Note pour la période des questions : Introduire un Nouveau Fonds pour la Santé Mentale des Étudiants
About
- Numéro de référence :
- MHA-2022-QP-0017
- Date fournie :
- 14 déc. 2022
- Organisation :
- Santé Canada
- Nom du ministre :
- Bennett, Carolyn (L’hon.)
- Titre du ministre :
- Ministre de la santé mentale et des dépendances
Enjeu ou question :
N/A
Réponse suggérée :
• Notre gouvernement reconnaît les importants problèmes de santé mentale auxquels font face les étudiants de niveau postsecondaire qui ont été aggravés par la COVID-19.
• Le Gouvernement s’engage à renforcer la santé mentale et le bien-être des étudiants de niveau postsecondaire et vise à accroître l’accès complet aux services afin que les étudiants de niveau postsecondaire puissent obtenir l’aide dont ils ont besoin, au moment et à l’endroit où ils en ont besoin.
• Je continue à travailler en collaboration avec les étudiants, les intervenants et les Canadiens de tous les horizons, y compris avec les personnes ayant une expérience vécue passée ou présente, pour aider à faire connaître et à faire progresser l’engagement du gouvernement à soutenir la santé mentale et le bien-être des étudiants de niveau postsecondaire.
Contexte :
Le nouvel anormal : La santé mentale des étudiants depuis deux ans de COVID-19.
Le 26 septembre, l'Alliance canadienne des associations d’étudiants publiera un rapport commandé en partenariat avec la Commission de la santé mentale du Canada sur la santé mentale des étudiants de niveau postsecondaire.
L’étude, menée par Abacus Data, consistait en une enquête auprès de 2 000 étudiants de niveau postsecondaire à travers le Canada du 13 mai au 27 mai 2022. Elle conclut que les problèmes de santé mentale persistent dans tous les campus postsecondaires du Canada et que, même si un étudiant sur deux a eu accès à des services de soutien en santé mentale par l’entremise de son établissement postsecondaire, il restait des obstacles importants à l’accès aux services, notamment des longs temps d’attente, de la stigmatisation et des préoccupations en matière de confidentialité.
Le nouvel anormal : La santé mentale des étudiants depuis deux ans de COVID-19 a révélé que les trois quarts des étudiants interrogés ont indiqué que leur santé mentale avait été affectée négativement par la pandémie de la COVID-19, et ce, au même niveau que ceux de 2021.
Le rapport a également conclu que :
• Un étudiant sur trois a déclaré que les services de santé mentale offerts dans les établissements postsecondaires ne répondent pas aux divers besoins des étudiants;
• Les principaux obstacles à l’accès comprenaient les temps d’attente, l’ignorance de la façon d’accéder aux services et la qualité des services, avec trois étudiants sur 4 ne sachant pas comment accéder aux services du campus;
• L’étudiant moyen finance près de la moitié de ses études à partir d’une épargne parentale et personnelle, avec seulement 15 % du financement provenant de prêts et de subventions étudiants.
• Les pressions financières croissantes et les défis liés à la pandémie ont continué d’entraîner des répercussions négatives sur la santé mentale des étudiants et sur la capacité des étudiants de s’adapter aux problèmes continus des étudiants.
Pourquoi la santé mentale des étudiants de niveau postsecondaire
Presque deux problèmes de santé mentale sur trois commencent avant l’âge de 25 ans, ce qui inclut la période pendant laquelle de nombreuses personnes étudient au niveau postsecondaire. Les étudiants de niveau postsecondaire sont confrontés à de nombreux défis, notamment une charge de travail accrue, le passage à l’âge adulte, le fait de vivre loin de chez soi et les difficultés financières. L’évaluation nationale de la santé dans les collèges de 2019 réalisée par l’American College Health Association a révélé que 52 % des étudiants de niveau postsecondaire au Canada se sentaient si déprimés qu’il leur était difficile de fonctionner (une augmentation par rapport à 46 % en 2016). Environ 69 % ont déclaré se sentir accablés par l’anxiété (en hausse de quatre pourcents depuis 2016). Environ 16% ont rapporté avoir considéré sérieusement le suicide au cours des 12 derniers mois (comparativement à 13 % depuis 2016).
