Note pour la période des questions : La prévention du suicide

About

Numéro de référence :
MHA-2022-QP-0022
Date fournie :
14 déc. 2022
Organisation :
Santé Canada
Nom du ministre :
Bennett, Carolyn (L’hon.)
Titre du ministre :
Ministre de la santé mentale et des dépendances

Enjeu ou question :

N/A

Réponse suggérée :

• Le gouvernement du Canada reconnaît l’importance pour tous les Canadiens d’avoir accès à des ressources essentielles en matière de santé mentale et à des services de prévention du suicide, en particulier dans des régions comme le Nord qui sont confrontées à des taux de suicide élevés et à des problèmes de santé mentale.
• Le gouvernement fédéral dirige l'élaboration du Plan d'action national pour la prévention du suicide, anciennement M-174, (M-174 [Plan d'action]), qui vise à réduire les taux de suicide et à améliorer le bien-être mental en s'appuyant sur les meilleures pratiques et des innovations en matière de prévention du suicide et de promotion de la vie.
• Le gouvernement fédéral investit également 21 millions de dollars pour développer Parlons suicide Canada et 57,5 millions de dollars pour soutenir les services de crise pendant la pandémie, dont 2 millions de dollars pour développer des ressources pour les centres de détresse qui sont adaptées aux besoins de diverses populations, telles que les Premières Nations, les Métis et les Inuits.

SI ON PRESSE SUR LE CADRE FÉDÉRAL DES ACTIVITÉS DE PRÉVENTION DU SUICIDE
• Dans le cadre de ses efforts pour lutter contre la stigmatisation, le gouvernement du Canada a mis au point une ressource intitulée Choisir les bons mots : communication sécuritaire pour la prévention du suicide - Canada.ca.
• Nous avons également aidé à mettre les gens en contact, y compris ceux du Nord, avec des ressources de crise en soutenant Parlons suicide Canada et nous accélérons la recherche en travaillant avec des experts en suicide pour identifier les principales lacunes dans les connaissances qui bénéficieraient de recherches supplémentaires.

SI ON PRESSE SUR L'ÉTUDE DU CADRE FÉDÉRAL POUR LA PRÉVENTION DU SUICIDE
• Le Comité sénatorial permanent des affaires sociales, des sciences et de la technologie a lancé une étude du Cadre fédéral pour la prévention du suicide le 29 septembre 2022.
• Nous accueillons favorablement les recommandations du Comité afin d'éclairer nos plans pour faire évoluer le cadre et mettre en œuvre un plan d'action national basé sur les meilleures preuves disponibles.

SI ON PRESSE SUR L'ÉTAT D'AVANCEMENT DU PLAN D'ACTION NATIONAL POUR LA PRÉVENTION DU SUICIDE
• L'engagement sur les priorités du Plan d'action national pour la prévention du suicide devrait se poursuivre au cours des prochains mois avec les ministères fédéraux, les gouvernements provinciaux et territoriaux, les organisations autochtones, les intervenants et les personnes ayant une expérience vécue et vivante.

Contexte :

Le suicide constitue un enjeu important de santé publique qui touche des personnes de tous les âges et tous les milieux au Canada.

Entre 2017 et 2019, il y a eu environ 4 500 décès par suicide par année au Canada, ce qui équivaut à 12 personnes qui se sont suicidées chaque jour. En 2019, le suicide était la neuvième cause de décès chez l’ensemble des Canadiens, et la deuxième cause de décès chez les personnes âgées de 15 à 34 ans, après les blessures accidentelles (Statistique Canada). Selon les données préliminaires, 3839 décès par suicide ont été signalés en 2020. Les données de 2020 sont provisoires et incomplètes, et pourraient potentiellement augmenter de 5 à 15% au cours de l'année prochaine. Ce retard est dû au temps que les coroners et les médecins légistes ont parfois besoin pour terminer leurs enquêtes. Pour l'instant, il faut faire preuve de prudence avant de tirer des conclusions sur les tendances en matière de suicide pendant la pandémie (Statistique Canada). Aucune cause unique n’explique ou ne permet de prévoir le suicide; divers facteurs y sont associés, notamment la maladie mentale, la santé physique, les problèmes d’ordre personnel et le deuil, la violence subie pendant l’enfance et la négligence, et l’exposition à des traumatismes.

