Note pour la période des questions : SECTEUR MANUFACTURIER DU CANADA — INCIDENCES DES TARIFS AMÉRICAINS

About

Numéro de référence :
IND-2026-QP-00006
Date fournie :
15 sept. 2025
Organisation :
Innovation, Sciences et Développement économique Canada
Nom du ministre :
Joly, Mélanie (L’hon.)
Titre du ministre :
Ministre de l’industrie

Enjeu ou question :

Que fait le gouvernement du Canada pour soutenir le secteur manufacturier canadien compte tenu des tarifs des États-Unis?

Réponse suggérée :

• Le gouvernement du Canada s’est engagé à maintenir une industrie canadienne de l’acier et de l’aluminium forte et les emplois bien rémunérés qui l’accompagnent.
• Face aux tarifs des États-Unis, le gouvernement a pris des mesures décisives pour protéger les travailleurs et les entreprises, y compris des contre-tarifs, des programmes de soutien aux travailleurs et des mesures de financement pour appuyer la production d’acier et d’aluminium.
• Le gouvernement continue de consulter l’industrie au sujet d’autres mesures pour contrer les pratiques commerciales déloyales et rétablir l’accès au marché des États-Unis.
• Les tarifs des États-Unis ont des répercussions sur des millions de personnes de chaque côté de la frontière en faisant croître les coûts, en augmentant les prix et en réduisant la demande.

Contexte :

• Le Canada et les États-Unis ont des échanges d’acier et d’aluminium équilibrés, ce qui démontre à quel point leurs économies sont interreliées.
• Toute mesure qui bloque les exportations canadiennes d’acier et d’aluminium a des répercussions sur les entreprises des États-Unis et les chaînes d’approvisionnement intégrées qui dépendent de contrats à long terme et de la livraison juste à temps.
• Le Canada est profondément concerné par l’inclusion de 407 nouveaux produits dérivés applicables aux tarifs sur l’acier et l’aluminium qui causeront encore plus de dommages aux chaînes d’approvisionnement intégrées qui sont impératives à notre prospérité commune.
• Le Canada a répondu aux tarifs en introduisant un ensemble de contre-mesures conçues pour faire pression sur les États-Unis d’y mettre fin le plus tôt possible.

Renseignements supplémentaires :

L’imposition des tarifs des États-Unis a d’importantes conséquences pour l’industrie de l’acier du Canada, introduisant d’importants préjudices financiers et touchant directement les activités des entreprises. Des statistiques concrètes sur les pertes d’emploi actuelles et prévues ne sont pas encore disponibles. Cependant, les estimations initiales figurent parmi plusieurs centaines, avec des milliers immédiatement à risque.

La plupart des grands producteurs ont signalé une baisse précipitée des expéditions aux États-Unis et d’autres perturbations opérationnelles importantes, forçant des ajustements à la production et des mises à pied. Dans l’ensemble, l’industrie de l’acier canadienne fait des affaires extrêmement limitées avec les États-Unis, avec les exportations diminuant de plus d’un million de tonnes d’acier au cours des deux premiers trimestres. L’élargissement par l’administration de la portée des produits auxquels les tarifs s’appliquent, ajoutant 407 nouveaux produits dérivés, multiplie davantage ces répercussions.

Les produits primaires d’aluminium n’ont pas subi le même niveau de répercussions aiguës et immédiates que les producteurs d’acier, principalement en raison des prix des produits de base élevés et de la dépendance continue des États-Unis à l’aluminium primaire canadien; les États-Unis peuvent seulement répondre à environ le tiers de sa demande en aluminium primaire à pleine capacité. Cependant, un tarif des États-Unis maintenu de 50 pour cent sur les exportations d’aluminium canadien devrait avoir des répercussions à long terme sur la viabilité de l’industrie, alors que la demande diminue en réponse aux prix élevés et que les entreprises annulent des décisions d’investissement de capital.
Les répercussions les plus importantes à court terme des tarifs sont ressenties dans le secteur de l’aluminium en aval qui dépend beaucoup plus de commerce interfrontalier dans les deux sens. Les producteurs d’aluminium en aval continuent de faire face à des coûts d’entrée accrus et un accès limité au marché des États-Unis. Bien que les prix élevés profitent aux producteurs d’aluminium primaire, cela a grandement fait croître les coûts d’entrée pour les entreprises en aval, particulièrement les PME, grugeant une grande partie de leur marge de profit.
Le gouvernement a également annoncé une série de mesures pour renforcer sa réponse, y compris ce qui suit :
• Un engagement de 5 milliards de dollars, mis en œuvre au moyen du nouveau Fonds stratégique de réponse (FSR), avec des modalités flexibles pour aider les entreprises dans tous les secteurs touchés par les tarifs à s’adapter, à se diversifier et à croître.
• Des contingents tarifaires plus stricts pour freiner les importations d’acier étranger. Pour les pays sans accord de libre-échange (ALE), les contingents tarifaires seront réduits à 50 % des volumes de 2024, avec un tarif de 50 % appliqué au-dessus de ce seuil. Les partenaires avec ALE (excluant les États-Unis et le Mexique) seront assujettis à des contingents tarifaires à 100 % des niveaux de 2024, avec le même tarif au-dessus des seuils.
• De plus, un nouveau tarif de 25 % s’appliquera aux importations contenant de l’acier fusionné et coulé en Chine. Le Canada examine également son cadre de remise et ses arrangements commerciaux pour renforcer la compétitivité des producteurs nationaux. Des tarifs sur la fusion et le moulage sont également prévus pour la Chine et la Russie.
• Une nouvelle trousse de recyclage des compétences pour un maximum de 50 000 travailleurs, avec plus de flexibilité et des prestations étendues d’assurance-emploi, ainsi qu’une nouvelle plateforme numérique d’emplois et de formation pour relier plus rapidement les travailleurs canadiens à des carrières.
• Un montant de 150 millions de dollars de l’Initiative régionale de réponse tarifaire (IRRT) réservé aux producteurs d’acier.
• Des outils de financement améliorés, y compris des changements au Crédit pour les grandes entreprises touchées par les droits de douane (CGETDD), du soutien accru dans le cadre du programme Pivoter pour se propulser de la Banque de développement du Canada (BDC) et des agences de développement régional.
• Priorisation de l’utilisation de l’acier et de l’aluminium canadiens dans les projets financés par les fonds publics.