La pandémie de COVID-19 a créé des défis particuliers pour les étudiants, qui ont été contraints de s’adapter à l’apprentissage à distance et ont été éloignés des soutiens et des réseaux personnels qui sont généralement courants dans un cadre postsecondaire. Un an après le début de la pandémie, environ 84 % des étudiants de niveau postsecondaire ont déclaré que la pandémie avait ajouté de nouveaux problèmes de santé mentale ou exacerbé les problèmes existants. Tout au long de la pandémie, les problèmes de santé mentale de ce groupe n’ont cessé d’augmenter : le nombre d’étudiants ayant déclaré se sentir désespérés (+16 %), accablés (+10 %) et tristes (+ 6 %) a sensiblement augmenté entre le début de la pandémie et le printemps 2021. En avril 2022, les étudiants canadiens continuaient à signaler que leurs études étaient considérablement touchées par leur santé mentale (49 %), ce qui est de loin supérieur aux travailleurs canadiens qui signalaient que leur santé mentale avait de grandes répercussions sur leur travail (31 %).
Du fait de l’incidence plus élevée des problèmes de santé mentale signalés, un plus grand nombre d’étudiants de niveau postsecondaire ont recours à des services de soutien en santé mentale pendant la pandémie comparativement à avant (c’est également le cas pour la population générale). Bien qu’il existe une vaste gamme de soutiens et de services offerts dans les établissements postsecondaires du Canada pour promouvoir la santé mentale des étudiants et traiter les problèmes de santé mentale, la capacité de fournir des soutiens complets sur le campus est limitée, ce qui a des répercussions sur la rapidité et l’accessibilité des services et des programmes.
Les données indiquent qu’il est nécessaire de mettre en place un plan de santé mentale complet et coordonné pour les étudiants de niveau postsecondaire, qui couvre la gamme de services allant de la prévention au traitement, y compris le conseil par les pairs et une gamme d’options d’autogestion (applications en ligne, téléphone) accessibles en permanence. La recherche indique également que l’amélioration des connaissances en matière de santé mentale et l’acquisition de compétences de vie et de résilience sont essentielles pour atténuer les niveaux élevés de stress pendant la transition vers les établissements postsecondaires.
Mesures et investissements du gouvernement pour répondre aux besoins des jeunes en matière de santé mentale
Financement de la Commission de la santé mentale du Canada :
Le gouvernement du Canada verse 14,25 millions $ par an à la Commission de la santé mentale du Canada (CSMC), qui a été créée en 2007 pour servir de catalyseur à l’amélioration du système de santé mentale au Canada. La CSMC dirige l’élaboration et la diffusion de programmes et d’outils visant à favoriser la santé mentale et le mieux-être de tous les Canadiens en réunissant les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux ainsi que les principaux organismes de santé mentale.
En 2020, la CSMC a élaboré la Norme nationale du Canada sur la santé mentale et le bien-être des étudiants du postsecondaire, un ensemble de lignes directrices souples visant à aider les établissements postsecondaires à créer des environnements qui favorisent la santé mentale et le bien-être des étudiants. La Norme peut aider les établissements postsecondaires à mieux concevoir leurs politiques et leurs programmes de santé mentale en se fondant sur des données probantes, à faire connaître leurs expériences et leurs connaissances, tout en améliorant la connaissance de la santé mentale, en renforçant la résilience et en traitant les problèmes de santé mentale des étudiants avant qu’ils ne s’aggravent.
À ce jour, environ 47 établissements postsecondaires travaillent à mettre en œuvre la norme et 22 autres s’y préparent.
Projet pilote de soutien par les pairs sur le campus
Le gouvernement du Canada a également accordé 2 M$ à l’Association canadienne pour la santé mentale (ACSM) pour un projet pilote de trois ans sur le soutien par les pairs sur le campus. L’Université de l’Île-du-Prince-Édouard, l’Université du Nouveau-Brunswick, l’Université Trent, le Medicine Hat College et l’Université de la Colombie-Britannique ont été choisis par l’ACSM pour le projet pilote et travailleront en étroite collaboration avec leur section locale de l’ACSM, qui apportera son expertise en matière de programmes de soutien par les pairs.
Le projet pilote de soutien par les pairs sur le campus donnera aux étudiants de niveau postsecondaire les outils dont ils ont besoin pour se soutenir mutuellement. Le matériel de formation sera créé avec les étudiants, et les pairs formateurs seront formés pour présenter le programme afin que le projet puisse se poursuivre au-delà de la phase pilote. Le projet pilote est harmonisé avec la nouvelle norme nationale sur la santé et la sécurité psychologiques des établissements postsecondaires.