Numéro à trois chiffres pour les crises de santé mentale et la prévention du suicide : Le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) a récemment annoncé qu'il adoptera le 9-8-8 pour que les Canadiens puissent appeler ou envoyer un message texte lorsqu'ils ont besoin d'un soutien immédiat en cas de crise de santé mentale et de prévention du suicide. Ce service sera lancé dans tout le Canada le 30 novembre 2023. Parallèlement, l'Agence de la santé publique du Canada (ASPC) se prépare à la mise en œuvre d'un numéro à trois chiffres pour la prévention du suicide du point de vue de la prestation de services. Le 31 août 2022, l'ASPC a annoncé que le Centre de toxicomanie et de santé mentale (CAMH) avait été choisi pour diriger la coordination de la prestation des services du 9-8-8, en s'appuyant sur son expérience de la prestation de Talk Suicide Canada.

Le gouvernement du Canada investit 21 millions de dollars sur 5 ans au CAMH pour mettre en œuvre et maintenir un service pancanadien de prévention du suicide pleinement opérationnel en partenariat avec l’Association canadienne pour la santé mentale et Crisis Services Canada. Parlons suicide Canada offre actuellement un soutien téléphonique au 1-833-456-4566 en français et en anglais, vingt-quatre [24] heures sur vingt-quatre [24] et sept [7] jours sur sept [7], et par messagerie texte (45645), en anglais et en français, le soir, à tout le monde au Canada. Cet investissement comprend 2 millions de dollars pour développer des ressources pour les centres de détresse qui sont adaptées aux besoins de diverses populations, y compris les Premières nations, les métis et les Inuits.

Lorsqu'une personne s'adresse à Parlons suicide Canada, son appel ou son texte est acheminé vers le centre de détresse disponible le plus proche qui est membre du réseau. Si un intervenant n'est pas disponible dans ce centre, l'appel est automatiquement acheminé vers le prochain intervenant disponible, le centre de secours répondant aux interactions lorsque les intervenants d'un centre de détresse membre ne sont pas disponibles. Cette approche permet de bénéficier du soutien d'un centre local où les intervenants connaissent mieux les ressources disponibles localement. Tous les appels à Parlons suicide Canada sont pris en charge par un intervenant formé en prévention du suicide.

En 2021-22, près de 89 000 interactions ont eu lieu, ce qui représente environ 65 % des appels entrants et 76 % des textes entrants (c’est-a dire qu’au cours de cette période, environ 35 % des appels entrants et 24 % des textes entrants sont restés sans réponse). Le service continue d’avoir du mal à répondre à la demande. Les interactions entrantes continuent d'augmenter régulièrement : il y a eu 12 081 interactions entrantes en juin 2022, contre 10 378 pour juin 2021. Le taux de réponse vocale du service a diminué au cours de l'année écoulée, passant de 70 % en juin 2021 à 60 % en juin 2022. Il s’agit d’un défi pour tous les services de crise pendant la pandémie. L’ASPC travaille avec les services de crise pour aider à résoudre ces problèmes. Il est possible que ce volume augmente encore, car les annonces faites au Canada et aux États-Unis font connaître le service existant et incitent d'autres personnes à le contacter.
Soutien de santé mentale – COVID-19 : Dans le cadre de l’Énoncé économique de l’automne 2020, le gouvernement du Canada a annoncé un investissement de 50 millions de dollars pour renforcer la capacité des centres de détresse. L'ASPC administre un premier cycle de subventions aux 57 centres de détresse en 2021 et des subventions à 14 centres de détresse en 2022-23 à la suite d’une deuxième sollicitation, rejoignant des organisations non incluses dans la première série de financement. De plus, 2 millions de dollars de ce financement soutiennent le CAMH dans sa démarche de sélection de ressources pour aider les centres de détresse à répondre aux besoins des populations prioritaires.

