Note pour la période des questions : Santé mentale périnatale

About

Numéro de référence :
MHA-2022-QP-0016
Date fournie :
14 déc. 2022
Organisation :
Santé Canada
Nom du ministre :
Bennett, Carolyn (L’hon.)
Titre du ministre :
Ministre de la santé mentale et des dépendances

Enjeu ou question :

N/A

Réponse suggérée :

• Notre gouvernement est déterminé à promouvoir la santé mentale et le bien-être des mères et des enfants.
• Nous avons fait des investissements importants par l’intermédiaire de programmes visant à soutenir la santé mentale des personnes enceintes durant les périodes prénatales et postnatales, y compris des fonds pour améliorer l’accès communautaire aux soutiens, et 26,5 millions de dollars annuellement pour le Programme canadien de nutrition prénatale, qui dessert environ 240 projets avec plus de 45,000 participants.
• Grâce à ces investissements et à l’élaboration de ressources pour la promotion de la santé, nous assurons un accès en temps opportun aux services de santé mentale en période périnatale, au moment et à l’endroit où ils sont nécessaires.

SI L’ON INSISTE SUR LES ENGAGEMENTS DE MANDAT DE 2021
• Le mandat de la ministre de la Santé mentale et des Dépendances veiller à ce que les soins de santé mentale soient traités comme une composante à part entière et égale de notre système de soins de santé universel, et ce, en travaillant en étroite collaboration avec les provinces et les territoires, et en adoptant une approche pour l’ensemble de la société afin de lutter contre la consommation problématique de substances au Canada.
• Notre gouvernement s’est engagé à assurer un accès en temps opportun aux services de santé mentale en période périnatale, et maintient son engagement à établir un transfert canadien permanent en matière de santé mentale pour aider à élargir la prestation de services de santé mentale de haute qualité et accessibles, y compris pour la prévention et le traitement.

SI L’ON INSISTE SUR LES SOUTIENS ACTUELLEMENT DISPONIBLES POUR ABORDER LA SANTÉ MENTALE PÉRINATALE ET LA CONSOMMATION DE SUBSTANCES
• Soutenir la santé mentale et le mieux-être des Canadiens constitue une priorité pour le gouvernement du Canada.
• En avril 2020, notre gouvernement a lancé Espace mieux-être Canada (EMC), un portail en ligne de soutien en matière de santé mentale et de toxicomanie qui fournit de l’information et des aides gratuites et crédibles, disponibles 24 heures sur 24 et sept jours sur sept, aux personnes de partout au Canada, dans les deux langues officielles, pour les aider à résoudre des problèmes légers à modérés de santé mentale et de consommation de substances.
• De plus, grâce à l’application Mieux-être, qui se veut un compagnon au portail EMC, les personnes peuvent accéder à des ressources allant de l'auto-évaluation à un soutien personnalisé basé sur leur évaluation, et peuvent se relier de manière transparente aux soutiens et services du portail.

SI L’ON INSISTE SUR LES PROGRÈS RÉALISÉS QUANT À L’ENGAGEMENT CONCERNANT LA SANTÉ MENTALE PÉRINATALE
• Santé Canada travaille en étroite collaboration avec les plus grands experts canadiens du domaine afin de mieux comprendre les pratiques judicieuses, les lacunes et les possibilités en ce qui concerne les services de santé mentale périnatale au Canada.
• Le 9 mars 2022, divers groupes d’intervenants ont participé à une table ronde afin de rassembler plusieurs points de vue, notamment des experts cliniques et des praticiens, des personnes ayant vécu ou vivant une expérience concrète, des décideurs ainsi que des chercheurs et des universitaires.
• Cette séance permettra d’orienter l’élaboration d’autres politiques et la mobilisation des intervenants par le portefeuille de la Santé, alors que nous réfléchissons à des approches pour réaliser des progrès dans cet important domaine stratégique.

Contexte :

La période périnatale comprend à la fois la grossesse et la période postnatale. La santé mentale périnatale est un état de bien-être dans lequel une personne enceinte ou en période postnatale prend conscience de ses propres capacités, peut faire face aux stress normaux de la vie et travailler de manière productive, prendre soin d’elle-même et de son nouveau-né, et est capable d’apporter sa contribution à la communauté et à la société.

