Note pour la période des questions : IMPACT DES TARIFS DES ÉTATS-UNIS SUR LES PRODUITS D’ÉPICERIE ET L’ACCESSIBILITÉ

About

Numéro de référence :
IND-2026-QP-00003
Date fournie :
15 sept. 2025
Organisation :
Innovation, Sciences et Développement économique Canada
Nom du ministre :
Joly, Mélanie (L’hon.)
Titre du ministre :
Ministre de l’industrie

Enjeu ou question :

Quel a été l’impact des tarifs douaniers des États-Unis sur les produits d’épicerie et l’accessibilité financière?

Réponse suggérée :

• Le gouvernement du Canada est conscient que l’économie n’est vraiment forte que lorsqu’elle profite à tous . De nombreux Canadiens éprouvent des difficultés à progresser.
• Les tarifs des États-Unis ont des répercussions sur les consommateurs, les travailleurs et les entreprises tant au Canada qu’aux États-Unis.
• Le gouvernement accorde un allègement tarifaire pour les marchandises importés des États-Unis qui sont utilisés dans la fabrication, la transformation et l’emballage des aliments et des boissons au Canada, par le biais d’un décret de remise temporaire de six mois, jusqu’au 16 octobre 2025.
• Cette mesure d'allègement accordera aux entreprises canadiennes davantage de temps pour s’adapter et privilégier les sources d’approvisionnement canadiennes.

Contexte :

• Les chaînes d’approvisionnement alimentaire Canada–États-Unis profondément intégrées bénéficient aux agriculteurs, aux transformateurs et aux consommateurs en fournissant des biens essentiels à des prix compétitifs, tout en garantissant des normes élevées de sécurité et de qualité alimentaires.
• La nature actuelle de l’intégration Canada–États-Unis signifie que les entreprises canadiennes doivent se rendre au sud de la frontière pour développer de nouveaux ingrédients alimentaires à partir de nos cultures – lentilles, canola, pois, blé et avoine.
• Le gouvernement du Canada soutient l’industrie pour qu’elle puisse produire et transformer davantage d’ingrédients au Canada.

Renseignements supplémentaires :

Prix des aliments

Tous les Canadiens méritent d’avoir les moyens de mettre de la nourriture sur leur table.

Le gouvernement du Canada prend des mesures concrètes visant à promouvoir la stabilisation des prix des produits d’épicerie, notamment en établissant le Code de conduite pour le secteur de l’alimentation, en modifiant la Loi sur la concurrence et en investissant dans l’infrastructure alimentaire locale.

Le gouvernement a également appelé les entreprises de la chaîne d’approvisionnement alimentaire, tant les épiciers que les fournisseurs, à prendre des mesures importantes pour stabiliser les prix des produits alimentaires.

Les prix des aliments dans les magasins ont augmenté à un rythme plus rapide en juillet, augmentant de 3,4 % d’une année à l’autre par rapport à 2,8 % en juin 2025. Les plus grands contributeurs à l’accélération d’une année à l’autre en juillet étaient les confiseries (+11,8 %) et le café (+28,6 %). De plus, les prix des fruits frais ont augmenté de 3,9 % par rapport à l’année précédente en juillet, après une hausse de 2,1 % en juin, principalement en raison de la hausse des prix des raisins (+29,7 %).
Allègement tarifaire

En avril 2025, le gouvernement du Canada a annoncé un allègement temporaire de 6 mois pour les biens importés des États-Unis qui sont utilisés dans la fabrication, le traitement et l’emballage des aliments et des boissons au Canada. Cette remise est accordée pour une période limitée afin de donner aux entreprises et aux entités plus de temps pour ajuster leurs chaînes d’approvisionnement et prioriser les sources d’approvisionnement nationales si disponibles, et s’applique aux biens importés au Canada avant le 16 octobre 2025. Les entreprises qui ne sont pas admissibles à la remise en vertu du décret de remise temporaire de six mois, ou qui cherchent un allègement à plus long terme, peuvent soumettre une demande de remise directement au ministère des Finances.

