablement plus faible que celle de leurs pairs masculins. La proportion de filles et de jeunes femmes déclarant avoir une excellente ou une très bonne santé mentale en 2020 était de 13 à 19 % inférieure à celle de leurs pairs masculins pour les groupes d’âge de 10 à 14 ans, de 15 à 19 ans et de 20 à 24 ans. Moins de 50 % des jeunes femmes de 15 à 24 ans ont déclaré avoir une excellente ou une très bonne santé mentale en 2020. La COVID-19 a probablement exacerbé le problème. En 2020, le pourcentage de personnes ayant déclaré éprouver des symptômes dans la tranche d’âge de 18 à 34 ans chez les femmes par rapport aux hommes était presque deux fois plus élevé pour le trouble anxieux généralisé (proportions respectivement de 24,5 % et de 13 %), plus de deux fois plus élevé pour le trouble stress post-traumatique (11,5 % et 4,6 %), et presque 1,5 fois plus élevé pour le trouble dépressif majeur (22,7 % et 18,3 %).

Les consultations à l’urgence pour anxiété et dépression en 2021-2022 présentent une tendance similaire. Les taux de jeunes femmes se rendant à l’urgence pour anxiété ou dépression sont deux à quatre fois plus élevés que ceux de leurs pairs masculins, selon le groupe d’âge et le diagnostic. Les jeunes femmes âgées de 15 à 19 ans et de 20 à 24 ans se rendent à l’urgence pour anxiété ou dépression dans les proportions les plus élevées de tous les groupes d’âge (175 à 177 consultations pour 100 000 habitants).

En outre, les jeunes femmes et les filles, dès l’âge de 10 ans, sont plus susceptibles d’être hospitalisées pour anxiété ou dépression que leurs pairs masculins. En 2021-2022, les filles âgées de 10 à 14 ans ont été hospitalisées dans une proportion 6,2 fois plus élevée que leurs pairs masculins pour la dépression (37,2 congés de l’hôpital pour 100 000 habitants contre 6 congés pour 100 000 habitants), et 4,7 fois plus élevée que leurs pairs masculins pour l’anxiété (42,5 congés pour 100 000 habitants contre 8,95 congés pour 100 000 habitants). Cette tendance à un risque accru d’hospitalisation pour cause de dépression ou d’anxiété se retrouve aussi chez les jeunes femmes de 15 à 19 ans et de 20 à 24 ans, avec des taux 2,4 à 3,2 fois plus élevés que ceux de leurs pairs masculins.

Les taux de délivrance de psychotropes et de médicaments contre l’anxiété suggèrent que la pandémie a touché les jeunes femmes et les filles de manière plus importante que leurs pairs masculins. Bien que la délivrance de ces médicaments ait augmenté dans tous les groupes d’âge des deux sexes entre 2016 et 2021, une augmentation disproportionnée a été observée pour les femmes dans toutes les catégories d’âge, sauf la plus jeune (5 à 9 ans), par rapport à leurs pairs masculins.

La délivrance d’antipsychotiques a également augmenté de manière disproportionnée chez les jeunes femmes entre 2020 et 2021. Dans tous les groupes d’âge, à l’exception des enfants (5 à 9 ans), une augmentation du taux de délivrance d’antipsychotiques a été observée à partir de 2020-2021 pour les jeunes femmes, tandis que le taux est resté stable pour les jeunes hommes.

La population des jeunes femmes et des filles au Canada est également largement surreprésentée parmi les personnes hospitalisées pour des troubles de l’alimentation. De 10 à 19 ans, les jeunes femmes et les jeunes filles sont hospitalisées pour des troubles alimentaires à un taux 10 fois supérieur à celui de leurs pairs masculins, taux qui atteignait 21,2 hospitalisations pour 100 000 habitants chez les 15 à 19 ans en 2021-2022. Ce taux chute fortement pour les 20 à 25 ans et les 25 ans et plus, ce qui souligne le besoin de prise en charge des jeunes femmes.