L'ASPC administre un financement à durée limitée de 150 millions de dollars prévu dans le budget 2021 pour soutenir la santé mentale des personnes les plus touchées par la pandémie de COVID-19.1 million de dollars de notre investissement de $150 millions de dollars en 2022-23 pour soutenir la santé mentale des personnes les plus touchées par la pandémie de COVID-19. Cela permet à l'ASPC de soutenir des projets et des activités supplémentaires, et d'assurer une portée équitable aux populations prioritaires.

Motion 174 – Un plan d’action national pour la prévention du suicide : En avril 2018, le député Charlie Angus (NPD, Timmins-James Bay) a parrainé la motion M-174, exhortant le gouvernement du Canada à mettre sur pied un plan d’action national sur la prévention du suicide. Le 8 mai 2019, les parlementaires ont voté à l’unanimité en faveur de la motion M-174, bien que celle-ci ne soit pas contraignante. Les mesures proposées dans le plan s’alignent avec le Cadre fédéral de prévention du suicide. Les activités en cours dans l'ensemble du gouvernement du Canada comprennent l'élaboration de ressources et d'outils pour réduire la stigmatisation et sensibiliser le public au suicide et à sa prévention, la recherche et l'application des connaissances (c. à d. la synthèse, la diffusion et l’échange d’information fondée sur des données probantes pour améliorer la santé des Canadiens), ainsi que la mise en œuvre d'un service pancanadien de prévention du suicide (Parlons Suicide) et d'un numéro à trois chiffres (988). L’ASPC facilitera la coordination et la collaboration d’éléments du plan d’action auprès des ministères, des organismes et des principaux intervenants pertinents en remplissant son rôle rassembleur à l’égard de ce Cadre. Une mise à jour sur la motion M-174 a figuré dans le rapport d’étape sur le Cadre fédéral de prévention du suicide en décembre 2020. Les efforts déployés pour élaborer le plan d'action seront inclus dans le rapport d'étape de décembre 2022, dans le cadre des rapports prévus par la loi sur le Cadre fédéral pour la prévention du suicide. L’ASPC commence à faciliter la coordination et la collaboration sur les éléments du plan d'action avec les ministères fédéraux, les provinces et les territoires concernés, les agences et les principales parties prenantes, y compris ceux des organisations des Premières Nations, des Inuits et des Métis, grâce à son rôle de rassembleur sur ce plan d’action.

Enquête sur la COVID-19 et la santé mentale (ECSM) et Enquête sur la santé mentale et les événements stressants (ESMES) : L’ASPC effectue actuellement une surveillance pour comprendre les répercussions de la COVID-19 sur le suicide et la santé mentale. L’Enquête sur la COVID-19 et la santé mentale a montré que pendant la pandémie, 2,4 % des adultes au Canada ont signalé des idées suicidaires depuis le début de la pandémie en 2020, ce qui n'est pas significativement différent des 2,7 % avant la pandémie en 2019 ; mais le pourcentage a augmenté significativement au printemps 2021 pour atteindre 4,2 %. Les facteurs de risque de déclaration d’idées suicidaires pendant la pandémie comprenaient le fait d’avoir moins de 65 ans, d’être né au Canada, d’être un travailleur de première ligne, de signaler une perte de revenu ou d’emploi liée à la pandémie ou la solitude ou l’isolement, de vivre un événement très stressant ou traumatisant au courant de sa vie, et dont le revenu du ménage et le niveau de scolarité sont inférieurs. Une surveillance continue du suicide et des facteurs de risque et de protection est nécessaire pour orienter les efforts de prévention du suicide.

Renseignements supplémentaires :

aucun