Le 22 août 2025, le Canada a annoncé qu’il supprimerait ses contre-tarifs sur les marchandises des États-Unis, à l’exception de ceux sur l’acier, l’aluminium et les automobiles, à compter du 1er septembre 2025. À la suite à cette annonce, les contre-tarifs mis en place en mars 2025 ont été supprimés pour la plupart des importations des États-Unis, par le Décret modifiant et abrogeant certains décrets pris en vertu du Tarif des douanes (surtaxe des États-Unis). En conséquence, à partir du 1er septembre 2025, le gouvernement n’acceptera plus les demandes de remise dans le cadre de ce programme, pour les biens sur lesquels les tarifs ont été abrogés.

Aperçu du secteur

En 2024, le secteur de la transformation des aliments et des boissons du Canada a généré 35,6 milliards de dollars en PIB et plus de 310 000 emplois, représentant respectivement 16,5 % et 19,6 % du PIB et de l’emploi du secteur de fabrication. En 2023, il y avait 8 696 établissements de transformation des aliments et des boissons avec des employés au Canada, dont 92 % étaient classés comme petits (de 1 à 99 employés).

La répartition des installations à travers le Canada reflète souvent la disponibilité des intrants agricoles, la proximité des grands marchés de consommation et les conditions économiques régionales. Le secteur est également stratégiquement important pour d’autres secteurs économiques (par exemple, l’agriculture, les produits forestiers, le tourisme) en raison de son utilisation d’intrants (par exemple, légumes, grains, emballages en papier, emballages en plastique) et de son rôle en tant que fournisseur (par exemple, services alimentaires).

En 2024, le Canada a exporté 58,4 milliards de dollars de produits alimentaires et de boissons transformés domestiques, dont 80 % (46,7 milliards de dollars) sont allés aux États-Unis, suivis par la Chine (5 %) et le Japon (4 %). La dépendance envers les États-Unis n’a fait qu’augmenter au cours de la dernière décennie, le marché représentant 80 % des exportations en 2024, par rapport 74 % en 2015. Par la suite, les sous-secteurs qui dépendent le plus des États-Unis en termes d’intensité d’exportation sont les boulangeries et tortillas, les grains et oléagineux, le sucre et les confiseries, ainsi que les fruits et légumes en conserve.

Le commerce Canada–États-Unis a donné lieu à une chaîne d’approvisionnement en aliments et boissons hautement intégrée, y compris l’échange de canettes, de bouteilles en verre, de cartons, de matériaux en carton ondulé et d’autres matériaux d’emballage entre les deux pays. Cette dépendance reflète également la nature intégrée des chaînes d’approvisionnement nord-américaines, étant donné que les intrants non alimentaires (par exemple, les canettes en acier) utilisent des intrants qui sont produits au Canada et exportés vers les États-Unis pour une transformation supplémentaire. Selon l’industrie, environ 80 à 85 % des canettes en acier de qualité alimentaire sont importées, principalement des États-Unis. Étant donné les droits de douane des États-Unis sur l’acier étranger, le prix de ces canettes a augmenté, créant une pression pour les entreprises canadiennes qui fabriquent des légumes et des fruits en conserve.

Certaines industries font également face à des tarifs en provenance de la Chine. Le 14 août 2025, la Chine a imposé un droit antidumping préliminaire à un taux provisoire de 75,8 % sur des graines de canola canadiennes d’une valeur de 4 milliards de dollars. La Chine a également annoncé qu’elle avait lancé une enquête antidumping sur l’amidon de pois importé du Canada. Cela s’ajoute aux droits de douane de 100 % de la Chine sur des importations de 1,3 milliard de dollars de canola, de tourteau de canola et de pois canadiens, ainsi qu’à un droit de douane de 25 % sur des importations de 1,7 milliard de dollars de fruits de mer, de poisson et de porc canadiens, qui sont entrés en vigueur le 20 mars 2025. Ces tarifs sont en réponse directe aux droits d’importation du Canada sur les véhicules électriques fabriqués en Chine ainsi que sur les produits en acier et en aluminium annoncés en octobre 2024.