Espace mieux-être Canada

En avril 2020, en réponse au problème de santé publique mondial engendré par la COVID-19, le gouvernement du Canada a lancé Espace mieux-être Canada (EMC), un portail en ligne de soutien en matière de santé mentale et de consommation de substances. Le portail fournit gratuitement aux personnes des quatre coins du Canada du soutien et des renseignements fiables, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, dans les deux langues officielles, pour les aider à résoudre des problèmes légers à modérés de santé mentale et de consommation de substances.
L’EMC offre une variété de ressources destinées à soutenir la santé mentale des jeunes femmes et des filles. Parmi les ressources pertinentes, il y a par exemple des renseignements généraux et des mécanismes d’adaptation sains pour les problèmes de santé mentale les plus courants chez les femmes, tels que la dépression, l’anxiété, le stress et les troubles alimentaires.

L’EMC propose des renseignements sur les abus sexuels et familiaux, et un soutien en la matière de l’automutilation et la prévention du suicide.

L’EMC propose des communautés de soutien entre pairs et des services de conseil pour les jeunes femmes et les jeunes filles qui souhaitent échanger avec d’autres personnes ou avec un conseiller.

Les utilisateurs de l’EMC ont accès à des options plus approfondies lorsqu’ils créent un compte, notamment un cours de deux semaines sur le choix d’une spécialité ou d’une profession, un programme de cinq semaines sur l’anxiété et le stress, et un cours de 65 minutes sur la gestion des déceptions.
Investissements fédéraux dans les provinces et les territoires et Services intégrés pour les jeunes
Le gouvernement du Canada s’est également engagé à soutenir la santé mentale des jeunes femmes et des filles, comme en témoigne l’investissement de 5 milliards de dollars sur dix ans (de 2017 à 2027) destiné à aider les provinces et les territoires à améliorer l’accès aux services de santé mentale et de traitement de la dépendance sur leur territoire. Cet investissement est conforme à l’Énoncé de principes communs sur les priorités partagées en santé (EPC), sur lequel se sont entendus conjointement les ministres de la Santé fédéral, provinciaux et territoriaux (FPT) (à l’exception du Québec) en août 2017. Dans cet EPC, les ministres de la Santé ont convenu de faire de l’accès élargi aux services communautaires de santé mentale et de traitement de la dépendance pour les enfants et les jeunes l’une des trois priorités du financement fédéral.

Onze des treize provinces et territoires ont défini des initiatives axées sur les jeunes, qui pourraient inclure des services intégrés pour les jeunes, dans le cadre des plans d’action liés aux accords bilatéraux. Trois provinces ont précisément indiqué que les services intégrés pour les jeunes (SIJ) faisaient partie de leurs plans d’action.
Les modèles de soins des SIJ prévoient des services locaux pertinents, efficaces, axés sur les jeunes et intégrés en matière de santé mentale et de consommation de substances au sein de la collectivité. Les emplacements des SIJ sont des « guichets uniques » communautaires facilement accessibles qui offrent un ensemble intégré de services, notamment un soutien par les pairs, un soutien en matière de santé mentale et de soins primaires, des conseils en matière d’emploi, ainsi qu’un soutien pour s’y retrouver dans ces systèmes de soins. Chaque site s’appuie sur les services existants et reflète les besoins de la collectivité locale, de sorte que l’ensemble des services disponibles varie selon l’emplacement. Il y a actuellement 50 centres intégrés pour les jeunes en service au Canada et 60 en voie de l’être.
Les 13 provinces et territoires ont développé ou sont en train de développer un réseau de services intégrés pour les jeunes (IYS) dans leur région. En outre, un réseau IYS autochtone est en cours de développement. Ces carrefours sont des " guichets uniques " communautaires facilement accessibles qui offrent une gamme intégrée de services, notamment un soutien par les pairs, un soutien en matière de santé mentale et de soins primaires, des conseils en matière d'emploi, ainsi qu'un soutien pour naviguer dans ces systèmes de soins.

Il existe environ 50 carrefours jeunesse intégrés opérationnels au Canada et 60 en cours de développement. Trois des réseaux les plus développés se trouvent en Colombie-Britannique (Foundry), en Ontario (Youth Wellness Hubs Ontario) et au Québec (Aire Ouverte), la Colombie-Britannique et l'Ontario prévoyant expressément d'utiliser un financement bilatéral pour soutenir ces réseaux. Cela démontre comment le gouvernement fédéral peut travailler de manière constructive avec les provinces et les territoires pour diffuser et mettre à l'échelle des pratiques fondées sur des preuves dans le domaine de la santé mentale et des toxicomanies.

