Note pour la période des questions : Tendances démographiques en langues officielles (Recensement du Canada de 2021)
About
- Numéro de référence :
- PCH-2022-QP-00175
- Date fournie :
- 31 oct. 2022
- Organisation :
- Patrimoine canadien
- Nom du ministre :
- Petitpas Taylor, Ginette (L’hon.)
- Titre du ministre :
- Ministre des Langues officielles
Enjeu ou question :
Statistique Canada a diffusé, en août 2022, les données linguistiques provenant du recensement de 2021.
Réponse suggérée :
• Les sociétés évoluent et se transforment, notamment en raison de l’immigration. Le Canada ne fait pas exception.
• Le français et l’anglais sont de loin les langues les plus parlées au pays et demeureront les langues de convergence et d’inclusion du Canada.
• Le nombre de personnes parlant français au Canada n’a jamais été aussi élevé, mais le poids relatif de celles-ci a diminué au cours des dernières années. Nous allons continuer de protéger et promouvoir le français partout à travers le pays.
• Les données Statistique Canada contribueront à l’élaboration du prochain Plan d’action pour les langues officielles.
Contexte :
• Le 17 août 2022 Statistique Canada a diffusé les données linguistiques du recensement de 2021.
Faits saillants : Le bilinguisme
• Les deux langues officielles du Canada sont connues et parlées par la vaste majorité des Canadiens. En 2021, 98,1 % de la population du pays pouvait soutenir une conversation en français ou en anglais. Il n’y a, en effet, jamais eu autant de Canadiens bilingues, avec 6 581 000 personnes se déclarant capable de soutenir une conversation en français et en anglais, ce qui représente 18,0 % de la population canadienne (comparativement à 17,9 % en 2016). Cette relative stabilité résulte en fait de deux tendances en sens contraire, le taux de bilinguise anglais-français ayant été à la hausse au Québec, mais à la baisse à l’extérieur du Québec.
• Au Québec, la proportion de personnes bilingues français-anglais est passée de 44,5 % en 2016 à 46,4 % en 2021. Exception faite d'un léger recul de 2001 à 2006, le taux de bilinguisme français-anglais augmente au Québec depuis plusieurs décennies. En 1961, il était de 25,5 %.
• Bien que le nombre de personnes bilingues français-anglais ait augmenté à l'extérieur du Québec (+53 000) de 2016 à 2021, le taux de bilinguisme français-anglais a, quant à lui, diminué (passant de 9,8 % à 9,5 %). Cela s'explique par une augmentation plus marquée du nombre de personnes pouvant soutenir une conversation uniquement en anglais, ou ni en français ni en anglais.
• De 2016 à 2021, le taux de bilinguisme français-anglais a augmenté chez les Canadiens de langue maternelle française (passant de 46,2 % à 47,6 %), mais a diminué légèrement chez ceux de langue maternelle anglaise (de 9,2 % à 9,0 %) ou tierce (de 11,7 % à 11,5 %).
Faits saillants : La langue maternelle
• En 2021, 9 millions de personnes, avaient au moins une langue maternelle autre que le français ou l’anglais, un record depuis l’inclusion au recensement d’une question sur la langue maternelle, en 1901. De plus, 1 Canadien sur 8 parlait une langue autre que le français ou l'anglais de façon prédominante à la maison, des sommets atteints pour la première fois au recensement.
• Entre 2016 et 2021, on observe une légère hausse du nombre de Canadiens qui avaient le français comme langue maternelle (de 7 167 000 à 7 189 000), mais une baisse de la proportion qu'ils représentent, passant de 20,6 % à 19,6 %. La même constatation a été faite en ce qui concerne le nombre de personnes pouvant soutenir une conversation en français, qui a atteint 10,7 millions en 2021, tout en poursuivant sa baisse en proportion, laquelle a commencé en 1981. La proportion de Canadiens pouvant soutenir une conversation en français était alors de 31,8 %, comparativement à 29,1 % en 2021.
• L’anglais et le français demeurent toutefois – et de loin – les langues les plus parlées au Canada; plus de neuf Canadiens sur dix parlent l’une des deux langues officielles à la maison au moins régulièrement.
Faits saillants : La première langue officielle parlée
• Le français était la première langue officielle parlée de plus de 7,8 millions de Canadiens en 2021, en hausse par rapport à 2016 (7,7 millions). Cependant, comme cette croissance (+1,6 %) était inférieure à celle du reste de la population (+5,2 %), la proportion de la population canadienne dont le français est la première langue officielle parlée a diminué de 2016 (22,2 %) à 2021 (21,4 %), poursuivant la baisse observée au cours des dernières décennies. En 1971, le français était la première langue officielle parlée de 27,2 % des Canadiens.