Financement des gouvernements provinciaux et territoriaux et Services intégrés pour les jeunes
Le gouvernement canadien investit 5 M$, échelonnés sur 10 ans, afin d’améliorer l’accès des Canadiens à des services de soins en santé mentale (2017-2027). L’investissement est fourni directement aux provinces et aux territoires au moyen d’accords bilatéraux négociés, fondés sur l’Énoncé de principes communs sur les priorités partagées en santé approuvé par les ministres FPT de la Santé. Dans cet énoncé, les ministres de la Santé ont convenu de faire de l’accès élargi aux services communautaires de santé mentale et de toxicomanie pour les enfants et les jeunes l’une des trois priorités du financement fédéral.
Onze des treize provinces et territoires ont défini des initiatives axées sur les jeunes, qui pourraient inclure des services intégrés pour les jeunes, dans le cadre des plans d’action de leurs accords bilatéraux. Trois provinces ont spécifiquement indiqué que les services intégrés pour les jeunes faisaient partie de leurs plans d’action.
Les modèles de soins des services intégrés pour les jeunes (SIJ) fournissent des services locaux pertinents, efficaces, axés sur les jeunes et intégrés en matière de santé mentale et de consommation de substances au sein de la collectivité. Un exemple de ce modèle est le centre intégré pour les jeunes. Ces centres sont des « guichets uniques » communautaires faciles d’accès qui proposent un ensemble intégré de services, pouvant inclure un soutien par les pairs, un soutien en matière de santé mentale et de soins primaires et des conseils en matière d’emploi, ainsi qu’une aide pour naviguer dans ces systèmes de soins. Chaque centre s’appuie sur des services existants, de sorte que l’ensemble des services disponibles varie selon le centre. Il existe actuellement 50 centres intégrés pour les jeunes qui sont opérationnels au Canada et 60 sont en préparation.
En outre, neuf provinces sur dix ont, ou sont en voie d’avoir, des réseaux provinciaux pour mettre en œuvre et faire progresser le modèle de services intégrés pour les jeunes grâce à la mise en commun des pratiques exemplaires. Dans certains cas, cela se fait en s’appuyant sur une approche de système de santé apprenant, où les données sont collectées pour éclairer et améliorer continuellement l’obtention de résultats équitables en santé en se concentrant sur les pratiques relatives à l’accès équitable aux services de santé mentale. Trois des réseaux les mieux établis se trouvent en Colombie-Britannique (Foundry), en Ontario (Carrefours bien-être pour les jeunes de l’Ontario) et au Québec (Aire ouverte). La Colombie-Britannique et l’Ontario ont précisément indiqué qu’ils utilisaient des fonds bilatéraux pour soutenir ces réseaux.
Normes nationales de services en matière de santé mentale et de consommation de substances
Le budget de 2021 a fourni 45 millions de dollars sur deux ans, à compter de 2021-2022, à Santé Canada, à l’Agence de la santé publique du Canada et aux Instituts de recherche en santé du Canada pour l’élaboration de normes nationales en matière de santé mentale en collaboration avec les provinces et les territoires, des organismes de santé et des intervenants clés.
Le 14 mars 2022, Santé Canada a annoncé un partenariat avec le Conseil canadien des normes (CCN) en vue d’élaborer des normes nationales de services en matière de santé mentale et de consommation de substances, afin d'aider à respecter les engagements pris dans le budget de 2021. Les normes seront fondées sur des données probantes et élaborées dans le cadre de démarches consensuelles faisant appel à des experts, à des organismes de santé, à des personnes vivant ou ayant un vécu une expérience concrète et à d’autres intervenants clés. Les normes sont des outils permettant d’aider les prestataires de services de santé à fournir des services en matière de santé mentale et de consommation de substances de haute qualité et équitables, et elles contribueront à garantir un niveau de soins cohérent. Elles contribueront également à officialiser les éléments auxquels les Canadiens peuvent s’attendre à l’égard de la qualité des services, tout en servant de cadre de travail fondé sur des données probantes pour la prestation de services dans les secteurs prioritaires.
Le CCN coordonne l’élaboration d’une série intégrée de normes nationales de services en matière de santé mentale et de consommation de substances dans des domaines prioritaires correspondant à l’Énoncé de principes communs sur les priorités partagées en santé, qui comprend les services intégrés pour les jeunes. Le gouvernement a souligné l’importance de la participation de divers intervenants et de la promotion des principes d’équité en santé, qui ont été intégrés à la démarche d’élaboration.