La santé mentale périnatale inclut les problèmes de santé mentale vécus « autour » de la grossesse. Il peut s’agir de troubles mentaux préexistants, mais aussi de problèmes de santé mentale nouveaux ou différents apparaissant au cours de cette période. Le stress maternel, l'anxiété et la dépression sont des problèmes de santé publique importants, qui augmente le risque de mauvais résultats pour la santé mentale et physique des mères ainsi que des impacts potentiels pour les enfants et les familles. Si elles ne sont pas traitées, les conséquences comprennent une dépression maternelle prolongée, une dépression paternelle, une insatisfaction et un conflit relationnel avec le partenaire, des interactions et un attachement parent-nourrisson altérés, un risque de développement cognitif ou psychosocial altéré pour l'enfant (et un risque accru de psychopathologie infantile ultérieure) et, dans des situations extrêmes, suicide maternel ou infanticide. Les décès maternels avec une composante de santé mentale, par suicide ou intoxication médicamenteuse, sont de plus en plus reconnus comme constituant une proportion importante de tous les décès maternels.

Au cours des dernières années, certains intervenants ont demandé une plus grande action fédérale dans le domaine de la santé mentale périnatale. Le 13 mai 2020, une pétition a été présentée visant à créer une stratégie nationale de santé mentale périnatale qui fournirait une orientation, une politique et un financement visant à développer des services spécialisés et complets de soins en santé mentale périnatale. Il s’agit notamment du dépistage universel et de l’accès rapide à un traitement pour toutes les personnes, pendant la grossesse et après celle-ci.

En ce moment, la collecte nationale de données en santé mentale ne permet pas d’identifier les individus qui sont dans la période périnatale. Cependant, il est possible d’identifier les femmes enceintes.

Chez les femmes enceintes, la santé mentale auto-évaluée était meilleure que celle chez les femmes non-enceintes (2019-2021). Ceci est vrai pour tous les groupes d’âge à l’exception des adolescentes enceintes (15-19 ans), chez qui la santé mentale auto-évaluée était quelque peu pire chez celles qui étaient enceintes. Les adolescentes enceintes étaient aussi significativement plus susceptibles de rapporter de l’anxiété que leurs pairs non-enceintes.

Les femmes enceintes âgées d’entre 20 et 44 ans étaient significativement moins enclines à rapporter de l’anxiété ou de la dépression que leurs pairs non-enceintes. Par contre, les femmes enceintes âgées d’entre 45 et 54 ans étaient significativement plus enclines à rapporter de l’anxiété ou de la dépression que celles qui n’étaient pas enceintes.

L’Enquête sur la santé maternelle de 2018-2019 a fourni un aperçu de la santé mentale des nouvelles mères (de 5 à 13 mois après l’accouchement) au Canada. L’enquête a révélé que près du quart (23 %) des nouvelles mères ont déclaré des sentiments correspondant à une dépression post-partum ou à un trouble anxieux. Une proportion plus élevée (30 %) de mères de moins de 25 ans ont déclaré éprouver des sentiments correspondant à une dépression ou à un trouble anxieux comparativement aux mères de 25 ans et plus (23 %). L’enquête a également révélé que près du tiers (31 %) des mères qui ont déclaré éprouver des sentiments correspondant à une dépression post-partum ou à un trouble anxieux s’étaient déjà fait dire par un professionnel de la santé qu’elles souffraient de dépression ou d’un trouble de l’humeur avant d’être enceintes.
La littérature suggère que de la recherche additionnelle est nécessaire pour mieux comprendre les expériences de santé mentale à long terme chez les parents adolescents. Tout particulièrement, des études seraient nécessaires contrôlant pour les effets confondants des variables démographiques, socioéconomiques, environnementales et reliées à la santé. Une étude canadienne a identifié que chez les mères Autochtones, les facteurs sociaux et reliés à la santé étaient plus importants pour prédire les résultats en santé mentale à long terme que l’expérience d’être enceinte en tant qu’adolescente.

Au cours des années récentes, quelques parties prenantes ont interpellé le gouvernement fédéral pour qu’ils prennent plus d’actions dans le domaine de la santé mentale périnatale. Le 13 mai 2020, une pétition a été mise sur pied pour créer une stratégie nationale de santé mentale périnatale pour donner une direction, des politiques et du financement pour développer des services en santé mentale spécialisés et compréhensifs. Ceci inclut un dépistage universel et l’accès rapide au traitement pour tous pendant la grossesse et la période postpartum.

Le 5 mai 2021, Journée mondiale de la santé mentale maternelle, divers bureaux de députés ont envoyé, au nom de leurs électeurs, une demande au bureau de l’ancienne ministre de la Santé concernant une stratégie nationale de santé mentale périnatale, laquelle a été présentée par la députée Heather McPherson (NPD, Edmonton Strathcona).