• La plupart des indicateurs du français au Canada suivent cette même tendance : hausse en nombres absolus et baisse en pourcentage de la population, le nombre de locuteurs d’autres langues augmentant plus rapidement.
• Notons que le Recensement de 2021 révèle que 4,6 millions de Canadiens parlent une langue autre que le français ou l’anglais de façon prépondérante à la maison. Ces personnes représentent 12,7 % de la population canadienne, une proportion en hausse depuis 30 ans – elle était de 7,7 % en 1991, au moment où les seuils d’immigration augmentaient.
Faits saillants : Les communautés de langue officielle en situation minoritaire
• Le nombre de résidants du Canada hors Québec dont le français était la seule première langue officielle parlée (sans répartition des « français et anglais », voir l'encadré « Langues connues et parlées : différents concepts pour mieux se comprendre ») a diminué de 36 000 locuteurs depuis 2016, mais se maintenait au-delà de 900 000 personnes. Cette diminution, la première depuis la période allant de 1991 à 1996, s'observait dans chacune des provinces, sauf en Colombie-Britannique (+1 200). Dans les territoires, le nombre de locuteurs était plutôt stable, sauf au Yukon où il était à la hausse (+200). La proportion de Canadiens vivant à l'extérieur du Québec dont le français est la première langue officielle parlée est pour sa part passée de 3,6 % en 2016 à 3,3 % en 2021.
• Cette diminution s'explique par une combinaison de facteurs, notamment une population en moyenne plus âgée (une population plus âgée compte généralement davantage de décès), la transmission incomplète du français d'une génération à la suivante et les transferts linguistiques (c'est-à-dire lorsqu'une personne parle une autre langue que sa langue maternelle à la maison). Les migrations interprovinciales et internationales jouent pour leur part un rôle variable à cet égard d'une période à l'autre, puis d'une région à l'autre.
• Au Québec, la proportion de personnes ayant l'anglais comme première langue officielle parlée est passée de 12,0 % en 2016 à 13,0 % en 2021. Il s'agit dans ce cas d'un retour près du seuil observé en 1981. Pour la première fois depuis que des données comparables sont compilées, le nombre de personnes ayant l'anglais comme première langue officielle parlée a franchi le cap du million de locuteurs au Québec en 2021.
• La croissance du poids démographique des locuteurs de l'anglais au Québec s'explique par plusieurs facteurs, notamment le fait que la population de langue anglaise est plus jeune en moyenne (et compte donc proportionnellement moins de décès), ainsi que par certaines tendances migratoires récentes. On sait d'autres sources de données que le nombre de résidents non permanents a augmenté de manière importante au Québec depuis 2016, et que le solde de la migration interprovinciale de la province, bien que toujours déficitaire, s'est amélioré au cours de la période récente. Historiquement, les populations d'expression anglaise sont surreprésentées dans les mouvements migratoires interprovinciaux du Québec.
Faits saillants : Le français au Québec
• À l'instar de la situation à l'échelle canadienne, le nombre de locuteurs du français augmente au Québec, mais la part qu'ils représentent au sein de la population québécoise diminue. En 2021, 85,5 % de la population québécoise a déclaré parler français à la maison au moins régulièrement. Le nombre de personnes qui parlaient le français de façon prédominante à la maison est passé de 6,4 millions en 2016 à 6,5 millions en 2021, mais la proportion de la population qu'elles représentent a diminué (passant de 79,0 % à 77,5 %) au cours de cette période. Parallèlement, la proportion de la population du Québec qui parlait français le plus souvent à égalité avec une autre langue à la maison a légèrement augmenté de 2016 (3,3 %) à 2021 (3,5 %).
• De plus, on observe au Québec, de 2016 à 2021, une croissance en nombre, mais une diminution de la proportion de la population qui avait le français comme langue maternelle (passant de 77,1 % à 74,8 %), comme première langue officielle parlée (de 83,7 % à 82,2 %) ou qui pouvait soutenir une conversation en français (de 94,5 % à 93,7 %).
• De 2016 à 2021, la proportion de la population dont le français était la première langue officielle parlée a diminué dans toutes les régions du Québec, sauf dans la région de la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine (+1,1 point de pourcentage). Les diminutions les plus importantes ont eu lieu au Nord-du-Québec (-3,6 points de pourcentage), à Laval (-3,0 points de pourcentage), sur l'île de Montréal (-2,4 points de pourcentage) et en Outaouais (-2,4 points de pourcentage).
Renseignements supplémentaires :
aucun