Le développement d'un réseau IYS autochtone a été motivé par la participation des communautés autochtones du Canada. Ces communautés des Premières nations et des Inuits ont dirigé les efforts visant à faire évoluer la santé mentale des jeunes vers des soins culturellement compétents par le biais du conseil autochtone Access Open Minds. Plusieurs communautés autochtones participent actuellement à un nouveau réseau autochtone IYS.

Normes nationales de services en matière de santé mentale et de consommation de substances

Le budget de 2021 a fourni 45 millions de dollars sur deux ans, à compter de 2021-2022, à Santé Canada, à l’Agence de la santé publique du Canada et aux Instituts de recherche en santé du Canada pour l’élaboration de normes nationales en matière de santé mentale en collaboration avec les provinces et les territoires, des organismes de santé et des intervenants clés.

Le 14 mars 2022, Santé Canada a annoncé un partenariat avec le Conseil canadien des normes (CCN) en vue d’élaborer des normes nationales de services en matière de santé mentale et de consommation de substances, afin d'aider à respecter les engagements pris dans le budget de 2021. Les normes seront fondées sur des données probantes et élaborées dans le cadre de démarches consensuelles faisant appel à des experts, à des organismes de santé, à des personnes vivant ou ayant un vécu une expérience concrète et à d’autres intervenants clés. Les normes sont des outils permettant d’aider les prestataires de services de santé à fournir des services en matière de santé mentale et de consommation de substances de haute qualité et équitables, et elles contribueront à garantir un niveau de soins cohérent. Elles contribueront également à officialiser les éléments auxquels les Canadiens peuvent s’attendre à l’égard de la qualité des services, tout en servant de cadre de travail fondé sur des données probantes pour la prestation de services dans les secteurs prioritaires.

Le CCN coordonne l’élaboration d’une série intégrée de normes nationales de services en matière de santé mentale et de consommation de substances dans des domaines prioritaires correspondant à l’Énoncé de principes communs sur les priorités partagées en santé, qui comprend les services intégrés pour les jeunes. Le gouvernement a souligné l’importance de la participation de divers intervenants et de la promotion des principes d’équité en santé, qui ont été intégrés à la démarche d’élaboration.

Engagements du mandat de 2021

Le gouvernement du Canada s’est engagé à travailler avec les provinces, les territoires et d’autres partenaires à promouvoir l’accès à des services de haute qualité en matière de santé mentale et de consommation de substances pour les Canadiens, qui ont des besoins variés.

À l’appui de cet objectif, la ministre de la Santé mentale et des Dépendances a reçu le mandat suivant :
• Faire en sorte que les soins de santé mentale soient considérés comme un élément à part entière de notre système de soins de santé universel;
• Comprendre les inégalités en matière de santé, notamment celles touchant les Autochtones, les Canadiens noirs et les Canadiens vulnérables et y remédier;
• Chapeauter une approche pansociétale pour lutter contre la consommation problématique de substances au Canada ;
• Collaborer avec les provinces et les territoires.
Pour atteindre ces objectifs, la ministre honorera un ensemble complet d’engagements nouveaux et permanents. Elle établira notamment un Transfert canadien en matière de santé mentale (TCSM) permanent pour aider à élargir la prestation de services de santé mentale de haute qualité et accessibles, tant en ce qui concerne la prévention que le traitement.
Le budget de 2022 réitérait l’intention du gouvernement de mobiliser les provinces et les territoires en vue de la création d’un TCSM, ce qui assurerait une source permanente de financement des services de santé mentale.
Soutenir la santé mentale des personnes les plus touchées par la COVID-19
Le budget de 2021 aide les populations les plus touchées par la COVID-19 à gérer leurs problèmes de santé mentale. Le gouvernement fournira :
• 100 millions de dollars sur trois ans pour appuyer des projets qui favorisent la santé mentale et préviennent la maladie mentale dans les populations touchées de façon disproportionnée par la pandémie de la COVID-19, y compris les travailleurs de la santé, les travailleurs de première ligne, les jeunes, les aînés, les Premières Nations, les Inuits et les Métis, ainsi que les Noirs et les autres Canadiens racisés.
• 50 millions de dollars pour appuyer des projets visant à traiter le trouble de stress post-traumatique (TSPT) et les traumatismes chez les travailleurs de première ligne et les autres personnes les plus touchées par la pandémie de la COVID-19.
Aide à la satisfaction des besoins en santé mentale des enfants et des jeunes
Dans le cadre du Programme des politiques et stratégies en matière de soins de santé (PPSSS) de Santé Canada, le gouvernement fédéral finance les projets suivants :
• 2 M$, de 2021 à 2024, à l’Association canadienne pour la santé mentale (ACSM) pour l’élaboration et la mise à l’essai d’un programme national spécialisé de certification du soutien par les pairs que les établissements postsecondaires pourront utiliser pour soutenir la santé mentale des étudiants.