Le 3 juin 2021, le député Don Davies (NPD, Vancouver Kingsway) a présenté le projet de loi C-306 qui demande une stratégie nationale de santé mentale périnatale comprenant des services de dépistage et de traitement de la santé mentale pendant toute la période périnatale. Ce projet de loi est mort au feuilleton lorsque le Parlement a été dissous en août 2021.

Le 31 mars 2022, le député Don Davies (Vancouver-Kingsway) a présenté le projet de loi C-265, qui demandait à nouveau une Loi sur la stratégie nationale en matière de santé mentale périnatale qui comprend des mesures pour fournir des services de dépistage et de traitement de la santé mentale périnatale et réduire les obstacles aux soins, comme ainsi que des mesures pour accroître la sensibilisation, la formation et la recherche en matière de santé mentale périnatale.

Engagements du mandat de 2021

Le gouvernement du Canada s’est engagé à travailler avec les provinces, les territoires et d’autres partenaires à promouvoir l’accès à des services de haute qualité en matière de santé mentale et de consommation de substances pour les Canadiens, qui ont des besoins variés.

À l’appui de cet objectif, la ministre de la Santé mentale et des Dépendances a reçu le mandat suivant :
• Faire en sorte que les soins de santé mentale soient considérés comme un élément à part entière de notre système de soins de santé universel;
• Comprendre les inégalités en matière de santé, notamment celles touchant les Autochtones, les Canadiens noirs et les Canadiens vulnérables et y remédier;
• Chapeauter une approche pansociétale pour lutter contre la consommation problématique de substances au Canada ;
• Collaborer avec les provinces et les territoires.
Pour atteindre ces objectifs, la ministre honorera un ensemble complet d’engagements nouveaux et permanents. Elle établira notamment un Transfert canadien en matière de santé mentale (TCSM) permanent pour aider à élargir la prestation de services de santé mentale de haute qualité et accessibles, tant en ce qui concerne la prévention que le traitement.
Le budget de 2022 réitérait l’intention du gouvernement de mobiliser les provinces et les territoires en vue de la création d’un TCSM, ce qui assurerait une source permanente de financement des services de santé mentale.
Espace mieux-être Canada

En avril 2020, en réponse au problème de santé publique mondial engendré par la COVID-19, le gouvernement du Canada a lancé Espace mieux-être Canada (EMC), un portail en ligne de soutien en matière de santé mentale et de consommation de substances. Le portail fournit gratuitement aux personnes des quatre coins du Canada du soutien et des renseignements fiables, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, dans les deux langues officielles, pour les aider à résoudre des problèmes légers à modérés de santé mentale et de consommation de substances.

L’EMC offre une variété de ressources destinées à soutenir la santé mentale des personnes enceintes durant les périodes prénatales et postnatales. Parmi les ressources pertinentes, il y a par exemple des renseignements généraux et des mécanismes d’adaptation sains pour les problèmes de santé mentale les plus courants, tels que la dépression, l’anxiété, le stress et les troubles alimentaires.

L’EMC propose des renseignements sur les abus sexuels et familiaux, et un soutien en la matière de l’automutilation et la prévention du suicide.

L’EMC propose des communautés de soutien entre pairs et des services de conseil pour les personnes enceintes durant les périodes prénatales et postnatales qui souhaitent échanger avec d’autres personnes ou avec un conseiller.

Les utilisateurs de l’EMC ont accès à des options plus approfondies lorsqu’ils créent un compte, notamment un cours de deux semaines sur le choix d’une spécialité ou d’une profession, un programme de cinq semaines sur l’anxiété et le stress, et un cours de 65 minutes sur la gestion des déceptions.

