Note pour la période des questions : TRAITEMENTS EN SANTÉ MENTALE ÉMERGENTS POUR LES VÉTÉRANS
About
- Numéro de référence :
- VAC-2022-QP-00008
- Date fournie :
- 6 juin 2022
- Organisation :
- Anciens Combattants Canada
- Nom du ministre :
- MacAulay, Lawrence (L’hon.)
- Titre du ministre :
- Ministre des Anciens Combattants
Réponse suggérée :
• La santé, la sécurité et le bien-être des vétérans et de leur famille constituent une priorité pour notre ministère.
• Anciens Combattants Canada couvre les avantages et les services de soins de santé, en fonction de l’admissibilité, lorsqu’ils sont étayés par des données scientifiques.
• Le Ministère surveille les nouveaux traitements et, lorsqu’il existe suffisamment de données scientifiques démontrant leur innocuité et leur efficacité, peut les ajouter à la liste des traitements approuvés.
• Les soins de santé mentale représentent un domaine en constante évolution. Au fur et à mesure que les traitements émergents évoluent, le Ministère examine les données scientifiques pour s’assurer qu’ils sont sûrs et efficaces pour les vétérans et ajuste ses tableaux des avantages et sa liste de médicaments assurés en conséquence.
Contexte :
CONTEXTE — TRAITEMENTS EN SANTÉ MENTALE POUR LES VÉTÉRANS
Les soins de santé mentale représentent un domaine en constante évolution qui est grandement influencé par la recherche et les innovations. Bien que des traitements nouveaux et émergents voient constamment le jour, afin de s’assurer que les vétérans reçoivent des soins sûrs et efficaces, Anciens Combattants Canada couvre les avantages et les services de soins de santé fondés sur des données probantes lorsque les constatations découlant de recherches scientifiques démontrent leur valeur et leur innocuité.
La psychothérapie assistée par les psychédéliques est un traitement émergent qui consiste à utiliser des substances telles que le diéthylamide de l’acide lysergique (LSD), la psilocybine, la 3,4-méthylènedioxyméthamphétamine (MDMA, c’est-à-dire ecstasy, molly), la kétamine ou l’ibogaïne pour induire un état psychédélique avant une séance de psychothérapie ou au début de celle-ci. L’hypothèse ou la croyance est que la drogue psychédélique peut apporter au patient une compréhension significative de son état, ainsi qu’une diminution de ses réactions de peur et d’éveil, ce qui renforce le processus psychothérapeutique. Comme cette thérapie est émergente et qu’il n’existe pas suffisamment de données scientifiques disponibles à ce jour démontrant son efficacité et son innocuité, elle n’est pas reconnue comme traitement approuvé par Anciens Combattants Canada.
Cependant, l’utilisation de la kétamine comme traitement pharmacologique est approuvée en tant que produit hors pharmacopée administré par voie orale, par perfusion, par vaporisateur nasal ou par crème composée pour traiter la dépression majeure résistante au traitement ou la douleur chronique. Des critères ont été établis pour ces utilisations seulement.
Actuellement, Anciens Combattants Canada n’approuve pas l’utilisation de la kétamine pour induire un état psychédélique dans le cadre d’une psychothérapie assistée par les psychédéliques.
Anciens Combattants Canada surveille les traitements médicaux émergents pour les vétérans et, lorsqu’il existe suffisamment de données scientifiques démontrant leur innocuité et leur efficacité, peut modifier ses tableaux des avantages et sa liste de médicaments assurés en conséquence.
Renseignements supplémentaires :
SI L’ON INSISTE
Q1 – Quelle est la qualité de la recherche scientifique actuelle sur la psychothérapie assistée par les psychédéliques? Combien de temps faudra-t-il pour obtenir des résultats solides?
Réponse
• La recherche sur la psychothérapie assistée par les psychédéliques est assez récente.
• D’autres recherches sont nécessaires pour évaluer l’efficacité et l’innocuité des psychédéliques.
• Une grande partie des considérations neuroscientifiques concernant les effets thérapeutiques des psychédéliques reste inconnue.