• 6,8 M$ de 2019 à 2024 à Foundry, qui doit aider les organisations à mettre en œuvre des modèles intégrés de soins de santé mentale pour les jeunes. Cela complète le financement de 9 M$ que l’on a accordé à Frayme pour la période de 2019 à 2024 afin de promouvoir une mise en œuvre plus large des services intégrés pour les jeunes au Canada.

• 2 M$ de 2021 à 2026 au Centre hospitalier pour enfants de l’est de l’Ontario (CHEO) pour accroître la diffusion de l’application ACHWM (Aaniish Naa Gegii : the Children’s Health and Well‐being Measure), élaborée conjointement avec des partenaires autochtones pour aider à mesurer la santé et le mieux-être des enfants autochtones.
Promouvoir la santé mentale et prévenir la maladie mentale
Par l’entremise du Fonds d’innovation pour la promotion de la santé mentale de l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC), le gouvernement du Canada investit 39 millions de dollars de 2019 à 2028 pour lutter contre de multiples facteurs de risque et de protection afin de promouvoir la santé mentale des inégalités en matière de santé mentale (p. ex. familles à faible revenu, immigrants et réfugiés, Premières Nations, Inuits, Métis, LGBTQ2 +, personnes handicapées et personnes ayant d’autres facteurs de risque socioéconomiques).
Le 29 mars 2020, le premier ministre a annoncé un investissement de 7,5 millions de dollars pour Jeunesse, J’écoute, pour fournir un soutien de crise aux enfants et aux jeunes pendant la pandémie.
En outre, l’Énoncé économique de l’automne de 2020, a prévu un investissement de 50 millions de dollars pour renforcer la capacité des centres de détresse, qui connaissent une forte demande pendant la pandémie de COVID-19. L’ASPC administre un premier cycle de subventions aux 57 centres de détresse en hiver/printemps 2021. Une partie des fonds appuiera un cycle supplémentaire de subventions au cours de l’exercice 2021-22. De plus, 2 millions de dollars de ce financement appuiera l’élaboration de ressources pour aider les centres de détresse à répondre aux besoins des populations diverses et vulnérables.

Violence dans les fréquentations chez les adolescents

L’ASPC finance des programmes de prévention de la violence dans les fréquentations chez les adolescents et les jeunes, y compris des initiatives communautaires et scolaires qui enseignent des compétences favorisant des relations saines et sûres fondées sur le respect et le consentement. De plus, l’ASPC finance des initiatives visant à soutenir la santé des survivants de la violence familiale, notamment la promotion de la santé physique et mentale tenant compte des traumatismes pour les jeunes.

Prévention du suicide

Le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) a récemment annoncé qu'il adoptera le 9-8-8 pour que les Canadiens puissent appeler ou envoyer un message texte lorsqu'ils ont besoin d'un soutien immédiat en cas de crise de santé mentale et de prévention du suicide. Ce service sera lancé dans tout le Canada le 30 novembre 2023.

Parallèlement, l'Agence de la santé publique du Canada (ASPC) se prépare à la mise en œuvre d'un numéro à trois chiffres pour la prévention du suicide du point de vue de la prestation de services. Le 31 août 2022, l'ASPC a annoncé que le Centre de toxicomanie et de santé mentale (CAMH) avait été choisi pour diriger la coordination de la prestation des services du 9-8-8, en s'appuyant sur son expérience de la prestation de Talk Suicide Canada. Dans un premier temps, le CAMH établira des collaborations avec des organismes clés afin de commencer à renforcer les capacités, et s'engagera auprès des intervenants pour définir la portée et les exigences d'un service de qualité offert en temps opportun. De plus, l'ASPC fait appel à des intervenants de divers secteurs, y compris les provinces et les territoires, les partenaires autochtones, les responsables de la sécurité publique et les personnes ayant une expérience vécue, pour définir la portée et les éléments de la prestation du service, notamment pour comprendre la demande prévue pour le 9-8-8. Enfin, l'ASPC s'inspire de l'expérience internationale, notamment des États-Unis, qui ont récemment introduit le 988 en juillet 2022.