Initiatives en réponse à la pandémie
Espace mieux-être Canada
Santé Canada a investi 130 M$ de 2020 à 2022 dans Espace mieux-être Canada, un portail de soutien en ligne en matière de santé mentale et de consommation de substances, et a reçu 140 M$ dans le budget de 2022 pour soutenir le portail pendant deux années supplémentaires, à compter de 2022-2023. Lancé en avril 2020, Espace mieux-être Canada offre des services de soutien en ligne gratuits et confidentiels en matière de santé mentale et de consommation de substances, accessibles en tout temps aux personnes de partout au Canada dans les deux langues officielles. Des services d’interprétation sont également disponibles pendant les séances téléphoniques dans plus de 200 langues et dialectes. Grâce à Espace mieux-être Canada, les personnes de l’ensemble des provinces et territoires ont un accès immédiat à des soutiens allant de l’autoévaluation, du contenu éducatif et des programmes autoguidés, au soutien par les pairs et aux séances confidentielles avec des travailleurs sociaux, des psychologues et d’autres professionnels. Les soutiens sont fournis en ligne ainsi que par téléphone et message texte pour ceux qui n’ont pas accès à Internet.
Il existe des lignes de messagerie dédiées aux jeunes, aux adultes et aux travailleurs de première ligne qui offrent un accès immédiat à du soutien. Il existe également une ligne téléphonique dédiée pour parler à des intervenants-pivots de programmes qui peuvent aider à trouver des ressources sur le portail. Espace mieux-être Canada augmente les services provinciaux et territoriaux existants, et ne les remplace pas. En janvier 2022, Espace mieux-être Canada a lancé Mieux-être, qui est une application complémentaire au portail en ligne.
Grâce au portail et à l’application, les enfants et les jeunes (âgés de 5 à 29 ans) peuvent accéder à des ressources en matière de santé mentale et de consommation de substances, notamment à Jeunesse, J’écoute, qui offre un soutien en ligne, par téléphone et par messagerie texte aux jeunes en situation de crise ou confrontés à des problèmes de santé mentale.
Des ressources supplémentaires sont investies dans le programme Jeunesse, J’écoute (15 M$ sur 36 mois, d’avril 2020 à mars 2023) pour fournir un soutien en matière de santé mentale aux jeunes qui en ont besoin pendant la pandémie.
En date du 15 août, plus de 2,64 millions de personnes de l’ensemble des provinces et des territoires avaient accédé au portail Espace mieux-être Canada dans le cadre de plus de 7,55 millions de séances en ligne. La nouvelle application mobile Mieux-être a été téléchargée 28 075 fois au total. En outre, plus de 45 % des clients inscrits du portail ont moins de 30 ans, une tranche d’âge qui a tendance à sous-utiliser les services de santé mentale traditionnels.
Soutien aux besoins de santé mentale des personnes les plus touchées par la COVID19
Le budget de 2021 a annoncé 100 M$ sur trois ans pour promouvoir la santé mentale des personnes les plus touchées par la pandémie, notamment les jeunes. Les projets financés devraient débuter au printemps 2022 et toucher diverses populations à travers le Canada. Les projets soutiendront les interventions de promotion de la santé mentale et de prévention des maladies mentales, en plus des initiatives qui renforcent la capacité des prestataires de services à offrir des programmes de manière sûre, efficace et tenant compte des traumatismes.
Aide à la satisfaction des besoins en santé mentale des enfants et des jeunes
Dans le cadre du Programme des politiques et stratégies en matière de soins de santé (PPSSS) de Santé Canada, le gouvernement fédéral finance les projets suivants :
• 2 M$, de 2021 à 2024, à l’Association canadienne pour la santé mentale (ACSM) pour l’élaboration et la mise à l’essai d’un programme national spécialisé de certification du soutien par les pairs que les établissements postsecondaires pourront utiliser pour soutenir la santé mentale des étudiants.
• 6,8 M$ de 2019 à 2024 à Foundry, qui doit aider les organisations à mettre en œuvre des modèles intégrés de soins de santé mentale pour les jeunes. Cela complète le financement de 9 M$ que l’on a accordé à Frayme pour la période de 2019 à 2024 afin de promouvoir une mise en œuvre plus large des services intégrés pour les jeunes au Canada.
• 2 M$ de 2021 à 2026 au Centre hospitalier pour enfants de l’est de l’Ontario (CHEO) pour accroître la diffusion de l’application ACHWM (Aaniish Naa Gegii : the Children’s Health and Well‐being Measure), élaborée conjointement avec des partenaires autochtones pour aider à mesurer la santé et le mieux-être des enfants autochtones.
Renseignements supplémentaires :
aucun