• Les études réalisées jusqu’à présent ont fait l’objet d’un suivi relativement court et l’hétérogénéité entre les études est considérable.
• Aucune directive de traitement pertinente n’a encore été élaborée.
• Davantage de recherches seront nécessaires pour établir les avantages à long terme et les effets secondaires.
• Les données sur l’innocuité sont insuffisantes dans le cas des personnes atteintes de troubles psychotiques, de troubles avec risque de psychose, de troubles dissociatifs, de risque suicidaire ou d’antécédents familiaux de ces affections ou facteurs de risque.
Q2 – Que fait ACC pour établir les preuves nécessaires sur la psychothérapie assistée par les psychédéliques? ACC finance-t-il la recherche sur la psychothérapie assistée par les psychédéliques et sinon, pourquoi?
Réponse
• Le Ministère a discuté avec les Instituts de recherche en santé du Canada, qui prennent l’initiative, au sein du gouvernement fédéral, du financement de la recherche sur la psychothérapie assistée par les psychédéliques.
Q3 – Pouvez-vous commenter la position de la directrice du Emory Healthcare Veterans Program (aux États-Unis), la psychiatre Dre Barbara Rothbaum, sur l’utilisation de psychédéliques? Elle semble être favorable à la possibilité d’utiliser la psychothérapie assistée par les psychédéliques pour traiter le TSPT.
Réponse
• D’après ce que nous avons compris, la Dre Rothbaum est également d’avis que les interventions traditionnelles fondées sur des données probantes doivent être réalisées avant d’essayer une thérapie plus récente. Elle recommande une approche par étapes, en commençant par les traitements traditionnels, les traitements de réalité virtuelle, puis éventuellement la psychothérapie assistée par les psychédéliques. ACC n’est pas d’accord sur ce dernier point, étant donné l’insuffisance des données scientifiques disponibles sur l’efficacité et l’innocuité des psychédéliques pour les vétérans.
Q4 – Il existe déjà des cliniques où la psychothérapie assistée par les psychédéliques est administrée par des professionnels de la santé pleinement autorisés, réglementés et qualifiés. Si ces professionnels de la santé peuvent librement administrer ces traitements, cela ne signifie-t-il pas qu’il s’agit d’un traitement acceptable? À ce titre, comment ACC peut-il refuser de financer ce type de traitement pour les vétérans atteints d’un TSPT?
Réponse
Les psychédéliques sont des drogues illicites au Canada, à l’exception de la kétamine. Par conséquent, nous croyons que les cliniques auxquelles vous faites référence sont des cliniques de kétamine. ACC finance la kétamine comme traitement de santé mentale pour la dépression résistante au traitement et pour la douleur chronique, selon les preuves existantes de son efficacité et de son innocuité. Toutefois, ACC ne finance pas la psychothérapie assistée par la kétamine en raison de l’absence de données suffisantes quant à son efficacité et à son innocuité.
L’utilisation de la kétamine comme traitement pharmacologique est approuvée par Anciens Combattants Canada en tant que produit administré par voie orale, par perfusion, par vaporisateur nasal ou par crème composée pour traiter la dépression majeure résistante au traitement ou la douleur chronique.
Toutefois, ACC ne finance pas la psychothérapie assistée par des psychédéliques, y compris la psychothérapie assistée par la kétamine, étant donné que la psychothérapie d’une personne dans un état psychédélique induit par une drogue demeure une thérapie émergente sans données scientifiques suffisantes quant à son efficacité et à son innocuité.
Q5 – Quels sont les traitements en santé mentale de rechange offerts aux vétérans canadiens atteints d’un TSPT, étant donné que la psychothérapie assistée par les psychédéliques n’est pas encore approuvée aux fins de financement?
Réponse
Les vétérans ont à leur disposition une variété de traitements psychologiques et psychiatriques du TSPT fondés sur des données probantes. Les traitements psychologiques qui sont reconnus comme des traitements de première ligne fondés sur des données probantes comprennent la thérapie par le traitement cognitif, la thérapie d’exposition et l’intégration neuro-émotionnelle par les mouvements oculaires (EMDR).