Le gouvernement du Canada investit 21 millions de dollars sur 5 ans au Centre de toxicomanie et de santé mentale (CAMH) pour mettre en œuvre et maintenir un service pancanadien de prévention du suicide pleinement opérationnel en partenariat avec l’Association canadienne pour la santé mentale et Crisis Services Canada. Parlons suicide Canada offre actuellement un soutien téléphonique au 1-833-456-4566 en français et en anglais, vingt-quatre [24] heures sur vingt-quatre [24] et sept [7] jours sur sept [7], et par messagerie texte (45645), en anglais et en français, le soir, à tout le monde au Canada. D’ici 2023, ce service offrira aux gens de partout au Canada un accès à un soutien de crise bilingue 24/7/365 de la part d’intervenants qualifiés, en utilisant la technologie de leur choix (voix, texte ou clavardage).

Le Cadre fédéral pour la prévention du suicide a été publié en novembre 2016. Il était axé sur la sensibilisation du public, la réduction de la stigmatisation, la diffusion d’informations et de données, et la promotion de l’utilisation de la recherche et des pratiques fondées sur des preuves. Des rapports d’étape sur le Cadre sont disponibles sur Canada.ca, et le prochain rapport devrait être publié en décembre 2020. En réponse à la motion M-174, qui demandait au gouvernement du Canada d’établir un plan d’action national pour la prévention du suicide et qui a été soutenue à l’unanimité par les parlementaires en 2019, l’Agence de la santé publique du Canada élabore un plan d’action qui s’aligne sur le Cadre.

Mobiliser des données et des éléments de preuve pour soutenir les initiatives

Entre 2016-2017 et 2020-2021, les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) ont investi plus de 413 millions de dollars dans la recherche sur la santé mentale et les troubles du comportement.

Les IRSC, en partenariat avec la Fondation Graham-Boeckh, appuient ACCESS Esprits ouverts, un projet national visant à transformer la façon dont les jeunes de 11 à 25 ans peuvent accéder aux soins de santé mentale par l’élaboration et la mise à l’essai d’approches fondées sur des données probantes. Pour le moment, on compte 17 sites participants, situés dans sept provinces et un territoire. Ceux-ci ont transformé les services de santé mentale destinés aux jeunes de différentes manières, selon les circonstances locales. Un exemple : à Ulukhaktok, une localité éloignée des Territoires du Nord-Ouest où les professionnels ne sont pas toujours disponibles, on évalue un modèle dans lequel les travailleurs de la santé non professionnels sont formés pour venir en aide aux jeunes en détresse.

L’initiative Réseau de réseaux – Services intégrés pour les jeunes (1 million de dollars sur 1 an) a également été lancée par les IRSC en avril 2022 afin de créer un réseau pancanadien de systèmes de santé apprenante provinciaux et territoriaux pour les Services intégrés à la jeunesse pour la santé mentale et la consommation de substances.

De plus, les IRSC ont prévu 6,25 millions de dollars sur 5 ans en financement pour la santé mentale dans la petite enfance à partir de mars 2022, en mettant l’accent sur les initiatives de santé mentale pour les jeunes enfants (âgés de 0 à 5 ans), les peuples autochtones, ainsi que sur la transformation de la santé mentale grâce aux soins intégrés. Cela représente plus de 1700 projets dirigés par des experts à travers le pays.

Les IRSC dirigent aussi actuellement l’Initiative de recherche sur la COVID-19 et la santé mentale (CMH) en collaboration avec l’ASPC et Santé Canada. Cette initiative soutient actuellement 101 projets de recherche, ce qui représente un investissement total de 13,5 millions de dollars des IRSC et de leurs partenaires. Ce travail est guidé par un Groupe consultatif d’experts composé d’éminents spécialistes canadiens en santé mentale et en consommation de substances. Les nouvelles connaissances générées par ces projets seront mobilisées pour s’assurer qu’elles éclaireront l’élaboration des politiques en temps utile.