Surveillance périnatale

Le Système canadien de surveillance périnatale (SCSP) de l’ASPC surveille les déterminants et les résultats de la santé de la mère, du fœtus et du nourrisson et en rend compte, tout en menant des recherches épidémiologiques ciblées sur les problèmes émergents. Ce programme s’est largement axé sur les indicateurs de santé physique, dont certains peuvent être associés à la santé mentale de la mère (p. ex. la mortalité fœtale et infantile, les maladies chroniques de la mère, le tabagisme et la consommation d’alcool pendant la grossesse). Cependant, les indicateurs formels relativement aux facteurs de risque et de protection de la santé mentale maternelle n’ont pas encore été établis, car il n’existe actuellement aucune source nationale de données de routine sur la santé mentale maternelle ou sur l’accès des mères aux services de santé mentale ou leur utilisation de ces services. Le budget de 2022 prévoit d’importants investissements dans le développement de données probantes sur la période périnatale, y compris la santé mentale périnatale. L'ASPC investira environ 4,5 millions de dollars sur trois ans pour appuyer l'élaboration et la collecte d'une enquête nationale sur les expériences parentales, en mettant la priorité sur la santé mentale pendant la période périnatale. L’enquête fera une collecte de données sur d'autres sujets essentiels tels que l'allaitement, la consommation de substances, etc. Cette enquête permettra combler une lacune critique en matière des données, particulièrement en ce qui concerne la santé mentale et l'accès des parents aux services de santé mentale

Groupe d’étude canadien sur les soins de santé préventifs – lignes directrices sur le dépistage de la dépression durant la grossesse et la période postnatale

Le Groupe d’étude canadien sur les soins de santé préventifs (le Groupe d’étude) est un organisme indépendant composé d’au plus 15 cliniciens et spécialistes de la méthodologie, établi et financé par l’ASPC. En 2022, le Groupe d’étude a publié dans le Journal de l’Association médicale canadienne la ligne directrice intitulée « Recommandation sur l’utilisation d’instruments de dépistage de la dépression durant la grossesse et la période postnatale ».

La ligne directrice sur le dépistage de la dépression durant la grossesse et la période postnatale du Groupe d’étude est fondée sur les meilleures données scientifiques disponibles. La ligne directrice tient compte des avantages et des inconvénients du dépistage chez les Canadiennes durant la grossesse et jusqu’à un an après l’accouchement. Le Groupe d’étude déconseille le dépistage au moyen d’un questionnaire comportant un score prédéfini et conseille aux cliniciens de s’informer sur la santé mentale et le bien-être des personnes durant la grossesse et la période postnatale dans le cadre des soins habituels prodigués lors des visites.

Activités de politique et de programme de l’ASPC

Le portefeuille de la Santé entreprend un certain nombre d’activités pour promouvoir la santé maternelle et infantile, ce qui comprend le soutien d’une santé mentale maternelle positive pendant les périodes périnatales. Par exemple, l’ASPC fait des investissements importants pour soutenir la santé mentale périnatale par l’intermédiaire de programmes visant à améliorer l’accès communautaire aux soutiens pour les personnes enceintes durant les périodes prénatales et postnatales, les nouveaux parents et les jeunes enfants confrontés à des inégalités en matière de santé. En particulier, le Programme canadien de nutrition prénatale (PCNP) fournit 26,5 millions de dollars par an pour améliorer la santé des personnes enceintes à risque, en mettant l’accent sur la santé mentale, la nutrition et la promotion de comportements de santé positifs pendant la grossesse. Grâce à environ 240 projets financés, le PCNP dessert chaque année plus de 45 000 participants à travers le Canada.

L’ASPC appuie également l’élaboration de plusieurs ressources visant à promouvoir la santé mentale positive des personnes enceintes. Ces ressources fournissent des orientations et des conseils à la fois aux professionnels de la santé et aux personnes susceptibles d’être confrontées à une mauvaise santé mentale pendant la période périnatale, notamment les lignes directrices nationales sur les soins de maternité et de néonatalogie axés sur la famille, la boîte à outils sur la santé mentale des mères et le document d’orientation intitulé « Votre guide pour une grossesse en santé ».

Afin de fournir un soutien rapide aux nouveaux parents pendant la pandémie de COVID-19, Santé Canada et l’Agence de la santé publique du Canada ont récemment élaboré des ressources pour soutenir la santé mentale des personnes qui attendent un bébé ou qui viennent d’en avoir un.

Renseignements supplémentaires :

• Selon une Enquête gouvernementale de 2018/2019, près d’un quart (23 %) des mères ayant donné naissance récemment ont signalé des sentiments correspondant à une dépression postnatale ou à un trouble anxieux. Ces signalements varient d’une province à l’autre, allant de 16 % en Saskatchewan à 31 % en Nouvelle-Écosse. Des études en provenance de l’Ontario et du Québec ont montré qu’environ un cinquième des personnes enceintes ou en période post-partum ont utilisé des services de santé mentale.

• La COVID-19 a exacerbé le problème puisque les taux de problèmes de santé mentale en période périnatale et le besoin de services ont augmenté, alors que la disponibilité des services a diminué en raison des fermetures.