Statistique Canada a créé et administre un sondage électronique, appelé Série d’enquêtes sur les perspectives canadiennes. Chaque mois, environ 4 600 personnes des 10 provinces répondent à la nouvelle version du sondage. En outre, en collaboration avec Statistique Canada, l’ASPC a financé deux cycles de données pour l’Enquête sur la COVID-19 et la santé mentale (avec un troisième cycle en développement) afin de mieux comprendre les répercussions élargies de la pandémie sur la santé mentale au Canada. Un recueil spécial d’articles de recherche basés sur le premier cycle de données a été publié dans la revue Promotion de la santé et prévention des maladies chroniques le 27 septembre 2021. L’Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes a aussi recommencé en septembre 2020. Cette enquête fournit des données sur une variété d’indicateurs de la santé mentale, et a été menée pendant de nombreuses années avant la pandémie. Elle permettra de mesurer en continu l’évolution de la santé mentale de la population canadienne à mesure que la pandémie se poursuit et que le Canada se rétablit.

De plus, l'Enquête canadienne sur la santé des enfants et des jeunes de 2019, dont un deuxième cycle est prévu pour 2023, explore les questions qui ont une incidence sur la santé physique et mentale des enfants et des jeunes (âgés de 1 à 17 ans). De plus, l'Enquête sur la santé mentale et l'accès aux soins de 2022 porte sur l'état de santé mentale des Canadiens âgés de 15 ans et plus, ainsi que sur leur accès et leurs besoins en matière de services et de soutien. Cette enquête vise également à évaluer l'impact de la pandémie de COVID-19 sur la santé de la population ainsi qu'à évaluer les changements dans les modèles de santé mentale, d'utilisation des services et de fonctionnement au cours des dix dernières années.

Surveillance de la maladie mentale

Dans le cadre de son mandat, l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC) exerce une surveillance continue des maladies mentales dans la communauté canadienne, y compris chez les jeunes femmes et les filles. Elle utilise de multiples sources pour fournir les données les plus récentes, notamment le Système canadien de surveillance des maladies chroniques (SCSMC), l’Enquête canadienne sur la santé des enfants et des jeunes (ECSEJ) et l’Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes (ESCC).

Le SCSMC est un réseau collaboratif de systèmes provinciaux et territoriaux de surveillance des maladies chroniques, soutenu par l’ASPC. Il recense les cas de maladies chroniques de tous les résidents qui sont admissibles à une assurance maladie provinciale ou territoriale, et contient des données agrégées qui peuvent être ventilées par âge, sexe et lieux géographiques. En 2010, on a étoffé le SCSMC à des fins de suivi et de rapports sur l’utilisation des services de santé pour les maladies mentales en général ainsi que pour les troubles de l’humeur et de l’anxiété dans la population canadienne.

L’Enquête canadienne sur la santé des enfants et des jeunes (ECSEJ) de 2019 est une enquête nationale transversale qui fournit des renseignements sur la santé des enfants et des jeunes canadiens. L’enquête est représentative des membres de la population canadienne qui, au 31 janvier 2019, étaient âgés de 1 à 17 ans et vivaient dans des logements privés dans l’une des dix provinces ou l’un des trois territoires du Canada.

De plus, pour aider à combler les lacunes dans les données sur les répercussions de la pandémie de COVID-19 sur les personnes, les familles et les collectivités en ce qui a trait à la santé mentale (y compris les symptômes d’anxiété, de dépression et de trouble stress post-traumatique [TSPT]), l’ASPC s’est associée à Statistique Canada pour élaborer l’Enquête sur la COVID-19 et la santé mentale. L’enquête a révélé la proportion de Canadiens qui éprouvaient des symptômes associés aux affections susmentionnées, par groupe d’âge et par sexe, et s’intéressait aux groupes les plus à risque. L’enquête été menée à différents moments de la pandémie de COVID-19 et a fourni des renseignements opportuns sur les répercussions de la pandémie sur la santé mentale et le bien-être des Canadiens.

Renseignements supplémentaires :

aucun